Les Grenat repartent du Valais avec un match nul dans les bagages. Dominateurs dans le jeu, ils paient à nouveau leurs erreurs individuelles au prix fort.

 

Alain Geiger avait décidé d’aligner un onze proche de son équipe-type avec Schalk seul en pointe et le retour de la paire Cognat-Ondoua dans l’axe, le tout dans un 4-2-3-1 qui avait bien fonctionné en début de saison. Son message était clair avant la rencontre : il voulait des guerriers qui soient conquérants sur le terrain. Un message reçu cinq sur cinq par son équipe qui étouffa Sion pendant toute la première mi-temps. Les rares occasions que les Sédunois se créèrent furent à la suite d’erreurs défensives servettiennes. De leur côté, les Grenat ne parvinrent pas à véritablement matérialiser leur écrasante domination. Une fois n’est pas coutume, c’est le côté gauche genevois qui se montra le plus remuant par l’entremise du revenant Iapichino, pas encore totalement dans le rythme mais dont le retour bonifie toute l’équipe, et de Tasar, qui franchit un palier depuis son but à Neuchâtel.

 

Logiquement, ce fut par grâce à un excellent travail de Iapichino que Schalk, le Servettien le plus remuant jusque-là, réussit un magnifique solo dans la surface sédunoise pour ouvrir le score. Oui mais voilà, à dominer sans doubler la mise, le SFC n’était pas à l’abri de commettre la bourde de trop, ce qui arriva à la 39e minute, où Sasso concéda un penalty suite à une mésentente entre Iapichino, Frick et lui-même. Doumbia ne se fit pas prier pour prendre le portier Grenat à contrepied et ramener les siens dans le match contre le cours du jeu.

 

Les Servettiens exultent devant le Gradin Nord de Tourbillon: Schalk vient d’ouvrir le score (© Bastien Trottet)

 

La seconde période fut plus terne. Servette continua de dominer territorialement mais sans parvenir à se montrer vraiment dangereux. Les deux équipes se crispèrent également, la pression du totomat se glissant insidieusement dans les têtes des vingt-deux acteurs. La fatigue et un terrain très glissant (excès d’arrosage à la pause ?) achevèrent d’anéantir les rares volontés offensives des visiteurs. Quant aux locaux, après quatre défaites consécutives, ils acceptèrent petit-à-petit ce point comme un résultat intéressant pour eux. Ils se battirent bec et ongles pour le conserver, parfois de manière très irrégulière comme en atteste l’agression de Ruiz sur Imeri (épaule touchée, blessure similaire à celle de Kone à craindre), curieusement sanctionnée d’un simple avertissement par M. Tschudi, par ailleurs plutôt bon tout au long de la rencontre.

 

Au final, le score n’évolua plus. Le SFC aura donc livré une prestation plutôt aboutie, mais paie encore et toujours ses deux faiblesses habituelles : le manque d’efficacité offensive et les erreurs individuelles en phase défensive. Corrigez-en au moins une des deux et les Grenat pourront aborder l’avenir avec confiance, tant le potentiel de cette équipe se situe à des années-lumière de ceux de certains autres protagonistes de Super League.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Alex Schalk. La « bombe de Breda » est toujours le seul attaquant servettien à avoir marqué après douze journées. Mieux, avec 3 buts et 2 passes décisives, il est désormais le joueur offensif Grenat le plus prolifique puisqu’il rejoint le total de Wüthrich, mais en ayant disputé l’équivalent de trois matchs de moins (607 minutes de jeu à 817). Sa première mi-temps acharnée a rappelé à toute son équipe ce que signifiait un derby. Si son bras d’honneur au kop valaisan (ou était-ce un “V” ?) n’était peut-être pas la chose la plus intelligente à faire, elle est au moins le signe de son engagement sans faille. Un exemple à suivre !

 

L’état d’esprit. On a souvent critiqué ces dernières semaines l’absence d’envie de certains leaders qui se cachaient lorsqu’ils devaient justement aller “là où ça fait mal”. A Tourbillon, l’équipe a été solidaire et conquérante comme en début de saison et aurait mérité de remporter les trois points. Malheureusement, on ne gagne pas un derby uniquement sur l’état d’esprit, mais c’est sur ce plan qu’on peut le perdre. Le piège a été évité et les bases sont solides pour la suite.

 

A améliorer

 

Les erreurs individuelles. Encore et toujours. Depuis quelques matchs, Servette encaisse une large majorité de ses buts sur des erreurs individuelles. Si Cognat avait logiquement été pointé du doigt après la défaite contre Saint-Gall, c’est cette fois-ci Sasso qui a concédé un penalty évitable en fin de première période, même si tout le bloc défensif est à blâmer sur cette séquence. Lorsque les Grenat parviendront à effacer celles-ci, ils auront trouvé une partie de la clé pour reprendre leur marche en avant.

 

Gaël Ondoua. S’il n’y a strictement rien à redire sur son état d’esprit, il a parfois fait preuve d’un excès d’engagement. De la même manière qu’à GC, il avait trop bien compris le message de son entraîneur, oubliant d’ajuster sa fougue aux réalités helvétiques. Rapidement averti, il a continué son match sans prendre une quelconque marge de manœuvre supplémentaire. Il a probablement été sauvé par l’épaule de Sauthier qui lui a évité l’expulsion en deuxième mi-temps. Encore trop brouillon dans son jeu, il devra hausser rapidement le niveau pour être à nouveau l’incontournable milieu défensif qu’il était en début de saison. Le talent est là, il ne reste qu’à le travailler !

 


 

Réactions d’après-match

 

Anthony Sauthier

 

 

Alain Geiger

 

 

Stéphane Henchoz

 

 


 

FC Sion – Servette FC 1-1 (1-1)

Stade de Tourbillon, 11’800 spectateurs.

Arbitre : M. Tschudi.

Buts : 34′ Schalk (0-1), 40′ Doumbia (penalty) (1-1).

Sion : Mitryushkin; Abdellaoui, Ndoye, Ruiz, Faccinetti; Song; Toma (C), Grgic (67′ Uldrikis); Fortune, Doumbia (69′ Luan), Itaitinga (81′ Zock). Coach : Henchoz.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (75′ Imeri / 90+’1 Routis), Tasar; Schalk (84′ Kyei). Coach : Geiger.

Avertissements : 12′ Toma, 45′ Ondoua, 54′ Abdellaoui, 80′ Tasar, 83′ Luan, 89′ Ruiz.

Notes : Sion sans Fickenstscher, Buchard, Raphael, Kasami, Nsakala, Khasa, Kouassi, Adao (blessés), Bamert, Barrenechea, Baltazar, Morgado, Lenjani et Philippe (non-convoqués). Servette sans Kone (blessé), Busset (convalescent / M21), Lang, Severin, Chagas et Souici (non-convoqués).