Les Grenat reçoivent la lanterne rouge thounoise dimanche au Stade de Genève (prise d’antenne sur GE-Sports à 15h45). Pour une septième victoire sur les huit derniers matchs ?

 

Hasard du calendrier, le Servette FC affronte deux fois consécutivement le FC Thoune à la Praille. Après s’être imposés difficilement pour la dernière rencontre avant la trêve hivernale, les Genevois vont découvrir les nouveautés de leur stade ce dimanche contre le même adversaire. Derniers de Super League depuis onze journées, les Oberlandais se sont passablement renforcés pendant la pause avec l’arrivée de quatre nouveaux joueurs. Côté servettien, l’absence volontaire de Wüthrich a redistribué les cartes dans le secteur offensif. Varol Tasar est ainsi passé dans l’axe, officiellement comme milieu offensif axial, mais Alain Geiger nous a confié à l’interview qu’il voyait plutôt son numéro vingt comme une sorte d’attaquant de soutien. Nous en avons donc profité pour poser également la question au principal concerné.

 


 

A la découverte de l’axe oublié

 

Varol Tasar, qu’avez-vous pensé de cette difficile victoire à Neuchâtel ?

 

C’était un combat, comme à chaque fois que nous évoluons là-bas. Le synthétique rend toujours le match plus compliqué pour moi, mais je suis content d’avoir pu inscrire le 2-0 et d’avoir pu permettre à mon équipe de s’imposer grâce à celui-ci.

 

Une “nouvelle” position

 

Vous avez évolué au poste de milieu offensif axial. Qu’en avez-vous pensé ?

 

L’entraîneur voulait tester cela en match et je ne pouvais pas vraiment dire non. C’était un peu difficile au début, j’avais beaucoup d’adversaires contre moi, mais je crois qu’ensuite je m’en suis bien sorti.

 

“J’avais déjà joué à cette position lorsque j’étais plus jeune”

 

Est-ce que vous préféreriez retrouver votre position sur la gauche ou est-ce qu’avec un peu d’entraînement vous pourriez vous satisfaire de ce poste de numéro dix ?

 

J’avais déjà joué à cette position lorsque j’étais plus jeune. Elle est toutefois bien plus difficile à tenir dans le foot professionnel, mais je pense qu’après quelques matchs, cela devrait aller pour moi.

 

Varol Tasar est à l’écoute de son entraîneur (© Bastien Gallay)

 

Quel rôle Alain Geiger vous a-t-il confié en vous titularisant à ce poste de numéro dix ?

 

Je dois travailler offensivement bien sûr, mais également défensivement. Offensivement, cela se passe bien, mais je dois encore entraîner sur mon jeu défensif car mes coéquipiers au milieu doivent beaucoup travailler pour moi. Mais c’est le foot, c’est un jeu à la fois d’attaque et de défense.

 

A quel point est-ce difficile de travailler défensivement ?

 

Ce n’est pas si compliqué. Tu dois connaître ton homme et le tenir. Il faut donner de l’énergie pour le suivre et le rattraper si tu l’as perdu. Je dois me battre sur chaque ballon. Ce n’est pas forcément difficile, mais c’est important de garder en tête que je peux le faire.

 

Une saison qui se passe plutôt bien

 

Comment avez-vous préparé cette rencontre contre Thoune, qui est la lanterne rouge ?

 

Nous verrons encore avec la vidéo et l’entraînement de demain (samedi, ndlr) mais pour moi nous devrons remporter cette partie puisque nous jouons à domicile contre le dernier du classement. Ils ont gagné la semaine dernière, à nous d’être donc être encore plus attentifs, mais si nous parvenons à jouer notre jeu, cela devrait bien se passer.

 

“Je suis chanceux d’avoir inscrit six buts”

 

Si l’on regarde un petit peu en arrière, vous disputez une bonne saison jusqu’ici avec passablement de buts. C’est aussi votre sentiment ?

 

Au début, c’était un peu compliqué d’arriver dans une nouvelle équipe et d’assimiler un nouveau système à un niveau supérieur à ce que j’avais connu jusqu’ici. Je suis chanceux d’avoir inscrit six buts et réalisé deux passes décisives. Je me donne à 100% à chaque match pour tenter d’améliorer ces chiffres.

 


 

Geiger veut mettre la pression sur Faivre

 

Alain Geiger, à quel point le visage de Thoune a-t-il changé pendant l’hiver selon vous ?

 

Ils ont quatre nouveaux joueurs dont deux, Hasler et Bertone, qui ont déjà joué. Thoune est persuadé de pouvoir changer les choses pendant cette deuxième partie de championnat et je pense qu’ils ont raison. Ils veulent effacer les erreurs de l’automne et c’est plutôt bien parti avec cette première victoire. De notre côté, nous sommes bien rentrés dans cette année avec une victoire à Neuchâtel qui était certes difficile mais où nous étions très présents. Nous devrons être sérieux et mettre la pression sur les Bernois, mais nous nous attendons toujours au même type d’équipe : très défensive, bien en place, bonne dans le repli défensif et avec un double bus devant le gardien. C’est un peu ce qu’ils ont fait contre Sion. Nous devrons être patients et savoir changer de rythme, ce qui est plus compliqué à cette période de la saison. Ce sera la clé pour les mettre en difficulté. Nous devrons évidemment aussi faire attention sur les balles arrêtées.

 

“Faivre a toujours eu des difficultés sur ses relances”

 

Les deux équipes ont marqué très rapidement le week-end dernier. Est-ce que vous pensez que les premières minutes seront décisives ?

 

En début de match, il y a toujours des opportunités, surtout si l’on joue vertical d’entrée. Cela donne immédiatement le ton. Je pense que nous sommes capables de les mettre en difficulté dans le premier quart d’heure, mais si nous n’y parvenons pas, nous devrons vraiment nous montrer patients. Il nous faudra faire du jeu pour les prendre à défaut et profiter de leurs erreurs, notamment au niveau de leur gardien qui a toujours eu beaucoup de problèmes avec les relances au pied ou à la main. Nous allons donc le mettre sous pression à chaque fois qu’il aura le ballon afin de pouvoir spéculer sur une récupération intéressante.

 

Schalk absent

 

Comment jugez-vous l’état de forme de vos joueurs à 48 heures de ce match ?

 

Je crois que nous sommes bien. Si l’on regarde le calendrier, nous avons tout de même deux matchs compliqués pour reprendre avec Neuchâtel qui veut s’en sortir et Thoune qui s’est relancé et qui se bat pour sa survie. Ce sont des matchs costauds contre des équipes accrocheuses. A nous d’être très concentrés. Nous savons que ce n’est pas à cette période de l’année que le jeu est le plus léché.

 

Au niveau de l’effectif, où en est-on ?



Le seul absent est Alex Schalk, qui en a encore pour trois semaines maximum. Il aura été en arrêt pendant six semaines au total, il a déjà passé la première partie mais nous ne voulons pas brusquer son retour. Nous devrions donc le récupérer dans deux à trois semaines.

 

Est-ce que vous vous êtes repenché sur la partie contre Thoune du mois de décembre pour préparer celui-ci ?

 

Oui naturellement et nous pouvons tirer des enseignements de cette rencontre. Nous avions laissé trop de liberté à Havenaar et son grand gabarit, mais je me rappelle également que Cognat a eu une immense occasion que Faivre a sorti du visage. Thoune a réalisé deux ou trois miracles avant d’ouvrir la marque. Dimanche, cela devrait ressembler à ce match au niveau du repli défensif et des contre-attaques. Leur point faible reste la défense, surtout avec la suspension de Kablan, leur latéral gauche qui est un très bon joueur.

 

Tasar en 10… ou en deuxième attaquant ?

 

Vous avez tenté d’aligner Tasar en milieu offensif à Neuchâtel, tout en admettant en conférence de presse que ce n’était pas une totale réussite. Sur quoi avez-vous mis l’accent cette semaine : le faire progresser à ce poste ou tenter d’autres options ?

 

Je crois qu’avec Tasar, nous sommes plus en 4-4-2 que nous pouvions l’être avec Wüthrich parce que son profil est différent : il aime aller de l’avant et courir avec le ballon. C’est notre meilleur buteur actuellement, cela me semble donc normal qu’il soit dans la ligne d’attaque. Il aura un rôle offensif en compagnie de Kone ou de Kyei. A voir pour la suite mais oui, nous évoluons plutôt en 4-4-2 lorsque Tasar joue dans l’axe.

 

“Evoluer à deux attaquants nous permet d’avoir un élément de percussion offensive supplémentaire”

 

Qu’est-ce que ce 4-4-2 change pour les milieux de terrain ?

 

Nous sommes plus offensifs lorsque nous avons deux attaquants. Il faut toujours faire attention, mais nous avons vu à Neuchâtel que nous pouvions évoluer avec trois milieux axiaux sans trop souffrir. J’ai également regardé le YB-Bâle de dimanche, les Rhénans évoluaient en 4-2-3-1 mais n’ont pas forcément maîtrisé le milieu d’YB (qui évoluait en 4-4-2) malgré la supériorité numérique dans ce secteur. Evoluer à deux attaquants nous permet d’avoir un élément de percussion offensive supplémentaire et Tasar est redoutable dans ce domaine. Il est capable d’accélérer avec le ballon et d’agir très vite. S’il a un espace, il sait s’y engouffrer et comme il a une bonne frappe, il est forcément dangereux. Ces qualités sont vraiment bénéfiques pour nous.

 


 

Multimédia

 

Alain Geiger répond aux questions de Blaise Bugyil (Radio Lac) et Bastien Trottet.