Les Grenat reviennent de la capitale avec un excellent match nul dans les bagages. Plus que le résultat, en lui-même déjà très enthousiasmant, c’est la manière qui a séduit.

 

Dominés pendant dix premières minutes insoutenables, noyés sous un flot jaune et noir, les Servettiens ont logiquement encaissé l’ouverture du score par Ngamaleu. Ce premier quart d’heure de feu a permis aux visiteurs de prendre conscience de ce que pouvait être la Super League. Là où ils auraient pu paniquer et sombrer, ils ont choisi de relever le défi qui leur était proposé. Ils parviennent ainsi à desserrer petit-à-petit l’étreinte et à inquiéter un tant soit peu Von Ballmoos. A la demi-heure de jeu, sur une action de génie de Cognat (impérial tout au long de la rencontre), Wüthrich se retrouve en position idéale à l’orée des seize mètres. Le Neuchâtelois, auteur d’une excellente prestation lui-aussi, ne se fait pas prier pour inscrire le premier but genevois en Super League depuis le printemps 2013, bien aidé il est vrai par le positionnement aléatoire de Lustenberger, blessé sur la séquence précédente et incapable de continuer la rencontre après cette action.

 

Avec ce score d’un partout à la pause après une première mi-temps d’une rare intensité, Servette peut s’estimer heureux, bien qu’il a réussi à prendre le contrôle du ballon et à se créer quelques opportunités intéressante avant le thé. Tout reste encore à faire, mais l’exploit demeure possible.

 

Une magnifique après-midi de football du côté du Stade de Suisse (© Bastien Trottet)

 

Au retour des vestiaires, les deux équipes offrent un spectacle tout à fait différent. YB cherche à construire depuis l’arrière et à ne pas perdre le ballon, tandis que Servette multiplie les occasions avec différents schémas tactiques. Certains joueurs, à l’image d’Ondoua, prennent également leurs marques et réussissent de mieux en mieux ce qu’ils tentent. Moins intense, cette mi-temps offre tout de même un joli spectacle avec deux équipes qui cherchent à bousculer leur adversaire. Si aucun but n’est marqué, chacune a eu sa chance d’emporter les trois points mais les deux gardiens ont parfois sorti le grand jeu pour sauver les leurs.

 

Un match nul somme toute logique qui ne lèse personne et c’est là l’enseignement principal pour les Genevois : face à un champion certes encore en rodage, ils peuvent tenir le choc s’ils jouent de manière solidaire, concentrée et appliquée. En parvenant à rééditer ce genre de performances lors des quelques prochaines rencontres, l’apprentissage du haut niveau se fera rapidement et sans encombre, tant Servette a prouvé pendant 80 minutes qu’il n’était pas un néo-promu ordinaire.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

La solidité défensive. C’était l’une des interrogations avant ce match : Servette allait-il parvenir à contenir la puissance offensive des Bernois ? La réponse est indéniablement oui. La doublette Rouiller-Sasso manque peut-être encore de repères, mais les deux joueurs ont magnifiquement éteint Hoarau et Nsamé, deux cadors de notre championnat. Bien aidé par un Gonçalves en feu, c’est tout le bloc défensif Grenat qui s’est montré à la hauteur de l’événement.

 

L’état d’esprit. Les dix-huit servettiens convoqués étaient venus à Berne pour ramener quelque chose dans leurs valises. Ils se sont battus jusqu’à la dernière seconde pour cela et y sont parvenus, tels de véritables guerriers en mission. On a souvent loué le mental du SFC la saison passée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il semble s’être encore renforcé avec cette performance majuscule. Servette ne gagnera pas tous ses matchs, c’est une certitude, mais s’il parvient à conserver cet état d’esprit tout au long de la saison, il n’a aucun souci à se faire quant à son classement en fin de championnat.

 

Timothé Cognat. Replacé dans l’axe aux côtés d’Ondoua, le Français a livré une prestation de très haut vol. Au four et au moulin tant en phase défensive qu’à l’animation offensive, il est à l’origine du but servettien grâce à une percée pleine d’abnégation et une passe décisive aussi géniale qu’improbable. Les Grenat tiennent un joyau qu’ils vont pouvoir continuer à polir tout au long de la saison. Nul doute que son transfert définitif à Genève cette saison devrait se dessiner à terme comme l’un des meilleurs coups de l’été dans le mercato de Super League.

 

A améliorer

 

Le jeu au pied de Frick. C’était l’une des craintes de beaucoup de suiveurs du Servette FC, elle s’est partiellement confirmée ce dimanche après-midi. Le portier servettien, impérial dans sa surface, a souvent été emprunté au moment de relancer le cuir au pied. Certes peu aidé par la pelouse synthétique et le pressing constant de son ancien compère Nsamé qui n’avait pas oublié cette carence, il a perdu un grand nombre de ballons lors de ses dégagements. Il est par contre à la base de l’action de Cognat qui amène l’égalisation genevoise grâce à une excellente relance à la main. Quelques séances d’entraînement spécifiques devraient donc largement suffire pour faire de Frick un bon gardien de Super League. C’est tout ce qu’on lui souhaite !

 

L’apport offensif d’Ondoua (pendant 60 à 70 minutes). Probablement pas encore tout à fait au point avec les schémas tactiques d’Alain Geiger, le Camerounais s’est souvent arrêté net à quarante mètres du but adverse au lieu d’aller soutenir l’attaque servettienne qui avait besoin de lui, coupant ainsi court à deux contre-attaques prometteuses. Il n’a probablement pas osé saisir ce genre d’opportunités de peur de se retrouver mal pris sur un revirement. Il y avait d’ailleurs du mieux en fin de match, preuve s’il en est que le problème venait avant tout d’un excès de zèle défensif qu’on ne peut en aucun cas lui reprocher lorsque l’on affronte le champion en titre sur son terrain.

 


 

Réactions d’après-match

 

Alain Geiger

 

Gerardo Seoane (en allemand)

 


 

BSC Young Boys – Servette FC 1-1 (1-1)

Stade de Suisse, 25’110 spectateurs.

Arbitre : M. Jaccottet.

Buts : 5′ Ngamaleu (1-0), 31′ Wüthrich (1-1).

Young Boys : Von Ballmoos; Lotomba, Lustenberger (C) (33′ Bürgy), Zesiger, Garcia; Ngamaleu, Sierro, Aebischer (81′ Gaudino), Sulejmani (59′ Spielmann); Nsamé, Hoarau. Coach : Seoane.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Gonçalves; Cognat (84′ Routis), Ondoua; Stevanovic, Wüthrich (77′ Schalk), Tasar (71′ Cespedes); Kone. Coach : Geiger.

Avertissements : 29′ Kone, 40′ Gonçalves, 75′ Hoarau.

Notes : YB sans Martins (suspendu), Camara, Fassnacht, Lauper (blessés), Assalé (Coupe d’Afrique des Nations) et Wüthrich (non-convoqué). Servette sans Lang, Séverin, Iapichino, Busset (blessés), Maccoppi (convalescent) et Imeri (malade). Dès la sortie sur blessure de Lustenberger, Hoarau récupère le brassard de capitaine d’YB.