En prélude du Servette-Aarau de ce soir (dès 18h45 sur notre site), nous avons pu nous entretenir avec Alain Geiger, Jérémy Frick et Alexis Antunes hier après-midi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils étaient unanimes sur la situation des Argoviens!

 

Jérémy Frick, quel est votre regard sur votre saison jusqu’ici ?

 

Pour l’instant, je suis plutôt satisfait. On a la meilleure défense du championnat donc je suis assez content, surtout que d’habitude j’ai un peu de peine à démarrer.

 

Toujours chercher à s’améliorer

 

Ne prendre que 7 buts en 10 matchs, mais ne pas souvent gagner, pour un gardien encore plus que pour la défense, cela doit être frustrant, non ?

 

Oui, c’est très frustrant parce que nous, on a peut-être l’impression d’avoir fait notre boulot et que devant, cela ne nous a pas souri jusqu’à maintenant. Mais on peut également se remettre en question en se disant que ces buts que l’on a encaissés, ils étaient aussi évitables et que l’on aurait donc pu en prendre encore moins. C’est clair que c’est frustrant, mais tout autant que pour l’attaque à mon avis.

 

“Si je peux couper une action, je le fais. Mais contre Wil, j’ai peut-être été trop loin dans cette intention.”

 

On vous a trouvé un peu moins tranchant en ce début de saison, notamment dans les sorties aériennes. Est-ce que vous partagez ce sentiment ?

 

Non, je ne suis pas du tout d’accord avec vous. J’ai dû en rater une depuis le début de saison, vous n’en trouverez pas deux. A la limite contre Lausanne, on peut encore discuter, je vous laisserai analyser le but, vous verrez qu’on ne peut rien faire contre un blocage. Maintenant, dans les sorties aériennes, je pense que j’ai fait ce qu’il y avait à faire, notamment contre Lucerne. Après, le football d’aujourd’hui évolue. Peut-être que maintenant, dans le championnat, on me connaît et on sait que je suis plutôt à l’aise dans les airs, du coup peut-être qu’il y a moins de centres. Je pars toujours du principe que si je peux couper une action en sortant, je le fais. C’est vrai qu’au dernier match, j’ai peut-être été un peu trop loin dans cette intention-ci, mais globalement j’essaie d’être le plus présent possible pour l’équipe.

 

“Il suffit de regarder les sourires sur les lèvres des défenseurs quand on ne prend pas de but”

 

Vous avez été très bon contre Wil. Ce genre de match, avec en plus un blanchissage à la fin, cela doit vous faire du bien ?

 

Cela fait du bien à toute l’équipe de ne pas prendre de but. C’est clair qu’il y a aussi une petite satisfaction personnelle partagée avec la défense. Il suffit simplement de regarder à la fin du match les sourires sur les lèvres des défenseurs quand on ne prend pas de but, qu’on gagne ou qu’on fasse match nul. C’est super important pour la confiance. Aujourd’hui, on sait qu’une équipe qui vise le haut du tableau doit avoir la meilleure défense. Pour l’instant, c’est le cas et j’espère que ce sera toujours le cas à la fin de ce week-end.

 

Une concurrence souhaitée et encouragée

 

La dernière fois que l’on vous a eu à l’interview, nous avions parlé de l’absence d’une véritable doublure derrière vous. Entre-temps, Joël Kiassumbua est arrivé. Comment se passe votre entente ?

 

Tout se passe bien, on se tire la bourre au quotidien comme l’an passé avec David Gonzalez, on essaie de donner le meilleur de nous-mêmes. C’est moi qui ai joué depuis le début de saison, je ne vois pas pourquoi cela changerait en ce moment, mais c’est à moi de prouver jour après jour que je mérite d’être sur le terrain. C’est toujours bien d’avoir de la concurrence, cela nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes. Je n’ai jamais eu une saison sans concurrence, cette année il n’y a pas de raison que cela change. C’est quelque chose qui est important pour moi, mais aussi pour le club et pour l’équipe.

 

(Blaise Bugyil, Radio Lac)* : Si l’on revient à cette concurrence avec Kiassumbua, est-ce aussi une assurance pour vous d’avoir quelqu’un pour vous remplacer en cas de pépin ?

 

Bien sûr. Me concernant, je ne peux pas vraiment juger, mais pour le club, c’est bénéfique d’avoir toujours quelqu’un sur qui on peut compter derrière. Souvent, les blessures de gardiens sont plutôt longues, malheureusement pour nous. C’est une volonté du club de se bétonner là-dessus. L’équipe avait peut-être aussi besoin de plus de force au niveau des gardiens parce qu’au début de la saison, il n’y avait que Joao Castanheira et moi. Si je me blessais, Joao se retrouvait tout seul, il n’avait personne derrière lui hormis de très jeunes joueurs. Cela donne donc plus de sérénité à ce niveau-là.

 

Vous jouez avec le numéro 32, est-ce qu’il y a une raison particulière à ce choix ?

 

Tout simplement, lorsque je suis arrivé en prêt ici, c’était le dernier numéro qui restait. Cela m’avait plutôt souri, j’avais une bonne saison et je trouvais que c’était plus cool de prendre un numéro différent parce que tous les gardiens ont le numéro un. Du coup depuis, c’est un numéro que je garde pour moi.

 

(BB) Aarau, c’est un adversaire qui vaut mieux que son classement. Comment voyez-vous ce match ?

 

On sait que cela va être un match très très compliqué. C’est une équipe qui a une force offensive impressionnante. J’ai regardé certains de leurs matchs vu qu’ils ont souvent été télévisés, c’est vraiment une belle équipe qui n’est pas là où elle devrait être. Je connais très bien leur coach et sa volonté de marquer des buts. On s’attend à un match très compliqué au niveau de notre défense. On sait que c’est peut-être un peu plus compliqué pour eux en défense, c’est là-dessus qu’on va devoir jouer. Ce sera un peu le même schéma que le match aller, c’est l’équipe qui se montrera la plus solide qui gagnera. Pour moi, ce sera un match-clé du championnat.

 


 

L’entraîneur se méfie de son ancien employeur

 

(BB) Alain Geiger, un mot sur Aarau ?

 

Toutes les équipes ont un bon niveau, ça se joue sur des petits détails, des moments de réussite, des moments où l’on peut produire un bon jeu et faire la différence. Quand vous jouez un adversaire comme Aarau, il n’a pas la valeur d’être dernier au classement, je ne pense pas qu’ils vont rester longtemps à cette position. Ils ont réalisé de très bons matchs, notamment celui contre Lausanne que j’ai utilisé à la vidéo. On ne joue pas contre le dernier mais contre un très bon adversaire. A nous de continuer à mettre le niveau de Wil. Malheureusement on n’a pas pu enchaîner à cause de la trêve internationale. On aurait voulu rester dans le rythme tout de suite après la victoire de Wil. J’attends des joueurs qu’ils retrouvent ce niveau et qu’ils prennent les trois points, mais en leur disant également que cela ne sera pas un match facile.

 

Un “grand” adversaire

 

A Aarau, il y a notamment un certain Varol Tasar qui carbure fort actuellement. Est-ce que vous avec prévu quelque chose de particulier pour le contrer ?

 

Non non, on ne va pas s’occuper d’un adversaire en particulier mais de l’équipe globalement. C’est clair qu’on indique où il y a des points forts et des points faibles, mais on essaie d’abord de pratiquer notre jeu. On veut peser sur cette défense, on sait que c’est la moins bonne de la ligue pour l’instant. On fait tout de même attention aux spécificités de chaque adversaire. Par exemple, ils ont un grand qui fait 2m02 et qui joue les déviations et un autre nouveau joueur qui est rapide.

 

“On avait du retard au niveau comptable, pas au niveau du jeu”

 

J’ai entraîné le FC Aarau il y a quelques années, ils ne sont pas du tout à leur place, ils valent beaucoup mieux que cela, y compris avec le recrutement qu’ils ont fait cette année. Ils ont un très bon potentiel, mais comme je l’ai aussi expliqué pour nous depuis le début de saison, quand un entraîneur arrive et qu’il y a autant de changements, il faut du temps pour intégrer tous ces joueurs et définir un vrai style de jeu.

 

Suite à la victoire contre Wil, est-ce que vous avez senti que quelque chose avait changé dans le vestiaire ?

 

L’équipe était sur la bonne voie. J’ai toujours dit qu’il nous manquait des points. La manière était souvent là, on est simplement frustrés quand on n’arrive pas à marquer ce deuxième but ou à ne pas réussir à faire trois points en ne marquant qu’un but. On avait du retard au niveau comptable, pas au niveau du jeu. Nous étions extrêmement contents de réduire l’écart sur Wil, c’était un véritable match à six points que nous avons gagné. Quand on gagne, c’est le meilleur remède. Pour un entraîneur, la meilleure situation, c’est de gagner des matchs parce que tout le vestiaire en profite et il y a beaucoup plus de dynamique après les victoires.

 

Une pause active

 

Lors du match amical contre Lancy, vous en avez profité pour tester Duah et Strohbach. Qu’en avez-vous pensé ?

 

C’est toujours des bonnes nouvelles. On profite de jouer contre des clubs de la région parce que cela nous permet aussi de faire connaissance avec les joueurs adverses, les présidents adverses, les staffs techniques adverses, bref, cela permet d’avoir un échange avec les clubs du coin. Cela me permet aussi de voir quelques joueurs, qu’ils soient dans mon équipe ou en face. Sur le même principe, on a également fait un match interne cette semaine contre les M21, ce qui me permet aussi de voir nos jeunes, d’observer leurs capacités à notre contact.

 

* = sauf mention contraire, les questions sont celles posées par l’auteur de cet article.

 


 

Une-deux avec Alexis Antunes

 

Depuis votre retour de blessure, vous avez marqué deux buts décisifs en un mois. Peut-on dire que tout se passe bien pour vous ?

Ça se passe bien, c’est vrai. Je me sens en confiance. L’équipe me met en confiance, on se sent tous bien dans le groupe et ça m’aide à pouvoir montrer mon talent.

 

Si vous deviez donner l’un de vos points forts et de vos points faibles, que diriez-vous ?

L’un de mes points forts sur le terrain, je dirais que c’est la percussion. Quant au point faible, c’est clairement mon jeu de tête, que je peux encore largement améliorer.

 

Votre poste de prédilection ?

Idéalement en numéro dix en dessous de l’attaquant, mais je peux aussi jouer sur le côté, ça ne me dérange pas et j’aime bien aussi.

 

Vous portez le numéro 27. Il y a eux beaucoup de buteurs Grenat qui l’ont porté ces dernières années. Vous y pensez ?

Pas tellement. Ce numéro, c’est surtout pour mon quartier, Carouge, 1227. J’essaie de le représenter comme cela.