Six jours après le sacre contre Lausanne, une équipe de Servette remaniée a dominé son sparring-partner du FC Rapperswil-Jona grâce à une mi-temps d’observation, vingt-cinq minutes de folie et vingt minutes de déconcentration.

 

La jeunesse à l’honneur

 

« Vous ne nous aurez peut-être jamais entendu parler de manière aussi détendue que ce soir », entame notre commentateur Clément Vuagnat lors de la prise d’antenne de ce Servette-Rapperswil. Le Servette FC fraichement sacré champion de Challenge League, c’est en effet une ambiance légère qui flotte dans un stade de la Praille qui a retrouvé sa tranquille teinte rose pâle qu’elle avait troquée vendredi soir pour sa robe de gala noire de monde. Alain Geiger en profite pour faire tourner son effectif, comme on pouvait s’y attendre, en titularisant Alexis Antunes, Christopher Mfuyi, Sally Sarr (latéral gauche, en l’absence des trois options habituelles à ce poste), Joël Kiassumbua, Daniel Follonier, Boris Cespedes et Mychell Chagas au côté de quatre habituels titulaires.

 

Rapperswil, de son côté, mène son duel à distance avec le FC Chiasso, qui se déplace à Winterthur au même moment, alors que deux équipes seulement séparent les deux équipes. Cependant, les premières minutes ne donnent pas l’impression que les Grenat ont moins à perdre que leur adversaire du jour. Sans imprimer l’intensité qu’on a pu voir lors de certains matchs de cette saison, les Servettiens font un début sérieux et se procurent les premières occasions.

 

La troisième est la bonne pour Stevanovic

 

À la 5e minute, Follonier alerte le gardien Yanz sur un coup franc joué ras terre, mais les Servettiens peinent ensuite à trouver le cadre malgré le temps passé dans la surface, la faute à quelques imprécisions techniques d’Antunes, Chagas et Stevanovic. Ce dernier, oublié par la défense mais pas par Chagas qui le décale juste devant le but, galvaude une belle occasion en dévissant son tir (17e). Quelques minutes plus tard, son coup de casque rebondit sur la ligne des 5m avant de monter très haut et se dirige vers la lucarne quand Yanz vient la cueillir. Le meilleur joueur du championnat fait mieux à la 41e en surgissant au deuxième poteau et en plaçant son ballon entre les jambes du portier Saint-Gallois.

 

Chagas a encore marqué en seconde mi-temps (© Bastien Gallay)

 

Les joueurs de la rive du Lac de Zürich et ceux de la rive du Lac de Genève rentrent donc au vestiaire sur ce score étriqué pour apprendre que Chiasso est mené 2-0 à Winterthour. Peut-être est-ce le soulagement engendré chez les hommes de Pedro Silva, ou le discours d’Alain Geiger, voire l’entrée de Kastriot Imeri pour Sauthier et le jeu de chaises musicales qui s’ensuit, qui réveillent les ardeurs servettiennes et offrent au public un quart d’heure de feu. Un peu plus de 60 secondes après le retour des équipes, Miroslav Stevanovic est servi par Thimothé Cognat et peut tromper, de la tête encore, le portier qui s’était détendu sur le centre et fut trop lent à se relever (47e).

 

Ambiance détendue pour les joueurs laissés au repos (© Bastien Gallay)

 

Quelques instants après le 10e but de la saison du Bosnien, le Genevois Boris Cespedes inscrit sa première réalisation de l’exercice. Après avoir récupéré un ballon mal sorti par la défense des visiteurs, le milieu axial, qui avait déjà distillé de très belles transversales, repique et fusille à 25 mètres : latte rentrante puissante (50e). Trois minutes plus tard, on le retrouve à la passe pour – déjà – le 4-0. Sur un corner, on fait revenir le ballon derrière jusqu’à Cespedes qui balance dans la boîte, où Steve Rouiller gagne son duel et place le cuir au ras du poteau (53e).

 

Turkes se mêle à  la fête

 

L’état de grâce servettien est interrompu par une percée de Teixeira qui se fraye un chemin jusqu’à la ligne de but à droite des cages de Joël Kiassumbua et trouve Aldin Turkes, meilleur joueur de son équipe et abandonné par un Daniel Follonier replacé latéral gauche après la mi-temps. Ce 4-1 inscrit dans le but vide (57e) ne change pas grand-chose, mais il marque un tournant dans la dynamique du match, l’entrée dans une période où Servette se montre moins tueur devant et moins concentré derrière. La faute, aussi à une certaine infortune : Mychell Chagas touche le poteau (58e) et Cespedes la latte (62e).

 

Le 5-1 tombe finalement peu après les entrées de Wüthrich, Duah et Kone : sur un coup franc du premier nommé, le deuxième touche de la tête en retrait où Chagas, bousculé, se relève rapidement pour lancer ses jambes dans un ciseau parfaitement effectué. La reprise acrobatique file parfaitement au but de Yanz, qui ne peut rien faire (70e). Le meilleur buteur servettien cette saison marque pour la première fois en ne sortant pas du banc (sur sa 4e titularisation).

 

Le match paraît alors scellé, et c’est avec la légèreté d’une équipe qui n’a plus rien à jouer que Servette finit son match, la charnière centrale laissant Turkes filer au but pour le 5-2 (78e) et Pedro Teixeira tenter sa chance aux 20m. Il est approprié de parler de chance puisque le tir, un peu faible, touche un défenseur et prend Joël Kiassumbua à contrepied (88e). Avec huit buts finalement marqués, le match aura finalement été très débridé malgré la position particulière des protagonistes du jour. Reste à tirer des enseignements de cette rencontre, un exercice rendu difficile par le contexte.

 


 

S’il ne fallait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

La maîtrise. Même avec une équipe B, Servette est au-dessus de la Challenge League. Boris Cespedes, qu’on n’avait plus vu titulaire depuis un moment, a offert une belle prestation, de même que Christopher Mfuyi dans l’ensemble. Alexis Antunes a montré des qualités mais n’a jamais su être décisif. Mychell Chagas a enfin marqué dans un match qu’il a débuté, même s’il a effectivement eu moins d’impact sur le jeu que lorsque ses apparitions en cours de partie.

 

À améliorer

 

Le flanc gauche. La saison passée, Servette avait terminé la saison en bricolant son effectif en fonction des blessés. Cette fois, Alain Geiger a l’embarras du choix, sauf à gauche de la défense, où les trois joueurs postulant à une place sont blessés. Cela contraint le coach à bricoler en alignant le droitier Sally Sarr ou l’élément offensif Daniel Follonier aux côtés de Rouiller. Geiger en est bien conscient, il faudra recruter des gauchers.

 


 

Réactions d’après-match

 

Mychell Chagas

 

Alain Geiger

 


 

Servette FC – FC Rapperswil-Jona 5-3 (1-0)

Stade de Genève, 2’612 spectateurs.

Arbitre : M. Schärli.

Buts : 41′ Stevanovic (1-0), 47′ Stevanovic (2-0), 50′ Cespedes (3-0), 53′ Rouiller (4-0), 57′ Turkes (4-1), 70′ Chagas (5-1), 78′ Turkes (5-2), 88′ Teixeira (5-3).

Servette : Kiassumbua; Sauthier (C) (46′ Imeri), Mfuyi, Rouiller, Sarr; Cespedes, Cognat (60′ Duah); Stevanovic (60′ Kone), Antunes (68′ Wüthrich), Follonier; Chagas. Coach : Geiger.

Rapperswil : Yanz; Güntensperger (68′ Marinkovic), Schmied, Thiesson, Elmer (C); Rohrbach (50′ Nater); Shabani (62′ Haile-Selassie), Pasquarelli (50′ Rexhepi), Kubli, Teixeira; Turkes. Coach : Silva.

Avertissements : 33′ Pasquarelli, 77′ Imeri (suspendu au prochain match).

Notes : Servette sans Lang, Schalk, Maccoppi, Severin, Iapichino et Busset (blessés). Rapperswil sans Simani (suspendu), Hunn, Vranjes, Kllokoqi, Ciccone, San. Sarr, Y. Frick, Zenuni (blessés), Hadzi et Festic (non-convoqués). Dès la sortie de Sauthier, Rouiller reprend le brassard de capitaine du Servette FC. Tirs sur les montants: 58′ Chagas, 62′ Cespedes.