Les Grenat se déplacent au Lipo Park pour y affronter demain le FC Schaffhouse (en direct dès 17h15 sur notre webradio). L’enjeu est simple : en cas de victoire, ils pourront s’offrir une première balle de match contre Lausanne à domicile dans une semaine.

 

Et si cette défaite contre Aarau avait finalement eu des vertus salvatrices ? Les Servettiens, si euphoriques à force de remporter tous leurs matchs malgré des performances moyennes et des retournements de situation improbables, semblent tout à coup beaucoup plus concentrés à l’aube de ce qui peut constituer pour eux ni plus ni moins qu’une semaine de vérité. Dans une semaine et deux heures très exactement, le Servette FC pourraient être officiellement de retour en Super League. Mais pour cela, il faut tout d’abord rapporter trois points du nord de la Suisse. Pour s’offrir une finale de rêve, mais aussi pour s’éviter des frayeurs inutiles. Et tant qu’à faire, pour faire plaisir à ses fidèles supporters qui seront présents en grand nombre pour célébrer le 30e anniversaire de la Section Grenat.

 

Pour évoquer ce déplacement, nous avons pu rencontrer Steve Rouiller et Alain Geiger avant qu’ils ne prennent la route. Ces interviews ont été réalisées en collaboration avec Blaise Bugyil (Radio Lac), dont les questions sont mentionnées comme telles.

 


 

La patience comme mot d’ordre

 

Steve Rouiller, lors des deux buts d’Aarau, on a eu l’impression d’une défense apathique. C’est aussi votre sentiment ?

 

Non, je pense que c’est l’équipe en général qui a baissé le rythme. On a eu un manque de concentration à ce moment-là. On avait réalisé une bonne première mi-temps, la jouerie, la concentration et l’agressivité étaient là, mais on n’a pas su tuer le match. Ces deux buts en deuxième mi-temps nous ont un peu réveillé, mais c’était trop tard pour revenir. C’est une défaite qui nous laisse un peu amers, même si cela ne veut pas dire que l’on est plus dans le coup. Devant notre public, ça fait toujours mal.

 

S’adapter aux circonstances

 

C’était la première défaite à domicile depuis le mois d’août, on peut imaginer que c’est tout de même plus facile de passer à autre chose dans ces conditions, non ?

 

Oui. De toute façon, il le faut car on sait qu’à Schaffhouse, on a une belle opportunité de prendre les trois points et de s’offrir une grosse rencontre ensuite contre Lausanne. Schaffhouse va tout donner également car ils sont à la lutte pour le maintien. En plus, c’est un terrain synthétique, on a eu pas mal de difficultés cette année sur cette surface. Mais on sait que l’on pourra compter sur le soutien de nombreux supporters pour nous aider à faire le travail.

 

Rouiller face à Cicek : l’une des clés de ce match, assurément ! (© Bastien Gallay)

 

Justement, ce match va se disputer dans un contexte sportif et extra-sportif très particulier. Est-ce que cela change quelque chose à la préparation ?

 

Non, pas tant que cela. On se prépare comme d’habitude, mais on part aujourd’hui pour être sûrs de bien récupérer. Ça ne va pas être un match facile, ils jouent leur survie. Il nous faudra essayer de les éteindre le plus rapidement possible.

 

“Les buts qu’on a pris n’étaient pas à cause de l’adversaire, mais d’erreurs collectives et individuelles”

 

Schaffhouse possède d’excellentes armes offensives avec Castroman, Cicek et Sessolo alors que Servette encaisse beaucoup ces temps. Est-ce la clé du match selon vous ?

 

Oui, mais je pense que les buts qu’on a pris n’étaient pas tant à cause de l’adversaire, mais plutôt à cause d’erreurs collectives et individuelles de notre part. Il ne faut pas trop se mettre la pression sur qui va jouer en face, on sait qu’avec notre qualité offensive, ça devrait le faire.

 

Ne pas trop se porter vers l’avant

 

(BB) Qu’est-ce que votre entraîneur vous a dit cette semaine concernant ces nombreux buts encaissés ?

 

On en a discuté un peu tous ensemble. On doit apprendre à mieux gérer nos temps faibles, à plus rester compacts ensemble derrière. Nous avons tendance à toujours vouloir attaquer et aller vers l’avant, du coup on laisse parfois trop d’espaces à l’adversaire. On doit trouver le bon moment pour attaquer et pour défendre en équipe. Si on arrive à gérer cela, on devrait aller loin.

 

“On est déçus, mais ça ne remet rien en cause”

 

(BB) Cette défaite contre Aarau a-t-elle engendré une remise en question ?

 

Non. Une défaite à domicile, ça fait toujours mal, mais en face, c’était une bonne équipe qui veut aussi tout faire pour accrocher cette place de barragiste et monter. Nous, on est déçus parce que c’était face à notre public, mais ça ne remet rien en cause. On a toujours huit points d’avance et deux matchs très importants à venir sur lesquels il ne faut pas se louper.

 

Ne pas trop perdre d’énergie

 

(BB) Qu’avez-vous travaillé de spécifique cette semaine ?

 

On doit surtout s’adapter au terrain. On a travaillé deux jours sur le synthétique cette semaine pour s’y habituer. On est une équipe technique, ça aide aussi. On doit être attentifs à ne pas perdre trop d’énergie trop vite à cause de cette surface. Nous devrons être patients, bien faire tourner le ballon comme on l’avait fait la dernière fois en première période. La patience, c’est le mot d’ordre de ce match.

 


 

Geiger en a profité pour recadrer certains joueurs

 

(BB) Alain Geiger, est-ce que cette défaite vous a permis de remettre les choses au point ?

 

Je crois que ce n’est jamais agréable de perdre. J’attends aussi une réponse lors du prochain match. Naturellement, on en a parlé. On n’a pas fait tout juste puisqu’on a perdu. On n’a à la fois pas assez marqués de buts et trop concédé. A mon avis, sur le plan défensif, on aurait pu mieux faire. L’élan, la dynamique, le jeu, l’enthousiasme, tout était là. Maintenant, il faut être plus vigilants. Cela fait pas mal de matchs que l’on encaisse trop. Nous devons être plus attentifs sur le plan défensif, sans pour autant minimiser l’importance de se créer des occasions.

 

Certains ont oublié leur rôle

 

(BB) Sur le plan défensif, qu’est-ce que vous avez cherché à travailler à l’entraînement cette semaine ?

 

Chez nous, on se concentre avant tout sur le rôle du joueur sur le terrain, sa fonction dans le jeu, notamment offensif. Par exemple, sur les côtés, Iapichino surtout, mais Sauthier aussi, ce sont des latéraux, leur rôle est donc avant tout de bien défendre, surtout à l’extérieur. Ils doivent être prudents et ne venir qu’au bon moment sur le plan offensif. L’équilibre défensif-offensif doit être mieux équilibré.

 

“Un latéral rentre sur le terrain d’abord dans le but de bien contenir son adversaire et de donner de bonnes bases défensives”

 

Vu qu’il y aura des absents sur le plan offensif, est-ce que vous allez apporter des modifications défensives, par exemple en remontant Iapichino d’un cran ?

 

Actuellement, je ne peux pas faire grand chose sur le côté gauche. La dernière fois que Wüthrich était absent, j’avais remonté Iapichino parce qu’on avait Severin derrière. Aujourd’hui, sur le plan défensif, on n’a qu’un seul élément sur ce côté-là, ce qui laisse peu d’alternatives. Du coup, l’important, c’est de recadrer chacun sur son rôle : d’abord, il rentre sur le terrain dans le but de bien contenir son adversaire et de donner de bonnes bases défensives. Après, j’ai toujours dit à mes joueurs que nous avons beaucoup de possibilités sur le flanc offensif. Cela ne sert donc à rien de les doubler ou de les provoquer inutilement. Soyons bien organisés sur le plan défensif avant d’aller vers l’avant la fleur au fusil. C’est ce à quoi il faudra faire attention à Schaffhouse.

 

Trois points, c’est tout

 

Si l’on en croit votre logique depuis le début de la saison, à domicile il faut une victoire et à l’extérieur il faut ramener le plus de points possibles. Vu qu’il n’y a pas eu de victoire à la Praille, est-ce que vous attendez plus de vos joueurs à Schaffhouse ?

 

On connaît la valeur de Schaffhouse. C’est une équipe plutôt bonne qui vient de se refaire un moral. Nous, on joue à chaque fois pour les trois points donc… On va y aller pour chercher les trois points. On veut marquer des buts. On va avancer. Ce n’est pas une histoire de positionnement. Au bout d’un moment, si l’on ne fait les efforts que dans un sens, c’est normal qu’on y paie dans l’autre. Je veux simplement que mes défenseurs gardent plus de forces pour le jeu défensif et amènent, si c’est possible, de la percussion offensive. On a énormément de joueurs offensifs : deux attaquants et un numéro dix. On ne peut pas déjouer notre rôle, chacun doit faire ce qu’il est censé faire sur le terrain.

 

“Alphonse n’est pas encore tout à fait à 100% après sa blessure”

 

En parlant de milieu offensif, Wüthrich sera absent. Est-ce que vous allez complètement modifier vos plans pour le remplacer ?

 

On a plusieurs possibilités. Il y a Cognat qui peut jouer à ce poste comme contre Chiasso. Alphonse n’est pas encore tout à fait à 100% après sa blessure, mais il revient bien. On peut aussi imaginer lancer Follonier sur le côté gauche ou renforcer le milieu de terrain avec un 4-4-2 plus classique. Je n’ai pas encore arrêté mes choix, mais de toute manière ce sera une excellente équipe qui sera sur le terrain.

 

Reconnaissant envers ses dirigeants

 

Au vu du contexte très particulier autour de ce match, n’est-ce pas un match compliqué à aborder ?

 

Puisqu’on parle de licence (notamment), il nous faut tout d’abord féliciter nos dirigeants qui ont eux réussi à l’obtenir facilement. Apparemment, on mène donc au niveau des licences face à Schaffhouse ! (rires) J’ai aussi répété aux joueurs qu’il y aura beaucoup de Servettiens (on parle de quatre à cinq cars) puisque c’est les 30 ans de la Section Grenat. Avec ces deux aspects, on doit rapporter un résultat positif. Quand je dis positif, ça veut dire d’aller chercher les trois points.

 

Le synthétique, est-ce que cela a encore une influence à ce stade de la saison ?

 

On n’a pas été trop pénalisés jusqu’ici. Hormis à Wil en août, on n’a jamais perdu cette saison sur cette surface. On s’y adapte assez bien avec notre technique de jeu. On y est même assez à l’aise. L’avantage de Schaffhouse, c’est que c’est un grand stade, on a malgré tout de l’espace et cela nous convient bien pour imposer notre jeu.

 

Pas d’inquiétude au niveau des cartons

 

Il y a plusieurs joueurs menacés de suspension. Est-ce que vous allez tenter de gérer cet aspect ou est-ce que vous faites confiance à vos joueurs ?

 

Bien sûr qu’on peut avoir une réflexion, mais il faut aussi différencier les cas des joueurs de champ et du gardien. Ce dernier peut rapidement avoir des problèmes dans les vingt dernières minutes s’il ne va pas rapidement placer son ballon sur un cinq mètres. D’autant qu’on aura un trio d’arbitres qataris en prévision de la Coupe du monde 2022, on ne sait pas trop comment ils vont se comporter. Mes joueurs sont concentrés car l’enjeu est énorme : gagner le championnat. Ma foi, ils sont se sont mis dans cette situation, à eux de le gérer et de savoir se comporter. C’est surtout le cas pour Frick, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même d’avoir récolté ce carton inutile en allant critiquer un arbitre. Ils doivent maîtriser leurs nerfs, ils le savent. On ne va pas changer la dynamique pour eux.