Contre un FC Lugano qui ne leur convient décidément pas cette saison, les Grenat obtiennent un match nul 1-1 qui est toujours bon à prendre au vu du contexte.

 

Alignés dans la même composition que quatre mois auparavant lors de leur dernière sortie au Parc Saint-Jacques, les hommes d’Alain Geiger obtiennent un résultat similaire contre les Bianconeri dans un Stade de Genève qui sonnait bien creux. Si les trois premières minutes de la rencontre ont été un festival offensif, la première mi-temps a finalement été digne de ce qu’elle était : le début d’un match de reprise. Les Genevois ont globalement eux la maîtrise du ballon et les actions les plus franches, mais c’est bien les Tessinois qui ont ouvert le score sur une erreur de Sasso à la relance qui a offert un caviar à Gerndt que l’ancien joueur d’YB ne s’est pas fait prier pour concrétiser. Quant au défenseur français, on le retrouve bien plus à son avantage dans les arrêts de jeu de cette première reprise, lorsque son coup de tête rageur est passé à un cheveu de compenser sa bourde initiale. Malheureusement pour lui, le portier Baumann parvient à réaliser un petit miracle sur sa ligne pour préserver l’avantage des siens à la pause.

 

Un beau stade tout vide, voici à quoi ressemble désormais le Stade de Genève pour les matchs du Servette FC (© Bastien Trottet)

 

La deuxième mi-temps est presque entièrement servettienne. Stevanovic et Tasar sont les premiers à allumer la mèche, mais Baumann continue à repousser les assauts de ses adversaires. C’est donc logiquement que Tasar décide quelques minutes plus tard d’ajuster… un défenseur luganais pour enfin parvenir à débloquer le compteur des Grenat. A la décharge du pauvre Yao, même sans son intervention, Stevanovic aurait de toute façon poussé au fond des filets. Une dizaine de minutes plus tard, les visiteurs subissent un nouveau coup du sort : leur capitaine Sabattini, seul joueur averti jusqu’ici, écope d’un deuxième carton jaune et se voit contraint de laisser ses partenaires tenter de tenir le score pendant une grosse vingtaine de minutes. Étonnamment, ce sont finalement eux qui se créent la plus grosse occasion de but, lorsque Maric contraint Frick à une magnifique parade avant de manquer le but vide. Les deux équipes se quittent donc sur un match nul pas si illogique que cela malgré la domination des locaux, Lugano ayant su exploiter à merveille ses rares occasions là où Servette a (une nouvelle fois) pêché à la conclusion.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Revoir du foot. Après quatre mois de sevrage, nous avons eu droit à un match tout à fait correct pour reprendre. Revivre la glorieuse incertitude du sport, l’attente pour savoir si le ballon a touché une main dans la surface, s’il a franchi la ligne, si l’action va aboutir ou si cette faute mérite un deuxième jaune, cela nous avait manqué. Cette saveur est irremplaçable, tout comme le sont par ailleurs les chants et animations des supporters dans un stade.

 

Revenir à deux points de Bâle. Oui, Servette aurait pu (dû?) empocher les trois points contre Lugano. Néanmoins, avec le faux-pas des Rhénans à Lucerne et leur calendrier surchargé à venir, les Grenat pourraient en profiter pour terminer la saison sur le podium s’ils parviennent à retrouver le niveau qui était le leur avant l’interruption. Pour un néo-promu, cette simple perspective est pour le moins alléchante et largement gratifiante !

 

A améliorer

 

Le flanc gauche. L’offensive servettienne était hier orpheline de Park, Wüthrich (qui quittent le club au 30 juin) et Schalk (blessé). Comme à Bâle en février, Alain Geiger a donc dû composer avec les présents, en avançant cette fois-ci Cognat d’un cran et en le remplaçant par Cespedes aux côtés d’Ondoua. Une idée intéressante sur le papier, mais qui déséquilibrait totalement le bloc servettien, le milieu français ayant une certaine tendance à dézoner pour apporter son soutien au flanc droit, laissant le pauvre Tasar tout seul à la fois comme ailier gauche et comme second attaquant. L’entraîneur des Genevois modifia ses plans à la demi-heure de jeu en basculant Cognat sur le flanc gauche (comme à Bâle en février et l’an passé en Challenge League) et en avançant Tasar en soutien de Kone. L’abattage du numéro huit sur son côté fut d’ailleurs l’une des clés de la domination territoriale des locaux. Son seul bémol fut le fait que Iapichino pouvait moins souvent s’engager vers l’avant, peut-être aussi par manque d’automatismes.

 

La finition. Ne soyons pas trop exigeants, il s’agissait d’un match de reprise face à un type d’adversaire au bloc bas qui n’a jamais convenu aux hommes d’Alain Geiger. Néanmoins, en étant légèrement plus cliniques dans les moments cruciaux, Servette serait aisément reparti avec les trois points. Heureusement pour lui, malgré ce problème récurrent, le club du bout du Lac se rapproche du podium de Super League. “Nous sommes à notre place” selon les mots de son entraîneur en conférence de presse.

 

L’ambiance. Rendez aux stades suisses leur âme, leur vie et ce qui leur permet d’être réputés loin à la ronde : les supporters.

 


 

Conférences de presse d’après-match

 

FC Lugano (Maurizio Jacobacci et Mijat Maric)

 

 

Servette FC (Alain Geiger et Jérémy Frick)

 

 


 

Servette FC – FC Lugano 1-1 (0-1)

Stade de Genève, 300 personnes (huis-clos).

Arbitre : M. Schnyder.

Buts : 21′ Gerndt (0-1), 61′ Yao (CSC) (1-1).

Servette : Frick; Sauthier (C) (80′ Gonçalves), Rouiller, Sasso, Iapichino; Cespedes (71′ Alves), Ondoua (80′ Routis); Stevanovic, Cognat (71′ Maccoppi), Tasar; Kone (59′ Kyei). Coach : Geiger.

Lugano : Baumann; Lavanchy, Maric, Daprelà, Yao; Covilo (89′ Guidotti); Gerndt (79′ F. Rodriguez), Sabbatini (C), Custodio (79′ Lovric), Bottani (60′ Lungoyi); Janga. Coach : Jacobacci.

Avertissements : 56′ Sabbatini, 88′ Routis.

Expulsion : 68′ Sabbatini (deuxième avertissement).

Notes : Servette sans Imeri (suspendu), Schalk, Severin (blessés), Lang, Wüthrich, Park et Souici (raisons contractuelles). Rouiller récupère le brassard de capitaine dès la sortie de Sauthier. Lugano sans Holender, Obexer, Sulmoni, Aratore, Macek (blessés) et Selasi (non-convoqué). Maric récupère le brassard de capitaine dès la sortie de Sabbatini.