Dans une rencontre qui n’a pas atteint des sommets, Servette a obtenu un bon match nul 0-0 contre Bâle à la Praille. Ce point suffit au bonheur des Grenat, qui sont officiellement sauvés.

Le match


En roue libre depuis plusieurs semaines, les Servettiens voulaient bien terminer la saison en allant rechercher par eux-mêmes le coussin de sécurité qu’ils ont dilapidé ce printemps. Privée de Vouilloz (suspendu) et Rouiller (blessé), la défense genevoise a été remaniée par Alain Geiger, Severin retrouvant une place de titulaire et Sasso se décalant à droite. Un mal pour un bien? Peut-être, puisque les arrières ont semblé plus vigilants et concentrés que lors de leurs dernières sorties.

Yoan Severin et les Servettiens ont été solides défensivement contre Bâle (© Servette FC)

La première mi-temps ne restera pas dans les annales du football. Le manque de confiance des Rhénans s’est montré criard, eux qui restaient sur une série inhabituelle de contre-performances, n’obtenant qu’une seule victoire lors des sept dernières parties. Le problème, c’est que les Grenat n’affichaient pas une meilleure forme. Les visiteurs ont dès lors possédé le ballon pendant deux tiers du temps, mais n’ont jamais réussi à inquiéter véritablement Jérémy Frick. Quant à son homologue Heinz Lindner, il n’a pas eu beaucoup plus de travail, malgré le pressing incessant de Chris Bédia, dont les prestations sont de plus en plus intéressantes.

La pause a fait du bien à Servette. Revigorés, les Genevois se sont créés nombre d’occasions en seconde période, mais la finition, un problème récurrent depuis les départs de Kyei et Schalk, n’a jamais été au rendez-vous. Ronny Rodelin, entré à l’heure de jeu pour Chris Bédia, s’est ainsi retrouvé à plusieurs reprises en position (très) favorable. L’attaquant français n’a pourtant jamais trouvé la faille. Par sa faute dans certains cas, mais aussi et surtout en raison de quelques arrêts de grande classe du portier Heinz Lindner, qui s’affirme toujours plus comme l’une des valeurs sûres de ce championnat.

Ronny Rodelin n’a pas été en réussite contre Bâle (© Servette FC)

Au final, ce score de 0-0 peut peut-être légèrement frustrer les Servettiens, qui auraient dû inscrire au moins un but. Mais en réalité, l’important est ailleurs: le maintien est assuré, qui plus est en obtenant un blanchissage contre l’actuel deuxième de Super League. Pour une équipe qui n’a pas gagné depuis six matchs maintenant, ce sont des choses qui comptent. Le domaine sportif a donc officiellement réussi sa mission. Au tour des hommes de coulisses de réussir la leur désormais, en ajustant considérablement l’effectif pour assurer un avenir serein au bon travail accompli depuis quatre ans.

 

Les chiffres


0 Comme le nombre de tirs cadrés du FC Bâle dans ce match. C’est probablement une première dans l’histoire récente. Les Rhénans étaient venus dans l’optique de ne pas perdre, tout en gardant un oeil sur le résultat d’YB. Les Bernois étant contraints au nul par Lucerne, les Bâlois conservaient leur destin entre leurs pieds avec ce 0-0. Aucune raison pour eux d’emballer la rencontre à la Praille.

0 Roggerio Nyakossi n’a pas quitté le banc contre Bâle. Le jeune défenseur meyrinois avait été rappelé par son club pour pallier aux absences de Vouilloz et Rouiller alors qu’il disputait cette semaine deux parties avec l’équipe de Suisse M19, dont il est le capitaine. Le jeune homme de 18 ans ayant disputé une mi-temps avec la Nati mardi, une titularisation avec les Grenat n’entrait de toute façon pas en ligne de compte jeudi soir. Dans ce cas-là, pourquoi le priver d’une expérience internationale précieuse alors qu’il doit probablement y avoir l’un ou l’autre défenseur des M21 qui aurait très bien pu faire le nombre sur le banc contre Bâle?

5 Gaël Clichy a écopé de son cinquième carton jaune de la saison. Un carton qui aurait pu rester anecdotique, mais qui pourrait être le dernier de sa longue carrière. Le Français est en effet sorti du terrain légèrement touché et devrait, selon son entraîneur, manquer le déplacement à Sion. Les rumeurs se faisant de plus en plus insistantes autour d’une possible retraite cet été, il n’est pas impossible qu’il ait disputé contre Bâle l’ultime bataille de son parcours professionnel.

Timothé Cognat a été excellent tout au long de la rencontre (© Servette FC)

61% Le FC Bâle a énormément possédé le ballon à la Praille. Servette est pourtant une équipe réputée pour son envie d’avoir le ballon, mais les visiteurs ont forcé les Grenat à se replier dans un bloc bas inhabituel pour eux, tous les Genevois s’étant souvent retrouvés à défendre de manière compacte dans leur quarante derniers mètres. Peu commun certes, mais efficace puisque les Bâlois ne se sont pas véritablement montrés dangereux de toute la rencontre.

5’802 Le public n’était pas véritablement au rendez-vous pour ce duel qui attire en temps normal les foules. La météo (quelle chaleur!), la date inhabituelle et les résultats récents ont sans doute démotivé les Genevois, dont on connait la légendaire versatilité. Dommage.

 

La citation du jour


Merci pour vos frayeurs, vos remarques et à la saison prochaine!” C’est un Alain Geiger hilare qui a pris congé des journalistes présents en zone mixte, non sans leur adresser au passage un petit tacle sur l’alarmisme exagéré (selon lui) dont ils ont fait preuve ces dernières semaines.

 

Les interviews


Alain Geiger

David Douline

 

L’homme du match – Eric Lafargue


Oui, Timothé Cognat aurait mérité sa place dans cette rubrique, tant il a été au four et au moulin malgré son bandage à la tête, consécutif à un contact en début de match. Mais impossible de ne pas rendre ici hommage à un tout grand Monsieur dont la carrière a pris fin ce jeudi soir. Photographe du club depuis 40 ans, Eric Lafargue a rangé définitivement ses téléobjectifs au vestiaire pour savourer une retraite bien méritée. Si, sur GE-Sports, nous n’avons malheureusement jamais pu bénéficier de son talent pour illustrer nos articles, il a tout de même beaucoup compté dans notre aventure.

Lorsque nous débutions notre suivi du Servette FC, à l’époque en Challenge League, nous n’étions bien souvent que très peu de Genevois à rendre compte du club à l’extérieur. La gentillesse d’Eric, ses encouragements et sa passion pour le club ont été des alliés précieux pour nous guider et nous inspirer tout au long de notre découverte des tribunes de presse de l’Helvétie. Au nom de toute la rédaction de GE-Sports, nous te souhaitons Eric, une excellente retraite. Merci pour tout, ta chaleur humaine et ta connaissance illimitée du football vont vraiment nous manquer.

Eric Lafargue (ici avec Pascal Besnard) restera comme l’une des figures marquantes de l’histoire du Servette FC (© Servette FC)