Bousculés par des Saint-Gallois plus offensifs que par le passé, les Grenat peuvent s’estimer heureux de ramener un point de ce déplacement.

 

Se rendre au Bergholz pour achever une semaine anglaise qui l’avait vu affronter ses deux poursuivants dans des conditions parfois dantesquea est probablement le pire programme possible pour les Servettiens puisqu’il s’agit de l’un des deux stades (avec Chiasso) où ils peinent le plus à exprimer leur jeu ces dernières saisons. Néanmoins, par rapport à l’équipe qui s’était inclinée 2-1 en août dernier, seuls quatre joueurs (tous à vocation défensive) sont titulaires aux mêmes positions neuf mois plus tard. On peut donc espérer un autre dénouement pour cette rencontre.

 

Servette dominé en première mi-temps

 

Pourtant, dès le début de celle-ci, on comprend que le FC Wil n’a plus grand chose à voir non plus avec ce double rideau défensif qui l’a caractérisé sous l’ère Fünfstück. Plus entreprenant, peut-être plus frais également (un jour de récupération supplémentaire et pas de neige à affronter), le club local met le premier le nez à la fenêtre. Il faut dire qu’avec un trio offensif composé d’Audino, Silvio et Cortelezzi, il dispose de solides atouts pour inquiéter les défenses adverses. Le premier nommer pose d’ailleurs des problèmes insolubles au côté droit de l’arrière-garde genevoise. Si Sauthier remporte la majorité de ses duels face au numéro huit adverse, il se retrouve régulièrement en un contre un face à lui et l’on sent très vite que l’une des clés de cette partie dépendra de la faculté des visiteurs à le contrer.

 

La réponse tombe à la 31e minute de jeu. Dans un nouveau duel entre Sauthier et Audino, le capitaine servettien glisse et offre une possibilité de centre à son adversaire. Habile, celui-ci voit l’appel de Schmid dans l’axe. Profitant du contre-appel de Silvio vers le second poteau, l’ailier gauche adresse un ballon travaillé dans la surface qui prend Routis à contrepied et surprend Frick pour l’ouverture du score. Si la domination des locaux n’est pas insoutenable, leur ouverture du score est tout de même méritée puisqu’ils se créent les meilleures occasions. Du côté Grenat, hormis une bonne percée de Schalk stoppée par un Kostadinovic venu à sa rencontre fort à propos, pas grand chose à se mettre sous la dent. On sent tout de même qu’ils ont les moyens de se mettre à l’abri en seconde période, mais ils doivent pour cela hausser leur niveau de jeu dans tous les compartiments.

 

Une réaction sur le terrain… et sur le banc

 

Etait-ce également les mots d’Alain Geiger dans les vestiaires? Toujours est-il que les Servettiens reviennent sur le terrain autrement plus motivés et portés vers l’offensive. Pendant environ un quart d’heure, ils dominent outrageusement leur adversaire sans toutefois parvenir à trouver la faille. Pire, ils n’adressent aucun tir cadré pendant ce temps fort et sur une excellente contre-attaque, Hefti, qui venait de relayer Audino, oblige Jérémy Frick à une claquette décisive à l’heure de jeu, tout en enrhumant Severin et Cognat au passage. Deux minutes auparavant, Wüthrich écopait d’un carton jaune synonyme de suspension pour le prochain match.

 

Sentant que le vent ne tournerait pas avec ses onze titulaires, l’entraîneur valaisan décide de donner un véritable coup de fouet à son équipe en effectuant un triple remplacement à la 70e minute pour faire passer son système en 3-5-2. Un choix intéressant puisque dès ce moment-là, c’est Servette qui prend le match en main. Mais malgré plusieurs corners et une domination territoriale, l’équipe du bout du Lac ne parvient pas à inquiéter le portier adverse. Geiger tente donc le tout pour le tout en sortant Cespedes pour Duah, passant ainsi pour les dernières minutes dans une sorte de 3-4-3 où plus grand monde n’était censé défendre.

 

Un petit air de Rapperswil

 

On croit tout d’abord que le joueur prêté par YB trouve une inspiration parfaite en remettant le ballon en retrait à Routis après un nouveau corner moyennement tiré (ce fut d’ailleurs l’un des gros points noirs de ce match). Malheureusement pour lui, la frappe du défenseur français s’écrase sur la latte. On joue la 85e minute et Servette n’a donc toujours pas adressé un seul tir au but. Mais qui dit fin de match dit “Chagitime”. Le Brésilien, discret depuis son entrée en jeu, fait parler son sens du placement pour obliger Von Niederhäusern à le mettre fautivement au sol dans la surface. M. Gianforte, dont c’est le premier match à ce niveau, n’hésite pas et dicte un penalty logique. Chagas se fait justice lui-même et égalise sur le premier tir cadré de son équipe.

 

Dans les dernières minutes, les deux clubs ont une occasion en or d’empocher les trois points. C’est tout d’abord Hefti, très remuant depuis son entrée en jeu, qui adresse une splendide tête qui aurait fini au fond des filets dans 99% des cas. Heureusement pour Servette, Jérémy Frick ne l’entend pas de cette oreille. Le portier Grenat, touché par la grâce, s’envole et trouve le moyen de repousser ce tir au prix d’une parade époustouflante. Puis, en fin de temps additionnel, Schalk, de la tête lui-aussi, oblige Kostadinovic à un arrêt réflexe tout aussi précieux sur sa ligne pour sa seule intervention de la partie. Le ballon était certes trop centré, mais bon nombre de gardiens se seraient tout de même retrouvés mal pris dans cette situation.

 

Servette offensif en deuxième mi-temps (© Bastien Trottet)

 

La rencontre se termine donc sur un score de 1-1 qui peut frustrer Wil, les Saint-Gallois ayant mené une bonne partie de la rencontre. Côté servettien, on peut se satisfaire de ce point arraché malgré une incapacité crasse à se créer des occasions dangereuses. Sept points récoltés à l’issue d’une semaine anglaise qui s’annonçait aussi difficile que capitale, le contrat a été rempli pour les Grenat qui vont bénéficier de quelques jours de repos avant de recevoir Chiasso à la Praille dimanche prochain avec l’espoir, pourquoi pas, de relancer une série victorieuse.

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

Jérémy Frick. Le portier servettien est impérial depuis quelques matchs. Décisif à Lausanne, il a encore été brillant à Wil, malgré une petite frayeur en première mi-temps. On dit souvent que l’on reconnait un grand joueur à sa capacité à hausser son jeu lors des moments-clés. Si c’est bel et bien le cas, alors le cerbère Grenat a de beaux jours devant lui.

 

A améliorer

 

Le côté droit de la défense. Sauthier et Routis n’ont pas disputé leur meilleur match sous les couleurs servettiennes à Wil. Le premier nommé était souvent aspiré par l’axe (une consigne de l’entraîneur?), ce qui libérait des boulevards à Audino (même si le face-à-face était ensuite équilibré) tandis que le second est partiellement coupable sur le but et pris en défaut sur la première tentative d’Hefti, soit sur la moitié des tirs cadrés adverses. On peut toutefois imaginer que ces deux battants payaient là leurs nombreux efforts consentis tout au long de cette semaine anglaise pour accrocher ces résultats importantissimes pour toute l’équipe.

 


 

Réactions d’après-match

 

Jérémy Frick

 

Steve Rouiller

 

Alain Geiger

 

Propos recueillis par Jonathan Tunik


 

FC Wil – Servette FC 1-1 (1-0)

IGP Arena, 1’420 spectateurs.

Arbitre : M. Gianforte.

Buts : 31′ Audino (1-0), 87′ Chagas (penalty) (1-1).

Wil : Kostadinovic; Gonçalves, Havenaar, Rahimi, Von Niederhäusern (C); Zé Eduardo, Breitenmoser; Cortelezzi (78′ Schällibaum), Schmid (64′ Beka / 90′ Latifi), Audino (55′ Hefti); Silvio. Coach : Sforza.

Servette : Frick; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Severin (69′ Follonier); Cespedes (82′ Duah); Stevanovic, Wüthrich (69′ Imeri), Cognat; Kone (69′ Chagas), Schalk. Coach : Geiger.

Avertissements : 45′ Audino, 59′ Wüthrich (suspendu au prochain match), 80′ Rahimi, 86′ Von Niederhäusern (suspendu au prochain match), 90+3′ Imeri, 90+4′ Latifi.

Notes : Wil sans Djordjevic, Lombardi, Schäppi (blessés) et Scholz (non-convoqué). Servette sans Iapichino (suspendu), Lang, Alphonse, Sarr, Antunes (blessés) et Busset (non-convoqué).