Les Genevois avaient toutes les cartes en main à la mi-temps pour s’imposer tranquillement dans le Nord du pays avant de s’effondrer en deuxième période.

 

Boris Cespedes répond à nos questions après le match

 

Partis la veille pour mettre toutes les chances de leur côté, les Servettiens abordaient ce match avec une concentration particulière, eux qui restaient sur deux bonnes performances face à Lausanne et Lucerne qui s’étaient à chaque fois soldées par des défaites. Sevrés de victoire en déplacement depuis le 28 juillet à Chiasso (si l’on excepte Meilen), les Grenat se devaient de relancer la machine face à un adversaire réputé dangereux et qui pouvait leur passer devant au classement en cas de victoire.

 

Alain Geiger avait décidé d’apporter du sang neuf à son équipe en titularisant Busset comme latéral gauche et Schalk comme ailier d’une attaque à trois soutenue par le trio Cespedes-Cognat-Maccoppi. Séduisante sur le papier, l’équipe visiteuse allait également l’être dès le coup d’envoi. Prenant le jeu à son compte, le milieu de terrain genevois trouvait rapidement des ouvertures dans la défense schaffousoise.

 

Une ouverture du score rapide

 

Sur une relance en apparence anodine de Routis sur Sarr (excellent hier), Cespedes allait hériter du cuir et l’envoyer en cloche à l’orée des seize mètres. Le ballon semblait a priori se diriger vers une zone sans attaquant, mais c’était sans compter sur l’intelligence de jeu toujours aussi hallucinante de Stevanovic qui avait en réalité déclenché un appel que seul son coéquipier avait vu. Il parvint logiquement le premier sur le ballon et réussit à l’envoyer au fond des filets d’une splendide volée sur laquelle Mendy et Grasseler n’ont pas bonne mine. 0-1 après 15 minutes de jeu et Servette semble plutôt bien parti pour ramener des points de son déplacement.

 

D’autant que quelques minutes plus tard, Busset allait se mettre en évidence et se jouant de Gonçalves pour aller adresser un centre-tir à ras-terre que Chagas passa à quelques millimètres de pouvoir dévier hors de portée du gardien adverse. Il fallut attendre la 32eminute de jeu pour voir Castroman, le meilleur buteur de Challenge League, se mettre une première fois en évidence, mais son tir n’eut que le mérite de permettre à Jérémy Frick de terminer son échauffement. Du coup, les locaux commencèrent à durcir un peu le jeu, un domaine dans lequel les Genevois ont également des arguments à faire valoir avec notamment un Andrea Maccoppi dont la science du tacle peut calmer plus d’un adversaire.

 

Au final, malgré une excellente tête de Chagas contrée en fin de mi-temps ainsi qu’un tir de Tranquilli à peine plus dangereux que celui de son coéquipier auparavant, la première période s’achève sur un score logique de 0-1, les Schaffhousois pouvant même s’estimer heureux de ne pas être menés plus largement.

 

Une pause qui change tout

 

Qu’est-ce que les deux entraîneurs ont bien pu raconter à leurs joueurs pendant cette interruption ? La question se pose indéniablement parce qu’on découvrira deux équipes au visage totalement différent dès la reprise. Boris Cespedes nous expliquera à l’interview (que vous pouvez retrouver en tête de cet article) qu’Alain Geiger a demandé à ses joueurs de s’intéresser chacun à un milieu de terrain adverse, ce qui eut pour effet de libérer beaucoup d’espaces sur les côtés. Un choix surprenant puisque Servette avait justement remporté la bataille dans l’entrejeu.

 

Ce changement tactique créa à n’en pas douter un certain flottement dans l’effectif servettien dont allaient profiter les hommes de Boris Smiljanic. Après un quart d’heure largement en faveur des locaux ponctués par plusieurs tirs relativement peu dangereux, leur domination allait se concrétiser sur une nouvelle phase de possession autour de la surface Grenat. Rouiller sortait trop facilement sur Castroman, lequel pu décaler un coéquipier. Une petite talonnade plus tard, Busset et Rouiller étaient passés par Gonçalves qui allait ensuite pouvoir tromper trop facilement au premier poteau un Jérémy Frick pas tout blanc en la circonstance, mais pas vraiment aidé par Maccoppi (venu couvrir Rouiller) non plus. Bref, c’est toute la défense genevoise qui n’a pas vraiment fière allure sur cette action.

 

Les jaune et noir seront même à deux doigts de doubler la mise sur l’action suivante, mais heureusement pour les Grenat, la frappe de Paulinho fut freinée par la jambe d’un défenseur alors qu’elle partait hors de portée de Frick qui fut tout content de pouvoir se saisir du cuir aussi aisément.

 

Des occasions de but pour… les défenseurs

 

La dernière demi-heure s’écoula de la même manière avec des Schaffhousois qui maitrisaient le ballon sans pour autant réussir à être véritablement dangereux, tandis que Servette balbutiait son football en phase offensive. A noter toutefois un tir intéressant de Routis qui fila de peu à-côté et deux bonnes opportunités pour Sarr d’affronter Grasseler, mais le défenseur Grenat n’a malheureusement pas le talent de finisseur d’un Schalk ou d’un Kone et hésita la seconde de trop avant de frapper. Dommage car il fut l’un des Servettiens les plus en vue, son entente avec Stevanovic sur leur côté droit et sa solidité défensive ayant fait merveille tout au long de la rencontre.

 

Un partout score final donc, mais ce match n’aura jamais atteint des sommets. Les statistiques officielles indiquent tout de même quatre tirs cadrés de chaque côté, mais hormis les deux buts, l’impression qui prédomine est celle que les deux gardiens n’ont jamais eu à s’employer pour repousser les assauts adverses. Un match de petite cuvée donc que Servette devra oublier rapidement puisqu’ils affronteront Kriens à la Praille mardi déjà avec l’obligation de faire des points face au néo promu !

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

De positive

 

Le côté droit servettien : rarement pris en défaut en phase défensive, complémentaire en phase offensive, le duo Sarr-Stevanovic fut probablement le seul à surnager tout au long de la rencontre. Si le Français ne déboulonnera pas Sauthier de son poste, il est en tout cas une valeur sûre pour Alain Geiger et vaut mieux qu’un rôle de remplaçant cette saison.

 

A améliorer

 

La constance. Alex Schalk nous en parlait avant le match, Servette doit apprendre à être plus constant et plus consistant sur 90 minutes. Ce match à Schaffhouse aura au moins eu le mérite d’illustrer tout le travail qu’il reste aux Grenat avant de pouvoir prétendre jouer la promotion. Jouer 45 bonnes minutes, c’est très bien, mais il faut soit en profiter pour tuer le match, soit être capable d’en jouer 45 de plus. Comme les Servettiens n’ont fait aucun des deux, il est somme toute logique qu’ils reparent du Lipo Park sans les trois points. Malheureusement.

 


 

FC Schaffouse – Servette FC 1-1 (0-1)

Lipo Park, 1’064 spectateurs

Arbitre : M. Jancevski

Schaffhouse : Grasseler; Gonçalves, Mendy, Mevljia, Quollaku; Pugliese, Paulinho (C), Tranquilli (75′ Nikci), Del Toro; Castroman (88′ Dindamba), Barry (69′ Gül).

Servette : Frick; Sarr, Routis (C), Rouiller, Busset (85′ Severin); Maccoppi, Cognat, Cespedes; Stevanovic, Chagas (88′ Souaré), Schalk (65′ Follonier).

Avertissements : 36′ Cespedes, 51′ Mevlja, 78′ Gonçalves.