Les Zurichois y auront cru treize minutes, le temps pour la machine servettienne de se remettre en route après dix jours de pause. Au final, les Grenat s’imposent facilement 5-2 sans trembler.

 

Mais où s’arrêtera le Servette FC ? Plus les semaines passent et plus la question semble légitime au vu des résultats de plus en plus flamboyants des Genevois qui restent sur onze buts inscrits lors de leurs deux derniers matchs à domicile. On pensait que Winterthour constituerait un premier vrai test pour eux, ils l’ont passé haut la main. Car malgré le score, les visiteurs ont vendu chèrement leur peau, bien conscients qu’ils jouaient leur saison sur cette semaine chargée. Mais Servette est inarrêtable cette année et malgré un très bon Doumbia dans l’entre-jeu, c’est un véritable tsunami offensif qui s’est abattu sur eux sans qu’ils n’aient pu lui opposer une quelconque parade.

 

Un onze type et des certitudes

 

Alain Geiger se présentait au seuil de cette semaine anglaise capitale en vue de la promotion avec un effectif pratiquement complet à sa disposition. Seuls manquaient à l’appel, en plus de l’habituel Lang, Alphonse et Antunes, blessés à la cheville . Pas de gros souci donc, l’interrogation principale se portant plutôt sur les joueurs menacés de suspension que sont Wüthrich et Iapichino. L’entraîneur valaisan décida de leur faire confiance en les titularisant et bien lui en prit puisqu’aucun des deux n’écopa d’un carton jaune synonyme d’absence à Lausanne. Ce fut donc un onze de départ tout ce qu’il y a de plus classique qui avait la charge d’empocher les trois points.

 

Ça rigole pour le Servette FC (© Bastien Gallay)

 

La rencontre débuta sur les chapeaux de roues puisqu’après moins de cinq minutes de jeu, les deux équipes s’étaient déjà créé plusieurs occasions dangereuses. Winterthour trouva en premier l’ouverture grâce à une magnifique frappe de Doumbia qui rappela assurément quelques souvenirs aux supporters genevois. Loin d’assommer les Grenat, ce but leur servit plutôt d’électrochoc pour les rappeler à l’ordre. Koro Kone, omniprésent dans cette partie, trouva dans la profondeur un Alex Schalk si précieux dans ses courses offensives. Le Néerlandais, muet depuis deux matchs, ne manqua pas l’aubaine pour remettre les compteurs à zéro après moins d’un quart d’heure de jeu.

 

De l’intensité mais pas de but

 

Après cette entame plutôt débridée, une autre opposition débuta. Le jeu devint plus physique, plus tendu, mais non moins spectaculaire. On vit ainsi un certain nombre de contacts solides mais réguliers, à l’image de ce tacle glissé sur dix mètres d’un Zurichois dont le timing n’avait d’autre choix que d’être parfait sous peine d’arracher la jambe de Cognat. Winterthour acceptait le jeu et le défi, ce qui surprit quelque peu Geiger. Tant mieux pour le public car malgré l’absence de tirs cadrés, les opportunités furent nombreuses des deux côtés. On ne s’ennuyait pas à la Praille et la mi-temps intervint presque à la surprise générale. Cette première période fut un grand cru, peut-être l’une des plus haletantes qui se soit disputée dans ce stade cette saison.

 

Servette revint sur le terrain gonflé à bloc et clairement motivé à faire rapidement la différence. Ce fut chose faite dès la 49e minute lorsque, suite à une bonne interception de Iapichino sur un dégagement de Spiegel, Cognat (excellent tout au long de la rencontre) transperça la défense adverse d’une splendide passe entre les lignes en direction de Stevanovic. Le meilleur joueur du championnat termina le travail très proprement en éliminant le portier adverse pour pousser le ballon au fond des filets. La rencontre venait de tourner.

 

Servette lâche les chevaux

 

La sortie sur blessure du capitaine Davide Calla doucha les derniers espoirs des Zurichois. L’ancien Servettien, auteur d’une performance extrêmement solide sur son aile droite (tout comme son compère Radice de l’autre côté), fut longuement applaudi par le public lorsqu’il retourna difficilement aux vestiaires. Privés de leur maître à jouer, les visiteurs accusèrent le coup et Cognat en profita pour surgir à mi-terrain et lancer Schalk en profondeur. L’attaquant de poche Grenat adressa une merveille de caviar à Kone aux cinq mètres que l’Ivoirien croqua à pleines dents pour inscrire sa première réussite de l’année.

 

A 3-1 et une vingtaine de minutes encore à jouer, les Servettiens passèrent petit à petit en mode gestion afin de ne pas prendre de risques inutiles avant le derby de mercredi. Cela offrit quelques ouvertures à leurs adversaires. On découvrit notamment que le nouvel entrant Saliji avait des fourmis dans les jambes, mais Jérémy Frick veillait au grain. Les entraîneurs en profitèrent pour effectuer leurs différents changements, ce qui donna lieu à l’un des seuls temps-morts de cette partie. Koro Kone exploita d’ailleurs à merveille une baisse de concentration adverse pour chiper un ballon dans le rond central et lancer Imeri dans la profondeur. Le jeune et prometteur milieu Grenat ne manqua pas l’aubaine pour obtenir son premier but de la saison et (enfin) effacer le souvenir douloureux de son poteau en fin de match à Vaduz au mois d’août dernier.

 

Tout le monde participe

 

Dès ce moment-là, Winterthour tira définitivement la prise, pour peu qu’elle n’ait pas déjà été arrachée auparavant. Cela permit tout de même à Follonier de s’offrir un festival. Il enrhuma trois adversaires au niveau de la ligne médiane pour s’en aller au but. Excentré et rattrapé par un défenseur, il trouva son compère Chagas d’une magnifique talonnade dans la surface. Le Brésilien ajusta Spiegel pour inscrire son neuvième but de la saison et améliorer encore sa réputation de super-sub.

 

Servette encaissa tout de même un deuxième but sur un coup-franc concédé un peu trop facilement à l’orée de sa surface, mais cela restera pour l’anecdote. Les Grenat empochèrent les trois points aisément tout en ayant régalé son public et fait le plein de confiance pour le derby. Une magnifique soirée de football que l’on ne demande qu’à revivre le plus souvent possible!

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

L’armada offensive. Depuis la défaite mortifiante à Chiasso début février, les Servettiens restent sur un magnifique total de 19 buts inscrits en six matchs, soit une moyenne de trois par rencontre. Mieux encore, le danger ne provient pas d’un seul homme comme ce fut le cas à l’époque de Nsamé par exemple, mais de partout puisque cinq joueurs ont déjà inscrit au moins sept buts cette saison. Tout bonnement ahurissant.

 

A améliorer

 

Les cartons jaunes. Malgré un match globalement maîtrisé, Servette repart avec trois nouveaux avertissements dans les valises, portant ainsi à quatre (Routis, Wüthrich, Maccoppi, Iapichino) le nombre de joueurs risquant d’être suspendus s’ils reçoivent une nouvelle biscotte. Au vu de l’importance de chacun d’entre-eux dans le dispositif de Geiger, il serait dommage d’égarer des points simplement parce que plusieurs titulaires se retrouvent suspendus simultanément, comme ce fut le cas à Chiasso notamment lorsque Sauthier et Cognat manquaient à l’appel…

 


 

Réactions d’après-match

 

Alain Geiger

 


 

Servette FC – FC Winterthour 5-2 (1-1)

Stade de Genève, 3’852 spectateurs.

Arbitre : M. Cibelli.

Buts : 6′ Doumbia (0-1), 13′ Schalk (1-1), 49′ Stevanovic (2-1), 70′ Kone (3-1), 83′ Imeri (4-1), 88′ Chagas (5-1), 90+1′ Isik (5-2).

Servette : Frick; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Iapichino; Maccoppi (65′ Cespedes); Stevanovic, Wüthrich (75′ Imeri), Cognat (79′ Follonier); Kone, Schalk (79′ Chagas). Coach : Geiger.

Winterthour : Spiegel; Isik, Lekaj, Hajrovic, Wild; Arnold, Doumbia (76′ Hamdiu); Calla (C) (58′ Saliji), Alves (79′ Mulaj), Radice; Sliskovic (75′ Gazzetta). Coach : Loose.

Avertissements : 7′ Sauthier, 28′ Maccoppi, 61′ Lekaj, 72′ Routis.

Notes : Servette sans Lang, Alphonse, Antunes (blessés), Busset (convalescent), Sarr (étranger surnuméraire) et Duah (non-convoqué). Winterthour sans Seferi (suspendu), Roth, Lepik, Schättin (blessés) et Stettler (non-convoqué).