Troisième match nul consécutif pour les Grenat, qui menaient pourtant 0-2 à la mi-temps.

 

Privés de Tasar et Sauthier (suspendus), les Grenat se sont déplacés à la Swissporarena diminués mais motivés à décrocher enfin leur première victoire depuis la reprise. Cette motivation s’est concrétisée très rapidement puisque les visiteurs sont parvenus à ouvrir la marque après cinq minutes de jeu par Cespedes, dont le passé d’attaquant a ressurgi au meilleur des moments. Les Genevois ont même doublé la mise juste avant la mi-temps sur un bon travail de Kyei et un centre-tir de Cognat légèrement dévié par Grether au fond de ses propres buts. On se dit alors que Servette tient bien son os et s’achemine vers une victoire tranquille. C’est mal connaître le FC Lucerne de Celestini, une équipe au potentiel offensif impressionnant et aux principes tactiques bien implantés.

 

Margiotta et les Lucernois ont bien failli jouer un mauvais tour aux Grenat (© Clément Vuagnat)

 

Dans quelle mesure la sortie de Iapichino pour Vouilloz (hauteur d’une bonne entrée malgré le fait qu’il évoluait sur son mauvais côté) à la pause a-t-elle déstabilisé le bloc servettien, orphelin pour la circonstance de ses deux latéraux titulaires ? Et dans quel état sont réellement les ischio-jambiers de Frick, déchirés pendant la préparation et semble-t-il encore douloureux sur chaque plongeon du portier genevois ? Difficile d’en juger, mais les locaux ne se sont en tout cas pas fait prier pour profiter des interrogations des joueurs du bout du Lac. Le FCL, invaincu à domicile depuis l’arrivée de leur entraîneur vaudois, a remis les compteurs à zéro en cinq minutes par Margiotta sur deux erreurs défensives de Routis et deux renvois de Frick dans l’axe juste devant lui. Quelques instants auparavant, Kyei avait trop tergiversé dans la surface adverse et manqué ainsi le 0-3. Que le football peut être parfois cruel…

 

Au final, Servette repart de Lucerne avec un point logique, les locaux ayant eu aussi manqué le but du chaos dans les arrêts de jeu grâce à un sauvetage miraculeux de Rouiller. Contre un adversaire plutôt en forme en 2020, les Grenat ont su se battre pour conserver le match nul malgré un effectif diminué, fatigué et parfois en manque de rythme. A défaut de parvenir à gagner des rencontres, c’est déjà un bon début. Et leur situation actuelle n’est finalement pas si différente que celle qu’ils ont connu en automne, lorsqu’une victoire à domicile contre YB avait réellement lancé leur saison. De là à ce que l’histoire puisse se répéter dès mardi, il n’y a qu’un pas. Le franchiront-ils ?

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Le réalisme. Deux tirs, deux buts, tels sont plus ou moins les chiffres des Servettiens à la mi-temps. Réalisme maximal pour une équipe plutôt habituée à une statistique inverse. Il convient de s’en réjouir, même s’il faut aussi remarquer que les buts n’ont toujours pas été inscrits par des attaquants, mais à nouveau par des milieux de terrain. Grehohn Kyei, auteur d’un assist, mérite toutefois une mention bien. Peu en verve lors des derniers matchs, il a rendu une copie solide hier soir. Le retour de Schalk permettra à Alain Geiger d’aligner des duos plus complémentaires devant, ce qui sera assurément bénéfique à tout le monde.

 

L’ambiance. Parmi les quelques centaines de spectateurs présents dans le stade, un petit contingent de supporters ont réussi à encourager leur équipe tout au long du match et à maintenir une ambiance honorable malgré le huis-clos partiel. A défaut de pouvoir avoir des tribunes pleines, c’est assurément plus sympathique et authentique que les sons d’ambiance pré-enregistrés de certaines chaines de télévision. Et que c’est agréable de retrouver un stade qui vit !

 

Timothé Cognat. On connaissait déjà ses qualités sur le flanc gauche en Challenge League, mais il montre match après match qu’il est tout aussi impressionnant sur son côté en Super League avec un goal et un assist à Lucerne. Et dire que ce n’est même pas son meilleur poste ! Auteur d’un deuxième but (certes chanceux) en deux parties, il semble en plus avoir trouvé la clé à son problème chronique de finition pendant la pause. Mais où s’arrêtera-t-il ?

 

A améliorer

 

Christopher Routis. C’est toujours un crève-coeur de devoir citer le Bordelais dans cette rubrique, mais force est de constater qu’il est passé totalement à-côté de son match hier soir. Latéral droit n’a jamais été sa position naturelle. Cela s’était déjà ressenti lors de chaque tentative précédente et cela s’est encore vérifié à Lucerne. Coupable sur les deux buts, probablement aussi en manque de rythme, il n’a pas réussi à faire oublier l’absence de Sauthier et de Gonçalves. Aussi, en sachant assez vite que Routis devrait également jouer mardi pour remplacer Rouiller (suspendu) cette fois-ci, pourquoi ne pas avoir limité la casse en sortant l’ancien vice-capitaine du SFC pour Imeri, également capable de dépanner à ce poste ?

 

Le quatrième carton jaune de Rouiller. Son absence mardi contre YB est une sacrée tuile pour les Grenat.

 

Les ischio-jambiers de Frick. Auteur de plusieurs excellentes parades lors des trois matchs qu’il a disputés depuis la reprise, le portier servettien semble toutefois en difficulté lorsqu’il s’agit de prendre des appuis solides sur des actions provenant de sa droite. Sur les deux buts encaissés à Lucerne, le même schéma se répète : un ballon certes renvoyé, mais pas assez agressivement pour qu’il arrive dans une zone sûre. Pris séparément, le premier but pourrait n’être qu’un manque de chance. Mais combiné avec le deuxième, où Frick renvoie simplement le ballon devant lui puis ne parvient pas à bondir pour tenter de sortir le (magnifique) lob de Margiotta, il est permis de se demander s’il est réellement en pleine possession de ses moyens après sa déchirure en préparation, surtout après avoir concédé un but similaire à Sion mercredi. La réponse est peut-être à chercher du côté du banc, puisque Kiassumbua s’est blessé au poignet avant la reprise, une partie du corps où énormément de précautions sont prises s’agissant des gardiens. Frick sert-il donc les dents jusqu’à ce que son substitut soit réellement en état de le remplacer ? Réponse dans les prochaines semaines, en espérant évidemment que ces interrogations ne se vérifient pas.

 


 

FC Lucerne – Servette FC 2-2 (0-2)

Swissporarena, 1’000 spectateurs (huis-clos partiel).

Arbitre : M. Piccolo.

Buts : 5′ Cespedes (0-1), 44′ Cognat (0-2), 60′ Margiotta (1-1), 65′ Margiotta (2-2).

Lucerne : Müller; Grether, Lucas (C), Burch, Mistrafovic; Emini (70′ Voca); Schulz, Males (64′ Schürpf); Ndiaye (79′ Eleke), Margiotta, Matos. Coach : Celestini.

Servette : Frick; Routis, Rouiller (C), Sasso, Iapichino (46′ Vouilloz); Stevanovic, Cespedes, Ondoua, Cognat (66′ Imeri); Kyei (66′ Schalk), Kone (90′ Alves). Coach : Geiger.

Avertissements : 5′ Lucas, 10′ Cespedes, 29′ Rouiller, 34′ Emini, 49′ Ndiaye.

Notes : Lucerne sans Knezevic (suspendu), Kakabadze, Bürki, Ndenge, Balaruban, Schwegler (blessés), Zibung, Marleku (non-convoqués), Demhasaj et Tia (raisons contractuelles). Servette sans Sauthier, Tasar (suspendus), Gonçalves, Severin (blessés), Lang, Wüthrich, Park et Souici (raisons contractuelles).