Les Grenat se rendent à Tourbillon demain (à suivre en direct dès 18h45 sur notre webradio) pour un derby du Rhône qu’ils devront gagner sous peine de sentir la barre se rapprocher.

 

Tout supporter genevois se rappelle assurément de ce qu’il faisait le 28 août 2011. Ce jour-là, pour le premier Derby du Rhône depuis la faillite du Servette FC, les Servettiens avaient retourné Tourbillon au sens propre (le secteur visiteurs s’en souvient encore) comme au figuré avec un 0-4 cinglant. Depuis cette date, Mobulu Mfuti est rentré dans l’histoire du club en se permettant l’outrecuidance de manquer “volontairement” un penalty à la 89e pour rajouter une ligne supplémentaire à la domination de son équipe et ramener les trois points au bout du Lac. Par la suite, les deux équipes sont passées par des temps plus ou moins glorieux et n’ont plus eu la possibilité de s’affronter depuis 2013. De retour en Super League depuis cet été, Servette se déplace pour la première fois de la saison dans l’enceinte désuète mais ô combien chargée d’histoire de la capitale valaisanne. Pour évoquer cette rencontre, nous avons tendu notre micro au revenant Dennis Iapichino et au footballeur valaisan du siècle mais néanmoins entraîneur des Genevois Alain Geiger.

 


 

Iapichino a retrouvé les terrains et le sourire

 

Dennis Iapichino, vous avez disputé dimanche votre premier match depuis longtemps (ndlr: depuis le 10 mai contre Lausanne). Comment vous êtes-vous senti ?

 

Très bien, j’étais vraiment content de revenir. Je suis très reconnaissant envers l’entraîneur de m’avoir titularisé directement. J’ai fait de mon mieux, mais l’arbitre n’était pas avec moi. J’essaierai donc de faire encore mieux au prochain match.

 

“Si tu gamberges trop, tu perds de l’énergie pour rien”

 

Vous avez marqué un fort joli but égalisateur, malheureusement annulé par l’arbitre. Comment êtes-vous parvenu à vous reconcentrer après ce fait de jeu ?

 

Je n’ai pas eu trop le temps d’y repenser parce que de nouvelles opportunités sont rapidement arrivées. Nous étions en train de perdre 1-2, nous devions marquer. Si tu gamberges trop, tu perds de l’énergie pour rien. Il y a des arbitres, ils peuvent aussi faire des erreurs, sur le moment tu n’en sais rien mais tu dois être capable de passer tout de suite à autre chose. Au final, nous avons perdu, nous devons donc penser surtout à Sion. Ce match sera comme une finale pour nous, nous devrons tout donner.

 

Un nouveau dispositif tactique pour son retour

 

Vous étiez seul sur le côté gauche, une nouveauté par rapport à l’an dernier. Comment s’est passé l’adaptation ?

 

J’avais déjà joué dans ce genre de système en Italie. Je l’aime bien parce que je suis un joueur qui aime aller de l’avant, dribbler et prendre des risques. Malgré tout, je dois aussi défendre, c’est important. Je crois avoir disputé un bon match, comme toute l’équipe car nous nous sommes créés de nombreuses opportunités. Nous sommes un peu dans le creux de la vague actuellement, mais si nous travaillons bien chaque jour, cela va finir par tourner et nous devrons être prêts pour saisir notre chance.

 

“Quand je venais au stade, c’était de la folie parce que le football c’est toute ma vie et je ne pouvais rien faire”

 

Pendant votre absence, Servette a eu une pénurie de joueurs à gauche. Comment l’avez-vous vécu ?

 

Comme cela (ndlr: il montre les frissons sur son bras) ! Quand je venais au stade ou quand je regardais le match à la TV, c’était de la folie parce que le football, c’est toute ma vie et je ne pouvais rien faire à cause de ma blessure. J’ai dû me concentrer sur moi-même, sur ma santé et sur ma convalescence parce que je savais que c’était le meilleur moyen d’aider l’équipe à mon retour.

 

Un derby, c’est comme une finale

 

Ce derby à Sion ne sera que votre deuxième match de la saison. Comment appréhendez-vous cette rencontre ?

 

C’est un derby, ce sera donc un match difficile. Nous voulons gagner. Nous devons gagner. Nous devons nous mettre en tête que c’est comme une finale. Je n’y ai pas trop réfléchi parce que je me dois de penser avant tout à mon corps. Je vais faire le maximum pour être à 100% demain, mais ce n’est pas facile après une si longue absence, d’autant que nous évoluons maintenant en Super League, un niveau différent.

 

Est-ce que vous ressentez une atmosphère différente avant ce derby ?

 

Oui, nous l’avons senti pendant toute la semaine. J’ai pas mal d’amis qui m’ont parlé de ce match, en plus de nos supporters. Je me réjouis d’y être.

 


 

Geiger veut retrouver ses guerriers

 

Malgré la défaite, il y avait quelques enseignements intéressants à retenir contre St-Gall. Qu’avez-vous utilisé pendant la semaine ?

 

C’est vrai, nous aurions mérité de ramener au moins un point, voire même plus en fin de partie. Nous avons été naïfs sur les buts encaissés et lorsque l’on concède deux fois à la maison, il est difficile de remporter l’enjeu. Malgré tout, face à un adversaire qui est troisième au classement, nous avons retrouvé de bonnes choses et notamment l’envie de bien faire et de travailler. Nous avons cherché à conserver ces valeurs toute la semaine. Nous devrons avoir un gros esprit de corps pour ce derby, nous savons qu’il y a beaucoup de tension autour de celui-ci. Nos supporters sont venus nous encourager et nous dire ce qu’ils pensaient de notre début de saison. C’est un événement intéressant à vivre parce qu’il y a une grande passion et de la ferveur des deux côtés.

 

Les supporters Grenat seront très nombreux à Tourbillon (© Bastien Gallay)

 

Revenons encore sur une séquence du dernier match: le 0-2 de St-Gall. Etait-ce normal que les deux derniers défenseurs soient Tasar et Cognat ?

 

C’était prévu ainsi. Il devait y avoir encore Sauthier en plus, mais il a quitté sa position. Le plan était d’avoir trois joueurs à vingts mètres à la sortie du ballon avec encore Cognat comme libéro puisque St-Gall était entièrement replié dans ses seize mètres. Le problème, et j’en ai discuté avec lui, c’est que Cognat a voulu amortir le ballon au lieu de le dégager pour briser la contre-attaque. C’est pour cela que l’attaquant adverse a pu le lui chiper.

 

Un derby chargé d’histoire

 

Ce derby du Rhône, pour vous en tant qu’entraîneur, n’est-ce pas un match comme un autre ?

 

Non, cela ne peut simplement pas l’être. Comme nous l’ont rappelé nos supporters, ce n’est pas Lausanne, ce n’est pas Neuchâtel, c’est Sion et c’est encore plus particulier. Nous avons pris acte de cela. Nous cherchons à retrouver l’état d’esprit du premier match avec une rencontre équilibrée où nous aurions mérité mieux. Sion a des difficultés sur le plan défensif, à nous de les déstabiliser. Mais nous devons aussi garder en tête qu’historiquement, le FC Sion a toujours été une équipe de contre-attaque. Nous devrons donc assurer nos arrières, notamment sur les balles arrêtées.

 

“Ce n’est pas Lausanne, ce n’est pas Neuchâtel, c’est Sion et c’est encore plus particulier”

 

Lors du premier derby à Tourbillon après la promotion du Servette FC en 2011, les Grenat l’avaient emporté 0-4. Est-ce que vous pensez qu’un tel exploit est possible demain ?

 

Pourquoi pas, si nous amenons cet esprit de corps et cette âme de guerriers. Par “guerriers”, je veux dire qu’il faudra très bien jouer au football avec une mentalité très forte. Tout est possible, ce n’est pas quelque chose d’inimaginable.

 

Toma et Zock, des éléments à surveiller

 

On connait la pression du totomat chère à Christian Constantin. Est- ce que le fait que Sion soit dans l’obligation de gagner change quelque chose à votre approche ?

 

Non, nous nous concentrons avant tout sur les forces et faiblesses de notre adversaire. Avec Kasami, Lenjani, Toma et Zock, nous devrons être attentifs à mi-terrain. Les deux derniers étaient suspendus la semaine dernière, la différence était visible car Sion a plus de contenu avec eux que lorsqu’il doit se priver de deux de ses meilleurs éléments. J’aimerais retrouver le Servette du début de saison avec beaucoup de culot et d’enthousiasme. Nous devrons aussi évidemment améliorer notre efficacité offensive.

 

Au niveau des blessés, où en est-on ?

 

Nous n’aurons qu’un seul absent : Koro Kone, qui est toujours blessé. Busset continue sa convalescence avec les M21, il a eu quelques soucis mais rien d’important à noter. Sinon, parmi les autres noms, tout le monde est disponible pour faire partie du groupe.