Le Servette FC affronte son rival historique ce soir, un derby que vous pourrez suivre dès 18h45 sur notre webradio. Après leur bon résultat de la semaine passée, les Grenat semblent presque favoris malgré leur statut de néo-promus.

 

Le Stade de Genève va sentir la poudre ce soir, tant au sens propre avec les inévitables engins pyrotechniques qui ne manqueront pas de colorer les tribunes, qu’au sens figuré, Genevois et Valaisans entretenant une relation d’amour-haine aux racines immémoriales et dépassant largement les limites d’une simple rencontre de football. Deux cantons intimement liés pour le meilleur et pour le pire, tant les flux longeant les berges du Lac de Genève paraissent intarissables. Il suffit de se promener quelques instants à Verbier ou Crans-Montana pour réaliser à quel point les “Gueules Elastiques” se sont implantées dans certaines bourgades montagnardes. A l’inverse, passez quelques minutes en conférence de presse dans les travées de la Praille et vous vous demanderez si vous n’avez pas été téléporté à la Porte d’Octudure. En effet, c’est le défenseur chablaisien Steve Rouiller et l’entraineur sédunois Alain Geiger qui avaient logiquement été désignés par le Servette FC pour répondre aux questions des journalistes hier après-midi. Tous deux sont clairs: Servette devra imposer son jeu face au FC Sion.

 


 

Malgré la chaleur, Servette a bien récupéré

 

Est-ce que Servette est le favori de cette rencontre ?

 

Alain Geiger : Oui, je pense que c’est le cas car nous sommes à domicile et nous devrons prendre la direction du match. Je vais demander à mes joueurs de mettre du rythme, de s’imposer dans les duels et de jouer vers l’avant. C’est aussi ce que veut le public. Si nous jouons ainsi, nous ne pourrons pas avoir de regrets, nous aurons essayé. De ce que j’ai vu lors du premier match, je ne me fais pas de souci, nous pourrons mettre le FC Sion sous pression.

 

Steve Rouiller, ici face à GC, est prêt au combat physique face aux attaquants sédunois (© Natacha Crocoll)

 

Est-ce qu’il existe des similitudes avec le derby de la promotion du 10 mai dernier ?

 

Alain Geiger : C’est difficile de savoir si nous serons poussés par la même ferveur populaire que contre Lausanne. Ce match-ci, c’était le verdict, si nous le gagnions, nous étions promus. Nous ne sommes pas dans cette situation aujourd’hui. Bien sûr que nous aimerions commencer fort, mais chaque équipe a des bons et des mauvais moments. C’est dans nos temps faibles que nous devrons être le plus attentifs et parvenir à rester solides et collectifs. Nous avons bien su le faire face à YB, il faudra répéter cela contre Sion.

 

Jouer offensif, un bon moyen de mettre Sion en difficulté

 

La chaleur a-t-elle pesé sur la préparation de ce match?

 

Alain Geiger : Nous avons donné une semaine de récupération à nos joueurs. Nous n’avions jamais couru autant que contre YB, c’est probablement le match le plus costaud que nous ayons eu à disputer ensemble. Comme nous devrons reproduire ce genre de parties à chaque journée, il était donc important de laisser les organismes bien récupérer, surtout avec cette chaleur. Nous faisons attention à ne pas les surcharger tout en essayant de les maintenir prêts à se donner à fond lors des nonante minutes de match.

 

Steve Rouiller : On en a profité pour faire un peu plus de technique et de tactique. C’était important de décharger un peu cette semaine après un premier match extrêmement intense. Nous savons que contre Sion, la rencontre sera assez physique avec beaucoup de duels. Nous avons bien récupéré et nous avons fait le travail nécessaire pour être prêts samedi.

 

“Mettre en difficulté l’adversaire, c’est mettre la pression sur sa défense”

 

Comment mettre en difficulté le solide bloc défensif sédunois ?

 

Alain Geiger : Il ne faut pas oublier que depuis dix ans, il y a deux contingents qui sont vraiment supérieurs aux autres : Bâle et Young Boys. Vous savez, mettre en difficulté l’adversaire, c’est mettre la pression sur sa défense. Si nous arrivons à amener des ballons dans les seize mètres et sur ses ailes, nous poserons des problèmes à l’adversaire. Pour cela, il faut jouer haut et faire des attaques placées dans ses quarante derniers mètres. Si Sion décide de jouer défensif, nous devrons faire attention aux contre-attaques parce qu’ils ont des joueurs rapides, même si je ne sais pas qui va jouer devant de leur côté.

 

Il reste quelques interrogations au niveau des gardiens valaisans. Est-ce que cela change quelque chose pour vous?

 

Alain Geiger : Non, peu importe qui va jouer, mais s’ils veulent nous faire des cadeaux, nous les prenons volontiers.

 

Des adaptations mais pas de chamboulement

 

Jouer avec Vincent Sasso, est-ce que cela change quelque chose?

 

Steve Rouiller : Nous avons démontré de belles choses à Berne, même s’il nous faut encore un peu de temps pour trouver des automatismes. C’est un défenseur assez grand, physique et qui joue beaucoup sur l’anticipation. Je pense que nous sommes assez complémentaires. L’an passé, avec les deux Chris, nous avions aussi disputé de bons matchs donc je ne m’inquiète pas trop, s’il devait y avoir des blessés ou des suspendus, nous avons les joueurs qu’il faut pour les remplacer. Vincent a beaucoup d’expérience. Avec son calme et sa qualité technique tant au sol que dans les airs, il ne peut faire que du bien à l’équipe.

 

“En étant à droite, c’est un peu plus facile de trouver les intervalles”

 

Vous jouez à droite de la défense avec Sasso, mais à gauche avec Routis et Mfuyi. Quelle est votre préférence?

 

Steve Rouiller : En tant que pur droitier, j’ai plutôt tendance à rentrer sur l’intérieur du terrain si je joue à gauche. En étant à droite, c’est un peu plus facile de trouver les intervalles avec les passes dans l’axe. Après, au niveau du travail défensif, je ne pense pas qu’il y ait énormément de différences. Cela me permet peut-être d’être un peu plus à l’aise sur mon pied droit de temps en temps, mais pour moi il n’y a aucun souci, je peux jouer sans problème d’un côté ou de l’autre.

 

Un tournus bien plus fréquent cette année

 

Quel est l’état des troupes?

 

Alain Geiger : Nous avons toujours les mêmes blessés, soit Lang, Busset, Iapichino et Maccoppi. Imeri ne s’était pas entraîné une large partie de la semaine passée car il était malade, c’est pour cela qu’il n’était pas convoqué à Berne. Il réintègre l’effectif pour ce match. Pareil pour Severin, qui était légèrement touché. J’ai donc deux choix: soit je conserve la même équipe, soit je change peut-être un joueur. On verra, je n’ai pas encore décidé à l’heure actuelle (avant le dernier entraînement, ndlr).

 

Est-ce que vous pensez adopter la même tactique que la saison passée au niveau de vos compositions d’équipe ou est-ce qu’il y aura un tournus plus important?

 

J’ai vingt-deux joueurs dans l’effectif. Ce sont les onze les plus en forme qui ont commencé à YB, mais le tour des autres viendra automatiquement parce que ce n’est pas un contingent énorme pour faire les trente-six matchs de Super League. Je pense qu’il y aura largement l’occasion d’intégrer l’un ou l’autre joueur au cours des prochaines rencontres, peut-être même déjà dès samedi. L’an passé, nous avions un effectif plus large, mais nous étions limités au niveau des étrangers. Cette saison, nous sommes un peu moins et la compétition va être plus chargée. Automatiquement, tout le monde va participer.

 

“Si je peux régulièrement changer deux joueurs par match, je le ferai”

 

Il y aura des blessés, des suspendus, des gars qui seront moins en forme. Les remplaçants qui sont présents méritent aussi d’être titulaires. Si je peux régulièrement changer deux joueurs par match, même après une victoire, je le ferai. J’essaierai de mettre à chaque fois l’équipe la plus homogène possible. J’aimerais que tout le monde reste au contact et participe le plus possible à tous nos matchs de championnat.

 


 

Retour des fouilles à l’entrée

 

Vendredi après-midi à l’heure de la conférence de presse, 7’000 billets avaient été vendus, abonnements compris. Les caisses du stade ouvriront une heure avant le coup d’envoi. Il y aura à nouveau des fouilles à l’entrée, ce qui n’était pas le cas en Challenge League. L’entrée dans l’enceinte prendra donc plus de temps. Le club invite tous les spectateurs à venir le plus tôt possible et à privilégier les transports publics.