Servette affronte Vaduz (dès 18h45 sur notre webradio). Un match “international” à la Praille et l’occasion pour les Grenat d’étrenné leur statut de leader de Challenge League.

Seuls en tête depuis leur victoire à Winterthour, les Servettiens retrouvent le championnat pour un sprint final semé d’embûches. Mais comme ils restent sur une belle série de huit matchs sans défaite, les Genevois peuvent l’aborder avec un maximum de confiance. Qui plus est, l’un des derniers points noirs dans le ciel Grenat, à savoir le manque de réussite de Schalk, a disparu dans la banlieue zurichoise.

 

C’est d’ailleurs un attaquant tout sourire et un entraîneur concentré que nous avons pu rencontrer vendredi lors du traditionnel point presse. Nous nous sommes également entretenus avec Anthony Sauthier dont vous pourrez découvrir prochainement les propos. A noter que ces interviews ont été menés par Bastien Trottet et Thomas Zinguinian (GE-Sports) et Blaise Bugyil (Radio Lac/One FM) dont les questions ont été mentionnées comme telles.

 


 

Schalk n’a jamais perdu avec le Servette FC !

 

Alex Schalk, vous avez marqué votre premier but lors du dernier match. Qu’avez-vous ressenti ?

 

C’était un sentiment incroyable. Je l’ai attendu longtemps et c’est enfin arrivé. C’était l’un de ces buts d’attaquants, pas l’un des plus beaux que j’aie marqué, mais un important parce qu’on avait mal commencé la partie. Egaliser à ce moment-là et pouvoir aider l’équipe non seulement dans le jeu mais aussi en marquant était un bon sentiment.

 

“Je n’avais jamais connu une si longue période sans marquer dans ma carrière”

 

Vous avez eu énormément de bonnes opportunités lors des matchs précédents, mais jamais la réussite nécessaire. Comment l’avez vous vécu ?

 

C’était difficile. Je n’avais jamais eu une aussi longue période sans marquer dans ma carrière, c’était compliqué également mentalement. L’équipe m’a beaucoup soutenue, les gars étaient vraiment cools avec moi et ont tout fait pour me redonner confiance. N’oublions pas que depuis que je suis ici, je n’ai jamais perdu un match ! Je n’ai vécu que des victoires ou des matchs nuls. Chaque match que j’ai disputé, nous avons eu un bon résultat. C’est important pour moi d’y contribuer et de bien jouer. Je savais que si je continuais à bien jouer, les buts allaient arriver.

 

Chaque attaquant a une période comme celle-ci où il ne marque pas de but. C’est difficile à vivre parce que tu as des occasions, tu es très proche mais ça ne veut pas. Du coup tu attends, tu attends et tu attends encore. La patience est la clé. Tout à coup tu marques et c’est la libération. J’espère que cela va continuer ainsi. Comme je l’ai dit, le plus important est de continuer à bien jouer. Si tu joues bien et que tu as du plaisir, les buts arriveront.

 

Le début d’une longue série ?

 

J’ai souvent répété depuis votre arrivée que dès que vous en aurez marqué un, vous en marquerez dix ou quinze parce que votre talent est indéniable. Est-ce que vous avez aussi cette impression ou est-ce que pour vous, c’est surtout un travail d’équipe ?

 

Tout d’abord, merci pour vos compliments. Bien sûr, je suis venu ici avec un objectif principal pour moi-même également. Je sens que j’avais vraiment besoin de ce premier but pour lancer une série positive. Je me sens plus léger maintenant c’est vrai et je suis impatient d’en marquer d’autres. Je pense que je peux être un attaquant qui marquera beaucoup de buts pour Servette, mais le plus important, c’est l’équipe. Il n’y a pas de « je » dans « équipe » (« There is no « I » in « team » pour la version originale, ndlr). J’ai appris cela en Ecosse également : nous sommes une équipe, tous les joueurs sont importants. Si tu joues le titre, tu as besoin de tout le monde, pas juste d’un ou deux joueurs, mais d’une vingtaine. On doit garder cela en tête parce que c’est très important.

 

“On sent que quelque chose se passe. L’équipe est en train de se souder”

 

L’équipe reste sur une longue série de victoires. Comme il est quand même peu probable que vous remportiez tous vos matchs jusqu’à la fin de la saison, comment est-ce que l’équipe vit cela ?

 

On se sent bien. Bien sûr qu’on espère pouvoir tenir jusqu’à la fin de la saison sans perdre une rencontre. C’est en tout cas ce qu’on vise, on essaie de gagner chaque partie. Nous n’avons pas perdu depuis huit matchs, c’est fantastique. Nous avons parfois eu un peu de chance, c’est vrai, mais je pense que cette place de leader est celle que nous méritons. Ces derniers temps, l’équipe est en train de se souder en tant que telle, on sent que quelque chose se passe. Si tu gagnes cinq matchs, tout le monde est content et confiant, mais on doit continuer à travailler dur, garder la tête froide et ne pas trop célébrer. On doit continuer à prendre des points semaine après semaine jusqu’en mai en espérant être sacrés champions à ce moment-là, si possible sans avoir perdu un match d’ici-là ! (rires)

 

La concurrence fait partie du foot

 

Il y a beaucoup de concurrence dans le secteur offensif avec Alphonse, Wüthrich, Chagas, Kone (à l’avenir) et vous-même. Est-ce que pour vous c’est difficile à vivre ou est-ce que c’est positif ?

 

Cela peut être difficile à vivre parfois, mais vous savez, c’est le football. Tu dois être capable de faire avec. Comme je l’ai dit, on a vraiment besoin de tout le monde. Chagas en est le parfait exemple : il rentre à Kriens, marque deux buts fantastiques et on gagne. Oui, c’est vrai qu’on a beaucoup de monde devant, mais il faut composer avec les joueurs à disposition. Nous, on s’entraîne dur toute la semaine et à la fin, c’est l’entraîneur qui fait l’équipe. Le plus important, c’est de gagner chaque match et d’être champions à la fin de la saison. Le reste, ça vient ensuite. Evidemment, c’est important pour un attaquant de savoir lequel a le plus marqué pendant la saison, mais on sait ce qui est attendu de nous et on fait avec la concurrence. C’est aussi cela la vie d’un sportif d’élite.

 

Je ne suis pas un deep number nine

 

(TZ) Depuis quelques matchs, vous jouez avec quelqu’un à vos côtés. Est-ce que vous préférez évoluer seul ou à plusieurs devant ?

 

C’est une excellente question. Je préfère jouer avec quelqu’un parce que je ne suis pas à proprement parler un numéro neuf (« deep number nine »), je n’ai pas un grand gabarit, etc., donc je préfère avoir un coéquipier avec moi. Mais j’ai aussi joué seul à ce poste par le passé et je suis tout à fait capable de le faire également. C’est arrivé lors de certains matchs ces dernières semaines, aucun problème, je tiens mon rôle, c’est à l’entraîneur de prendre ses décisions. Après, c’est clair que je me sens mieux avec Alphonse et Wüthrich derrière nous, on sent vraiment qu’il y a une très bonne entente entre nous. A Winterthour, nous avons marqué tous les trois, j’ai l’impression que c’était vraiment un bon match de notre part et de toute l’équipe d’ailleurs.

 


 

Geiger n’a pas négligé la récupération

 

Alain Geiger, comment avez-vous géré cette longue pause ?

 

Il y a eu deux phases dans cette pause. Tout d’abord, nous avons disputé un match amical contre Chênois pour garder les troupes en activité et en profiter pour faire jouer ceux qui avaient besoin de temps de jeu. Nous en avons aussi profité pour effectuer certaines séances d’entraînement que l’on n’a d’habitude pas le temps d’effectuer autrement afin de corriger certains problèmes. Mais le plus important pour moi est de laisser souffler un peu les organismes et de donner la priorité à la récupération. Notre style de jeu est très dynamique et rythmé, ce qui demande passablement d’énergie. La récupération ne doit donc pas être négligée.

 

La neige, un élément comme un autre

 

Est-ce que l’arrivée du froid et de la période hivernale a changé quelque chose dans votre programme d’entraînement ?

 

Oui, nous avons été un petit peu surpris car il y a eu près de 10 centimètres de neige sur les terrains de Balexert et de Perly. Nous avons donc effectué trois séances sur le synthétique avant de faire la mise en place à la Praille cet après-midi (vendredi, ndlr). Cela nous a donc un petit peu perturbé, mais pas plus que cela non plus. Nous nous sommes un peu plus entraînés sur le synthétique que prévu, mais ce fut déjà le cas les semaines précédentes lorsqu’il y a eu de fortes pluies et cela ne nous a pas empêché de produire du bon jeu en match.

 

Lors du match contre Chênois, il y avait plusieurs joueurs provenant des M21 ou en test avec eux. Est-ce qu’ils sont appelés à évoluer avec la première équipe cette saison déjà ?

 

Non non, cela n’a rien à voir. Le Dr. Finn Mahler est passé lundi et a décidé de mettre quelques joueurs au repos. Il m’a donc fallu compléter un petit peu le groupe. Nous avions des jeunes à l’essai avec les M21, je les ai donc pris avec nous et j’ai complété avec d’autres joueurs de cette équipe et des M18. Il y a d’ailleurs deux joueurs de ces derniers qui se sont entraînés avec nous cette semaine, ainsi que deux M21. Pour le match amical, c’était avant tout pour faire le nombre.

 

“Parfois, on peut tomber dans une routine et être trop légers. C’est précisément ce que je cherche à éviter”

 

Comment est-ce qu’on gère une série de victoires comme celle-ci, surtout en sachant que le SFC ne gagnera probablement pas tous ses matchs jusqu’à la fin de la saison ?

 

Il faut rester vigilent. Si l’on est premiers actuellement, c’est qu’on a fait beaucoup d’efforts, mais il ne faut surtout pas se relâcher à quatre journées de la trève. Nous avons gagné nos matchs avec du caractère, de l’envie de jouer et du tempérament en plus des qualités individuelles. Si l’on arrive à conserver cela, il n’y a aucune raison de subir des échecs, mais il faut le répéter aux joueurs. Parfois, on peut tomber dans une routine et être trop léger. C’est précisément ce que je cherche à éviter.

 

Vaduz, un adversaire solide

 

Votre équipe a perdu à Vaduz au premier tour. Les Liechtensteinois réussissent bien contre les bonnes équipes de ce championnat. Comment abordez-vous ce match ?

 

Je vais dire aux joueurs de se mettre en garde. En face, c’est une équipe qui était en Super League encore récemment et qui possède des joueurs comme Gajic et Muntwiler qui ont joué dans des bons clubs. Ils ont un nouveau coach et une autre dynamique, ils osent se projeter vers l’avant. C’est une équipe qui ne va pas avoir peur de venir jouer chez nous et qui va jouer à fond. C’est bien pour le spectacle. A nous de les contenir, de répondre coup pour coup à leurs assauts et d’imposer notre jeu.

 

“Le point faible de Vaduz? Sa défense.”

 

(BB) Sur le plan tactique, est-ce que c’est un adversaire qui va poser des problèmesdifférents des précédents ?

 

Non, c’est un peu similaire. Les équipes jouent souvent en 4-2-3-1 ou 4-1-4-1, on retrouve régulièrement ce genre d’organisation face à nous. On connaît leurs forces, notamment avec certains éléments sur les côtés (Dossou et Coulibaly) qui sont rapides et dynamiques. Ils ont des références avec Babic et Tadic, surtout que ce dernier marque souvent contre nous. Leur point faible reste à mon avis leur défense et notamment ses côtés. Il faudra appuyer là-dessus pour faire sauter le verrou. Il y en aura certainement un car ils sont capables de sortir rapidement en contre-attaque. C’est une équipe qui sera très défensive mais qui restera dangereuse car elle est capable d’aller vite vers l’avant. Je vais rappeler à mes joueurs d’être très vigilants, de bien attaquer et de ne pas ménager leurs efforts car il faudra faire beaucoup d’allers-retours dans ce match.

 

Une certaine stabilité malgré les absences

 

(TZ) Est-ce que vous pensez avoir maintenant trouvé votre équipe-type ?

 

Oui, on peut dire qu’il y a une certaine équipe-type qui s’est dessinée. Souvent, quand je dois la modifier, c’est qu’il y a des joueurs qui sont blessés ou indisponibles. Là, on a trouvé une certaine stabilité lors de ces derniers matchs, mais on a vraiment besoin de tout le monde. Avec le système des quatre changements, les rentrants sont très importants car en vingt minutes, on peut changer le cours d’un match. Au niveau du coaching, cela nous permet d’amener de la puissance offensive et de la fraîcheur. C’est bien également pour les spectateurs car le match reste vivant jusqu’à la fin.

 

Au niveau des blessures et absences, où en est-on ?

 

Lang et Souaré sont toujours sur le flanc. Sarr est rentré blessé de son équipe nationale. C’est une petite élongation, rien de plus. Antunes a lui attrapé une petite grippe avec la Suisse M19. Busset est toujours indisponible. Dans ces deux cas, on peut dire que leur convocation avec les sélections juniors crée une surcharge car ils ont de la compétition, ils ne peuvent pas se reposer et cela augmente le risque de blessure ou de maladie.