Le Servette FC reçoit le FC Schaffhouse dimanche sur le coup de 16h (dès 15h45 sur notre webradio). Un match qui pourrait sembler facile contre une équipe en crise profonde. Ce n’est pourtant pas l’avis des Grenat qui veulent avant tout retrouver leur jeu de 2018. Et comme Alain Geiger et Chris McSorley ont pu échanger quelques mots cette semaine, on imagine sans crainte qu’il y aura onze guerriers sur la pelouse de la Praille!

 

Lors du traditionnel point presse d’avant-match, nous avons pu nous entretenir avec Dennis Iapichino, Alexandre Alphonse et Alain Geiger en compagnie de Blaise Bugyil (Radio Lac) dont les questions sont mentionnées comme telles.

 


 

Alphonse est catégorique : “Travailler, c’est la base de tout”

 

Alexandre Alphonse, vous sembliez avoir de bonnes sensations à Aarau. Etait-ce bien le cas ?

 

Oui oui. Cela fait du bien de disputer un match entier. Pour moi, c’est important de pouvoir enchaîner les minutes sans avoir de petit pépin physique. J’ai eu une préparation un peu compliquée mais tout commence à rentrer dans l’ordre et ça se ressent sur le terrain.

 

On a vu notamment cette magnifique passe entre deux défenseurs. Est-ce un peu pour ce genre de coups d’œil que vous êtes si précieux ?

 

Oui, j’essaie d’apporter mon expérience d’un côté, mais aussi ma vision du jeu et ma réflexion par rapport à ce qui se passe sur le terrain. Je suis vraiment au service de l’équipe.

 

A la recherche de la complémentarité perdue

 

Vous étiez aligné seul en pointe avec Wüthrich juste derrière vous comme ce fut souvent le cas la saison dernière, mais avec moins de réussite. Pourquoi selon vous ?

 

Cela faisait plus d’un an que l’on n’avait pas été alignés ainsi donc on avait besoin de repères, d’autant qu’on joue d’habitude dans d’autres systèmes. C’est aussi lié au fait qu’il y avait une très bonne équipe d’Aarau en face qui jouait à domicile et en forme. Bref, c’était plusieurs choses, mais on ne se prend pas la tête avec cela. On essaie de tous retrouver la forme et la complémentarité que l’on avait ensemble avec tous les joueurs offensifs. On travaille là-dessus, on sait qu’on a un gros potentiel qui peut faire très mal à toutes les équipes.

 

Dimanche, c’est Schaffhouse, avec de bons attaquants mais aussi quelques problèmes au niveau des gardiens. Est-ce que vous avez travaillé spécifiquement là-dessus ?

 

Non, pas particulièrement. Il nous reste encore une séance vidéo samedi pour terminer l’analyse, mais on est surtout focalisés sur nous-mêmes. On doit retrouver le niveau que l’on avait en fin d’année passée où tous les joueurs étaient biens physiquement. Après, avec le talent qu’il y a dans l’équipe et le travail, tout devrait se mettre en place. C’est du moins ce que j’espère.

 

“L’équipe était encore en rodage et pas à 100% physiquement, mais tant à Kriens qu’à Aarau, on a vu que ça revenait gentiment”

 

Vous parlez de retrouver le niveau de l’an passé. D’après-vous, est-ce qu’il s’est passé quelque chose pendant l’hiver où c’est seulement la pause qui a brisé l’élan ?

 

A mon avis, c’est uniquement la pause. On sait qu’elle est très longue en Suisse, ce qui fait que c’est presque un nouveau championnat qui recommence avec une nouvelle préparation. On a eu des joueurs qui ont été blessés et qui n’ont pas pu la faire entièrement, ça se ressent aussi sur le terrain. L’équipe était encore en rodage et pas à 100% physiquement, mais tant à Kriens qu’à Aarau, on a vu que ça revenait gentiment donc je ne me fais pas trop de souci sur ce plan là si on continue à travailler. Travailler, c’est la base de tout.

 

Le bloc bas, la hantise des attaquants

 

(BB) Que changer dans la dynamique offensive pour trouver plus facilement le chemin des filets à domicile ?

 

Il nous faut un peu plus de vitesse dans notre jeu. On doit être capable de lâcher les ballons plus rapidement et de créer du mouvement car c’est le mouvement qui va offrir des déséquilibres. Contre Wil, c’était compliqué parce que c’était un bloc bas, très bas même, où ils n’ont pratiquement pas joué vers l’avant. C’est toujours compliqué à affronter, on a pu le voir en Ligue des Champions cette semaine, même les meilleurs peinent à marquer dans cette configuration. A nous de trouver des petits espaces, des déplacements, de la vitesse dans notre jeu, nous passer la balle plus vite pour créer des déséquilibres et faire la différence.

 


 

Geiger veut utiliser les matchs de cette semaine pour faire avancer son équipe

 

Alain Geiger, quel est votre regard à froid sur ce point obtenu à Aarau ?

 

Nous avons eu un match difficile face à une très bonne équipe. Aarau est dans une bonne période depuis la fin de l’année passée. Nous ne sommes malheureusement pas parvenus à marquer les premiers alors que nous avons eu les premières occasions. Ensuite nous avons encaissé des buts, mais même eux n’espéraient pas revenir aux vestiaires avec deux buts d’écart. En deuxième mi-temps, nous avons enfin réussi à nous libérer pour ramener un point. C’était un bon match de football, très intéressant et avec beaucoup de rythme pour la Challenge League. Le travail a été fait là-bas avec ce point, il faut maintenant le confirmer en gagnant à la maison pour pouvoir s’en satisfaire.

 

Mettre du rythme à tout prix

 

Schaffhouse est une équipe qui connaît quelques problèmes actuellement. Est-ce une motivation supplémentaire d’avoir un piège à éviter ?

 

Oui, on sait qu’on va devoir mettre du rythme. Parfois, à la maison, nos adversaires nous endorment un peu. Il faudra marquer sur nos premières occasions car cela fait une grosse différence, l’adversaire est obligé de s’ouvrir et ça nous simplifie la tâche. Il nous faut éviter de nous retrouver dans un match comme le dernier à domicile où l’on n’est pas arrivés à marquer. L’efficacité sera la clé.

 

“Le scénario est pareil contre toutes les équipes à domicile : on doit marquer des buts en premier pour ne pas se retrouver dans une situation délicate par la suite”

 

Avec les retours de Sessolo et Cicek, vos adversaires disposent de deux armes offensives de poids. Avez-vous prévu quelque chose de spécifique pour les contrer ?

 

Non, rien de particulier. On sait que l’on doit comme d’habitude attaquer et se méfier des contre-attaques adverses. Ce sont toutefois des excellents joueurs. Sessolo doit se relancer, il est à court de compétition suite à sa blessure mais c’est un garçon qui est solide sur les jambes et qui a une bonne vitesse. Cicek aussi est là pour se relancer, c’est un petit gabarit qui est explosif. Mon arrière-garde est au courant de leurs capacités, mais le scénario est pareil contre toutes les équipes à domicile: on doit surtout marquer des buts en premier pour ne pas se retrouver dans une situation délicate par la suite.

 

Vous récupérez plusieurs joueurs pour cette rencontre et notamment vos deux attaquants titulaires. Est-ce ce qu’il a manqué à Aarau, des atouts offensifs ?

 

Oui, effectivement. Ceux qui ont joué n’ont pas démérité, Chagas notamment a fait une bonne entrée, mais je n’avais pas à ma disposition des joueurs capables de tenir 90 minutes. C’est pour cela que j’ai opté pour une stratégie à un seul attaquant, parce que je n’en avais pas assez pour les remplacer ou modifier le cours du jeu. Là, j’aurai plus de solutions offensives, mais je dois aussi voir où ils en sont l’un et l’autre. Je ne pense pas qu’ils puissent tenir tout le match. A moi d’être intelligent et de sentir un peu leurs capacités.

 

Le mental dans le sport, c’est fondamental

 

(BB) Est-ce que vous vous servez des matchs internationaux pour préparer votre équipe, notamment sur l’aspect mental pour retourner un score ?

 

Oui, mais nous ne sommes pas du tout dans la même configuration. Nous sommes dans un championnat. En Ligue des Champions, la phase de groupe est faite de calculs, tandis que lorsque l’on arrive dans la phase à élimination directe, c’est des matchs de coupe, ce n’est plus possible de calculer. Paris a voulu le faire, ils se sont fait sortir. Par contre, j’essaie d’expliquer à mes joueurs qu’il faut être présents mentalement. Contre Wil, je ne pense pas qu’il y ait eu un problème de coaching ou de tactique, nous n’avons juste pas été assez forts dans la tête. Avec six points d’avance, nous ne sommes pas dans un fauteuil, nous devons continuer à faire des points et à creuser notre avance pour être plus confortables. Il faut empoigner ces matchs avec du caractère, de l’engagement et de la volonté.

 

“Je dois faire attention à ce ce que chaque joueur apporte sa brique à l’édifice, comme dirait Chris McSorley”

 

(BB) Est-ce que vous effectuez un travail spécifique sur le mental ?

 

Je parle individuellement avec chaque joueur. Je me dois d’amener de l’énergie à l’équipe. Souvent, dans le sport collectif, il peut y avoir du relâchement chez certains individus qui fait perdre de l’énergie à tout le groupe. Ce n’est pas nécessaire qu’un ou deux joueurs sortent du lot, ce qu’on veut, c’est que l’équipe gagne. Je dois faire attention à ce que chaque joueur apporte sa brique à l’édifice, comme dirait Chris McSorley, plutôt qu’il la laisse à la maison sans rien apporter à l’équipe dans un match de compétition. Ils doivent être au niveau de ce qu’on attend d’eux au sein du staff technique et de l’équipe.

 

Les hockeyeurs et les Mancuniens ont tracé la voie

 

(BB) L’exemple de McSorley et de sa capacité à galvaniser ses troupes, est-ce qu’il vous inspire ?

 

Oui, évidemment. On a vu récemment des grands noms tels que le Real et Paris s’effondrer. A contrario, il y avait cette situation au hockey où il fallait un gros mental pour tenir le 3-2 et ne pas encaisser l’égalisation. Dans le sport, le mental est déterminant. C’est ce que j’essaie d’insuffler à mes joueurs.

 


 

“Il fait 120 kilos, c’est impossible qu’il s’effondre avec juste une main dans le dos!”

 

Dennis Iapichino, vous étiez titulaire lors des deux derniers matchs. Bilan : un but et un assist. Quelle entrée en matière !

Oui, c’est un bon début, c’est vrai. Je ne l’imaginais pas, mais j’en suis heureux. Je suis avant tout content pour l’équipe, hormis pour le penalty que j’ai concédé. Au final, nous devons nous dire que ce point est un bon point, nous étions tout de même mené 2-0 à la mi-temps. Nous devons apprendre de nos erreurs et être plus attentifs lors des prochains matchs.

 

Vous parlez de ce penalty. Expliquez-nous ce qui s’est passé ?

J’ai revu les images après le match, il n’allait pas avoir le ballon. Pendant la rencontre, je pensais qu’il l’aurait de la tête, c’est pour cela que j’ai mis mon bras pour le déranger un peu. Vous savez, il fait 120 kilos, c’est impossible qu’il s’effondre juste avec une main dans le dos. Mais je ne veux pas parler de tout cela, c’est derrière nous, nous devons nous concentrer sur les prochaines parties. Nous savons que Lausanne n’est pas loin derrière nous, mais nous devons avant tout penser à ce que nous faisons de notre côté.

 

L’équipe a marqué trois fois en deuxième mi-temps et a montré beaucoup de caractère. C’est quelque chose que vous emmenez avec vous pour la suite ?

Oui, bien sûr. Nous ne pouvons pas débuter les rencontres comme nous l’avons fait à Aarau. Nous n’étions pas assez agressifs devant. Nous n’avons pas le droit d’arriver à 2-0 à la mi-temps parce que nous sommes premiers. On ne peut pas marquer trois buts à chaque match. L’état d’esprit était bon après la pause. C’est fou que nous ayons réussi à marquer trois fois à Aarau devant un tel public. Nous devons garder cette force pour la suite.

 

Schaffhouse dispose de bons attaquants mais n’a pas encore gagné en 2019. Qu’attendez-vous de ce match ?

Je connais bien le nouvel entraîneur Jürgen Seeberger, j’ai été sous ses ordres à Winterthour. J’ai également joué avec Cicek. Pour sûr, ils sont là pour se battre et faire des points. Nous devrons rester compacts et nous battre. Le reste, nous l’avons : nous sommes capables de marquer à chaque match. A nous de rester concentrer et tout devrait bien se passer.