Si proche et si loin à la fois : les Grenat voient leur parcours européen s’arrêter au deuxième tour de qualification d’Europa League.

 

On l’avait suffisamment répété : en un match sec, contrairement aux habituelles confrontations aller-retour, tout était possible. Sauf qu’en entamant le match de manière catastrophique, permettant à Dereck Kutesa de servir Berisha pour le 0-1 après 3 minutes et 30 secondes seulement, Servette se retrouvait plus dans la position de l’équipe qui, après une défaite au match aller, a l’obligation de faire le jeu et de marquer au match retour. Avec la préparation psychologique et tactique en moins.

 

Mais Servette est une équipe qui, quoi qu’affiche le tableau d’affichage, est toujours portée vers le but, avec la volonté d’inscrire la prochaine marque. Comme souvent, c’est par le côté droit que passent la plupart des actions. D’autant que Kastriot Imeri, aligné en tant que milieu offensif, vient apporter son aide précieuse au duo Stevanovic-Sauthier. Plus que de véritables occasions, c’est une phase de domination qui s’installe, avec des Grenat hauts sur le terrain et hargneux au pressing

 

Celui-ci aurait pu payer sur une perte de balle de Cassama au profit de Stevanovic, mais la passe de celui-ci ne trouve ni Imeri, ni Kyei ni Tasar (12′). Le Genevois de 20 ans peut se mettre sur son pied gauche et frapper, deux minutes plus tard, mais son tir fuit le cadre. Il est imité par Cognat, qui profite des espaces libérés par ses partenaires pour tenter sa chance, mais son tir est trop enlevé (17′).

 

Les hommes de Geiger maintiennent leur étau, obtiennent deux corners, alors que Reims s’essaie aux frappes de loin par Kutesa et Berisha. À la 35e minute, un joli mouvement grenat se conclut par un centre de Sauthier pour Imeri, qui signe de la tête le premier tir cadré du match. Si cadré, que Rajkovic n’a pas le moindre mal à se saisir du ballon. Juste avant la mi-temps, Tasar est surpris de voir lui parvenir un coup franc de Stevanovic, qu’il remet sur Rajkovic

 

Rencontre européenne à huis-clos pour le Servette FC dans un Stade de Genève qui aurait pu être joliment garni en d’autres circonstances (© Bastien Trottet)

 

Après le retour des vestiaires, l’entrée en jeu de Kone et le passage en 4-4-2, Servette donne l’impression d’être de plus en plus proche de l’égalisation. Imeri, décalé à gauche, se montre tout aussi actif, bien aidé par Arial Mendy qui propose à la fois des courses le long de la touche et dans le cœur du jeu. Les centres se multiplient, mais la défense rémoise vielle et est presque toujours suppléée par l’excellent Rajkovic. Le portier serbe n’hésitera pas à jouer comme un défenseur sur un ballon en profondeur pour Koro Kone : le tacle du gardien à 30m des buts empêche l’Ivoirien de filer seul au but (72′).

 

La sortie d’Imeri, pour l’entrée de Schalk, semble déstabiliser un peu les Grenat. Dans une disposition inédite avec trois buteurs sur le terrain, on se place en une ligne compacte et on espère qu’amener le ballon devant le but suffira. Ce n’est pas le cas. Mendy, décidément très en vue, tente une frappe lourde aux 25 mètres sur corner, mais Sierhuis sauve de la tête. Le nouveau latéral gauche du SFC tente alors de faire la différence par ses centres, mais ceux-ci ne profitent jamais aux attaquants. Il finit par laisser sa place, juste après une séquence où ses coéquipiers le cherchent sans cesse, à Moussa Diallo. Dans les dernières minutes, Grejohn Kyei et ses coéquipiers ne parviennent pas à acheminer correctement le ballon vers l’avant, et après un dernier contre de Sierhuis conclut sur le poteau, l’arbitre siffle l’entérinement d’une défaite amère.

 

Dominateur au milieu de terrain, étouffant au pressing et sérieux derrière, Servette peut sévèrement regretter cette entame de match laxiste, où Kutesa a trouvé Berisha sans trop d’effort. Face à un bloc replié, Servette a péché là où il a toujours eu plus de peine, dans les dernières passes.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

La bonne impression globale. L’entame n’aura pas été à la hauteur de l’événement, mais on peut décemment penser que, pour sa première confrontation officielle contre un club français au XXIe siècle, Servette a laissé à ses voisins l’impression d’un club joueur, talentueux, sérieux. Ce qu’il est assurément. Après avoir lu beaucoup de choses – positives et négatives, respectueuses et condescendantes – de la part des Français, on espère que cette rencontre aura été une bonne leçon de Servette et de football suisse.

 

Kastriot Imeri. L’homme fort de Servette après la pause COVID n’avait pas totalement satisfait les observateurs lors du match face à Ruzomberok. Il a signé une prestation beaucoup plus propre ce jeudi contre Reims. Dans l’axe en première mi-temps et sur le côté gauche en deuxième, il a été impliqué dans la plupart des actions servettiennes. Il est d’ailleurs l’auteur du premier tir du match et, plus tard, du premier tir cadré du match. Ses corners ont porté le danger dans les 5 mètres

 

Arial Mendy. Face à Ruzomberok, son excellente prestation avait été accueillie avec la retenue liée au niveau de l’adversaire. Ce jeudi contre Reims, il a confirmé qu’il pouvait faire oublier très vite Dennis Iapichino. Solide défensivement, il offre une palette offensive très large : passes verticales dans les petits espaces, frappes lourdes, débordements et centres du gauche, crochets et centres du droit, transversales précises quel que soit le pied, surnombre au milieu de terrain. Le tout avec vitesse et efficacité.

 

À améliorer

 

L’élimination. Évidemment. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, on espère que Servette renouera vite avec la Ligue Europa. Si on se réjouissait des matchs secs pour plus d’exploits, il faut dire que ces deux matchs sont passés si vite qu’on pense déjà aux prochains.

 

Les changements de Geiger. Si Koro Kone a apporté son énergie et son jeu de déviation en début de deuxième mi-temps, la sortie d’Imeri pour Schalk a vraiment coïncidé avec le début d’un temps faible servettien dont ils ne se sont jamais extirpés. L’équipe servettienne avec trois attaquants de pointe en plus de Stevanovic ne fonctionnait pas vraiment, et la responsabilité en revient à Geiger, qu’on aurait évidemment encensé si seulement un immense cafouillage faisant suite à la pression servettienne avait scellé l’égalisation.

 


 

Conférence de presse d’après-match

 

Servette FC (Steve Rouiller et Alain Geiger)

 

 


 

Servette FC – Stade de Reims 0-1 (0-1)

Stade de Genève, 0 spectateur (huis-clos strict).

Arbitre : M. Attwell (ENG).

But : 4′ Berisha (0-1).

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Mendy (85′ Diallo); Ondoua, Cognat; Stevanovic, Imeri (74′ Schalk), Tasar (46′ Kone); Kyei. Coach : Geiger.

Reims : Rajkovic; Foket, Munetsi, Faes, Konan; Berisha, Cassama (80′ Cafaro), Chavalerin (C); Dia (90+2′ Zeneli), Toure, Kutesa (65′ Sierhuis). Coach : Guion.

Avertissements : 43′ Chavalerin, 45+1′ Cassama, 67′ Faes, 83′ Toure.

Notes : Servette au complet. Reims notamment sans son capitaine Abdelhamid (en quarantaine). (BT).