Servette se déplace à Winterthour demain pour un choc entre le leader de Challenge League et son dauphin (à suivre en direct dès 19h45 sur notre webradio). GE-Sports a pu rencontrer Boris Cespedes, Kwadwo Duah et l’entraîneur Alain Geiger en marge de cette rencontre.

 

Duel au sommet en ce vendredi de novembre. Le FC Winterthour de Davide Callà reçoit le Servette FC, invaincu depuis maintenant sept rencontres. Les deux équipes se partagent la première place du classement avec 24 points mais ce sont les Genevois qui sont devant à la différence de buts. Une magnifique rencontre se prépare donc du côté de la banlieue zurichoise, qui se déroulera qui plus est dans une des plus belles ambiances de la ligue, celle de la Schützenwiese. Une enceinte où s’amassent régulièrement plus de 3’000 spectateurs et qui risque d’être encore bien plus garnie qu’à l’habitude demain soir. En effet, il y a deux semaines, lors du 1/8ème de finale opposant Winterthour à Bâle, le match se déroulait à guichets fermés, devant plus de 8’000 spectateurs ! Nous aurons donc certainement droit à une magnifique soirée de football. 

 

En marge de ce choc au sommet, nous avons pu nous entretenir avec Kwadwo Duah, Boris Cespedes ainsi qu’avec l’entraîneur Alain Geiger pour recueillir leurs impressions avant leur départ du côté de Zürich. A noter que ces entretiens ont été réalisés en collaboration avec Blaise Bugyil (Radio Lac), dont les questions sont mentionnées comme telles, et Bastien Trottet.

 


 

Cespedes, l’attaquant reconverti en talentueux milieu défensif

 

Boris Cespedes, vous êtes à l’origine de ce but qui a fait le tour de la toile cette semaine. J’imagine que vous ne vous attendiez pas à ce que ce petit pont puisse déboucher sur une action pareille.

 

Non c’est sûr. Je vois mon adversaire arriver à toute vitesse, je vois qu’il a les jambes écartées, je lui mets un petit pont, après je vois Alex Schalk et j’arrive à lui transmettre la balle. Après je vois l’action se dérouler à 2’000 à l’heure en une touche de balle et ça finit au fond. Sur le moment, on se regarde tous et on comprend très vite que c’est un but incroyable. C’est sûr que de voir que ça fasse le tour du monde comme ça, ça nous rend très fiers.

 

Ça doit peut-être aussi vous faire un peu bizarre de voir ce but tellement relayé par de grandes pages sportives alors que la Challenge League n’est pas forcément la ligue la plus médiatisée au monde.

 

Oui c’est clair, mais peut-être que ce but peut nous faire un petit peu de pub et ramener plus de monde au stade. On l’espère. C’est tout bénéfice pour nous !

 

“Si l’on ne comprend pas vraiment le football, on ne voit pas l’importance des appels d’Alphonse sur l’action”

 

(BB) Un dernier mot sur ce fameux but contre Schaffhouse. Il y a un aspect que certains ont moins relevé, c’est le jeu sans ballon, notamment d’Alexandre Alphonse. Est-ce que c’est un aspect que vous travaillez spécifiquement à l’entraînement ?

 

Le coach nous explique un peu quelles courses on doit faire, dans quelles zones on doit être par position. Après, Alexandre Alphonse a joué beaucoup plus haut,  il a joué la Champions League et en général il voit tout avant nous. Je pense que si l’on ne comprend pas vraiment le football, on ne voit pas l’importance de ses appels sur l’action mais il a eu un rôle primordial en libérant des espaces.

 

Jouer pour son club de coeur, peu importe la position

 

C’est votre cinquième saison au Servette FC alors que vous n’avez que 23 ans. Expliquez-nous un petit peu votre évolution durant toutes ces années.

 

Servette, je connais depuis toujours. Je soutenais la première équipe quand j’étais enfant. Après, pour moi c’est un peu spécial, car quand je suis arrivé, j’étais attaquant alors que maintenant je joue en 6. Ce poste m’a demandé un temps d’adaptation mais je pense que je commence à trouver mes repères.

 

“Dans ma tête, je suis un six et rien d’autre”

 

A quelle position vous sentez-vous le mieux ?

 

Si vous m’aviez posé la question il y a cinq ans, je vous aurais répondu attaquant, mais maintenant que je joue en 6, dans ma tête je suis un 6 et rien d’autre. Je pense que ma position préférée est celle où je joue actuellement. C’est une position à laquelle je peux espérer faire carrière.

 

(BB) Vous dites que vous vous sentez bien en numéro 6. Est-ce que vous pourriez envisager de jouer un cran plus haut dans le terrain et jouer un rôle plus offensif ?

Je pense que je pourrais en numéro 8. Par contre, plus haut, je ne me vois plus jouer.

 

Un match dans le match

 

Vous avez assez peu joué cette saison, seulement cinq matchs, car vous étiez blessé. Mais à chaque fois que vous avez joué, vous étiez titulaire. Ça doit être assez gratifiant de sentir cette confiance du coach, non ?

 

Oui j’ai bien travaillé avec les préparateurs physiques et j’ai également pu jouer quelques matchs avec les moins de 21 ans. J’ai eu la chance de revenir lors de la pause internationale, donc j’ai pu faire un match amical avec l’équipe. Le coach m’a vu, il a certainement bien aimé mon jeu et je m’entraînais bien. Il m’a donné ma chance et j’ai su la saisir.

 

“A nous d’aller à Winterthour avec la même mentalité que contre Schaffhouse”

 

Demain, c’est le match au sommet contre Winterthour, étonnant deuxième. Vous vous attendez à quel style de rencontre dans une ambiance qui sera certainement folle là-bas ?

 

On sait que Winterthour, c’est certainement la plus grosse affluence de Challenge League. Personnellement j’aurai aussi un match dans le match avec mon ami Karim Gazzetta. Ils sont bons chez eux, ils aiment jouer au ballon, ils prennent même des risques pour ressortir le ballon. A nous de faire le travail et d’aller là-bas avec la même mentalité qu’ici contre Schaffhouse et de ramener les trois points.

 


 

Alain Geiger s’attend à un match très rude

 

Alain Geiger, on revient sur le match contre Schaffhouse. Est-ce que pour vous, c’est la prestation la plus aboutie de ce début de saison ?

 

Non, je ne pense pas. Il y a eu 5-6 phases de jeu de très bonne facture oui. Cela donne beaucoup de confiance aux joueurs et ça plaît aux spectateurs qui viennent voir du spectacle. Il y a eu des bons mouvements mais il y en avait déjà eu plusieurs dans d’autres matchs. Après, on a réussi à les rassembler en un seul match contre Schaffhouse, chose qu’on aimerait également réussir à l’extérieur.

 

Remettre le bleu de travail

 

Pour un entraîneur, est-ce qu’un but comme celui-ci fait particulièrement plaisir ou ça ne change finalement pas grand chose des autres ?

 

Non, disons que cette action est une contre-attaque, les adversaires étaient donc extrêmement ouverts. Ce qui est intéressant, c’est qu’on s’est retrouvés à tout faire juste, les passes dans le bon timing, les bons mouvements. Mais ça, ce ne sont que des “parties desserts”. Je pense que le contenu d’un match, surtout un match comme celui à Winterthour demain, ça sera un match où il faudra montrer beaucoup de caractère car il y aura beaucoup de duels. C’est une équipe qui joue très bien, qui défend bien, qui attaque bien et qui est bonne sur les balles arrêtées. Nous, on ne pourra pas continuer à rêver comme ça, il faut maintenant sortir de ce match contre Schaffhouse. On a fait trois points, c’est bien,  mais il faudra mettre le bleu de travail à Winterthour tout en jouant avec nos valeurs. Ça va être un choc assez dur, il faut s’attendre à un match difficile. 

 

“Il faut maintenant sortir de ce match contre Schaffhouse.”

 

Servette a déjà joué contre Winterthour et avait gagné 2-0 mais c’était à domicile. Cette fois, le match a lieu chez eux et on sait que c’est l’une des plus belles ambiances de Challenge League. Vous attendez-vous à un match totalement différent de celui qui s’était déroulé à la Praille ?

 

Oui je pense que ça va être différent. Ici, à la Praille, on profite d’une très bonne pelouse où on peut jouer un jeu léché et rapide. Souvent, à l’extérieur, on se retrouve dans des conditions plus difficiles au niveau du terrain. Et là-bas, on se retrouve à Winterthour qui est toujours dans l’ombre de Grasshopper et du FC Zürich mais qui aimerait exister un peu plus. Ils ont un bon engouement et un projet intéressant. Et avec l’arrivée de 5.000 spectateurs, ce qu’il n’y avait pas à l’époque à Winterthour en deuxième division. C’est un signe qu’il y a un renouveau et ce n’est pas un hasard qu’ils se retrouvent avec nous en tête du classement.

 

(BB) Pas beaucoup de gens ne voyaient Winterthour aussi bien classé. Est-ce que vous, vous les attendiez à un tel niveau ?

 

On revient toujours à la même théorie. Les équipes comme Wil et Winterthour n’ont quasiment pas changé d’effectif. Ils bénéficient d’automatismes et de stabilité. Ils sont partis avec une plus grande stabilité que d’autres équipes. Après la trêve hivernale, on trouvera un championnat totalement différent ou d’autres équipes auront pu se préparer. Ce qui est important dans ce premier tour, c’est de faire le plus de points possible pour se retrouver bien placé au début du deuxième tour. Donc non, ça ne me surprend pas qu’une équipe comme Winterthour se retrouve si bien en début de championnat. 

 

Le classement de Winterthour n’est pas un hasard

 

(BB) Vous vous attendez à un match très différent de contre Schaffhouse. En quoi il sera différent ?

 

Schaffhouse est très à l’aise à domicile parce qu’ils jouent sur leur petit synthétique où ils peuvent être très rapides. Winterthour, c’est une équipe qui est capable de faire des points à domicile comme à l’extérieur, c’est donc totalement différent. Je pense que Winterthour a plus de capacités, de stabilité et de forces offensives. Ils ont Callà qui a joué à Bâle pendant longtemps. Ils ont Radice sur le côté gauche qui est redoutable et ils sont redoutables également sur balles arrêtées. Ils sont très proches de nous en terme de volume de jeu, avec d’autres spécificités. Il ne faudra pas nous reposer sur nos quatre victoires d’affilée. Il faudra emmener cette confiance et aller de l’avant pour les mettre en difficulté. Leur compartiment le moins fiable, c’est le bloc défensif. À nous de leur créer des problèmes.

 

“Alphonse a l’intelligence de jeu de la Super League”

 

(BB) Avec des actions comme sur le second but, avec Alphonse et sa course sans ballon par exemple ?

 

Oui, bon Alphonse, on ne le présente pas. C’est un garçon qui a l’intelligence de jeu de la Super League. Il a aujourd’hui 36 ans mais il reste très intelligent, il reste très créatif, il se déplace de manière juste et il est capable de venir au bon moment dans les 16 mètres pour marquer des buts et délivrer également des passes décisives.

 

Des compliments pour Cespedes

 

(BB) Un autre joueur dont on attend de plus en plus, c’est Boris Cespedes. Ça c’est un joueur qui s’affirme de plus en plus.

 

Oui c’est bien, c’est un jeune, même s’il est un peu moins jeune que les Imeri ou 4-5 autres joueurs du contingent qui ont besoin de gagner un peu en maturité. Je suis persuadé que ces garçons vont intégrer plus souvent les titulaires. Cespedes a fait trois matchs excellents. C’est un garçon qui a une bonne réflexion et qui a le niveau pour faire les premières relances, pour anticiper le jeu. C’est un garçon très intelligent.

 

“Mfuyi, Maccoppi et Busset seront de retour après la trêve internationale”

 

Est-ce que vous pouvez nous faire un point sur les absents et les potentiels retours pour ce match à Winterthour ?

 

On a toujours Lang qui est blessé pour longtemps. On a Mfuyi qui fera son retour après la pause internationale, tout comme Maccoppi qui s’est pris un coup sur le genou lors d’un entraînement, rien de grave. Sinon, il y a encore Busset qui est également souffrant du genou mais qui devrait également revenir après la trêve.

 


 

 

Duah retrouve gentiment son meilleur niveau

 

(BB) Kwadwo Duah, vous avez longtemps été blessé. Comment allez-vous maintenant ?

Je me sens bien. J’ai eu une bonne convalescence à Berne durant huit semaines. Maintenant je suis au top de ma forme et content d’être ici.

 

(BB) Qu’est-ce que vous attendez de ce match à Winterthour ?

Une victoire ! J’ai joué pour eux la saison dernière, ce n’est jamais facile de jouer à la Schützenwiese, mais j’espère que l’on va gagner.

 

(BB) Que pensez-vous de leur équipe ?

Ils sont plutôt bons. Ils sont deuxièmes, juste derrière nous, mais nous avons le même nombre de points. Ils sont indubitablement bons.

 

Quel est votre poste de prédilection ?

Je préfère jouer sur la gauche, mais si l’entraîneur décide de me faire jouer à droite, ce n’est pas un problème.

 

Est-ce que la blessure de Steven Lang peut donc vous offrir une bonne opportunité ?

Cela peut être intéressant en effet, mais je dois encore beaucoup m’entraîner afin de pouvoir jouer plus et montrer à l’entraîneur que j’ai les capacités pour jouer à ce poste.

 

Quelles sont à votre avis vos forces et faiblesses principales sur le terrain ?

Mon point fort, c’est ma vitesse, surtout en phase offensive. Je dois par contre améliorer ma finition, je ne marque malheureusement pas assez de buts.

 

Il vous reste un an de contrat avec YB après cette saison au SFC. Est-ce que vous pensez que vous pourrez intégrer l’équipe ou est-ce que vous serez à nouveau prêté en Challenge League ?

J’espère surtout pouvoir m’entraîner et jouer le plus possible ici au Servette FC avant de retourner à Berne. Vous savez, en football, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer donc je ne peux pas m’avancer.

 

C’est votre troisième saison en Challenge League. Que pensez-vous de l’évolution de cette ligue à travers le temps ?

Cette ligue est vraiment pas mal. Je m’y sens bien et j’ai l’impression de ne pas avoir mal joué ici donc je suis heureux.