Bien qu’évoluant à onze contre dix pendant plus d’une heure, les Grenat n’ont jamais réussi à concrétiser leur domination. Leur parcours en Coupe s’arrête donc au deuxième tour. Comme chaque année…

 

Les retrouvailles entre les deux frères ennemis du football suisse ont tourné au vinaigre pour les Servettiens. Privés de plusieurs joueurs blessés ou convalescents, ils se sont pris les pieds dans le tapis du Letzigrund face à un GC solidaire et bien regroupé défensivement. Malgré une immense domination territoriale, Salvi, le gardien adverse, n’a que rarement été mis en danger. Si l’on devait définir l’expression “passer à-côté de son match”, une séquence vidéo de la partie livrée par les visiteurs en serait la parfaite illustration.

 

Pourtant, tout n’est pas non plus à jeter (voir section suivante). Le nouveau venu Grejohn Kyei, titularisé à la pointe de l’attaque genevoise, s’est ainsi créé deux bonnes occasions dans les dix premières minutes, la première d’entre-elle mettant sérieusement en difficulté Mirko Salvi. Il ne le savait pas encore, mais il venait de passer le moment le plus compliqué de sa soirée. Car dès l’expulsion de Cabral, c’est paradoxalement les Servettiens qui se retrouvèrent les plus empruntés, comme rattrapés par la pression et l’enjeu.

 

Dans un match rugueux, Gjorgjev a réussi à prendre la défense genevoise à revers (© Natacha Crocoll)

 

Rien n’a fonctionné comme prévu. Les schémas offensifs (emmener le ballon sur un côté, de préférence à droite, et centrer d’une manière ou d’une autre) se répétaient sans succès tandis que le couloir gauche montra quelques signes de faiblesse, notamment en début de deuxième période où Severin laissa un boulevard à Gjorgjev pour ouvrir le score. Impossible dans ces conditions d’espérer mieux. Alain Geiger était d’ailleurs de cet avis après la rencontre (voir interview complète ci-dessous). Selon lui, son équipe “aurait pu jouer trois jours sans parvenir à remporter ce match“. Place donc au championnat dès la semaine prochaine pour, on l’espère, relancer la machine.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Les premières minutes de Kyei. Visiblement encore à court de compétition, l’attaquant français a livré une bonne première demi-heure, venant régulièrement chercher des ballons à mi-terrain, tentant des combinaisons (encore à roder) avec ses ailiers et se créant deux belles opportunités. Cette rencontre aura au moins eu le mérite de lui permettre de retrouver la compétition en vue des prochaines échéances autrement plus importantes.

 

A améliorer

 

Les schémas offensifs. Stevanovic et Gonçalves ont touché un nombre incalculable de ballons sur leur flanc droit. Tasar et Severin ont également été sollicités, certes dans une moindre mesure, côté gauche. Malheureusement, aucun centre ne parvenait à son destinataire dans la surface, un défenseur zurichois trouvant toujours un moyen de dégager le ballon. Il aurait été intéressant de tenter de perforer plus souvent cette défense frontalement en passant par l’axe, une idée que les Genevois n’ont mis en pratique qu’en toute fin de match. Dommage car il semblait possible d’y trouver des espaces.

 

L’horaire du match. La Coupe de Suisse est censée défendre un football populaire et une certaine idée de fête. Du moins, c’est ainsi qu’elle nous est vendue chaque été lors des premiers tours champêtres de compétition. Fixer l’une des plus belles affiches du week-end un vendredi à 19h (pourquoi pas 20h?) sous prétexte d’une diffusion TV et alors que deux autres équipes professionnelles (le FC Winterthour contre Saint-Gall et les ZSC Lions contre Davos) jouaient en même temps dans la région était sous cet angle déjà plutôt illogique. Mais se retrouver en plus avec ces mêmes chaines de TV qui snobaient partiellement la rencontre pour diffuser la Coupe Davis sur tous leurs canaux principaux, c’est atteindre le sommet du ridicule. Et cela alors même que nous devrions au contraire égoïstement nous en réjouir puisque les nombreuses personnes ne pouvant assister à cette rencontre sont autant d’auditeurs potentiels supplémentaires…

 


 

Réaction d’après-match

 

Alain Geiger

 


 

Grasshoppers Club Zurich – Servette FC 1-0 (0-0)

Letzigrund, 2’480 (!) spectateurs.

Arbitre : M. San.

But : 47′ Gjorgjev (1-0).

GC : Salvi; Arigoni, Basic, Cvetkovic, Cabral; Diani, Salatic (C); Pusic, Morandi (65′ Njie), Gjorgjev (84′ Asllani); Ben Khalifa (89′ Subotic). Coach : Forte.

Servette : Kiassumbua; Gonçalves, Rouiller, Routis, Severin (67′ Chagas); Cespedes, Ondoua; Stevanovic, Wüthrich (70′ Imeri), Tasar; Kyei (64′ Schalk). Coach : Geiger.

Avertissements : 2′ Cabral, 28′ Ondoua, 58′ Routis, 89′ Ben Khalifa, 89′ Gonçalves, 90′ Salvi. Un entraîneur assistant et l’entraineur principal de GC ont aussi été avertis dans le dernier quart d’heure.

Expulsions : 33′ Cabral (deuxième avertissement), 90′ Forte (deuxième avertissement consécutif).

Notes : GC sans Matic, Goelzer et Momoh (blessés). Servette sans Cognat, Iapichino (blessés) Sauthier, Kone, Sasso, Busset (convalescents) et Lang (M21). La partie s’est déroulée sans la présence d’un quatrième arbitre sur la ligne de touche.