Après deux résultats décevants consécutifs, une défaite 2-1 à Chiasso et un nul 0-0 contre Wil à la Praille, les Servettiens ont à cœur de se racheter et de reprendre leur marche en direction de la Super League.

 

En marge de cette rencontre qui doit permettre aux Servettiens de maintenir leurs adversaires directs à distance, nous avons pu nous entretenir avec Christopher Routis ainsi qu’Alain Geiger durant le traditionnel point presse d’avant-match.

 


 

Christopher Routis veut retrouver la confiance

 

Christopher Routis, vous avez manqué toute la préparation à cause d’une blessure. Vous avez également manqué les deux premiers matchs et vous avez été appelé à la dernière minute pour le match contre Wil. Quelles ont été vos sensations pour ce retour ?

 

Je dois avouer que j’avais un petit peu peur avant le début du match. Je n’avais pas peur de mes qualités mais j’avais peur de ne pas tenir sur la durée, parce que j’ai fait toute la préparation tout seul. Ça a été très difficile mentalement parce que j’ai eu plusieurs petites blessures d’affilée. Quand l’une se résorbait, je retournais un jour avec l’équipe et la blessure suivante se manifestait dans la foulée, ce qui m’obligeait à retourner tout seul pour dix ou douze jours. Ça n’a vraiment pas été facile à vivre parce que j’avais l’impression que ça ne s’arrêtait jamais. Mais c’est de l’histoire ancienne, maintenant je suis de retour et j’ai été surpris en bien contre Wil parce que les jambes ont vraiment bien répondu. Malheureusement, on n’a pas pu s’imposer, mais sinon, tout le reste était très positif.

 

Routis veut retrouver la confiance (© Fred Curtet)

 

Vous n’avez pas gagné mais vous êtes parvenus à ne pas encaisser. Vous étiez associé à Steve Rouiller durant cette rencontre et durant toutes celles même où vous avez joué en défense centrale. Malheureusement, il ne sera pas là à vos côtés en raison d’une suspension. Comment appréhendez-vous cela ?

 

C’est clair que l’on s’aime beaucoup, que l’on a l’habitude de jouer ensemble et que l’on forme une paire complémentaire. Mais voilà, demain il sera suspendu, c’est dommage pour lui et pour nous mais c’est clair qu’avec ce règlement des quatre cartons jaunes, sachant qu’on est défenseur et que certains arbitres en Suisse mettent la main à la poche assez rapidement, ce n’est pas simple de ne pas être suspendu. Il fallait bien s’attendre à cette suspension pour Steve étant donné que ça faisait un bon nombre de matchs qu’il avait cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Demain, je me retrouverai associé à un autre joueur que le coach choisira mais je ne me fais aucun souci étant donné que l’on a des joueurs de qualité. On espère que cela va bien se passer et que l’on ramènera les trois points de Kriens.

 

“Cette année, quand je vois mon équipe, je préfère être dans la peau du chassé.”

 

On va maintenant remonter un petit peu dans le temps, lors de la saison 2010-2011 dont vous vous souvenez bien évidemment. Lors de la seconde partie du championnat, vous étiez loin derrière Vaduz et Lugano avant de revenir. Cette saison, c’est l’inverse, vous êtes devant, vous avez même été loin devant jusqu’à très récemment. Préférez-vous être dans la position du chasseur ou dans celle du chassé ?

 

Cette année, quand je vois mon équipe, je préfère être dans la peau du chassé. C’est toujours plus agréable d’avoir des points d’avance sur la concurrence. Après, les gens pourront dire ce qu’ils veulent, que ce soit la presse ou les spectateurs, mais on ne lâche rien. C’est clair que l’on n’a pas fait un début de deuxième tour idéal, mais je l’avais un peu prévu à vrai dire. Je sais que l’on est une équipe qui va monter en puissance durant le second tour et cela se verra. Maintenant, même si l’on perd demain à Kriens, on sera toujours devant au classement donc on a toujours la confiance et on va travailler très dur pour rester devant. 

 

“Quand je vois Wil venir chez nous et parquer le bus devant leur but, je me demande s’ils prennent beaucoup de plaisir.” 

 

Lausanne et Winterthour reviennent à quatre longueurs seulement après ces deux résultats moyens. Cela vous préoccupe-t-il ?

 

La seule chose qui nous préoccupe, c’est que l’on aurait aimé continuer à gagner chaque match. Je pense vraiment que l’on monte actuellement en puissance. Contre Wil, on a eu les occasions pour passer devant sans toutefois parvenir à marquer. Après, ce n’est pas une raison pour paniquer. Wil a une très bonne équipe, ils ont été premiers du classement pendant plusieurs journées donc ce n’est pas n’importe qui non plus. Après, quand je vois cette équipe venir chez nous et parquer le bus devant leur but, je me demande s’ils prennent beaucoup de plaisir. Maintenant, on sait que ce sera comme ça contre beaucoup d’équipes et c’est à nous d’être capable de changer de rythme pour prendre à défaut ces défenses. Quand je dis que l’on va monter en puissance, je parle principalement de la confiance. Avec la confiance que l’on avait en fin d’année 2018, on avait plus de vivacité, on ne manquait pas les dernières passes. On travaille tout ça à l’entraînement avec le coach et je pense que cela va revenir très rapidement, peut-être déjà dès demain à Kriens. 

 


 

Alain Geiger ne s’attend pas à un match facile

 

Alain Geiger, Servette sort d’une contre-performance avec ce match nul contre Wil. Comment remobiliser ses troupes après un début de deuxième tour un peu difficile ?

 

Ce n’est que sur le point comptable que l’on peut dire que c’est une contre-performance. On a tout de même sorti un match correct, mais effectivement, depuis la reprise, on marque peu. On a des occasions mais on n’arrive pas à les concrétiser, donc on doit travailler sur ce point. Ce sont des périodes comme ça lors des reprises où ce n’est pas facile de se remettre directement dans le bain. Les joueurs qui doivent marquer doivent retrouver leur forme du premier tour. 

 

Repartir au combat

 

Comment faites-vous concrètement pour que vos joueurs retrouvent la confiance qui était la leur lors de la fin du premier tour ?

 

Je ne crois pas qu’il n’y ait plus de confiance. On ne peut simplement pas retrouver quelque chose qui marchait bien il y a quelques mois si rapidement. Durant la pause, on a été obligé d’enlever notre sac de combat et nos munitions, il est temps maintenant pour nous de le remettre. Je pense simplement que l’on est actuellement moins dedans par rapport à l’automne. Vous savez, dans la vie, il n’y a rien qui est figé, tout est toujours en mouvement. On ne peut pas vivre sur ce que l’on a fait sur le premier tour, on est obligé de construire le deuxième. On est effectivement moins bon ces temps-ci mais cela va revenir et la confiance est toujours au beau fixe. 

 

“On a joué 3 matchs, ils nous en reste encore 15 devant nous, c’est donc évident que l’on va monter en puissance”

 

On a l’impression de revoir le Servette du début de saison, qui peine à marquer mais qui monte gentiment en puissance. Est-ce que selon vous, vos joueurs sont à 100% ou l’on peut espérer à nouveau une montée en puissance au fil des matchs ?

 

On est un peu dans le même scénario effectivement. On n’est qu’au début du second tour. On a joué 3 matchs et on en a encore 15 devant nous donc c’est évident que l’on va monter en puissance. Il faut aussi prendre en compte que l’on se retrouve amputé de pas mal de joueurs. Il nous manquait trois titulaires contre Wil et il va encore manquer trois ou quatre joueurs demain à Kriens qui jouent 80% des matchs. J’aimerais avoir le même football que l’on produit avec tous les joueurs et non pas seulement les titulaires mais pour cela il faut être un peu patient. Ils vont donner le meilleur et il n’y a pas de crise de confiance. Après, on peine un peu à retrouver nos marques mais elles vont revenir au fil des matchs. 

 

Bloquer le meilleur buteur… sans le meilleur défenseur

 

Demain, Servette affronte Kriens avec Nico Siegrist notamment. Avez-vous un plan pour le contrer ?

 

C’est une bonne question. Il faudra faire attention à Siegrist et à Chihadeh également qui sont les deux buteurs du club. Je ferai un plan pour essayer de faire en sorte que mes joueurs soient plus proches de ces garçons en étant très rigoureux, parce que je ne pense pas que l’on puisse gagner à l’extérieur avec deux ou trois buts d’écart. Il faudra donc avoir des bases très solides parce que chaque match est assez compliqué en ce moment en effet. 

 

Il y aura l’absence de Steve Rouiller, suspendu pour demain. Comment percevez-vous votre défense sans lui ? Avez-vous des plans en tête déjà pour demain ?

 

Oui, c’est sur que j’ai des plans mais je ne vais pas vous les dévoiler là (rires). Ce qui est difficile, c’est que je dois changer mes plans en permanence à cause des blessures et des suspensions. Mais il faudra être plus proches de l’adversaire, contrairement à ce que l’on a fait à Chiasso par exemple. 

 

“Il faut que l’on se concentre plus sur l’efficacité”

 

On voit dans ce début de second tour que les cadres de l’équipe, comme notamment Miroslav Stevanovic, ont un peu plus de mal. Avez-vous une explication particulière à cette méforme ?

Ce n’est pas une méforme, c’est une question de rythme à retrouver. Mais il est vrai que ces garçons doivent être plus performants. Cependant, je me rappelle également que Miroslav n’avait pas joué les quatre premiers matchs du début de saison non plus, donc on est un peu dans le même scénario que précédemment. Le souci, c’est qu’actuellement, avec les blessés, les suspendus, les entraînements et la préparation, on se cherche un petit peu. Mais malgré tout, ce sont des périodes qui sont assez logiques, où il faut qu’on se concentre beaucoup plus sur l’efficacité. 

 

Les absents n’ont pas toujours tort

 

Des nouvelles de Koro Koné qui s’est blessé à Chiasso il y a deux semaines ?

 

Oui, Koné fera l’impasse sur le match de Kriens et reprendra l’entraînement avec nous dès lundi. Alphonse ne sera pas là également étant donné qu’il a un peu de peine avec les terrains durs, les synthétiques, comme celui de Kriens. Ce sont tous des garçons qui comptent, donc dans notre perspective de bien faire et de retrouver notre dynamisme, ce sont des éléments qui sont difficilement remplaçables. Chacun de mes joueurs devra donner tout ce qu’il a demain à Kriens pour ramener les trois points.