Victoire laborieuse 3-2 des Grenat contre Chiasso. Cette fois-ci, c’est Kone qui a endossé le costume du sauveur.

 

Servette avait à coeur en ce dimanche après-midi ensoleillé de battre Chiasso pour deux raisons évidentes : les Grenat voulaient retrouver le goût de la victoire après leur match nul à Wil et ils avaient aussi une revanche à prendre face à l’équipe qui a été la seule à les faire tomber en 2019 (10 février, 2-1). De plus, Lausanne s’était imposé samedi face à Wil (2-0) et avait réduit l’écart à 8 points au classement.

 

Chiasso glacial en première mi-temps

 

Alors que le match venait de commencer, que les deux équipes étaient encore de leur round d’observation, Chiasso décida de refroidir les envies servetiennes à la 5e minute. Après un enchainements d’imprécisions et de contres malheureux, Kiassumbua prend la décision de s’interposer dans les airs mais ne peut pas capter le cuir car bloqué par la présence de Severin devant lui. Après un choc entre les deux joueurs, le ballon atterit dans les pieds de Padula qui n’a plus qu’à marquer dans le but vide. Servette est cueilli à froid et Kiassumbua reste au sol, le début de match dont on se passerait bien.

 

Assez logiquement, les Servettiens prennent le jeu à leur compte dès l’ouverture du score tessinoise : la grande majorité du jeu se passe dans le camp de Chiasso et une grosse pression est mise par les offensifs grenat. Kone s’illustre de la tête (12e) puis du pied (17e) pour les premières mèches. La troisième occasion sera la bonne pour Servette : après un centre contré de Sauthier, Iapichino est le plus prompt dans la surface pour reprendre le ballon de la tête et égaliser (23e). Le leader de Challenge League continue sa pression après le but. Koro Kone se procure plusieurs possibilités mais l’Ivorien manque à chaque fois le cadre. Et alors que Servette domine de la tête et des épaules cette première mi-temps, le pire se produit. Chiasso reprend l’avantage par Gomes d’une frappe ras de terre, deux tirs et deux goals pour des chiassesi qui n’ont rien proposé lors de ces 45 premières minutes. 

 

Servette récompensé en fin de match

 

C’est donc le moral dans les chaussettes que les Grenat abordent cette seconde mi-temps et rien ne va s’arranger quant à la 48e minute Severin se claque et doit céder sa place à Imeri. Sur son côté, Iapichino essaye de mettre en difficulté la défense tessinoise grâce à sa qualité technique et ses accélérations. De nombreux corners sont trouvés mais ils sont malheureusement trop mal bottés pour espérer quoique ce soit. Voyant que son équipe n’arrive pas à débloquer la situation, Alain Geiger décide d’ajouter un atout offensif sur le terrain, Follonier remplace Maccoppi (60e) et vient se positionner sur le flanc gauche pour porter l’estocade. Cette tactique ne fonctionne pas dans un premier temps car Servette est plus nombreux en phase offensive mais manque de mouvement pour pouvoir faire la différence. 

 

Koro Kone a été le sauveur des Grenat (© Bastien Gallay)

 

La 70e minute marquera le tournant de cette partie. Routis adresse un long ballon à Imeri. Le jeune servettien réussit à centrer pour Chagas (rentré à la 68e pour Schalk) qui d’une belle demi-volée alerte Mossi. Le gardien tessinois relâche le ballon et Kone ne se fait pas prier pour égaliser à deux partout. On respire mieux à la Praille et on sent qu’en poussant encore plus, Servette est capable d’empocher les trois points tant la domination est outrageuse. Peut-être dans un élan d’envie, les Grenat se découvrent un peu trop et laisse Chiasso obtenir quelques situations en contre. L’équipe semble désormais coupée en deux, les attaquants Grenat restant uniquement aux avant-postes.

 

Sauthier a lui aussi essayé de créer le danger. A deux reprises il aurait pu délivrer la Praille mais la finition ne fut pas à la hauteur de son ambition. Puis Kone surgit, une deuxième fois, pour permettre à Servette de passer l’épaule. A la réception d’un très bon centre de Follonier, le numéro 18 grenat a su se ratrapper de ses manqués en première période en ajustant parfaitement de la tête le cadre (85e). Le plus dur était fait car le mince espoir que Chiasso avait de ramener un point s’était envolé. Mentalement, les Tessinois étaient trop touchés après ce match passé à défendre comme des fous pour pouvoir espérer revenir. 

 

L’envie et la baraka du champion

 

Ce genre de match, Servette l’aurait perdu ou en tout cas ne l’aurait pas gagné la saison dernière. Les Grenat semblent marcher sur l’eau depuis quelques mois : même quand les choses sont mal engagées, l’issue finale reste positive. Tout d’abord, il faut mettre en avant la force de caractère de ce groupe pour expliquer cette constante. Beaucoup de crédit dans le domaine peut être donné à Alain Geiger, motivateur-né qui arrive à insuffler une envie à son groupe comme nul autre dans cette division. Servette était malmené à Rapperswil, à Kriens, à Wil et encore ce soir mais Servette a toujours su prendre les points qu’il fallait même si le sort n’était pas favorable. 

 

Néanmoins les Servettiens possèdent aussi cette saison un élément moins tangible, une composant que Neuchâtel Xamax possédait l’an dernier par exemple : la baraka du champion. Difficile à définir, cet ange gardien permanent accompagne les Grenat depuis maintenant un petit moment. Il permet de se sauver dans des situations impossibles, de bénéficier de chance au moment opportun et surtout fait gagner des titres. 

 

A 7 journées de la fin et avec 11 points d’avance sur le LS, Servette peut voir venir dans la course à la promotion. Avec en plus une confrontation directe à domicile face aux Vaudois, le chemin vers l’élite semble tout tracé. Mais les Grenat ne doivent pas s’arrêter de jouer : si les victoires s’enchainent, la fête sera encore plus belle et les joueurs pourront emmagasiner un maximum de confiance pour la saison prochaine. Il faudra donc bien finir le travail pour pouvoir finir en beauté. Première étape : samedi prochain du côté de Winterthour.

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

L’abnégation. Servette a subi deux coups durs dans cette partie avec les deux buts tessinois mais les Grenat n’ont jamais lâché. Il y avait trop d’écart entre les deux équipes sur la pelouse et les Servettiens voulaient le prouver. Une force de caractère qui fait du bien !

 

A améliorer

 

Les phases défensives. Chiasso a tiré au but deux fois en première mi-temps et a marqué deux fois. C’est un ratio beaucoup trop élevé et il prouve une certaine fébrilité défensive. Servette marque toujours un but de plus que ses adversaires dans ses matchs. C’est suffisant en Challenge League pour engranger des points mais cela ne sera sans doute pas le cas en Super League. Un point à améliorer à court et à moyen terme donc. 

 


 

Réactions d’après-match

 

Koro Kone

 

Christopher Routis

 

Alain Geiger

 

Propos recueillis par Jonathan Tunik


 

Servette – Chiasso 3-2 (1-2)

Stade de Genève, 4447 spectateurs.

Arbitre : Mme Staubli.

Buts : 5e Padula (0-1), 23e Iapichino (1-1), 45e Gomes (1-2), 70e Kone (2-2), 85e Kone (3-2).

Servette : Kiassumbua; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Severin (50e Imeri); Maccoppi (60e Follonier); Stevanovic, Cognat, Iapichino; Kone (88e Mfuyi), Schalk (68e Chagas). Coach : Geiger.

Chiasso : Mossi; Padula (69e Malinowski), Perico, Lurati (82e Ajeti), Martignoni (C), Brivio; Gomes (64e Bahloul), Charlier, Milosavljevic; Manicone (68e Josipovic), Milinceanu. Coach : Manzo.

Avertissements : 20e Milosavljevic, 33e Charlier, 65e Lurati, 70e Bahloul, 77e Routis, 86e Kone.

Notes : Servette sans Wüthrich (suspendu), Lang, Antunes, Busset (blessés), Alphonse (convalescent) et Sarr (étranger surnuméraire). Chiasso sans Alessandrini (suspendu), Candeloro, Giorno, Iberdemaj, Nsumbu, Pollero (blessés), Guidotti et Nsiala (non-convoqués).