Face à des Neuchâtelois sans idées et presque résignés, les hommes d’Alain Geiger n’ont fait qu’une bouchée de leur adversaire du jour et se rapproche un peu plus de l’Europe tandis que Xamax ouvre la porte à la Challenge League.

Après la grosse défaite face au FC Thoune sur le score de 5 à 1, les Grenat avaient à coeur de se racheter devant leur public face à des Neuchâtelois qui n’avaient pas d’autres solutions que de gagner pour espérer se sauver et éviter la descente. Du côté Servettien, une victoire consolidait la 4e place alors synonyme d’Europe. D’un côté comme de l’autre rien n’est encore mathématiquement fait. Encore moins quand le match est tronqué par un faux rythme. Sûrement les deux mots les plus usés lors du commentaire du match. Des Neuchâtelois alors plus virulents pour démolir les joueurs servettiens que pour construire son jeu et se créer des occasions. 

Toutefois, si Xamax s’est contenté d’être dangereux pour l’intégrité physique des Genevois, ce sont les derniers nommés qui ouvriront le score par l’intermédiaire de Koro Koné. Ce dernier, bien placé dans la surface, profite d’une parade de Walthert sur une frappe d’Alves. 1-0 pour les Genevois mais pas pour longtemps. En effet, un peu après la demi-heure de jeu, Rouiller s’emmêle un peu les pinceaux devant sa surface et perd son ballon au profit de Ramizi, l’attaquant n’a alors qu’à transmettre son ballon pour Nuzzolo qui n’a planté son 13e but dans les cages vides. Anecdotiques. Le dernier quart d’heure est alors celui du réveil, d’abord Koné puis Stevanovic et Cognat butent sur une défense neuchâteloise elle aussi réveillée avant de rejoindre les vestiaires. 

On se dit alors que le match est sûrement lancé et que la deuxième période, si elle commence comme elle a terminé, devrait être plaisante. Et tel a été le cas. Les Grenat sont revenus des vestiaires avec une grinta et une efficacité retrouvées puisqu’il aura fallu 30 secondes à Koro Koné pour trouver Stevanovic dans les cinq mètres et donner l’avantage aux Genevois. Un Stevanovic que l’on retrouvera quelques minutes plus tard sur le 3 à 1 après un excellent travail de Kastriot Imeri. 

Abattus, les Neuchâtelois ne tentent même plus de produire une once de jeu tant les difficultés semblent gargantuesques. Pire encore, pour eux, Kyei trouve parfaitement Cespedes en fin de match et enterre un peu plus les espoirs quasi nuls des visiteurs. Servette fait donc un pas majeur vers l’Europe tandis que Xamax se dirige tout droit vers la challenge league. Même si rien est encore fait, il faudrait aux Neuchâtelois deux victoires lors des deux derniers matchs et que le FC Sion s’incline lors de ces derniers matchs. Tout en sachant que les Xamaxiens doivent rattraper une différence de buts déjà importantes. 

 

Que retenir de ce match ? 

De Positif : 

  1. Renouer avec la victoire. Depuis Lucerne au début du mois, les Grenat n’ont pas réussi à s’imposer. Au contraire, ce sont même une défaite face aux deux clubs bernois qui sont venus s’accrocher au bilan grenat. Et même si ces défaites n’ont pas eu un poids considérable sur le classement des Genevois, celle contre Thoune était anecdotique tant Alain Geiger a dû remanier son 11 et compter avec l’absence de beaucoup de cadres. Des cadres retrouvés face à Xamax qui ont su maitriser leur adversaire et obtenir trois points précieux pour la lutte à l’Europe. 
  2. La victoire en elle-même. Ce point fait écho au précédent dans sa nature mais il convient de démarquer le match en lui-même où Xamax n’a réellement existé que sur une erreur de Rouiller et deux frappes plus ou moins dangereuses. Sans contestation, le Servette FC sort grand vainqueur de ce match où le score aurait même pu être encore plus lourd si l’efficacité avait été poussée à son paroxysme (le score du match reste malgré tout une belle preuve d’efficacité). 
  3. Imeri homme du match. Un titre qui ne récompense pas simplement son match d’hier mais aussi tout les efforts et les belles prestations effectués depuis la reprise. « Relégué » sur le côté gauche depuis la blessure de Varol Tasar, le jeune servettien ne cesse de briller par sa maturité et ses coups d’éclat qui nous font perdre notre latin en direct à l’image de sa passe décisive face à Young-Boys et celle hier face à Xamax. Mature, incisif et décisif Katriot Imeri est monté en puissance sur ces dernières semaines et cette fin de saison vient récompenser un travail de longue haleine. 

A améliorer : 

  1. Une intensité un peu tronquée. Finalement, elle se comprend. Avec la fin de la saison qui arrive, les matchs accumulés depuis la reprise et le jeu proposé par les hommes d’Alain Geiger, on sent et on voit que le jeu commence à en prendre un coup. Des erreurs individuelles plus récurrentes, une fatigue plus accentuée, des blessures qui arrivent plus rapidement. Rien d’anormal au vu du contexte actuel, mais il fallait bien trouver un petit quelque chose à redire tant les Grenat ont maitrisé de bout en bout la rencontre. 
  2. Les blessures. Pas réellement un point à améliorer mais plutôt un point négatif qui vient à nouveau gâcher un peu la fête. Si Kyei, Sasso, Iapichino et Cognat (lui suspendu) faisaient leur retour, Geiger devra a priori compter sans Alex Schalk (adducteur) et Ricardo Alves (cheville) qui avait d’ailleurs remplacé Alex Schalk en première mi-temps. Une tuile de plus pour les Grenat.
  3. Un but sur une erreur défensive. Un mal persistant pour les Servettiens depuis la reprise. Aussi un point qu’on a relevé à quelques reprises. A l’image de l’erreur commise face à YB, Rouiller s’est emmêlé les pinceaux, offrant à Ramizi le ballon que ce dernier offre à Nuzzolo. Une erreur sans trop de gravité mais une erreur qu’il ne faudrait pas réitérer trop souvent. Logique. 

 

Stade de la Praille, 1000 spectateurs. Arbitre: Alessandro Dudic.

Buts: 21e Kone 1-0; 36e Nuzzolo 1-1; 46e et 53e Stevanovic 3-1; 82e Cespedes 4-1.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino (68e Gonçalves); Stevanovic, Ondoua, Cognat, Imeri (78e Maccoppi); Kone (78e Kyei), Schalk (19e Alves, 68e Cespedes). Entraîneur: Alain Geiger.

Xamax: Walthert; Mveng (63e Seydoux), Djuric (59e Seferi), Oss (46e Neitzke), Xhemajli, Kamber (80e Abanda); Corbaz (46e Sakho), Kouassi, Araz; Ramizi, Nuzzolo. Entraîneur: Stéphane Henchoz.

Avertissements: Ramizi (3e, jeu dur), Kamber (13e, jeu dur), Oss (15e, jeu dur), Xhemajli (62e, jeu dur), Abanda (80e, jeu dangereux), Cespedes (86e, jeu dur).