Avec une victoire 1-2 dimanche au Letzigrund, les Grenat ont réussi le Grand Chelem contre le FCZ cette saison: quatre victoires en quatre confrontations.

 

Servette s’est présenté à Zurich avec quelques surprises dans son effectif. L’absence d’Ondoua tout d’abord, annoncé non-convoqué par le club, a surpris nombre d’observateurs, surtout après que le joueur lui-même a déclaré sur les réseaux sociaux ne pas être blessé. En réalité, le staff médical a simplement souhaité de pas prendre de risque avec un léger bobo qu’il avait contracté, recommandant à Alain Geiger de ne pas lui faire disputer la rencontre. Son absence a libéré de la place pour Fofana, initialement encore convalescent et finalement autorisé à reprendre la compétition (il a joué un quart d’heure intéressant en fin de match). L’entraîneur servettien n’a par contre pas décidé de préserver certains des sept (!) joueurs importants susceptibles d’être suspendus pour le choc au sommet à Bâle dans une semaine. Bien lui en a pris puisque seul Severin (entré pour les arrêts de jeu et averti au cours de ceux-ci) manquera finalement le déplacement au Parc Saint-Jacques.

 

La 1ère mi-temps au Letzigrund s’est avérée surprenante. Le FCZ a eu le contrôle du ballon, ce qui a semblé convenir aux visiteurs, pourtant adeptes d’ordinaire de la possession de balle. La période initiale a été assez équilibrée, bien que peu animée, les deux équipes s’étant lancées dans un combat tactique plutôt plaisant à suivre. Zurich et Servette ont chacun obtenu deux grosses chances de but, mais Frick a su s’interposer face aux attaquants locaux tandis que Schalk par deux fois (dont une sur un assist de… Frick) s’est montré très dangereux devant Brecher, avec notamment une réussite annulée à juste titre pour un hors-jeu.

 

Journée printanière au Letzigrund où le Servette FC a su mettre en difficulté la défense zurichoise au bon moment (© Bastien Trottet)

 

La Bombe de Breda n’a pourtant pas dit son dernier mot. Sur un excellent travail de Cognat et un joli coup d’oeil de Valls, le Néerlandais n’a pas tremblé pour inscrire son 7e but de la saison, qui coïncide avec la 7e passe décisive du maître à jouer nîmois (46e). Dès ce moment-là et pendant une vingtaine de minutes, les Grenat ont pris le contrôle de la rencontre, le temps pour Imeri de classer définitivement l’affaire sur son premier ballon d’une somptueuse frappe sans contrôle à 30 mètres absolument inarrêtable pour Brecher et légèrement déviée il est vrai par Dzemaili. Si le tir est splendide, il doit aussi beaucoup au travail de Kone, fraîchement entré, sur le côté droit (première passe décisive de la saison) et à l’instinct de Valls qui a senti le coup en laissant le cuir à son numéro 17 qui arrivait lancé.

 

Zurich, qui avait réussi à réduire la marque par Schönbächler après une erreur de la défense servettienne (Clichy oubliant totalement de s’aligner sur ses partenaires), a jeté toutes ses forces dans la surface genevoise en fin de match. Sans succès, les Servettiens s’étant même procuré la plus grosse occasion par Kone (voir ci-dessous). Au final, Servette s’est imposé 1-2 à Zurich et a donc signé un sans-faute face au FCZ. Il s’agit d’ailleurs de leur 6e victoire en huit affrontements depuis le retour en Super League.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Alex Schalk. Le Néerlandais prouve une fois de plus que lorsqu’il est épargné par les blessures, il est un attaquant de grande valeur. Il a pesé sur la défense zurichoise tout au long de la rencontre et s’est créé plusieurs grosses chances de but. Qui plus est, il répond maintenant aux interviews en français de façon tout aussi maîtrisée. Un atout indéniable.

 

Katriot Imeri. Quelles dernières semaines pour le K! Impressionnant à l’Euro M21, il a sorti Servette d’une situation complexe mercredi à Vevey avant d’adresser une frappe monstrueuse pour donner deux longueurs d’avance à son équipe à Zurich. Encore et toujours remplaçant (ce qui n’est pas totalement illogique au vu de la forme actuelle des titulaires Schalk, Kyei et Stevanovic devant), il s’impose comme un joker capable de tout. Un joyau que Servette espère sûrement conserver le plus longtemps possible.

 

Reprendre la 2e place. Il s’agit désormais d’un objectif avoué par le Servette FC: terminer sur le podium. L’ambition fait à voir et elle pourrait se matérialiser notamment par un bon résultat à Bâle dimanche prochain. C’est en tout cas la promesse d’une fin de saison riche en couleurs.

 

A améliorer

 

Ne plus se faire peur en fin de match. Servette n’aurait jamais dû trembler jusqu’à la fin des arrêts de jeu. Heureusement, cela n’a pas porté à conséquence dimanche, mais ce sont aussi ces petits détails que les Grenat doivent corriger s’ils entendent s’installer durablement parmi les meilleures équipes du pays.

 


 

Stop au Kone-bashing

 

COMMENTAIRE – Il était initialement prévu de traiter de la contre-attaque manquée en fin de match par le SFC dans la section “à améliorer” de l’article, mais au vu des proportions prises par celle-ci ces dernières heures, et plus généralement par la saison pour le moins compliquée de Koro Kone cette saison, une billet spécifique se justifie malheureusement aujourd’hui.

Oui, le Servette FC s’est royalement planté sur ce trois contre zéro dimanche à Zurich, c’est un fait. Toujours est-il que, premièrement, le temps additionnel était arrivé à son terme et que la réussite ou non de cette occasion n’allait avoir aucun impact sur la victoire des Grenat. Mais il est surtout injuste de blâmer Koro Kone pour son tir molasson sur Brecher alors que pendant les 50 mètres de sprint au but, ni Fofana ni Mendy n’ont réfléchi une seule seconde au fait qu’ils étaient hors-jeu depuis le début et donc totalement inutiles à leur attaquant.

Remettons ensuite les choses dans leur contexte: Koro Kone vit une saison affreuse, c’est indéniable et son langage corporel montre à lui seul tout le désarroi dans lequel il est plongé. Mais il faut aussi se rappeler qu’il a été lourdement touché par le Covid en janvier, au moment exact où il aurait dû pouvoir se refaire une santé grâce à la pause hivernale. Depuis, des conséquences récurrentes l’empêchent de retrouver l’intégralité de ses moyens physiques, ce qui est pour le moins problématique lorsque l’on connait sa débauche d’énergie habituelle.

Pourquoi alors le faire jouer au lieu de le laisser se soigner et retrouver une condition physique en vue de la saison prochaine loin des critiques, tout en donnant du temps de jeu à un jeune cette saison? Et est-ce que le SFC ne paie-t-il pas actuellement son choix de pas avoir engagé un 4e avant-centre de métier depuis le retrait d’Alphonse? Il faudrait poser ces questions au staff technique et médical du club, mais Kone n’y peut en tout cas pas grand chose.

Toujours est-il qu’il avait effectué une entrée intéressante à Zurich, se rendant souvent disponible et étant, rappelons-le, à la passe décisive de l’action menant au but d’Imeri, pour ce qui constituait justement son premier assist de la saison dans un match où Grejohn Kyei a aussi connu plus de difficultés qu’à l’ordinaire. Pour le “loser” ou le “raté” que d’aucuns voudraient nous dépeindre, force est de constater qu’il ne s’en sort pas si mal. Encore faut-il oser pousser l’analyse plus loin qu’une seule action, aussi marquante et catastrophique soit-elle. (BT)

 


 

Réactions d’après-match

 

Alex Schalk

 

 

Kastriot Imeri

 

 

Alain Geiger et Massimo Rizzo (en conférence de presse)

 

 


 

FC Zurich – Servette FC 1-2 (0-0)

Letzigrund, à huis-clos.

Arbitre : M. Piccolo.

Buts : 46′ Schalk (0-1), 69′ Imeri (0-2), 85′ Schönbächler (1-2).

Zurich : Brecher (C); Wallner (90+1′ Seiler), H. Kryeziu, Omeragic, Aliti; Domgjoni, Dzemaili; Tosin (82′ Schönbächler), Marchesano (72′ Gnonto), Ceesay (72′ Kramer); Kololli. Coach: Rizzo.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Clichy; Cespedes (89′ Severin); Cognat (89′ Mendy), Valls; Stevanovic (79′ Fofana), Kyei (67′ Kone), Schalk (67′ Imeri). Coach: Geiger.

Avertissements : 20′ Cespedes, 38′ Dzemaili, 40′ Domgjoni, 50′ Schalk, 83′ Fofana, 90+5′ Severin (suspendu au prochain match).

Notes : Zurich sans Doumbia, Rohner (suspendus), Nathan, Winter, Khelifi (blessés), Janjicic, Reichmuth, Koide (M21). Servette sans Kiassumbua, Antunes, Henchoz (blessés), Ondoua (ménagé), Guerin, Martial (non-convoqués), Diallo, Alves et Holcbecher (M21). (BT)