Servette se déplace au Grünfeld de Jona ce soir (en direct dès 17h45 sur notre webradio) pour tenter de mettre fin à une longue série de résultats poussifs. Nous avons pu nous entretenir avec le capitaine Anthony Sauthier et l’entraîneur Alain Geiger de cette situation compliquée, ainsi qu’avec Kastriot Imeri pour son retour dans le groupe.

“Tout le monde devra être prêt à tout donner pour le maillot Grenat”

 

Anthony Sauthier, vous étiez remplaçant mardi, c’est quelque chose de très rare en Challenge League (la dernière fois c’était lors de la saison 2014-2015) est-ce que c’était un choix du coach ou était-ce à cause de votre blessure ? Et comment allez-vous ?

 

Je vais très bien, ma blessure à la cuisse est enfin derrière moi. Mardi dernier, c’était un choix du coach. J’étais à 100% mais il a préféré que je m’entraîne encore un peu avant de pouvoir commencer un match. Maintenant ça va mieux et je serai apte à retrouver ma place à Rapperswil.

 

“Avec l’équipe qu’on a, on a rien à faire là”

 

L’équipe est loin des attentes au niveau du classement. Quel est votre sentiment sur la situation comptable, mais aussi plus globalement ?

 

C’est frustrant, parce que quand je regarde l’équipe qu’on a, je me demande ce qu’on fait là, à cette place. On pourrait tellement gagner ou au moins faire des nuls. A la maison, il faut vraiment gagner ces matchs, c’est vachement important. C’est ce que je me dis, quand je vois l’équipe qu’on a, on a rien à faire là, mais c’est aussi le début. Une fois qu’on aura réussi à gommer ces petites erreurs de concentration dans nos temps faibles qui nous font encaisser des buts, on fera mal aux adversaires.

 

Jouer à gauche, une solution ?

 

Vous faites partie d’une défense qui prend assez peu de buts (moins d’un par match actuellement), mais souvent ceux-ci proviennent du côté gauche. Sally Sarr vous a très bien remplacé à droite pendant votre absence. Est-ce que vous envisagez que l’un de vous deux glisse sur la gauche à l’avenir pour renforcer ce couloir ?

 

Forcément, on n’en parle pas trop, c’est avant tout la décision du coach. C’est bien pour l’équipe que Sally Sarr ait pu faire des bonnes performances, ça démontre que même ceux qui on tendance à moins jouer sont au niveau et c’est comme cela qu’on pourra aller chercher de grandes choses. Après, est-ce que je peux jouer à gauche ? Oui. Est-ce que Sally Sarr peut jouer à gauche ? Oui. Mais ce n’est pas nous qui faisons l’équipe, c’est Alain Geiger. A voir s’il a des idées derrière la tête ou pas.

 

“S’il faut dépanner, il n’y pas de souci”

 

Concernant le fait de jouer à gauche, est-ce que vous êtes capable de jouer des deux pieds ou est-ce que vous avez quand même un pied de préférence ?

 

Je reste avant tout droitier même si j’ai marqué un joli but du gauche à Wil. Je suis un pur droitier, même si mon pied gauche me sert quand même de temps en temps, je ne dirais pas que j’en ai un super bon. Après, s’il faut dépanner, pour moi il n’y a pas de souci, je sais jouer du gauche, ça ne serait pas un problème. Pour l’équipe, je ferais n’importe quoi franchement, mais ça reste le coach qui choisit.

 

Servette reste l’équipe à battre

 

Revenons un petit peu sur ce début de saison compliqué. Comment l’avez-vous vécu et qu’est-ce qui a changé par rapport à l’an dernier ?

 

Comme chaque saison, tout le monde veut battre Servette. Personnellement j’y suis habitué, mais il faut faire comprendre cela aux nouveaux, que nous sommes vraiment l’équipe à battre. D’autant que c’est sûrement plus intéressant de venir jouer à la Praille que sur certains petits terrains alémaniques. Il faut être prêt à cela, on sait que la saison va être longue et difficile. L’an passé, il y avait Neuchâtel qui était facilement devant, mais cette année il y a plusieurs équipes qui se tirent la bourre en haut, ça sera donc un championnat plus intéressant que le dernier. Tout le monde devra être prêt à tout donner pour le maillot grenat.

 

Votre entraîneur parle de 18 matchs pour évaluer les objectifs de cette saison. Comment voyez-vous cela ? Est-ce vraiment nécessaire de prendre tout l’automne pour cela ?

 

Oui, mais pour moi il faut vraiment être dans le wagon de tête à Noël, il ne faut pas se laisser distancer parce qu’après, c’est toujours plus long une saison où il n’y a plus rien à jouer. On veut être en haut, même si pour l’instant on n’est pas à notre place, mais il faut vraiment travailler pour y être à Noël. C’est comme ça qu’on va aller chercher de grandes choses après la trêve.

 

“Si l’on ne fait pas de points, cela ne sert à rien de regarder les autres”

 

Beaucoup disent que Wil et Rapperswil ne vont pas tenir la distance, que finalement c’est Servette et Lausanne qui vont être devant. Comment est-ce que vous ressentez cela ?

 

Personnellement je ne dirais pas cela parce qu’on se rappelle qu’il y a peu, Wohlen était resté devant pendant très longtemps, ils nous ont embêtés jusqu’à la fin. De toute façon, avant de regarder les autres, on va d’abord regarder nous-mêmes parce que si l’on ne fait pas de points, cela ne sert à rien de regarder les autres. Quand on commencera à gagner des matchs et à être devant, là on pourra s’intéresser aux autres, mais pour le moment, concentrons-nous sur notre cas, c’est le plus important.

 


 

Geiger: “Il nous manque trois points, pas plus”

 

Alain Geiger, avec les résultats qui ne sont pas forcément ceux attendus, est-ce que vous ressentez un sentiment d’urgence ?

 

Je l’ai toujours dit, il nous faut dix-huit matchs pour porter un vrai jugement sur notre équipe. On est encore en phase de développement, on alterne de très bonnes choses. On a pour l’instant pas trop le sort avec nous, on est malheureux dans des matchs comme à Vaduz ou contre Kriens où l’on a 70% de possession, plusieurs chances de buts alors qu’eux ne passent que quatre fois le milieu de terrain et arrivent à mettre un but. Il nous manque peut-être un point contre Vaduz et deux mardi, ça fait trois points manquants, pas plus. N’oublions pas qu’après Rapperswil, on aura joué six fois à l’extérieur en neuf matchs, c’est énorme. On pensait commencer une série de victoires contre Kriens, on va tout faire pour tenter d’aller récupérer des points à Rapperswil et y débuter cette série.

 

Des points “faciles” à faire… qui n’ont pas été faits

 

Avec l’enchaînement des matchs, vous récupérez petit-à-petit des joueurs en forme. Est-ce que cela vous donne plus d’options ?

 

Oui. Schalk a une heure de plus dans les jambes, Alphonse a nonante minutes de plus dans les jambes. Au niveau condition physique, ces garçons sont mieux et plus on avance, plus cela ira. Il faut aussi être réaliste, on veut toujours gagner mais faire un bon résultat à l’extérieur c’est bon à prendre et il faut vraiment confirmer à la maison. Ce qui m’enrage encore aujourd’hui, c’est ces deux points de perdus parce qu’il était tellement « facile » de les faire. Le groupe doit maintenant chercher à se racheter et aller à Rapperswil pour récupérer ces points de perdus.

 

Est-ce que cela vous incite à miser sur les mêmes joueurs justement pour leur donner une opportunité de se racheter ?

 

Il y aura toujours un peu de changement parce qu’il faut composer avec les suspendus et les blessés. En plus on a la situation avec les non-HTP où je dois de temps en temps faire une rotation pour en sortir un. On a vu que tout le monde mérite de participer donc je ne vais pas écarter tel ou tel joueur. On va continuer à procéder à une rotation, tout le monde aura sa chance jusqu’au dix-huitième match tout en cherchant à faire le plus de points possibles.

 

“Boris Cespedes a payé les déclarations de M.Tschudi dans la presse”

 

Servette a reçu trois cartons rouges en huit matchs de championnat, ce qui est beaucoup. Est-ce que vous auriez une explication là-dessus ?

 

Déjà, ce n’est pas trois cartons rouges. Il y a eu un rouge et deux doubles jaunes. Pour ce dernier cas, c’est des décisions de l’arbitre. Mardi, on a eu Monsieur Tschudi, qui sort de cet incident lors de Saint-Gall-Lugano où il n’expulse pas Daprelà (auteur d’une faute grossière qui a mis un terme à la saison d’Itten, ndlr). Il a fait ensuite une déclaration dans les journaux indiquant qu’il voulait être très sévère pour protéger la santé des joueurs. Cespedes a eu deux fois le pied un petit peu levé, le premier jaune est justifié, le deuxième pas du tout. Comme l’arbitre était dans cette optique de protection des joueurs, c’est Boris qui a payé. Après, on pourrait aussi parler du match de Schaffhouse où il y a eu trois cartons rouges en un seul match. Je crois qu’il ne faut pas chercher la petite bête, cela fait partie du football, l’arbitre est là pour prendre des décisions et ma foi, il faut les accepter.

 

L’entraîneur paie l’attentisme de ses dirigeants

 

Vous nous parlez souvent de ces fameux 18 matchs dont vous avez besoin pour construire le groupe. Pendant ce temps-là, vos adversaires peuvent faire des points. Si d’aventure vous vous retrouviez à 10-15 points d’un favori à Noël, est-ce que pour vous la promotion serait toujours jouable ? Et est-ce que votre ressenti coïncide avec les objectifs qui vous ont été donnés ?

 

Ce que je peux vous répondre, c’est que Wil était à la rue la saison passée, un nouveau coach est arrivé, il a eu six mois pour préparer son équipe et maintenant ils sont devant. Il y a une relation de cause à effet. Il faut une partie de travail en commun pour pouvoir obtenir quelque chose, c’est pour cela que je parle de ces dix-huit matchs. Nous en avons besoin pour pouvoir donner des objectifs. C’est beaucoup trop tôt pour pouvoir tirer des enseignements. Dans cette ligue, vous gagnez deux fois vous êtes deuxième. Ils ne sont pas loin. Je ne vais pas parler du calendrier parce que les gens ne vont pas se demander contre qui on a joué à domicile ou à l’extérieur. On est sur le bon chemin malgré ce match nul qui est considéré comme beaucoup par une défaite si l’on en croit les réactions alarmistes de ces derniers jours.

 

La question que je me pose, c’est qu’on aurait peut-être dû rester derrière et laisser le ballon à Kriens, on aurait peut-être eu un meilleur résultat à la sortie. On n’a jamais été aussi dominateurs dans un match que mardi, il n’y a donc pas que du négatif non plus à part le résultat.

 

“Je ne vais pas reprocher à mes joueurs d’aller au fast-food”

 

On a croisé certains de vos joueurs dans un fast-food après le match de mardi alors que nous sommes en pleine semaine anglaise. Pour vous, est-ce que c’est normal ou est-ce que cela vous pose un problème ?

 

Je ne peux pas être dans la peau des joueurs. Peut-être qu’ils ont mangé quelque chose de positif là-bas, on ne sait pas. On parle de la diététique, on parle de beaucoup de choses, mais je ne crois pas qu’ils passent leur semaine là-bas. Ça arrive qu’ils y soient ponctuellement, ce n’est pas trop dramatique. Ils sont assez grands dans leur vie privée pour se préparer et pour être au point pour les matchs à venir. En tout cas, je ne vais pas leur reprocher d’avoir été au fast-food, ils ont le droit d’y aller, simplement pas tous les jours.

 


 

Kastriot Imeri en six questions

 

Votre début de saison compliqué (statut de remplaçant et blessures) ?

C’est sûr que c’est dur, mais je suis là pour apprendre. Je suis jeune, c’est normal qu’il y ait de la concurrence et c’est comme cela qu’on apprend de plus en plus.

 

Votre passage au football professionnel ?

C’est sûr, je n’étais pas prêt à avoir tout cela d’un coup. Mais je voulais vraiment l’avoir, quitte à faire plein de sacrifices. Cela a donné de grandes choses et j’en suis vraiment content.

 

L’aspect de votre jeu à améliorer en priorité ?

J’aimerais améliorer mon placement défensif. J’ai remarqué l’an passé que c’était compliqué pour moi en phase défensive, donc je sais que je dois faire mieux dans ce domaine.

 

Vos forces ?

Les duels, parce que je suis assez puissant et que je travaille beaucoup là-dessus.

 

Footballeur à 100% ou étudiant en parallèle ?

J’étais à l’école jusqu’à il y a encore un mois, mais j’ai décidé d’arrêter et de me consacrer à 100% au football. Je n’arrivais pas à concilier les deux convenablement donc j’ai préféré faire un choix.

 

Votre changement de numéro?

C’est tout simple, mon idole Granit Xhaka a changé aussi. Ce n’est pas pour cela bien sûr, mais cela fait du bien.