Les Grenat s’imposent 4-2 contre le FCL dans une partie très plaisante à suivre.

 

Pour ce deuxième affrontement en 72 heures entre les deux équipes, Alain Geiger doit composer sans Sauthier, Sasso (blessés) et Imeri (suspendu). Antunes devait de plus relayer Fofana sur l’aile gauche pour laisser souffler le jeune Français, mais l’espoir Genevois s’est blessé à l’échauffement et a contraint son entraîneur à titulariser à nouveau son numéro 35. Côté Lucernois, deux changements à noter pour Fabio Celestini : Bürki remplace Lucas (lourdement blessé jeudi) et Emini retrouve sa place au milieu de terrain au détriment de Grether.

 

Comme lors des derniers matchs, Servette connait des ratés défensifs assez inexplicables en début de rencontre. Après Imeri contre Lausanne et Cognat jeudi, c’est au tour de toute la défense genevoise de se fabriquer un but : sur une touche des visiteurs, Valls libère un boulevard en lâchant son marquage. Le ballon arrive sur Frydek qui en profite pour lancer Ugrinic en profondeur. Son centre trouve Cognat dans la surface, mais ce dernier laisse filer le ballon sous son pied. Schaub, qui apprécie décidément de jouer contre Servette, passe par là et peut crucifier Frick après moins de dix minutes de jeu.

 

Servette se rebiffe

 

On se dit alors que le SFC est parti pour continuer sur la lancée de sa deuxième mi-temps catastrophique de jeudi en Suisse centrale. C’est sans compter sur un Théo Valls très en jambes ce dimanche. L’ancien Nîmois aperçoit depuis le rond central l’appel de Fofana dans le dos de la défense. Il lui transmet alors une merveille de passe aérienne qui surprend toute l’équipe visiteuse. L’ancien Lyonnais contrôle sans difficulté le cuir et le place tranquillement hors de portée de Müller. Servette parvient à revenir à égalité à peine trois minutes après avoir concédé l’ouverture du score et six minutes plus tard, c’est même 2-1 en leur faveur grâce à un excellent travail de Clichy sur la gauche et à un nouveau but en pivot de Grejohn Kyei, définitivement passé maître en la matière même si son tir est légèrement dévié par un défenseur au passage. En dix minutes, les Grenat ont retourné la marque.

 

La suite de la mi-temps se calme quelque peu malgré un but annulé de Sorgic suite à une main claire, les deux équipes se rendant coup pour coup au propre comme au figuré avec une avalanche de cartons sortis par M. Bieri et un jeu haché. Le thé intervient sur le score de 2-1, mais les Servettiens savent que rien n’est encore fait, surtout en ayant plusieurs de leurs pièces maîtresses sous la menace d’une expulsion.

 

Servette à l’échauffement (en blanc) quelques instants avant la blessure d’Alexis Antunes. (© Antoine Vallélian)

 

Ils prennent alors le pari de provoquer des fautes adverses pour éviter d’en commettre eux-mêmes. Fofana, qui a déjà prouvé son habileté dans le domaine ces dernières semaines, obtient un excellent coup-franc à trente mètres sur le flanc gauche. Le maestro Valls se charge de le botter et de le déposer sur la tête de Rouiller. Le capitaine du jour ne tremble pas et donne deux longueurs d’avance à son équipe. Servette respire et Lucerne souffre.

 

Fabio Celestini tente alors un coup en changeant trois de ses joueurs simultanément. Mal lui en prend (dans un premier temps du moins) puisque sur l’action qui suit, les Grenat réussissent un exploit collectif conclu par Cespedes mais où pratiquement tous les joueurs offensifs ont touché le cuir, avec un gros travail de Schalk, Valls et Stevanovic.

 

Le pari de Celestini

 

A 4-1 et moins d’une demi-heure à jouer, Servette met peu à peu le pied sur le ballon. Lucerne ajoute de son côté deux changements supplémentaires et une nouvelle tactique afin d’utiliser à bon escient ces minutes, le club de Suisse centrale ayant vu sa préparation hivernale tronquée plus lourdement encore que celle de leurs hôtes du jour.

 

L’idée de Celestini fonctionne plutôt bien puisque Schulz parvient à réduire le score à un quart d’heure de la fin d’une splendide frappe prise à trente mètres et que les visiteurs dominent largement la fin de match. Les Grenat parviennent finalement à tenir le score et s’imposent 4-2 dans une rencontre palpitante.

 

Ils profitent de la lourde défaite du LS pour grappiller un rang au classement avant d’affronter un nouvel adversaire direct mercredi : Saint-Gall (18h15 à la Praille et en direct dès 18h sur GE-Sports).

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Marquer des buts. Servette a souvent fait preuve d’un gros manque de réalisme cette saison, ce qui l’a souvent pénalisé. Pour la première fois de l’exercice, les Grenat en plantent quatre, qui plus est grâce à quatre joueurs différents. Ils auraient même pu en ajouter un ou deux, notamment par un Stevanovic trop altruiste en première mi-temps, mais le résultat comptable reste largement positif.

 

Théo Valls. Le milieu français est en train de prendre une nouvelle dimension depuis quelques matchs. Impliqué directement sur trois des quatre buts du jour, il a également joué un rôle important dans la construction du jeu sans jamais rechigner à effectuer ses replis défensifs. Touché par le Covid en janvier, il semble avoir pleinement récupéré ses facultés. Tant mieux pour les Grenat.

 

Battre Lucerne. Les deux derniers affrontements entre les deux équipes s’étaient soldés par des non-matchs servettiens et des claques logiquement reçues. Cette fois-ci, les Grenat ont su se sortir du piège habilement tendu par Celestini, sous la forme d’un pressing constant sur les défenseurs genevois, pour mettre eux-même en difficulté leurs adversaires. Cette victoire les relance plus que jamais dans la course au podium dans une semaine déterminante pour les Genevois : s’ils parviennent à battre encore Saint-Gall et Lausanne, ils joueront le haut du tableau ces prochains mois. Sinon, il devront regarder plus souvent dans leurs rétroviseurs.

 

A améliorer

 

Les erreurs défensives. Depuis la reprise, Servette encaisse systématiquement un but sur une erreur de relance ou un manque de lucidité. Vouloir jouer court et propre est noble, mais les pertes de balles coûtent logiquement plus cher. Avec une équipe qui peine généralement à inscrire des buts, c’est dommageable de prendre autant de risques. Cela a coûté deux points contre Lausanne et aurait pu aussi peser dans la balance dimanche.

 

L’indiscipline. Servette se retrouve régulièrement avec des joueurs-clés avertis très rapidement dans la rencontre (ce fut le cas de Cespedes, Fofana et Kyei dimanche). Alain Geiger a certes du monde sur le banc pour les sortir avant qu’ils n’écopent d’un deuxième jaune, mais ces remplaçants ne pourraient pour l’instant pas jouer un match entier en cas de suspension d’un coéquipier. Dans le même temps, jouer la majorité d’un match avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête n’est idéal pour personne. Les Grenat doivent apprendre à se canaliser au plus vite.

 


 

Interviews d’après-match

 

Servette FC (Alain Geiger et Théo Valls en conférence de presse)

 

 

FC Lucerne (Fabio Celestini)

 

 

(réponses en français dès 4’35)

 


 

Servette FC – FC Lucerne 4-2 (2-1)

Stade de Genève, à huis-clos.

Arbitre : M. Bieri.

Buts : 8′ Schaub (0-1), 11′ Fofana (1-1), 18′ Kyei (2-1), 54′ Rouiller (3-1), 67′ Cespedes (4-1), 75′ Schulz (4-2).

Servette : Frick; Diallo, Rouiller (C), Severin, Clichy; Cespedes (88′ Vouilloz); Valls, Cognat (74′ Mendy); Stevanovic (88′ Alves), Kyei (55′ Kone), Fofana (55′ Schalk). Coach : Geiger.

Lucerne : Müller; Schwegler (C) (66′ Sidler), Knezevic, Bürki (66′ Tasar), Frydek; Schulz; Emini, Ugrinic (66′ Ndiaye); Schaub (74′ Burch); Sorgic (74′ Balaruban), Schürpf. Coach : Celestini.

Avertissements : 2′ Fofana, 22′ Cespedes, 28′ Kyei, 33′ Schwegler, 39′ Zibung, 54′ Knezevic, 69′ Severin, 84′ Emini.

Notes : Servette sans Imeri (suspendu), Sauthier, Sasso, Guerin (blessés) et Ondoua (convalescent post-covid). Antunes, annoncé titulaire, se blesse à l’échauffement. Servette n’inscrit donc que 17 joueurs sur la feuille de match. Lucerne sans Lucas, Ndenge, Alabi, Binous (blessés) et Wehrmann (quarantaine).