Les Grenat arrachent la victoire au bout du temps additionnel après une solide performance et quittent la dernière place du classement.

 

Après la prestation décevante contre Lucerne samedi dernier, Alain Geiger décide de brasser ses cartes pour réveiller son groupe. L’entraîneur serevettien choisit ainsi de débuter la partie en 4-3-3 pour la première fois de la saison, profitant des retours de Stevanovic et Schalk pour mieux entourer un Grejohn Kyei souvent esseulé ces derniers temps. On retrouve au milieu de terrain un trio Valls, Cognat et Cespedes, (ce dernier se positionnant en sentinelle derrière les deux français, tandis qu’Ondoua remplace Sasso (blessé et absent pour deux semaines) en défense centrale et Severin Mendy (également touché) sur la gauche.

 

En face, Zurich se présente avec un effectif pratiquement complet (seul Britto figure à l’infirmerie) et reste sur une série de quatre matchs sans défaite, soit depuis le licenciement de Ludovic Magnin et l’arrivée de Massimo Rizzo. La rencontre débute donc logiquement en faveur des Alémaniques qui obtiennent déjà un premier corner sur le coup d’envoi. Ils se créent plusieurs occasions dans les dix premières minutes, mais sans parvenir à tromper la vigilance d’un Jérémy Frick toujours autant à son affaire. Puis, la partie s’équilibre petit-à-petit, les deux équipes évoluant à un niveau similaire et cherchant les deux à se créer des opportunités. Malgré cela, le score à la mi-temps est nul et vierge, même s’il aurait très bien pu être de 1-1. Seule certitude à ce stade : le Servette du jour n’a rien à voir avec celui du match précédent et peut tout à fait jouer la gagne après le thé.

 

Deux équipes de niveau équivalent s’affrontent dans le froid de la Praille : ce Servette-Zurich fut un vrai match (© Bastien Trottet)

 

La seconde période repart sur les mêmes bases avec deux équipes qui se neutralisent tout en parvenant à mettre de temps à autre le nez à la fenêtre. Schalk et Marchesano obtiennent chacun une excellente opportunité avant l’heure de jeu mais les portiers sont vigilants. Les entraîneurs sentent donc qu’il faut changer quelque chose pour débloquer cette rencontre. Blaz Kramer entre en jeu du côté des Zurichois tandis qu’Imeri et Fofana remplacent Cognat et Schalk (auteur d’une performance solide et combative pour sa première titularisation de la saison).

 

Coaching totalement gagnant de la part d’Alain Geiger puisqu’à peine cinq minutes après leur entrée en jeu, l’international suisse espoir trouve l’ancien Lyonnais sur la gauche d’une magnifique transversale. Le Français mystifie Becir Omeragic pour servir un caviar à Kyei. L’attaquant servettien s’y reprend à deux fois, mais parvient à prendre le dessus sur Brecher pour inscrire le premier but Grenat dans le jeu cette saison (au huitième match !) et son troisième but de l’exercice (avec en plus une passe décisive). Cet avantage ne tient toutefois que cinq minutes, le temps pour Domgjoni de récupérer un peu par hasard un ballon adressé par Kramer à un autre de ses coéquipiers dans la surface genevoise et de frapper magnifiquement dans le petit filet opposé.

 

Tout est à refaire pour Servette, qui ne baisse pas les bras mais qui semble tout de même souffrir physiquement dans le dernier quart d’heure face à un adversaire plus frais, Zurich n’ayant pas joué ce week-end. Les visiteurs se créent plusieurs occasions franches en fin de partie, mais c’est finalement dans les arrêts de jeu que se décidera la rencontre. Les joueurs du bord de la Limmat se créent une occasion gigantesque au tout début de celui-ci par Kramer à la passe (Rouiller battu un peu facilement au duel aérien) et Gnonto à la finition (Ondoua et Severin manquant chacun leur intervention) mais le jeune attaquant ne parvient qu’à ajuster le poteau après avoir éliminé Frick. Puis, sur la dernière action, Imeri démontre en une séquence pourquoi il est devenu aussi précieux ces dernières semaines : au lieu de tenter un tir intéressant à vingt mètres des buts de Brecher, il temporise au maximum pour permettre à Valls (par ailleurs très en vue toute la soirée) d’arriver à sa hauteur et lui mettre le ballon parfaitement dans sa course. Le Nîmois parvient a éliminer les deux défenseurs centraux adverses d’un contrôle et se retrouve en excellente position pour crucifier le portier adverse.

 

Le commentaire déluré de nos deux commentateurs du jour (Marc Delacrétaz et Bastien Trottet) lors du but victorieux de Valls.

 

2-1 score final, les Servettiens, que l’on sentait extrêmement soulagés au moment du but décisif, se donnent de l’air et lancent véritablement leur saison en ce premier mercredi de décembre.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

La victoire. Après les différents ratés de ces dernières semaines qui ont abouti à une dixième et dernière place, les Servettiens se devaient de réagir. Ils l’ont fait dans le jeu, où ils ont été solides, concentrés et très appliqués, mais également au tableau d’affichage puisqu’ils sont parvenus à ramener les trois points d’une manière ou d’une autre. C’est une nouveauté par rapport à leurs sorties précédentes, même s’ils se sont aussi fait quelques frayeurs. Au final, le plus important était de s’imposer et en ce sens, la mission est accomplie pour les Grenat.

 

Les choix tactiques de Geiger. Après plusieurs matchs où l’on ne comprenait pas trop les intentions de l’entraîneur servettien, celui-ci a osé changer son dispositif en un 4-3-3 en phase offensive et un 4-1-4-1 en phase défensive qui convient mieux aux qualités de ses joueurs. Certes, les retours de blessures de Schalk et Stevanovic l’ont aidé à prendre cette décision, mais toujours est-il que tout semblait plus facile pour les Grenat lorsqu’ils s’alignaient à des postes plus naturels pour eux. Les entrées de Fofana et Imeri ont également fait beaucoup de bien, apportant de la fraicheur et des solutions lorsqu’il le fallait, un aspect qui était impossible auparavant au vu des absences susmentionnées.

 

Marquer des buts dans le jeu. Ces deux réussites feront du bien au moral et à la confiance de tout le groupe. Au vu de la réaction de l’intégralité de l’équipe (tout le monde, y compris les remplaçants et le staff, s’est rué sur Valls en fin de match), ils devaient être très attendus. Ils sont donc tombés à point nommé. De bon augure pour la suite.

 

A améliorer

 

Savoir se mettre à l’abri. C’est l’étape d’après pour Servette. Maintenant qu’il a retrouvé le chemin des filets, il faudra parvenir à doubler la mise lorsque les occasions se présentent pour ne pas risquer d’égarer des points bêtement (ce qui aurait dû se produire si Gnonto avait mieux ajusté son tir). Mais ne soyons pas plus royaliste que le roi : l’important était bien de ramener les trois points, peu importe la manière.

 

Prendre moins d’avertissements. Cespedes était menacé de suspension avant cette rencontre sans avoir été titularisé une seule fois cette saison. Il est passé plusieurs fois proche du jaune fatidique durant cette rencontre alors que sa vision du jeu et sa qualité de passe longue seront des atouts indéniables samedi à Bâle. Heureusement pour lui, M. Schärer a décidé d’être clément. Il l’a également été avec Ondoua en fin de match, le neo-défenseur central ayant commis deux fautes qui valaient clairement un carton mais l’arbitre ayant décidé que la seconde ne valait pas un deuxième jaune et ses fâcheuses conséquences. Tant mieux pour les Servettiens, mais le numéro vingt-neuf Grenat est maintenant également sous la menace à la prochaine biscotte.

 


 

Conférences de presse d’après-match

 

Servette FC (Alain Geiger et Théo Valls)

 

 

FC Zurich (Massimo Rizzo)

 

 


 

Servette FC – FC Zurich 2-1 (0-0)

Stade de Genève, à huis-clos.

Arbitre : M. Schärer.

Buts : 69′ Kyei (1-0), 74′ Domgjoni (1-1), 90+4′ Valls (2-1).

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Ondoua, Severin; Cespedes; Valls, Cognat (64′ Imeri); Stevanovic, Kyei (74′ Kone), Schalk (64′ Fofana). Coach : Geiger.

Zurich : Brecher (C); Omeragic, Sobiech, Nathan, Aliti; Domgjoni (84′ H. Kryeziu), Doumbia; Tosin, Marchesano (70′ Schönbächler), Kololli (84′ Gnonto); Ceesay (59′ Kramer). Coach : Rizzo.

Avertissements : 60′ Kyei, 79′ Ondoua.

Notes : Servette sans Alves, Sasso, Mendy, Henchoz (blessés), Clichy (pas qualifié) et Antunes (raisons personnelles). Zurich sans Britto (blessé) et Janjicic (malade).