Le rythme effréné des matchs se poursuit pour les Grenat qui se déplaçaient au Letzigrund pour y affronter le FC Zürich. Une 5e rencontre en 15 jours décisive dans la lutte à la 4e place qui est désormais qualificative pour les tours préliminaires d’Europa League.

 

Alain Geiger alignait une équipe remaniée pour faire souffler certains cadres et pallier les quelques absences. Kiassumbua remplaçait Frick (suspendu après son rouge face à YB) dans les cages tandis que Maccoppi était aligné pour la première fois de la saison au milieu du terrain. Le FCZ, qui restait sur une défaite peu glorieuse du côté de Thoune, devait montrer son meilleur visage devant son public. Quelques changements également dans le XI de Ludovic Magnin mais la volonté surtout d’être discipliné tactiquement.

 

Comme le public, Servette n’était pas véritablement présent au Letzigrund (© Clément Vuagnat)

 

L’entame de cette partie est assez fermée. Les deux équipes se neutralisent, on retiendra côté Servette une volée de Tasar trop centrée et un coup-franc de Routis au-dessus. Les locaux, eux, ont profité de leur première occasion pour ouvrir la marque. Une combinaison sur corner entre Schönbächler et Kolloli. L’ex-Lausannois voit sa première frappe contrée mais sa deuxième tentative fusille Kiassumbua (19e). Servette aurait pu réagir immédiatement. A la 26e minute, Cognat récupère un ballon dans le camp zurichois, la glisse à Tasar qui centre en retrait pour Imeri mais le jeune Servettien tire au-dessus. Victime d’une intervention illégale de Schönbächler dans la surface, Imeri aurait pu bénéficier d’un pénalty mais M. Schärer en a décidé autrement (sans même aller consulter la vidéo). La fin de la 1ère mi-temps est terne, les deux équipes ne parvenant pas à se procurer de vraies situations.

 

A la mi-temps, Schalk remplace un Maccoppi en-dedans pour amener du poids à l’offensive. Alors qu’on sent Servette décidé à revenir au score sur ce début de 2e mi-temps, Zürich va inscrire le 2e but à la 50e. Les Grenat pressent très haut et le FCZ réussit à sortir proprement le ballon. Les locaux se retrouvent en supériorité numérique, Kempter centre pour Rüegg qui croise parfaitement sa frappe. Un but tout d’abord annulé par M. Schärer pour une position de hors-jeu de Kramer mais qui sera finalement validé grâce à la VAR. Zürich aurait même pu inscrire dans la foulée le 3e par Marchesano mais Routis sauva sur sa ligne le tir du milieu zurichois. Servette, dos au mur, n’avait donc plus d’autre choix que de prendre tous les risques. Cela aboutit à une domination territoriale face au bloc très bas déployé par Ludovic Magnin. Les entrées de Stevanovic et Alves font du bien, Servette se crée plusieurs occasions. Sauthier rate l’immanquable à 1/4h de la fin, Cespedes et Routis ont des opportunités de marquer mais rien n’y fait, les Grenat ne reviendront pas. Une première défaite depuis la reprise qui met en lumière le manque de profondeur dont dispose Alain Geiger. Un revers qui relance également la course pour la 4e place qui risque d’être disputée jusqu’au bout entre Servette, Zürich et Lucerne.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

La dernière demi-heure du match. Avec sur le terrain une équipe un peu plus « classique », les Grenat ont montré leur meilleur visage lors de la fin de la rencontre. Obligé d’attaquer, Servette a amené du danger sur le but de Brecher. Un bon signal qui prouve, qu’au complet, les Servettiens peuvent inquiéter n’importe quelle équipe de Super League.

 

Christopher Routis. Un deuxième match consécutif de bon niveau pour le défenseur Grenat. Après une prestation ratée comme latéral droit du côté de Lucerne, Routis a réussi à se remobiliser pour se montrer très solide en défense centrale face à YB et hier soir. Aux côtés d’un Rouiller en difficulté, il a su intervenir quand il le fallait défensivement et se montrer également dangereux devant. Le Français a du caractère et il nous l’a prouvé cette semaine.

 

A améliorer

 

La première heure de jeu. Peu à leur affaire, les Servettiens sont passés à côté de leur première partie de match. Face à un Zürich peu flamboyant mais bien organisé et réaliste, cela se paye cash. Cette absence ne peut pas vraiment s’expliquer par la forme physique car les Zurichois possédaient un jour de récupération en moins que les Grenat. A ne pas reproduire lors de la prochaine rencontre donc.

 

Le manque de profondeur d’effectif. Criant hier soir, Servette a dû aligner des joueurs avec très peu de minutes jouées en Super League comme Maccoppi par exemple. On peut se réjouir que des jeunes soient incorporés au groupe mais on peut aussi constater que leur impact sur une rencontre est aujourd’hui limité. Aux dirigeants de faire le nécessaire lors du prochain mercato pour que Servette puisse compter sur un groupe plus élargi.

 

La course pour la 4e place relancée. Servette pouvait mettre le FCZ à 6 points en cas de victoire, il est revenu à égalité à cause de cette défaite. Lucerne pourrait aussi se mêler à la lutte pour cette place qui est désormais européenne. Mais est-ce que les Grenat veulent-ils vraiment l’accrocher ? La question mérite d’être posée et on comprendrait totalement que, dans la conjoncture actuelle, le club préfère ne pas s’aventurer dans une épopée européenne la saison prochaine.

 


 

FC Zurich – Servette FC 2-0 (1-0)

Letzigrund, 800 spectateurs (huis-clos partiel).

Arbitre: M. Schärer.

Buts: 19e Kololli (1-0), 50e Rüegg (2-0).

Zurich: Brecher (C); Rüegg, Nathan, H. Kryeziu, Omeragic (81e M. Kryeziu); Marchesano (74e Seiler), Domgjoni, Schönbächler (46e Sohm), Kempter (71e Pa Modou); Kololli (81e Winter), Kramer. Coach: L. Magnin.

Servette: Kiassumbua; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Vouilloz (69e Alves); Imeri, Ondoua (86e Martial), Maccoppi (46e Schalk), Cognat (69e Cespedes); Kone, Tasar (60e Stevanovic). Coach: Geiger.

Avertissements: 30e Nathan (jeu dur), 53e Rouiller (antijeu), 65e Kololli (antijeu), 92e Seiler (jeu dur).

Notes : Zurich sans Tosin, Mahi (blessés), Janjicic (malade), Bangura, Sauter, Zumberi et Britto (non-convoqués). Servette sans Frick (suspendu), Gonçalves, Severin, Iapichino, Sasso et Kyei (blessés). Première apparition professionnelle pour Alexis Martial (19 ans).