Les Grenat affrontent le Champion en titre Young Boys dimanche (à suivre en direct dès 15h45 sur notre webradio). S’ils sont évidemment conscient de l’ampleur du défi qui s’annonce, ils ne se voilent pas pour autant la face malgré l’enthousiasme ambiant.

 

Qui dit élite dit également nouvelles habitudes à prendre. Exit les points-presse en petit comité, c’est cette fois-ci une véritable conférence de presse avec estrade et micros aux couleurs du club qui est organisée par le staff servettien. Les interviews sont en conséquence communes à tous les journalistes présents (en l’occurence, la TdG, Keystone-ATS, Radio Lac, le Nouvelliste et GE-Sports), ce qui crée inévitablement une masse d’informations impossible à retranscrire précisément dans les délais. C’est pourquoi nous allons dorénavant vous proposer des morceaux choisis mixtes audio et/ou écrit en fonction des semaines et de la qualité de ce que nous obtiendrons. On commence cette semaine avec Anthony Sauthier et Alain Geiger.

 


 

“C’est que du bonheur !”

 

Anthony Sauthier, est-ce que selon vous Servette est prêt ?

 

Oui, on est prêts. On a travaillé pour ce moment-là toute l’année passée. Ça va être compliqué, c’est un gros morceau qui nous attend, mais on a confiance en nous, on sait de quoi on est capables, d’autant qu’on a fait de bons matchs amicaux. Evidemment, on ne pourra plus poser notre jeu aussi facilement, on devra donc trouver d’autres solutions, pourquoi pas en dégageant plus souvent et en gagnant le deuxième ballon. Il faudra clairement s’adapter à cette nouvelle ligue, l’intensité sera plus élevée et techniquement les joueurs seront meilleurs, mais avec l’équipe qu’on a, on est capables de bousculer n’importe qui.

 

Des changements à tous les niveaux

 

Comment s’est passé l’apprentissage tactique cet été ?

 

On a bossé plusieurs systèmes pour pouvoir changer n’importe quand, que ce soit dans le match ou dans la saison. On est des professionnels, on doit savoir jouer à trois, quatre ou cinq derrière, c’est un détail pour nous. Si le coach voit que contre YB le système ne fonctionne pas, il faut être capable de changer cela. On est assez intelligents pour le faire.

 

Sauthier en tête, Servette est prêt à défendre sa place en Super League (© Natacha Crocoll)

 

Est-ce un avantage ou un inconvénient de commencer par le champion en titre?

 

YB, c’est YB. Peut-être qu’avec leurs nombreux mouvements dans l’effectif, c’est bien de les avoir tout de suite. Je ne sais pas trop, mais ils ne seront potentiellement pas encore en pleine bourre. Pour nous en tout cas, cela nous oblige à être tout de suite concentrés. On va là-bas pour chercher quelque chose, mais ça sera un match difficile.

 

“Le club a assez galéré entre la ChL et la PL pour enfin pouvoir s’éterniser en SL”

 

Vous allez jouer devant un stade plein et hostile. Qu’est-ce que ça change ?

 

Ça va changer c’est clair. Il y aura du monde, je sais que les supporters genevois seront présents en nombre. En Super League, tout est un cran au-dessus de la Challenge League, que ce soit les stades, les supporters ou le niveau de l’adversaire. On est préparés à cela. Le club a assez galéré entre la Challenge League et la Promotion League pour enfin pouvoir s’éterniser en Super League car c’est vraiment la place du Servette FC.

 

“C’est toujours après une défaite que l’on découvre le caractère d’une équipe dans sa capacité à se remobiliser pour aller gagner le match suivant.”

 

Comment appréhendez-vous le fait de ne plus pouvoir aligner des séries de victoire comme ce fut le cas en Challenge League ?

 

On est conscient qu’on ne va pas gagner tous les matchs. Il faudra continuer à travailler et tirer tous à la même corde, ne pas sombrer dans la crise au premier accroc. C’est toujours après une défaite que l’on découvre le caractère d’une équipe, dans sa capacité à se remobiliser pour aller gagner le match suivant. Il faudra se focaliser sur l’essentiel: faire des points. Je ne pense pas qu’on va s’exciter parce qu’on sait qu’on a un groupe qui est capable de renverser des montagnes.

 

Montrer l’exemple en toutes circonstances

 

Est-ce que vous pensez toujours avoir le niveau de Super League?

 

Je ne sais pas, c’est les matchs qui le diront. J’ai touché à la Super League, mais j’étais bien plus jeune. J’ai travaillé pour remonter ce club dans l’élite, à moi de prouver que j’ai le niveau de celle-ci. Je pense que j’ai le niveau, mais il faudra le démontre sur le terrain car c’est facile de parler à l’interview, mais je me dois de toujours montrer l’exemple, que ce soit sur le terrain ou en dehors. C’est mon rôle.

 

“Servette est enfin à sa vraie place.”

 

Entrer sur un terrain de Super League avec le brassard de capitaine, ça vous fait quelque chose de spécial ?

 

(Geiger coupe: “il n’est pas sûr d’avoir le brassard…” (rires)). Je n’ai pas d’appréhension, juste du bonheur. Il faudra profiter de tous ces moments parce que Servette est enfin à sa vraie place. On est prêts à faire une grosse saison parce qu’on en a assez bouffé (sic) à l’échelon inférieur. C’est que du bonheur.

 


 

Deux mots d’ordre : continuer à jouer un jeu offensif, mais aussi savoir être pragmatique

 

Alain Geiger, quelles sont les interrogations qui vous reste aujourd’hui?

 

L’interrogation principale concerne la hauteur du saut car on n’a pas de repères avec des matchs de Super League. L’incertitude existe de trouver le rythme et de ne pas être trop naïfs. On était dominateurs en Challenge League mais il nous faudra quelques matchs pour nous habituer au rythme et à l’impact physique proposé par nos adversaires. Tout s’est bien passé pendant la préparation, on a évité les blessures. J’espère qu’on parviendra à conserver notre jeu car on a toujours bien joué avec le ballon. Si l’on n’a pas le ballon, c’est difficile de déranger les adversaires donc on veut l’avoir. J’espère qu’on parviendra à conserver l’enthousiasme de la promotion ainsi que notre grande solidarité. Concernant YB, il faudra oser jouer malgré tout et ne surtout pas se crisper ou avoir peur.

 

L’élan du champion est des deux côtés

 

S’il devait y avoir une déroute contre YB, quelle serait votre réaction ?

 

On sait qu’on ne gagnera pas tous les matchs, mais on veut quand même chercher à s’imposer. Il nous faut une attitude et un comportement positifs. Beaucoup de choses peuvent se passer dans un match de football, mais j’ai confiance, on ne sera pas dans ce genre de situation. On est préparés à ce genre de difficultés. Si on prend un but, il ne faut surtout pas paniquer. Je n’ai pas de craintes particulières, je suis confiant avec ce que j’ai vu lors des matchs amicaux.

 

Alain Geiger insiste sur l’humilité nécessaire au néo-promu pour survivre (© Natacha Crocoll)

 

Comment jugez-vous YB par rapport à la saison dernière ?

 

Ce qui est intéressant, c’est la dynamique des équipes. Quand vous êtes champion, en début de saison vous êtes portés par cela. Ils sont sur cette dynamique, cela se voit d’ailleurs avec leurs matchs amicaux où ils ont battu tout le monde. Mais nous aussi on a été champion, donc leur dynamique est d’une certaine manière comparable à la notre.

 

YB marquait souvent en fin de match. Est-ce que vous avez spécifiquement préparé cela ?

 

Non non. On est pas arrivés jusqu’ici pour commencer à réfléchir comme cela. C’est clair que s’il y a 0-0 ou 1-1 à la 75e, on commencera peut-être à se poser la question sur le banc. Mais on sait aussi qu’ils vont venir fort et nous presser haut dès le début comme ils ont l’habitude de le faire. Il faut se mettre dans leur peau. Ils se disent qu’il y a le petit poucet qui arrive, pas que c’est le Servette qui a aligné dix-sept titres. C’est à nous de faire des efforts en jouant à 120 ou 130%.

 

“Aujourd’hui, Sion, je ne connais pas”

 

Est-ce que le vrai match à ne pas perdre, c’est le premier à la maison contre Sion ?

 

Non, on n’en est pas là. Jusqu’à dimanche soir, on est focalisés sur YB où l’on n’a rien à perdre. On va jouer crânement notre chance car on sait qu’ils ont perdu trois fois à domicile la saison passée. Ils ont aussi des rodages à faire, notamment en défense et au milieu de terrain. A nous d’en profiter. Aujourd’hui, Sion, je ne connais pas.

 

Rester humble et se rappeler d’où l’on vient

 

L’engouement autour de la promotion, est-ce une pression supplémentaire ?

 

J’aimerais être clair là-dessus: sur les dix dernières années, nous avons fait six ans de Challenge League. Nous, notre objectif, c’est le maintien. On veut pérenniser notre club en Super League sur la durée, c’est notre premier objectif. On veut s’améliorer chaque saison, mais l’important, c’est de se maintenir. Si on y parvient, on aura rempli notre mission. Il ne faut pas nous demander plus pour l’instant.

 

“Ces neufs premiers matchs, c’est que du bonheur pour nous”

 

Après, si on peut avoir mieux en démontrant qu’on est des grands compétiteurs, tant mieux pour nous, on le prendra. Mais sur les dix dernières années, on est où? Une seule fois en haut. C’est un vide énorme. La compétition, c’est terrible. Quand on y a peu été, on ne se rend pas compte à quel point on en est loin. Le premier tour, ces neuf premiers matchs, c’est que du bonheur pour nous. On va progresser, on va gagner des matchs, on va en perdre. On peut prendre des claques, ne pas en prendre, peu importe. Il faudra marcher avec cet objectif-là de gagner le prochain match. Des matchs, on va en perdre. Il faut l’accepter et se reconditionner à chaque fois pour aller chercher des victoires.

 

Malgré la piètre qualité sonore (les joies d’un nouveau matériel pas encore totalement maîtrisé), nous  ne résistons pas à l’envie de vous diffuser la bande-son originale de cette réponse car le ton employé est impossible à retranscrire correctement.

 

On construit par étage. On en parlait ce matin (vendredi, ndlr) avec notre directeur général: il y a quatre ans, on était en Promotion League. On construit petit-à-petit. Certains ont déjà des minutes de Super League, d’autres non. Certains sont des jeunes qui nous ont rejoint la saison passée et qui ne connaissent pas l’élite. Servette a un immense passé, mais on n’arrive pas en disant qu’on a la meilleure équipe de l’histoire du club. On est en train d’écrire une page de notre histoire, mais on en est qu’au début de quelque chose qu’on aimerait encore améliorer sur les prochaines années. Il faut donc être patients et ne pas tout nous demander d’entrée.

 

Des bases solides et beaucoup d’adaptations

 

L’état d’esprit du groupe est-il toujours le même que la saison passée ?

 

On a toujours cette confiance et cette unité qu’on avait la saison passée. Les nouveaux se sont facilement intégrés et s’y sentent bien. On doit maintenant travailler au quotidien, que ce soit les joueurs ou le staff technique, pour que cette harmonie perdure. En ayant cela et un bon groupe, c’est pratiquement un douzième homme, c’est donc très important que cela fonctionne bien.

 

“Progresser, cela signifie que l’on n’est pas favoris à chaque match, mais que l’on a un rôle de Challenger à jouer à fond”

 

Est-ce Sasso et Ondoua vont rendre l’équipe plus solide défensivement ?

 

Il faut leur laisser le temps car pour eux, ce sera les premières minutes officielles sous le maillot Grenat, qui plus est chez le champion en titre. Il faut laisser du temps à tout le monde. Plus généralement, on veut conserver notre style, mais il faudra aussi être pragmatiques. Si on réalise que cela ne sera pas possible, alors on devra s’adapter. Si on ne peut pas jouer avec deux attaquants, on jouera à un seul. Si on ne peut pas jouer avec trois milieux, on jouera à cinq. Si on ne peut pas jouer à trois défenseurs, on jouera à cinq. On est en permanence dans l’adaptation. Il faut qu’on le fasse rapidement, qu’on ne perde pas de temps. On va progresser énormément. Progresser, cela veut dire que l’on n’est pas favoris à chaque match, mais que l’on a ce rôle de challenger et qu’on doit jouer le coup à fond. On est très motivés à le faire.

 

Point sur l’effectif

 

Au niveau des blessés, où en est-on ?

 

Maccoppi, Iapichino, Lang et Busset sont des garçons dont les retours sont programmés pour la fin du premier tour. (Severin, annoncé blessé samedi soir, n’était pas annoncé comme tel vendredi lors de la conférence de presse, ndlr) Ondoua est quant à lui disponible, il a reçu son permis de travail rapidement.