Les Grenat reçoivent le FC Winterthour vendredi soir (dès 19h45 sur notre webradio). Si la tentation est forte de penser au derby qui approche, Alain Geiger a mis les choses au clair au sein de son équipe: chaque match vaut trois points!

 

Petit avant-goût de Super League lors du point presse hebdomadaire. Est-ce le retour du printemps ou l’approche d’un derby qui sent la poudre? Toujours est-il qu’outre la Tribune de Genève et Blaise Bugyil (Radio Lac), habitués de ce rendez-vous, RTSsport et Léman Bleu étaient également présents. N’ayez toutefois aucune crainte, nous avons pu effectuer nos interviews comme si de rien n’était. C’est ainsi que vous pourrez retrouver ci-dessous les propos de Koro Kone, Alex Schalk et Alain Geiger, tous très concentrés sur la rencontre de demain soir.

 


 

Un joueur d’équipe aussi précieux que redoutable

 

Alex Schalk, racontez-nous ce que vous avez ressenti lors de cette incroyable victoire à Rapperswil.

 

C’était un match fou. Des fois, tu as besoin de ce genre de victoires pour être champion en fin de saison. Lausanne en a d’ailleurs eu quelques unes comme cela en début de championnat. C’était l’objectif de ramener les trois points, même si c’est toujours compliqué de jouer là-bas. Servette le sait d’ailleurs plus que quiconque. C’est vraiment quelque chose d’incroyable de marquer deux buts dans le temps additionnel, mais maintenant on doit penser à la suite dès demain.

 

Une pause internationale bénéfique malgré tout ?

 

Cette pause internationale ne risque-t-elle pas de briser le momentum de l’équipe ?

 

Oui, c’est vrai que c’est un risque. Mais vous savez, cela nous donne aussi un peu de temps pour souffler et nous régénérer. Nous avons également pu nous préparer au mieux pour les prochaines échéances, ce qui n’est pas négligeable vu que nous enchainons trois matchs en une semaine.

 

“L’entraînement, c’est sympa, mais c’est toujours mieux de jouer en compétition devant un stade plein!”

 

Est-ce que vous avez changé quelque chose dans votre préparation en prévision de cette grosse semaine ?

 

Un petit peu, inévitablement. La semaine dernière, nous avons canalisé un peu l’intensité pour permettre une meilleure récupération. Cette semaine, nous étions de retour aux affaires pour préparer le match de demain. C’est important de recommencer correctement pour être prêt non seulement pour cette rencontre, mais aussi pour les prochaines. C’est une semaine chargée, du coup le plus important c’est de bien manger et de bien dormir, ce genre de choses, afin de récupérer le plus vite possible du match précédent et être en forme pour le suivant qui arrive rapidement. Mais tous les footballeurs aiment jouer trois matchs en une semaine. L’entraînement, c’est sympa, mais c’est toujours mieux de jouer en compétition devant un stade plein !

 

Schalk, le buteur, passeur et créateur de jeu (© Bastien Gallay)

 

“Si l’on parvient à faire sept points lors des trois prochains matchs, on pourra en rediscuter et on dira que c’était un grand pas en direction de la promotion. Mais pour l’instant, jouons d’abord ces matchs.”

 

Ces deux prochains matchs sont très importants dans l’optique de la promotion. Est-ce que vous en parlez dans le vestiaire ou pas ?

 

Bien sûr que l’on en parle, car ces trois prochains matchs sont si importants pour le championnat. Je pense que la pression est sur nos adversaires car nous sommes devant au classement. Nous en parlons, mais l’entraîneur fait un excellent travail pour nous obliger à rester concentrés sur le prochain match et les prendre les uns après les autres. Pour le moment, nous sommes totalement focalisés sur la partie de demain. Winterthour devra nous battre s’ils veulent réussir quelque chose cette saison. Ils n’auront pas le choix, à nous de savoir en profiter. Nous jouons à domicile, devant nos fans, c’est un avantage mais l’objectif est évidemment les trois points. Si nous les obtenons, si l’on parvient à faire au moins sept points sur les trois prochains matchs, on pourra en rediscuter et oui, on dira que c’était un grand pas en direction de la promotion. Mais pour l’instant, jouons d’abord le match et on verra ensuite.

 

Un joueur d’équipe malgré la concurrence

 

Vous n’avez pas marqué depuis deux matchs. Peut-on dire que vous les gardez pour ces deux prochaines rencontres au sommet ? (rires)

 

Oui, je l’espère ! Je suis toujours à la recherche de buts, j’essaie d’avoir le plus de tirs possibles. Mais dans cette équipe, mon rôle n’est pas uniquement de marquer, je cherche aussi à créer des opportunités pour mes partenaires. La semaine dernière, quand Chagas est entré en jeu, il était aussi fantastique. C’est ce qui est vraiment important dans cette équipe : on ne se repose pas que sur une ou deux individualités. Tout le monde participe et peut avoir son heure de gloire à un moment donné en marquant ou en réalisant une passe décisive. Bien sûr, j’aime être important, mais si je peux distribuer des assists ou créer des opportunités, je le fais volontiers. Le plus important au final, c’est les trois points, pas le nom du buteur.

 

“Alphonse va nous manquer, mais nous sommes tous capables de faire un pas en avant pour le remplacer. C’est l’avantage de ne pas dépendre d’un ou deux joueurs.”

 

(BB) Le fait d’avoir autant de bons attaquants dans l’équipe, est-ce que cela vous enlève un peu de pression ?

 

Bien sûr. Après, tous les attaquants vous diront qu’ils veulent marquer des buts, c’est logique. Alexandre Alphonse s’est blessé, sa blessure n’est pas belle (une grosse entorse à la cheville, il devrait être absent au minimum pour les trois prochains matchs, ndlr) et il va nous manquer parce qu’il est très précieux dans notre système. Mais comme il y a de la qualité devant, nous sommes tous capables de faire un pas en avant pour le remplacer. C’est l’avantage de ne pas dépendre que d’un ou deux joueurs.

 


 

Geiger reste calme malgré l’enthousiasme actuel

 

Alain Geiger, comment avez-vous vécu depuis le banc cette entrée de Chagas à Rapperswil ?

 

On sait qu’il fait très bien son travail quand il rentre en cours de jeu. Nous avons besoin de quelqu’un comme lui qui est très présent dans les petits espaces où il y a beaucoup de joueurs. C’est un garçon qui arrive à jaillir avec son jeu de tête et son corps et à ramener des ballons parfois impossibles soit pour un partenaire soit au fond des filets. Il est vraiment dans son élément. Il l’avait fait à Kriens lors du premier tour, il a récidivé à Rapperswil alors qu’on n’arrivait pas à trouver l’ouverture pendant nonante minutes. Il nous permet de corriger cela face à des adversaires qui défendent énormément à domicile.

 

Savoir gérer les efforts et l’intensité

 

Qu’avez-vous fait pour maintenir l’influx pendant ces dix jours de pause ?

 

Nous avons disputé un match face aux M21 dans le but aussi de connaître un peu les espoirs qui sont dans le club. Pour le reste, nous avons fait le choix de laisser récupérer l’équipe car le championnat est long et il reste encore deux mois de compétition. Nous voulions garder de la fraîcheur et éviter de perdre des joueurs dans un match amical. Je n’ai pas un immense effectif à disposition donc j’ai préféré préserver un peu mes gars. Nous avons ensuite effectué un début de semaine très dynamique pour retrouver l’agressivité dans le jeu. Maintenant on attend la compétition, on en a besoin. Contre Winterthour, nous aurons une pression positive, nous devrons gagner ce match, mais pour cela il faudra bien travailler.

 

“Défendre la première place, c’est gagner contre Winterthour et être dans le présent.”

 

Les deux prochains matchs sont très importants. Comment les avez-vous préparés ?

 

J’ai spécifiquement parlé au groupe en leur rappelant de ne pas entrer dans des débats sur Lausanne. Le prochain match, c’est Winterthour et nous devons le gagner, peu importe qu’il y ait un derby quelques jours plus tard. Défendre la première place, c’est gagner contre Winterthour et être dans le présent.

 

“C’est l’addition des victoires qui fera la différence en fin de saison.”

 

(BB) Cette semaine anglaise, est-ce le tournant de la saison ou n’est-ce qu’une étape ?

 

C’est une étape qui continue une addition de matchs. On reçoit le même nombre de points peu importe contre qui l’on gagne. C’est l’addition des victoires qui feront la différence en fin de championnat, d’où l’importance de bien se préparer à chaque fois et de gagner nos rencontres.

 

On ne change pas une tactique qui gagne

 

(BB) Quelle est la meilleure façon de franchir l’obstacle Winterthour ?

 

La meilleure défense, c’est l’attaque. On va attaquer comme on en a l’habitude à la maison, aller chercher l’adversaire haut et continuer jusqu’à marquer le premier but. Ma philosophie lorsque l’on marque un but, c’est d’aller en chercher un deuxième et on n’a pas d’autres choses à faire. Nous sommes dans notre élément, cela nous a toujours bien réussi à domicile, nous n’avons donc aucune raison de ne pas nous lâcher. Après, le point d’interrogation, c’est toujours de marquer des buts, on ne sait pas quand ils vont tomber. Si on y met l’état d’esprit, la volonté et la combativité, ce que le public aime et ressent, cela devrait finir par arriver.

 


 

Kone a travaillé fort pendant la pause pour revenir à 100%

 

Koro Kone, vous n’avez pas encore marqué en 2019. Que se passe-t-il ?

Rien de particulier. J’avais fait une bonne préparation en janvier, ensuite il y a eu ces deux premiers matchs où je n’ai pas marqué mais où j’étais bien. Puis je me suis blessé. Cela m’a un peu coupé les jambes mais je ne me fais pas trop de souci, je sais qu’il n’y a que le travail à l’entraînement qui me permettra de retrouver un meilleur niveau et d’enchaîner les matchs.

 

On a parfois l’impression que vous avez plus de peine à jouer votre jeu sur des terrains compliqués comme ceux de Rapperswil ou Chiasso. Est-ce aussi votre sentiment ?

Non, je ne dirais pas cela. C’est vrai qu’à Rapperswil, ce n’était pas un match facile. Je suis entré pour remplacer Alphonse lorsqu’il s’est blessé mais je n’étais pas encore à 100% après la mienne. C’est comme cela, il y aura des matchs plus faciles que d’autres, l’important c’est de rester dans l’état d’esprit, ce que j’ai plutôt bien réussi à mon avis.

 

Vous étiez au cœur de l’action lors de cette fin de match de folie à Rapperswil. Comment est-ce que l’on vit ce genre de moments sur le terrain ?

Sur le moment, c’était exceptionnel, tout n’était que cris de joie. Nous avons eu plusieurs bonnes situations dans les dix dernières minutes mais la concrétisation ne venait pas. On n’a rien lâché et l’égalisation de Chagas nous a encore remobilisé. Nous avons réalisé que nous pouvions ramener quelque chose, ça nous a transcendé. Lorsque Wüthrich transforme l’excellent ballon de Chagas, on ne se contrôle plus. Nous étions tellement contents !

 

Les deux prochains matchs sont extrêmement importants en vue de la promotion. Est-ce que le vestiaire parvient à garder les pieds sur terre malgré tout ?

Tous les matchs sont importants. C’est vrai que les deux prochains sont peut-être encore plus importants, mais nous sommes conscients que si l’on veut aller à Lausanne en position de force, il nous faut déjà gagner celui de demain. Même si le derby reste dans un coin de la tête, tout le monde est focalisé sur Winterthour pour l’instant. Nous savons que le championnat ne sera de toute façon pas terminé après ces deux matchs, que l’on fasse ou non six points, mais c’est clair qu’on ferait un bon pas vers la promotion si ce devait être le cas.