Contrat rempli pour les Grenat qui se sont imposés 2-1 face à des Thounois crocheurs mais vite confrontés à leurs limites. Avec 27 points au compteur, ils passeront l’hiver avec six points d’avance sur leurs poursuivants. Et c’est largement mérité !

 

Le calendrier en SFL a réservé une petite incongruité qui est passée inaperçue de la plupart des suiveurs du Servette FC, mais pas d’Alain Geiger et de son staff. En effet, les Genevois terminent l’année 2019 à domicile contre le FC Thoune, puis débutent l’année 2020 avec un déplacement à Neuchâtel et… la réception du FC Thoune, soit un enchaînement de trois matchs consécutifs contre les actuelles candidats à la relégation. Pour le néo-promu, il s’agit donc d’un triptyque censé être capital pour sa survie en Super League. Oui mais voilà, Servette n’est pas un néo-promu comme les autres. Déjà, un néo promu n’a pas souvent un palmarès aussi fourni que celui du SFC. Mais au delà de l’histoire, les Servettiens sont composés de joueurs d’un niveau largement supérieur à un simple “Champion de Challenge League renforcé”. Cela permet aux Genevois de pouvoir viser le milieu du classement de Super League et donc aborder ces rencontres face aux équipes modestes de l’élite en position de force malgré leur statut de dernier venu.

 

L’acte un de cette trilogie s’est en tout cas déroulé exactement selon les plans annoncés : un Servette qui aligne son équipe-type à l’exception de Tasar, remplaçant au coup d’envoi suite au triplé de Park à Zurich, et de Kyei, mais il est vrai le titulaire au poste d’attaquant de pointe varie en fonction de l’adversaire; et des Bernois minés par les blessures mais tout de même capables de se montrer dangereux et qui s’accrochent comme ils le peuvent en attendant le retour de leurs cadres ce printemps. Ainsi, la première mi-temps peut se résumer en une seule statistique : 72% de possession de balle en faveur des locaux. Certes, le score est toujours nul et vierge à l’heure du thé, mais le nom du vainqueur ne fait pas beaucoup de doute à ce moment-là déjà, les visiteurs n’étant pas parvenus à cadrer une seule de leurs occasions, bien qu’ils se soient tout de même montrés dangereux à quelques reprises.

 

Le Stade de Genève a commencé sa mue vers une couleur plus proche de celle du Servette FC (© Bastien Trottet)

 

Aussi, la stupeur n’en est que plus grande à la 51e minute lorsque Rouiller concède un coup-franc à une quarantaine de mètres des buts de Frick pour un excès d’engagement qui lui valut un carton jaune au passage. Thoune, réduit à dix le temps que Munsy reçoive des soins sur la touche, joue le ballon pour la tête de Havenaar et son double mètre. Un refrain pourtant connu qui surprend tout de même Rouiller, décidément bien malheureux sur cette séquence. Les joueurs de l’Oberland ouvre la marque sur leur premier tir cadré et ce n’est pas totalement volé. Heureusement, Servette n’accuse pas vraiment le coup. Alain Geiger réagit rapidement en sortant Wüthrich (pour la dernière fois ?) pour Alex Schalk, passant ainsi en 4-4-2. Corollaire, les Grenat se montrent beaucoup plus dangereux dans la surface de Faivre. Suite à un coup-franc astucieusement obtenu par Iapichino (auteur à nouveau d’un excellent match), Park, promu artificier en chef en l’absence du numéro 10 servettien, met un magnifique ballon dans la surface que Rouiller tacle à la manière de l’attaquant qu’il a été dans une autre vie. Egalisation méritée pour les locaux.

 

A peine cinq minutes plus tard, Schalk obtient un penalty pour une faute de Joss. Il se charge lui-même de l’exécuter à deux reprises, M. Bieri annulant à juste titre sa première réussite pour une présence intempestive d’Ondoua dans la surface. Dès ce moment-là, avec Servette aux commandes et la physionomie des septante premières minutes, la partie est pliée, même si quelques frissons parcoururent encore le Stade de Genève en fin de match, la faute à l’entrée de Simone Rapp, étonnement remplaçant au coup d’envoi. Finalement, les Servettiens parviennent à tenir bon et à empocher trois nouveaux points pour une cinquième victoire en six rencontres, un bilan exceptionnel qui leur permet en cas de résultats favorables lors des deux premières journées de l’an prochain de se concentrer sur de nouveaux objectifs, le maintien ne devant être qu’une formalité pour cette équipe largement au niveau de la Super League.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

La victoire. On le sait depuis l’an dernier déjà, Servette peine contre les équipes qui jouent très regroupées. Pourtant, contre Thoune, les Grenat sont facilement parvenus à trouver des espaces dans la défense adverse, sans pour autant réussir à trouver l’ouverture dans le jeu. C’est donc sur deux coups de pied arrêtés qu’est venue la solution, comme ce fut le cas lors de la visite de Xamax en août dernier. Être capable d’utiliser toutes les circonstances de jeu pour s’en sortir, c’est la marque de fabrique des grandes équipes et les Servettiens ont prouvé qu’ils savaient trouver une solution pour s’en sortir. Mine de rien, c’est un immense pas en avant par rapport au début de saison et c’est le signe d’un apprentissage sain qui s’effectue semaine après semaine.

 

La cinquième place. Il y a deux mois, en plein marasme après une interminable série sans succès, peu de monde aurait cru possible que le SFC termine cette première phase à la cinquième place avec une marge confortable sur la deuxième moitié du tableau. Et pourtant, en coulisses, personne n’a paniqué. Les joueurs ont travaillé sérieusement et ont pris conscience de ce qu’impliquait la Super League. Les blessés ont eu le temps de se soigner et de retrouver leurs sensations sans trop de pression. L’entraîneur savait où il en était et n’a jamais été remis en cause par sa direction. Le résultat parle de lui-même : depuis début novembre, les Genevois n’ont été vaincus que par le déluge tessinois. Leur bilan : 5 victoires en 6 matchs, 15 points sur 18 possibles, 12 buts marqués et 3 encaissés. Plutôt pas mal pour une équipe soit-disant en crise… !

 

L’état d’esprit. La Section Grenat l’a souligné dans une banderole déployée au terme du match : cette équipe a été irréprochable tout au long de ces six derniers mois et a rendu fier n’importe quel supporter servettien. Certes, la saison est encore très loin d’être terminée, mais l’année civile 2019 réussie par les Grenat est probablement l’une des plus belles vécue au club depuis le début du millénaire. Les prochains jours permettront de prendre du recul et de sortir quelques statistiques pour illustrer cela, mais on peut à tout le moins affirmer que le plaisir ressenti à chaque visite au Stade de Genève ces derniers mois a été à la hauteur des années de galères vécues auparavant. Espérons que cet état de grâce dure le plus longtemps possible et qu’il permette au SFC de se stabiliser à long terme en Super League. Et profitons aussi du moment présent pour savourer ces moments que nous attendions depuis si longtemps.

 

A améliorer

 

Le FC Thoune. Loin de nous la volonté d’enfoncer une équipe qui peine déjà à maintenir la tête hors de l’eau. Néanmoins, force est de constater qu’en l’absence de certains de leurs cadres (Hediger, Glarner, Bigler et Karlen notamment), les recrues de Challenge League ont de la peine à s’imposer au niveau supérieur. Dommage pour un club qui se bat depuis des années contre la relégation et qui réalise un travail exceptionnel avec des moyens limités, mais peut-être pas totalement illogique non plus lorsque des équipes comme Lausanne ou GC ne demandent qu’à réintégrer l’une des dix seules places à disposition dans l’élite. Il faudra tout de même un sacré retournement de situation pour que les Bernois parviennent à éviter l’une des deux dernières places en fin de saison, même avec des potentiels renforts ou retours.

 

Guillaume Faivre et son état d’esprit catastrophique. Commencer à jouer la montre à la 56e, c’est déjà très moyen. Poursuivre un buteur pour lui reprendre le ballon pendant sa célébration pourrait être synonyme d’un comportement antisportif. Bousculer ledit buteur qui fait justement remarquer à l’arbitre les dix mètres gagnés sur un coup-franc généreusement accordé, on s’approche des voies de fait. S’en sortir sans aucun carton, est-ce là le salaire maximal ? Faivre a réussi à obtenir encore mieux : un carton pour l’attaquant adverse et un autre pour son homologue qui se calquait sur son comportement. Notons encore en passant qu’il a effectué autant d’arrêts décisifs (3) que de faits d’arme litigieux. Triste.

 


 

Réactions d’après-match

 

Steve Rouiller

 

 

Alain Geiger

 

 

Extrait du direct : résumé à chaud de la rencontre (Bastien Trottet et Clément Vuagnat)

 

 

Extrait du direct : bilan à chaud de cette première moitié de saison (Bastien Trottet et Clément Vuagnat)

 

 


 

Servette FC – FC Thoune 2-1 (0-0)

Stade de Genève, 5’084 spectateurs.

Arbitre : M. Bieri.

Buts : 51′ Havenaar (0-1), 66′ Rouiller (1-1), 72′ Schalk (penalty) (2-1).

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (56′ Schalk), Park (74′ Tasar); Kone (88′ Routis). Coach : Geiger.

Thoune : Faivre (C); Joss, Havenaar, Gelmi, Kablan; Tosetti, Roth (74′ Ahmed), Stillhart, Hefti (46′ Fatkic); Salanovic, Munsy (56′ Rapp). Coach : Schneider.

Avertissements : 50′ Rouiller, 70′ Joss, 86′ Frick, 90+4′ Schalk.

Notes : Servette sans Gonçalves (blessé), Lang, Maccoppi, Severin, Chagas, Souici et Busset (non-convoqués). Thoune sans Berchtold, Ziswiler, Castroman, Gr. Karlen, Hediger, Bigler, Glarner, Sutter (blessés) et Righetti (non-convoqué).