Les Servettiens concèdent le nul 2-2 à la Maladière après avoir mené 0-2. Rageant, mais pas illogique au vu de la physionomie du match.

 

Ce n’est donc pas encore en 2019 que le Servette FC mettre un terme à son invraisemblable série de seize ans sans victoire à Neuchâtel (et donc aucune dans le stade actuel). Ce n’est pas non plus en 2019 que les Grenat lèveront à nouveau les bras face aux Xamaxiens, comme lors de chaque confrontation entre les deux équipes depuis 2011. Peut-on parler de bête (rouge et) noire ? Probablement.

 

D’autant que cette fois-ci, l’affaire semblait plutôt bien emmanchée puisque les Genevois menaient 0-2 après 18 minutes de jeu grâce deux fulgurances de Tasar et Ondoua (à chaque fois sur un service de Schalk) au sortir d’un premier quart d’heure de jeu sacrément terne. Le SFC domina outrageusement cette première mi-temps et avec un peu plus de réussite, Kone aurait pu (dû?) ouvrir son compteur personnel à plusieurs reprises. Ce score de 0-2 à la pause laissait entrevoir de bonnes perspectives aux visiteurs, sans pour autant tomber dans l’euphorie puisque tous se rappelaient qu’un mois auparavant, Xamax avait réalisé le même coup du côté de la Praille.

 

Fidèles à leurs (récentes) habitudes, les fans Grenat se sont à nouveau déplacés en nombre (© Bastien Trottet)

 

Sans surprise, les hommes de Joël Magnin empoignèrent la deuxième reprise autrement plus concernés. Ils parvinrent à marquer après cinq minutes de jeu à peine sur une scène confuse où la défense servettienne fit pale figure. Dès ce moment-là, les Genevois ne virent presque plus le cuir, hormis sur une frappe de Tasar peu après le but. Et comme souvent ces dernières semaines, Jérémy Frick se mit en évidence pour sauver les siens d’une nouvelle parade hallucinante. Il ne put par contre rien sur le penalty accordé par l’arbitre à la 78e minute pour une faute très discutable de Maccoppi sur Nuzzolo. Ce même Nuzzolo qui oublia au passage de faire profil bas après avoir réussi son essai, préférant venir provoquer le portier Grenat plutôt que de célébrer son but. Frick eut un geste d’énervement à son encontre qui lui valu un avertissement, une décision incompréhensible de la part de M. Horisberger puisqu’elle ne correspondait pour ainsi dire à rien. En effet, soit il s’agissait d’une voie de fait, auquel cas le cerbère genevois aurait dû se faire expulser, soit d’un comportement antisportif de l’attaquant et, dans ce cas, c’est ce dernier qui devait écoper d’un carton jaune.

 

Au final, plus rien ne fut marqué par la suite et le résultat nul colle de près à la physionomie du match, les deux équipes ayant eu leur mi-temps de supériorité. Servette continue donc à ne pas remporter de victoire, mais cette première période doit indéniablement redonner confiance aux visiteurs, qui retrouveront des jours meilleurs avec le retour en forme de plusieurs de leurs pièces maîtresses.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Les deux assists de Schalk. Replacé dans un rôle de milieu offensif gauche qui n’est pas particulièrement sa tasse de thé, l’attaquant de poche servettien a réussi une belle performance en offrant deux caviars à ses coéquipiers (bien que le but de Tasar est surtout amené que par le coup d’oeil du buteur lui-même). Sur la période récente où Servette s’est cherché des leaders offensifs, le numéro onze Grenat a répondu présent en enfilant deux buts et deux passes décisives.

 

Varol Tasar à droite. En l’absence de Stevanovic, Geiger a sauté sur l’occasion pour titulariser l’Allemand à son poste de prédilection (bien que lui-même refuse de l’affirmer ainsi). La différence avec ses matchs précédents sur le flanc gauche fut flagrante. La présence d’un véritable latéral sur ce côté en la personne de Sauthier (Gonçalves évoluant à gauche ces dernières semaines uniquement pour dépanner) lui a également été bénéfique. Son but récompense une bonne prestation de sa part et pose un nouveau dilemme à son entraîneur avec le retour de suspension du leader offensif servettien.

 

La première mi-temps. Hormis quinze premières minutes que l’on qualifiera de “round d’observation”, les Grenat ont produit leur meilleure période depuis fort longtemps. Plus équilibrée que ces dernières semaines, l’équipe a semblé retrouver des idées et de la grinta face à un Xamax il est vrai totalement dépassé. Kone, toujours en manque de réussite, a enfin assumé ses responsabilités offensives et aurait mérité d’ouvrir son compteur personnel. Une mi-temps rassurante à tous les points de vue qui illustre qu’Alain Geiger n’avait pas totalement tort ces dernières semaines lorsqu’il justifiait les derniers résultats par le fait que beaucoup de cadres étaient blessés ou en méforme. A confirmer lors des prochains matchs.

 

A améliorer

 

La constance. Servette doit vraiment apprendre à disputer deux mi-temps de même qualité. Il est vrai que Neuchâtel avait la tête dans le sac lors de la période initiale et que son réveil était inéluctable, mais les Grenat ont trop facilement accepté la domination des locaux en cherchant à se concentrer exclusivement sur des contre-attaques. Ce manque de rébellion a probablement renforcé la motivation xamaxienne. Dommage.

 

Le coaching d’Alain Geiger. L’entraîneur servettien a expliqué en conférence de presse (disponible ci-dessous) que Tasar et Schalk étaient souffrants et devaient sortir, ce qui ne semblait pas particulièrement évident depuis la tribune de presse. L’entrée de Souici, un milieu défensif, pour un attaquant alors que les Grenat venaient d’encaisser un but a sonné comme un mauvais message pour la suite. Dès lors, l’apparition de Kyei pour Ondoua après l’égalisation neuchâteloise pouvait sembler contradictoire puisqu’elle mettait en évidence l’échec du choix précédent. Cela ne coûte probablement pas le match, mais cela n’a pas non plus dû aider l’équipe.

 

L’arbitrage. Il est usuel qu’un arbitre principal décide d’une ligne de conduite à suivre tout au long de la rencontre. S’il peut arriver qu’elle ne soit pas toujours suivie à la lettre au gré des événements, elle permet à tous les acteurs, qu’ils soient joueurs, entraîneurs ou même… arbitres de savoir à quoi s’en tenir et au match de se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Dans ce contexte, il était déjà surprenant de voir M. Horisberger sortir pour la première fois son carton après 45 secondes de jeu, mais le choix d’une ligne stricte dans un affrontement toujours tendu pouvait se défendre. Sauf que de ligne directrice, il n’y eût point. Dans une joyeuse cacophonie, M. Horisberger distribua la bagatelle de sept avertissements presque totalement au hasard, n’osant pas sortir le carton rouge (direct ou sous la forme d’un deuxième jaune) lorsque celui-ci pouvait se justifier. De son côté, M. Bieri, arbitre VAR du jour, s’abstint d’intervenir à plusieurs reprises alors qu’il aurait pu aider à son jeune collègue et lui permettre de reprendre le contrôle de son match et de ses émotions. Des incompréhensions récurrentes depuis le début de la saison (notamment, mais pas uniquement, sur l’application de la VAR) qui devient inquiétantes.

 


 

Réactions d’après-match

 

Anthony Sauthier

 

(propos recueillis par Clément Vuagnat)

 

Alain Geiger

 

 

 

Joël Magnin

 

 


 

Neuchâtel Xamax FCS – Servette FC 2-2 (0-2)

Stade de la Maladière, 5’819 spectateurs.

Arbitre : M. Horisberger.

Buts : 15′ Tasar (0-1), 18′ Ondoua (0-2), 50′ Karlen (1-2), 78′ Nuzzolo (penalty) (2-2).

Xamax : Walthert (C); Neitzke, Oss, Xhemajli; Seydoux, Corbaz, Ramizi, Kamber; Haile-Selassie (31′ Doudin), Nuzzolo; Karlen (82′ Seferi). Coach : J. Magnin.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Gonçalves; Maccoppi, Ondoua (81′ Kyei); Tasar (69′ Cognat), Imeri, Schalk (61′ Souici); Kone. Coach : Geiger.

Avertissements : 1′ Kamber, 48′ Ramizi, 58′ Maccoppi, 63′ Kone, 74′ Karlen, 78′ Frick, 83′ Kyei.

Notes : Xamax sans Farine, Di Nardo, Dugourd, Mveng (blessés), Qela et Alic (non-convoqués / avec les M21). Servette sans Cespedes, Stevanovic (suspendus), Wüthrich (ménagé), Lang, Iapichino, Busset (convalescents / avec les M21) et Chagas (non-convoqué).