Servette s’en va défier Vaduz au Liechtenstein ce soir (dès 19h45 sur notre webradio) avec un effectif décimé et une motivation en berne pour un match qui n’aura aucun enjeu.

 

Si vous avez osé cliquer sur “lire la suite” après une telle introduction, chapeau à vous! Pourtant, il est bien difficile de présenter autrement une rencontre qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe pour les Grenat trois jours avant de recevoir le dernier trophée national qui manquait à leur palmarès. Les Genevois ne s’en cachaient d’ailleurs pas au moment de l’interview: oui, ils souhaitent évidemment ramener la victoire d’un si long déplacement, mais l’important est avant tout de ne pas contracter de blessure supplémentaire en vue de dimanche et (déjà) de la saison prochaine. Nous avons tout de même abordé ces deux parties avec Anthony Sauthier, Timothé Cognat et Alain Geiger, en collaboration, comme toujours, avec Blaise Bugyil (Radio Lac).

 

A noter au passage que nous profitons également de cette rencontre sans enjeu pour effectuer quelques tests. Ainsi, Thomas Zinguinian vous commentera ce match en solitaire depuis Vaduz. N’hésitez pas à l’écouter et à réagir sur nos réseaux sociaux pour nous indiquer ce que vous pensez de cette formule!

 


 

Terminer le travail

 

(BB) Anthony Sauthier, est-ce qu’il s’agit de deux matchs de liquidation ou est-ce qu’il y a une motivation autre, telle que de trouver des automatismes pour l’an prochain ?

 

Non, il y a un peu de tout. L’entraîneur va aussi un peu faire tourner, ça permettra donc aux joueurs qui ont moins joué de se montrer, notamment s’il y en a en fin de contrat en prévision d’un départ ailleurs. C’est deux matchs où il ne faut pas faire n’importe quoi parce que si l’on finit bien, on aura plus de facilité pour commencer la saison prochaine. A nous de bien terminer le travail.

 

Mauvais souvenirs du Rheinpark

 

Lors de votre dernière visite au Rheinpark, vous aviez touché le montant et Servette avait perdu 1-0. Est-ce que cela peut vous booster d’effacer ce souvenir ?

 

C’était un match compliqué. Déjà, c’est loin et ils étaient à l’époque sur une bonne dynamique. Maintenant c’est tout autre chose, on est champions et ils se sont sauvés. Il n’y a plus rien à jouer pour les deux équipes. Je ne sais pas si tout le monde va vouloir aller à l’attaque et marquer, mais ce sera un beau match pour nous et pour les supporters présents.

 

“On va à Vaduz parce qu’on est des professionnels”

 

La dernière fois que Servette a gagné au Rheinpark, il a été promu ensuite. Autant quitter ce championnat en brisant au passage la série négative, non ?

 

Pourquoi pas, ça serait bien oui. On ne va pas là-bas pour ça. On y va parce qu’on est des professionnels. On joue à Servette donc on veut gagner tous les matchs et si on peut au passage briser ces mauvais souvenirs du Rheinpark, on le fera avec plaisir.

 

Sauthier (ici face à Aarau) sera bien sur le terrain à Vaduz (© Bastien Gallay)

 

(BB) Suite à la « journée portes ouvertes » contre Rapperswil, est-ce que l’entraîneur a cherché à recadrer un peu l’équipe ?

 

Il nous a parlé, que ce soit sur ce qu’on avait fait de bien ou sur ce qu’on avait moins bien géré, notamment la deuxième mi-temps avec ces boulevards laissés aux Saint-Gallois. A la maison, on veut sans arrêt attaquer. Rapperswil a bien joué le coup en contre, ils ont réussi à marquer trois fois, mais ce n’est pas ce qu’on va retenir de ce match. L’important, c’est que tout le monde a pu avoir du temps de jeu et qu’on a gagné. C’est tout ce qui compte.

 

Un trophée, une fierté

 

Dimanche, vous allez soulever votre premier trophée en tant que capitaine du Servette FC. N’est-ce pas un peu difficile de se concentrer sur Vaduz alors qu’un tel événement vous attend ?

 

C’est un moment que j’attends depuis pas mal de temps. Je suis revenu il y a six ans dans l’optique d’être champion de Challenge League avec Servette, une première dans l’histoire du club. En Promotion League, c’était Tibert Pont le capitaine. Là, ça aura peut-être une autre saveur, mais je suis impatient de soulever cette coupe tant méritée.

 

“Lausanne, avec 20’000 spectateurs en face, ils étaient dans leurs petits souliers”

 

(BB) Qu’est-ce que vous avez envie de dire pour motiver le public genevois à venir vous voir dimanche ?

 

On a besoin d’eux. On l’a vu contre Lausanne, avec 20’000 spectateurs en face, ils étaient dans leurs petits souliers en début de match. Ça nous pousse également. Ce sera la remise du trophée, un moment à ne manquer sous aucun prétexte. Nous le méritons avec la saison qu’on a faite.

 

La pression (re)descend

 

Vous avez beaucoup joué cette saison. Vous réjouissez-vous d’arriver à la fin de celle-ci ?

 

Oui. C’était une saison riche en émotions avec beaucoup de stress, même si ça ne se ressent pas particulièrement pendant le match. Une saison où tu joues le haut du classement, c’est des matchs capitaux tous les week-ends, ça te rajoute une dose de tension à chaque fois. Là, il y a toute la pression qui redescend et il faut faire attention aux pépins physiques. Il ne faudrait pas faire n’importe quoi. C’est pour cela qu’on doit bien terminer avec ces deux matchs. On veut finir sur une bonne note devant nos supporters avant de recevoir la coupe.

 


 

Geiger fait du bricolage

 

Alain Geiger, on arrive enfin dans les deux derniers matchs de la saison, des matchs qui compteront « pour beurre ». Comment les abordez-vous ?

 

Il faut toujours être sérieux, peu importe si c’est un match amical, de championnat ou autre, continuer à se faire plaisir et progresser ensemble. On sait aussi qu’on ne joue pas notre peau sur ce match, ça devrait donc permettre aux joueurs d’être un peu plus légers et insouciants. Malgré tout, j’attache une certaine importance au résultat et à la performance à Vaduz.

 

Rester sérieux

 

Servette n’a pas gagné au Rheinpark depuis neuf ans. Est-ce que vous utilisez cette statistique pour motiver vos joueurs ?

 

Oui, mais comme je l’ai dit, l’important c’est de respecter notre ligne et de faire du jeu. J’aimerais qu’on arrive à répéter cette envie de jouer collectif et de gagner des matchs en jouant bien même dans des rencontres sans enjeu. Dimanche, le match sera un peu plus motivant parce qu’il y aura la coupe dans le stade et notre public. Ça sera une fête, les joueurs seront donc évidemment motivés. Peut-être que ce déplacement est un peu plus périlleux, mais les joueurs doivent comprendre qu’on doit être capables de rester sérieux et de jouer notre jeu en toutes circonstances.

 

“Follonier a beaucoup de qualités offensives, mais défensivement, c’est plus compliqué”

 

On peut imaginer qu’il y aura à nouveau une revue d’effectif vu la proximité des deux matchs. Qu’en est-il ?

 

Elle sera moins grande que contre Rapperswil car l’idée était vraiment de donner du temps de jeu à ceux qui en avaient besoin. Là, on est sur une autre réflexion. On a des blessés, Routis notamment, et des suspendus (Imeri). On va devoir faire avec le groupe en place, du moins ceux qui sont disponibles.

 

Et si Frick jouait latéral gauche?

 

En parlant de sérieux, on a parfois vu des sautes de concentration notamment dans la dernière demi-heure contre Rapperswil. Est-ce que cela vous a énervé ?

 

Oui, bon… (il hausse les épaules) Depuis le début de la saison, on a souvent pris des buts depuis le côté gauche. On sait que Follonier n’est pas un latéral, il a beaucoup de qualités offensives, mais défensivement c’est plus compliqué. Quand il rentre, il attaque, il ne peut donc pas être aux deux extrémités à la fois. Il nous a fallu recomposer l’équipe en raison des blessures et il me fallait un pied gauche. Autrement, on aurait pu tenter de jouer à trois derrière en changeant de système, mais c’était beaucoup de travail pour pas grand chose. Ce côté gauche est vraiment maudit à Servette. On s’est même demandés si on ne pouvait pas tenter de mettre Frick comme latéral… (rires) Plus sérieusement, on va recruter encore un gaucher pour la saison prochaine, c’est clair.

 

(BB) C’est donc Sarr qui va à nouveau évoluer à gauche à Vaduz ?

 

Vous me prenez un peu de cours, mais je pense que oui, à l’extérieur c’est plus sûr.

 

“J’ai bien aimé la mentalité générale du groupe contre Rapperswil”

 

Est-ce qu’il y a une performance en particulier que vous avez appréciée contre Rapperswil ?

 

Ce que j’ai bien aimé, c’est la mentalité générale du groupe. Je savais que pour cette équipe, il faudrait trouver du rythme parce qu’elle avait moins joué. En deuxième mi-temps, quand on a eu le rythme, on a fait un gros saut de qualité. Quand on est arrivés au quatrième but, on a globalement oublié de défendre, mais comme il n’y avait plus de grande nécessité de le faire, c’était normal. Le match était intéressant malgré tout, on a su garder notre allant offensif, c’est positif.

 

Avalanche de forfaits

 

(BB) Pour ces deux derniers matchs, est-ce que vous allez chercher à répartir le temps de jeu entre tout le monde ?

 

Disons que j’aimerais bien avoir le choix, mais actuellement je n’ai que seize joueurs à disposition. Je prie donc pour qu’il n’y ait pas de blessé ou de suspendu supplémentaire. Heureusement que l’on a fait le titre, on cherchait vraiment à l’avoir le plus tôt possible parce que c’était l’un de mes soucis : plus on avançait, plus on perdait des joueurs. Plusieurs ont même joué blessé certains matchs. On appellera peut-être quelques M21 pour Vaduz, mais c’est compliqué car ils ont également des soucis d’effectif. Avec seize joueurs, on est à sec. Et encore, parmi eux, il y a encore Cespedes qui saura jeudi matin s’il peut jouer ou pas. Vous me posez des questions, mais je n’ai pas de grand choix, je dois faire des équipes à bout de bras.

 

Concrètement, qui sont les absents supplémentaires ?

 

Routis a ressenti ses adducteurs ce matin (mercredi, ndlr) à l’entraînement, il ne va donc pas prendre de risques. Avec Imeri suspendu, Severin, Iapichino, Lang et Maccoppi, ça fait déjà six joueurs sur vingt qui sont absents. On espère donc qu’il ne se passera rien de méchant jeudi. Je trouve le calendrier de cette fin de championnat un peu chaotique avec ces deux dernières journées en moins de quatre jours. Heureusement que l’on a plus rien à jouer parce que j’ai l’impression que cette fin de saison a été bâclée par ceux qui ont fait le calendrier.

 


 

“On ne va pas faire tout ce chemin pour se prendre une branlée!”

 

Timothé Cognat, comment appréhendez-vous ces deux dernières rencontres ?

C’est des matchs sans grande importance puisqu’on est déjà champions. C’est sûr que c’est dur de trouver la motivation et l’envie d’aller les jouer, mais on reste toujours focalisés sur notre objectif qui est de remporter le maximum de parties.

 

Servette n’a pas gagné depuis neuf ans au Rheinpark. Est-ce que cela peut servir de motivation supplémentaire à l’équipe ?

Sincèrement, je ne sais pas si beaucoup de joueurs le savent. Oui, ça peut être une motivation, mais on va de toute façon à Vaduz pour gagner. On ne va pas faire tout ce chemin pour se prendre une branlée !

 

Vous avez beaucoup joué cette saison. Comment vous sentez-vous ? Et quel est votre sentiment par rapport à vos multiples changements de poste ?

La fatigue, tout le monde commence à la ressentir. Il nous reste deux matchs, ce n’est pas à ce moment-là qu’elle va peser, mais après. Au niveau du poste, je suis capable de jouer partout au milieu. C’est clair que je suis plus à l’aise au centre, mais le coach m’a utilisé ainsi, peu m’importe. Je suis surtout content d’avoir joué, c’est ce que je recherchais en venant ici, c’est donc positif.

 

Si vous deviez faire un premier bilan de votre saison à Servette, quel serait-il ?

Je suis très content ! J’ai eu ce que j’espérais en venant ici, soit énormément de temps de jeu. L’entraîneur m’a fait confiance, l’équipe m’a bien intégré, bref, l’année s’est très bien passée et je vais en garder d’excellents souvenirs.

 

Est-ce que ça s’est mieux passé que ce que vous auriez pensé ?

Je pense que oui. Je suis venu après une année difficile à l’Olympique Lyonnais et je ne pensais pas être aussi à l’aise aussi rapidement dans l’équipe.

 

On sait que vous ne savez pas de quoi sera fait votre avenir (un point établi par le chef de presse avant l’interview, ndlr), mais est-ce que personnellement, vous avez un souhait particulier ?

Sincèrement, je ne sais pas trop. Je vais déjà laisser passer ces deux matchs et on verra après.