Après un début de match complètement manqué, les Grenat se rebiffent en deuxième mi-temps pour piquer un point aux Rhénans. Impressionnant !

 

Alain Geiger avait décidé d’aligner la même équipe que contre Zurich à l’exception du remplacement forcé de Kyei (blessé à l’entraînement vendredi) par Kone. Un pari osé au vu de la qualité intrinsèque largement supérieure des Bâlois par rapport aux Zurichois. L’entraîneur servettien souhaitait ainsi presser les locaux à la gorge et récupérer le ballon le plus proche possible du but d’Omlin. Malheureusement, tout ne s’est pas du tout passé comme prévu. Ont-ils été rattrapés par l’enjeu ? Impressionnés par le Parc Saint-Jacques ? Crispés par le violent choc entre Petretta et Frick après à peine une minute de jeu? Toujours est-il que les Genevois, et notamment les défenseurs, passèrent totalement à-côté de leur première demi-heure. Deux buts encaissés, plusieurs autres occasions concédées et une incapacité crasse à produire du jeu : rien ne fonctionnait pour eux et face à un FC Bâle ayant besoin d’un résultat à domicile, cela ne pardonna pas.

 

Heureusement, comme bien souvent, le staff servettien ne paniqua pas. En l’absence d’alternatives offensives sur le banc, une solution s’imposait d’elle-même devant le déséquilibre gauche-droite causé par l’instinct naturel de Cognat à se recentrer et à laisser désert le flanc gauche lorsque Iapichino préférait défendre : revenir aux fondamentaux, soit un bon vieux 4-2-3-1 avec Tasar sur le flanc gauche et Cognat un cran plus haut qu’à l’ordinaire. Une réponse à la fois évidente et salvatrice puisqu’elle permit une compacité nouvelle en phase défensive et une capacité à surgir de tous les côtés à la récupération du ballon.

 

Le Parc Saint-Jacques était plutôt dégarni pour cette rencontre (© Bastien Trottet)

 

La pause donna la possibilité aux Grenat de s’ajuster et de se remotiver. On assista alors à une autre rencontre. Servette se montra digne de ses dernières performances et sortit les crocs. Dans le même temps, Bâle sentit la fatigue de son déplacement européen (Marcel Koller alignait les onze mêmes titulaires que jeudi soir à Nicosie) et son manque de confiance actuel pointer le bout de leur nez. Les Grenat, par Tasar (transfiguré depuis son retour à gauche) notamment, se créèrent plusieurs belles occasions mais Omlin rappela à tout le monde qu’il n’était pas un gardien international suisse pour rien. Et quand ce n’était pas le portier bâlois, c’était un manque de précision ou de réussite qui leur empêchait de réduire le score.

 

Vint alors le dernier quart d’heure. Frick récupéra un ballon dans la surface et vit le démarrage de Kone. Ni une ni deux, le portier genevois se prit pour Alisson en dégageant le cuir vers son attaquant. Ce dernier poussa intelligemment Cömert à l’erreur pour lui piquer le cuir et entrer dans la surface, ne laissant d’autre choix au défenseur que de concéder un penalty. A la surprise générale, c’est Kastriot Imeri, lequel venait d’entrer en jeu, qui prit le ballon et s’élança pour battre Omlin à contrepied. Premier but en Super League pour le jeune servettien, une réussite qui galvanisa encore un peu plus ses troupes. Mais le point d’orgue de cette fin de match restera incontestablement la 87e minute de jeu où l’inévitable Micha Stevanovic sortit un nouveau miracle de sa chaussure. Un appel de balle dans l’axe qui prit à défaut deux défenseurs, un contrôle parfait pour s’emmener le ballon et une délicieuse frappe enroulée du pied gauche (son mauvais pied, faut-il le rappeler) qui laissa les Bâlois sans réaction, Omlin y compris : que le football peut sembler facile lorsque l’on voit le Bosnien jouer !

 

Servette se fit encore une petite frayeur en toute fin de temps additionnel, mais réussit tout de même sa mission : ramener quelque chose du Parc Saint-Jacques, un exploit qui n’avait plus été réalisé par le club depuis 2001. Et grâce aux résultats sur les autres terrains, les Grenat restent à trois points du podium et à huit du fauteuil de leader. Autant dire que l’opération est plutôt bonne à prendre pour eux, surtout en ayant été mené de deux buts à l’extérieur.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Ne pas perdre ce match. Le FC Bâle connait certes des problèmes depuis quelques mois, mais il n’est tout de même pas très fréquent qu’une équipe parvienne à lui remonter deux buts dans son antre. Les Grenat l’ont fait, qui plus est en ayant joué que les soixante dernières minutes. Ce n’est peut-être pas une victoire, mais ce point (le premier match du sFC nul depuis celui à Sion fin octobre) acquis de haute lutte vaut tout aussi cher et peut être célébré comme tel.

 

Miroslav Stevanovic. On vous promet qu’on essaie chaque semaine d’être originaux dans cette rubrique, mais c’est à croire que le mage servettien prend un malin plaisir à inventer à chaque fois un subterfuge pour y figurer tout de même. Et comme il est impossible de ne pas mentionner cette frappe enroulée (que l’auteur de ces lignes a déjà revu environ vingt-deux fois, série en cours, depuis le moment où il l’a commentée) qui ramène les équipes à égalité, le numéro neuf Grenat est à nouveau cité ici. Zut alors.

 

Les supporters servettiens. Probablement l’une des plus grosses présences genevoises en Suisse alémanique (hors finales) et une ambiance de feu (au propre comme au figuré) tout au long de la rencontre. Les 600 fans (selon les différentes estimations recueillies sur place) massés dans le secteur visiteur ont été à la hauteur de l’événement et Genève devient petit-à-petit une valeur sûre en déplacement. Bravo à eux.

 

A améliorer

 

Les trente premières minutes. Que s’est-il passé pendant cette première demi-heure ? Nul ne saurait vraiment l’expliquer avec certitude. Néanmoins, les Genevois, et une fois n’est pas coutume, principalement les défenseurs, sont passés totalement au travers, laissant des boulevards à leurs adversaires et un marquage des plus laxistes. Et lorsqu’ils parvenaient enfin à récupérer la maîtrise du cuir, ils s’enfermaient sur une moitié de terrain, négligeant totalement le flanc gauche malgré plusieurs appels d’un Iapichino pourtant esseulé. Heureusement que le changement tactique a porté ses fruits parce que l’inquiétude pouvait être de mise.

 

Les cartons jaunes. Si plusieurs d’entre-eux étaient nécessaires pendant cette partie (notamment celui reçu par Alves en fin de match), Servette prend tout de même souvent des cartons ces derniers temps et peut commencer à s’inquiéter des futures suspensions. Imeri manquera la prochaine rencontre, tandis que les cadres que sont Sauthier, Rouiller, Cognat, Tasar et Kone sont sous la menace d’un jour de congé forcé en cas de nouvelle biscotte. Préoccupant.

 


 

Réactions d’après-match

 

Alain Geiger (en conférence de presse)

 

 

Marcel Koller (en allemand et en conférence de presse)

 

 


 

FC Bâle – Servette FC 2-2 (2-0)

Parc Saint-Jacques, 20’265 spectateurs.

Arbitre : M. Jaccottet.

Buts : 7′ Stocker (1-0), 19′ Frei (2-0), 75′ Imeri (penalty) (2-1), 87′ Stevanovic (2-2).

Bâle : Omlin; Widmer, Cömert, Alderete, Riveros; T. Xhaka; Stocker (C), Frei, Campo (73′ Bunjaku), Petretta (81′ Pululu); Cabral. Coach : Koller.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Iapichino (75′ Alves); Stevanovic, Cespedes (58′ Imeri), Ondoua, Cognat; Kone, Tasar (89′ Routis). Coach : Geiger.

Avertissements : 2′ Petretta (suspendu au prochain match), 28′ Sauthier, 39′ Iapichino, 54′ Stocker (suspendu au prochain match), 59′ Imeri (suspendu au prochain match), 69′ Alderete, 74′ Cömert, 78′ Ondoua, 88′ Alves.

Notes : Bâle sans Pukaj, Zuffi, Kuzmanovic, Van Wolfswinkel, Van der Werff, Bua (blessés), Marchand, Tushi (non-convoqués). Servette sans Schalk, Park, Kyei (blessés), Lang, Wüthrich, Severin (non-convoqués).