Les Grenat reçoivent le FC Wil samedi au Stade de Genève (dès 18h45 sur notre webradio). Battus à la surprise générale sur le terrain du FC Chiasso le week-end dernier, les Genevois sont clairs: ils se doivent de battre les Saint-Gallois et reprendre leur marche en avant.

 

Nous avons pu interviewer Timothé Cognat, Alex Schalk et l’entraîneur Alain Geiger lors du point presse de vendredi. Comme à notre habitude, les questions ont été posées en commun avec notre confrère Blaise Bugyil (Radio Lac) dont les interventions sont mentionnées comme telles.

 


 

Alex Schalk, un guerrier laissé bien seul à Chiasso

 

Alex Schalk, vous avez livré une performance plutôt bonne à Chiasso avec un but tout en roublardise. Quel est votre sentiment après ce match ?

 

De la déception, principalement. Quand tu vas à Chiasso, tu sais que cela va être un match difficile. Nous étions très bien préparés, nous avons dominé les 15 premières minutes, nous avons marqué rapidement et j’étais persuadé que nous allions en mettre d’autres ensuite. Mais bon, c’est le football. Nous avons fait des erreurs stupides et au final nous perdons le match.

 

Alex Schalk veut continuer sur sa lancée (© Fred Curtet)

 

Nous sommes également déçus parce que nous avions une excellente opportunité d’augmenter notre différence de points avec nos poursuivants. C’est inexplicable, vraiment. Je ne comprends pas comment on peut débuter aussi bien le match et faire deux erreurs individuelles qui nous rendent la tâche bien plus compliquée face à un adversaire comme Chiasso. Nous devons être préparés à cela et s’entraîner plus fort pour être en mesure de mettre à mal les défenses adverses.

 

“Je leur ai dit qu’il allait falloir amener plus que du joli football. Nous devions amener du caractère, être prêts pour la guerre.”

 

On vous a senti plus à l’aise que vos coéquipiers sur le terrain difficile de Chiasso. Est-ce un reste de vos années en Ecosse ?

 

Oui, un peu. En Ecosse, c’est plus une sorte de combat. J’en ai fait l’expérience et je m’y suis habitué. J’ai prévenu les gars avant le match que ça allait être similaire avec les conditions météorologiques et l’état du terrain. Je leur ai dit qu’il allait falloir amener plus que du joli football. Nous devions amener du caractère, être prêts pour la guerre. J’en ai l’expérience, j’ai voulu transmettre ça à mes coéquipiers. C’est aussi pour cela que je suis déçu du résultat.

 

Continuer sur sa lancée

 

Vous avez des statistiques plutôt bonnes. Pour vous, est-ce une bonne saison que vous vivez actuellement ?

 

Pas tant que cela. L’équipe fonctionne bien pour l’instant, elle est en tête. Personnellement, j’en suis à 6 buts sur les 7 derniers matchs. C’est positif, je me sens à nouveau moi-même. Mais je ne dirais pas que c’est une bonne saison, du moins pas pour l’instant. Je veux jouer la suite de ce championnat de la même manière que j’ai disputé les sept derniers matchs. Si j’arrive à le faire, je suis sûr que tout le monde y trouvera son compte. C’est important pour l’équipe, pour le club. J’espère vraiment continuer comme cela.

 

Contre Wil, vous allez changer de partenaire en attaque puisque Kone est blessé. Qui est-ce qui va le remplacer selon vous ? Et qui aurait votre préférence ?

 

Bonne question ! (rires) J’ai joué avec tout le monde, ils sont tous très bons et chacun est prêt à jouer. Le coach décidera demain, pour l’instant je ne sais pas encore avec qui je jouerai mais ce n’est pas le plus important. Au final, nous devons prendre les trois points. Peu importe qui joue, nous devrons nous donner à 110%. Nous avons vu à Chiasso que lorsque l’on n’est qu’à 90%, même si l’on est en tête de la ligue, cela ne suffit pas. Nous devons continuer à travailler fort. Personnellement, je sais que c’est ce que je ferai.

 

Faire trois points à domicile, une évidence

 

Wil est une bonne équipe. Quel est le plan que l’équipe et le staff technique avez préparé pour les contrer ?

 

Nous travaillons sur chacun de nos adversaires pour savoir quelles sont leurs forces et leurs faiblesses et en faire bon usage. Nous allons faire ce que nous savons faire de mieux : jouer un football offensif et presser haut. A domicile, cela nous a bien réussi lors des derniers matchs avant la pause. Contre Vaduz, ce n’était pas encore vraiment en place mais nous avons tout de même remporté le match. Nous avons travaillé sur certains aspects, mais je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant. Je pense toutefois que nous allons pouvoir marquer plusieurs buts en exploitant leurs faiblesses.

 

“Nous ne devons pas nous préoccuper de nos adversaires. Nous sommes Servette, nous sommes en tête du classement et nous devons leur montrer pourquoi nous le sommes.”

 

(BB) A quel genre d’opposition vous attendez-vous ?

 

C’est une équipe plutôt physique. Ils sont bien organisés défensivement et ont de bons joueurs pour jouer les contre-attaques. Nous devrons y être attentifs. Mais d’un autre côté, nous ne devons pas trop nous préoccuper de nos adversaires car nous sommes Servette, nous sommes en tête du classement et nous devons leur montrer pourquoi nous le sommes. Nous méritons d’être à cette position et avec notre style de jeu et notre pressing, nous devons battre n’importe qui, surtout à la maison.

 


 

Geiger: “Nous avions le droit de perdre ce match”

 

Alain Geiger, comment avez-vous utilisé cette défaite pour préparer l’équipe cette semaine ?

 

Après une défaite, il y a toujours une remise en cause de la part des joueurs et du staff technique. Je crois qu’on avait le droit de perdre ce match. On a essayé, on n’a pas réussi à le gagner, le plus important maintenant c’est de se remettre en route. C’est important de relancer la machine, d’autant que l’on joue à domicile. Notre objectif, c’est d’aller chercher une deuxième victoire à la maison cette année.

 

Recevoir Wil en octobre vous avait permis de lancer une série de victoires. Un bon présage pour demain ?

 

Disons qu’on n’a pas vraiment le choix car peu importe l’adversaire, à domicile il faut gagner. On sait que si l’on évite de perdre des points à la maison, on sera toujours bien placés.

 

Des changements en attaque

 

Vous allez devoir vous passer de Koro Kone qui est blessé. Qu’est-ce qu’il a et quelles solutions voyez-vous pour le remplacer ?

 

Il n’a rien de grave, c’est une petite contracture musculaire au bas du corps. On a eu une semaine assez intense avec le synthétique tout du long et le terrain hyper gras à Chiasso, ce n’est donc pas une surprise. Il doit faire l’impasse sur ce match, mais je pense qu’à partir de la semaine prochaine, il pourra continuer à s’entraîner. Au niveau de son remplacement, j’avais déjà dans l’idée de réintégrer Alphonse au onze de base car il mérite sa place. C’est donc lui qui sera titulaire contre Wil.

 

“Tous les matchs sont difficiles car cela ne dépend pas uniquement de ce que propose l’adversaire, mais aussi de ce que l’on propose nous.”

 

(BB) A quel type de match vous attendez-vous ?

 

Tous les matchs sont difficiles car cela ne dépend pas uniquement de ce que propose l’adversaire, mais aussi de ce que l’on propose nous. On devra augmenter notre niveau, mettre du rythme et se créer des occasions. Les équipes qui jouent en 3-5-2 sont toujours massives en défense et savent saisir leurs opportunités en contre-attaque. Le jeu de Wil, c’est de passer par les côtés et d’amener des centres dans la surface, c’est une équipe très défensive qui aime les duels. Il faudra être attentif pour bloquer les centres et serrer le marquage dans nos seize mètres.

 

Quatre changements, une gestion différente

 

(BB) Est-ce que vous anticipez à l’avance les quatre changements que vous allez faire en cours de match ?

 

Non, pas vraiment. Je regarde d’abord s’il y a un problème au niveau des défenseurs, puis si l’on doit renforcer le milieu de terrain après une heure de jeu. Ensuite je m’intéresse aux côtés pour voir si j’ai besoin d’apporter de la percussion et enfin aux avant-centres s’il y a besoin d’apporter du danger supplémentaire sur la surface. C’est mon scénario de réflexion à chaque match, en comptant bien sûr que s’il y a un problème au niveau des gardiens, cela restreint mes possibilités d’action.

 

“Tasar est capable à la fois de marquer des buts et d’adresser des bons centres.”

 

(BB) Un mot sur Varol Tasar que vous venez de signer pour la saison prochaine. Pouvez-vous nous le décrire ?

 

C’est un garçon qui est rapide et agile. C’est un gaucher, un profil qui a souvent manqué au Servette FC depuis trois ans. On a cherché à anticiper une recrue sur ce flanc puisqu’elles sont rares. Tasar est capable à la fois de marquer des buts et d’adresser des bons centres, il est donc intéressant à plus d’un titre.

 


 

Cognat est-il devenu indispensable ?

 

Timothé Cognat, vous n’avez pas joué lors de cette défaite à Chiasso. Quel est votre regard en tant que spectateur de celle-ci ?

C’est vrai que cela nous coupe un peu dans notre élan, surtout que cela faisait un moment que l’on n’avait pas perdu. Mais ce n’est pas plus mal que cela arrive maintenant, ça nous permet de nous rappeler que si l’on ne gagne pas, les équipes derrière vont revenir et que ça pousse donc c’est à nous de rebondir et de retrouver le chemin du succès.

 

Vous êtes un titulaire indiscutable et avec votre absence, on se demande même si vous n’êtes pas devenu indispensable. Comment le ressentez-vous ?

Est-ce que je suis indispensable ? Je ne sais pas, c’est au coach de voir. J’ai aussi besoin que l’équipe joue au ballon car j’aime cela. Dans l’équipe, il y a d’autres joueurs qui sont aussi capables de jouer comme moi et à mon poste donc je ne peux pas juger.

 

Contre Wil, le contexte sera complètement différent au niveau du terrain et de l’adversaire. L’occasion parfaite pour rebondir ?

Oui, je le pense. La pelouse sera très favorable car elle est faite pour une équipe comme nous qui joue au ballon. A Chiasso, le terrain était catastrophique. Concernant Wil, ils ont effectivement un coup de mou depuis quelques temps, mais on ne sait pas, peut-être qu’ils vont également rebondir demain. A nous d’être vigilants.

 

Ce week-end, il y a la CSI Talent Cup à Genève avec notamment l’Olympique Lyonnais. Quand vous étiez en juniors, que représentaient ces tournois pour vous ?

Je n’ai pas pu la disputer à l’époque car je n’étais pas encore à l’OL à cet âge-là, mais je me souviens que lorsque l’on partait jouer des grands tournois, il y avait beaucoup d’excitation pendant le tournoi, mais aussi et surtout avant. C’est quelque chose de très intéressant même à leur âge de pouvoir se mesurer à de si grandes équipes.

 

(BB) Quel genre d’adversaire vous attendez-vous à retrouver demain ?

Je pense que l’on peut s’attendre au même système et à la même philosophie de jeu qu’en automne. Ce sera un match très compliqué avec une équipe très regroupée et compacte dans l’axe, même si l’on est conscient qu’ils sont dans une phase difficile. C’est une très bonne équipe et ce sera une partie difficile.