Après un match nul à domicile face à Lugano, les hommes d’Alain Geiger ont croisé le fer avec les Sédunois pour le premier derby du Rhône de la saison. Narration d’une défaite à la fois frustrante mais encourageante.

 

Frustrant mais encourageant. Des propos difficiles à tenir au moment de peser le pour et le contre de ce derby du Rhône. Frustrant parce que les Servettiens ont su se créer les occasions nécessaires pour passer l’épaule dans cette rencontre mais ont été fébriles sur les quelques maigres occasions de leur éternel rival. Encourageant toutefois car le travail de construction est là, il est bon et l’entraîneur le mentionne lui-même en fin de rencontre. « Que faire de plus ? » Voilà une question hors-antenne que nous nous posions sur le chemin du retour. Parce que faire plus, c’est tout simplement concrétiser ces occasions, ce qui défaut aux Genevois depuis le début de saison. Et finalement, il n’y a presque que cela a mentionné. 

 

Ce qu’il est aussi important de mentionner, c’est le jeu très offensif et l’envie de proposer un beau spectacle aux seul.e.s privilégié.e.s de pouvoir assister aux rencontres. A l’image de ce cafouillage à la 6ème minute dans la surface sédunoise et de cette splendide frappe de Kastriot Imeri quelques instants plus tard. L’envie et les bonnes intentions sont présentes. Malheureusement, c’est au premier quart d’heure de jeu et sur un coup franc bien travaillé par Clemenza, pour son premier match de la saison, que Bamert catapulte le ballon au fond des filets de Frick. Premier coup de froid à Tourbillon.

 

L’excellente rentrée de Boubacar n’a pas réussi à tromper la vigilance de Fickentscher (© Marc Delacrétaz)

 

Mais les Grenat ne baissent pas les bras pour autant. Quasiment coup sur coup, deux centres viennent menacer les cages de Fickentscher. Kyei reprend le premier de la tête mais voit sa tentative passer à côté et le second ne peut que traverser la surface sans être dévié. Frustration encore toi. 

 

En deuxième période, ce sont toujours les Genevois qui maitrisent le cuire. Kyei oriente bien le ballon mais sa puissante frappe trouve le portier Sédunois sur son chemin. Peu avant l’heure de jeu, c’est à nouveau Clemenza offre un caviar pour Khasa. 2 à 0, le froid frappe encore plus fort. Mais rien y fait pour les Servettiens. L’excellente entrée de Boubacar Fofana n’a pas permis aux Grenat de trouver le chemin des buts. Un chemin qu’ils cherchent depuis le début de la saison. Le merveilleux coup franc de l’ancien Lyonnais ainsi que sa frappe sur la barre annihile toute chance de revenir au score. Boris Cespedes, à bout pourtant, ne connaît pas meilleur succès.  

 


 

Que retenir de ce match ? 

 

De positif

 

L’entrée de Boubacar Fofana. La nouvelle recrue de Servette n’a pas connu des débuts flamboyants avec les Grenat. Expulsé peu avant la mi-temps face au triple champion en titre Young-Boys, il a eu diverses occasions pour se racheter hier soir. Il a su montrer toutes les qualités dont il est maître. Technique, rapidité, frappe de balle, tout était présent. Sans un Fickentscher dans une forme impériale, la nouvelle recrue des Grenat auraient pu inscrire un doublé fantastique et permettre à son équipe de revenir avec un point de Tourbillon. A défaut d’avoir pu marquer des buts, il a su marquer ses premiers points au prés d’Alain Geiger et des supporters. 

 

La prestation générale de l’équipe. Malgré la défaite, c’est un Servette FC presque écrasant qui était présent hier soir dans le Valais. A contrario, c’est un FC Sion un peu timide mais diablement efficace et intelligent qui a su renverser la tendance et s’imposer. Malgré tout, et peut-être sommes nous répétitifs, le jeu est plaisant, maitrisé. Les occasions sont présentes, franches. Seule manque la conclusion. Définitivement. Voilà en quoi, malgré tout, cette défaite n’est pas si amère. 

 

A améliorer

 

Les coups de pieds arrêtés. Dans un sens comme dans l’autre, les Servettiens n’étaient pas dans le coup hier soir. Avec 13 corners pour les hommes d’Alain Geiger contre 4 pour les hommes de Grosso (dont le premier en toute fin de rencontre), ils n’ont pas su exploiter ces nombreuses occasions. Au contraire, ce sont les Sédunois qui ont su être les plus dangereux notamment sur le premier but de Bamert, assisté par Clemenza qui a signé une prestation de haut rang pour ses débuts sous le maillot du FC Sion : deux passes décisives.

 

Le froid de Tourbillon. Bon, pas vraiment une surprise en soi, mais tant la météo que l’incroyable efficacité Sédunoises ont su mettre à mal les espoirs genevois. Une belle « clim’ » comme on adore imager, à notre époque, sur les réseaux sociaux qui a permis au FC Sion d’obtenir sa première victoire de la saison. Une météo glaciale d’une part mais aussi un FC Sion qui en a rajouté une couche ou enlevé une. C’est selon.

 

Le seul et unique problème qui est à soulever : la finalisation. Oui, on se répète, mais finalement rien n’est plus évident à mettre en avant. Fofana par deux fois, Kyei par deux fois, Cognat, Cespedes, Schalk et Koné ont eu toutes les cartes en main pour concrétiser les occasions franches qu’ils ont obtenues. Mais rien y fait, et si ce problème persiste depuis plusieurs rencontres, l’espoir de voir les Servettiens empiler les buts est grandissant. 

 


 

Interview d’après-match

 

Alain Geiger

 

 

Propos recueillis par Bastien Trottet

 


 

Sion – Servette 20 (1-0)

Tourbillon, huis clos.

Arbitre: L. Tschudi.

Buts: 15e Bamert 1-0; 59e Khasa 2-0.

Sion: Fickentscher; Tosetti (46e Abdellaoui), Bamert, Ndoye, Iapichino; Serey Die; Grgic (69e André), Clemenza (82e Wakatsuki), Araz; Karlen (46e Khasa), Hoarau (69e Uldrikis).

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Mendy; Imeri (69e Schalk), Valls, Ondoua (58e Cespedes), Antunes (46e Kone); Cognat; Kyei (58e).

Avertissements: 10e Tosetti (jeu dur), 67e Iapichino (jeu dur), 70e Cespedes (jeu dangereux).

Notes : Servette sans Diallo, Stevanovic et Henchoz (blessés). Sion sans Andersson, Kabashi et Luan (blessés).