Les Grenat se sont imposés 2-3 dans un match qui avait un fort goût de Super League.

 

Servette s’en allait défier un adversaire qu’il avait battu à chaque fois cette saison. Des victoires 2-0 et 5-2 à la Praille ainsi qu’une victoire 3-1 à la Schützenwiese, tel était le bilan des Genevois face à leurs homologues zurichois. Autant dire que la troupe d’Alain Geiger s’en allait confiante du côté de la banlieue de la plus grande ville de Suisse.

 

Des débuts à nouveau compliqués

 

Contrairement à leurs dernières sorties où ils avaient beaucoup peiné dans les premières minutes, les Grenat avaient cette fois réussi à entamer le match de la meilleure des manières. Un pressing de tous les instants, une volonté de possession constante du ballon et un poteau de Wüthrich après douze petites minutes de jeu, on ne pouvait qu’appréhender la suite de la rencontre avec confiance. Mais comme s’il était décidé depuis maintenant quelques semaines que les débuts de rencontre devaient forcément être compliqués, ce fut presque sans surprise que l’on vit Alves ouvrir le score pour les locaux simplement 30 secondes après le poteau du Neuchâtelois. Pis, ce fut à nouveau sur une erreur défensive servettienne, puisque, sur une mauvaise relance de Rouiller, le numéro 10 zurichois ne se posa aucune question et déposa une merveille d’enroulée du gauche dans la lucarne de Jérémy Frick.

 

Cette ouverture du score eut le mérite de réveiller les Genevois (comme d’habitude serait-on tenter de dire) et c’est presque sans surprise que les Grenat prirent encore plus la possession du ballon sans pour autant se montrer extrêmement dangereux sur le but de l’excellent Spiegel. Au contraire, ce fut Winterthour qui fut bien plus proche d’inscrire un deuxième but sur deux belles frappes d’un de leur meilleurs éléments, Taulant Seferi. 

 

Une réaction et un but gag

 

Mais voilà, Servette n’est pas un leader incontesté pour rien et il le démontra une fois de plus. Sur un débordement du très bon Iapichino, on trouva Stevanovic dans la profondeur à l’entrée de la surface de réparation. Le désormais meilleur passeur du championnat se débarrassa de son adversaire pour tenter de servir Kone dans les meilleurs conditions. L’Ivoirien ne put reprendre le cuir mais parvint à gêner suffisamment Schättin pour l’obliger à pousser lui-même le ballon au fond de ses propres filets. Cela faisait 1-1 et ce score reflétait bien cette première période. C’est du moins ce que l’on pensait mais ce serait oublier que ce Servette si dominant a la fâcheuse tendance à se mettre en difficulté tout seul.

 

Belle après-midi de football à la Schützenwiese (© Thomas Zinguinian)

 

Six petites minutes plus tard, Wüthrich et Sarr (remplaçant d’un Routis suspendu pour cette rencontre) s’inventèrent un penalty à eux seuls. Le premier nommé donna un ballon très difficile au second qui ne put logiquement contrôler le cuir et laissa Doumbia s’en allait seul face à son ancien coéquipier, Frick. L’Ivorien, fauché par ce même Sarr, essaya tout de même de tirer en direction du but vide, mais trouva Rouiller, sauveur sur sa ligne. Sans que personne ne soit surpris, Monsieur Klossner (excellent en ce samedi après-midi) revint à la grossière faute de Sarr et siffla un penalty tout à fait justifié. Le Mauritanien du Servette peut même s’estimer heureux de n’avoir reçu qu’un carton jaune et de ne pas avoir été exclu du terrain. Sliskovic ne se fit pas prier pour transformer la sentence, même si Frick était parti du bon côté.

 

On en vint presque à se demander si les joueurs Grenat ne faisaient pas exprès de se mettre en difficulté tant leur réaction fut monstrueuse. Une petite minute après cette reprise de l’avantage zurichoise, Schalk envoya un boulet de canon depuis l’entrée de la surface de réparation qui s’écrasa à nouveau sur le poteau. Les Servettiens revinrent donc au vestiaire avec ce déficit d’un but mais avec la ferme intention d’inverser la vapeur en seconde période.

 

Servette taille patron

 

Une volonté qui fut vite récompensée. Un début de seconde période absolument tonitruant nous fut proposé par l’équipe servettienne qui renversa le cours du match en l’espace de neuf minutes. Tout d’abord par l’intermédiaire de l’inévitable Koro Kone qui put reprendre un centre de Schalk après une magnifique ouverture de Maccoppi. On jouait la 47ème minute et les Zurichois étaient immédiatement cueillis à froid. Puis, neuf minutes plus tard donc, Wüthrich décida de se racheter de sa bourde de la 38ème minute, et ce, avec la manière. Après un contre rondement mené, il s’appuya sur Kone qui lui rendit le ballon immédiatement. Le numéro 10 servettien ne se posa pas de question, poussa quelque peu sa balle pour se mettre dans le sens du but et arma une frappe dont la Schützenwiese se souviendra encore un moment. Le ballon prit une vitesse folle, flotta dans le ciel zurichois et termina sa course en plein dans la lucarne de Spiegel, trop avancé sur ce coup.

 

Les Servettiens tenaient leur os et n’allaient plus le lâcher. Ils s’imposèrent pour la 4ème fois en autant de rencontre cette saison contre le 4ème de ce championnat qui, il est important de le noter, fut l’une des plus belles équipes à suivre cette saison. 

 

Avec encore 11 points d’avance sur le dauphin lausannois (vainqueur 5-0 de Chiasso dans le Tessin) et avec 6 matchs encore à jouer, soit 18 points, la voie royale est ouverte pour des Servettiens qui écrasent cette Challenge League de leur classe et de leur force de caractère. Les Grenat recevront Aarau samedi sur les coups de 19 heures à la Praille avec la ferme intention de se rapprocher encore un peu plus de leur rêve qu’ils touchent à présent du bout des doigts et qui ne devrait pas leur échapper sauf cataclysme.

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’un seule chose…

 

Positive

 

La domination physique et mentale des Servettiens. Si cette équipe peine à être concentrée sur 90 minutes lors de ses dernières sorties, c’est surtout par le fait que leur domination sur le reste du championnat est criante. En atteste ce match de ce samedi. Même menée par deux fois contre une des meilleures équipes de la ligue, la troupe d’Alain Geiger sait qu’elle est quasiment intouchable et que rien ne peut lui arriver tant la préparation physique et mentale a été bien construite par les préparateurs. 

 

À améliorer

 

La concentration. Comme lors de leur dernier match contre Chiasso à la Praille, les Servettiens se font cueillir à froid sur des erreurs individuelles largement évitables. Si les Grenat parviennent à corriger ces détails pour les six dernières rencontres de cette saison, ils s’éviteront certaines sueurs froides dont l’on se passe avec grand plaisir.

 


 

Réactions d’après-match

 

Sébastien Wüthrich

 

Alain Geiger

 


 

FC Winterthur – Servette FC 2-3 (2-1)

Schützenwiese, 4’600 spectateurs.

Arbitre : M. Klossner.

Buts : 13′ Alves (1-0), 31′ Schättin (contre son camp) (1-1), 38′ Sliskovic (penalty) (2-1), 47′ Kone (2-2), 54′ Wüthrich (2-3).

Winterthur : Spiegel; Markaj, Isik, Hajrovic (46′ Cavar), Schättin (65′ Wild); Arnold, Doumbia; Sliskovic, Alves, Radice (C) (85′ Gazzetta), Seferi. Coach : Loose.

Servette : Frick; Sauthier (C), Sarr, Rouiller, Iapichino; Maccoppi; Stevanovic, Wüthrich (73′ Imeri), Cognat (84′ Follonier); Kone (67′ Chagas), Schalk (77′ Alphonse). Coach : Geiger.

Avertissement : 37′ Sarr.

Notes : Winterthur sans Roth, Lekaj, Lepik, Schmid, Saliji, Callà (blessés) et Stettler (non-convoqué). Servette sans Routis (suspendu), Lang, Severin, Busset (blessés) Duah et Antunes (non-convoqués).