Le Servette Chênois féminin s’est imposé 4-0 au Stade de Genève hier face aux Young Boys Frauen. Les neo-promues n’ont pas tremblé un seul instant dans une partie à sens unique.

 

Nous les avions laissées dans un froid polaire marquant le début de la pause hivernale à la cinquième place de LNA (voir l’article). Quatre mois plus tard, nous retrouvons les Servettiennes luttant pour le podium d’un championnat qu’elles découvrent pourtant. Peut-être légèrement en sur-régime comme nous le confie leur entraîneur Eric Sévérac à l’interview, elles démontrent en tout cas qu’elles ont largement le niveau de l’élite du football helvétique. Et ce n’est pas Young Boys Frauen (oui oui, c’est bien ainsi que se nomme la section féminine des “Jeunes Garçons”…) qui dira le contraire, tant le club de la capitale, à la lutte avec Yverdon pour éviter la chute en LNB, n’a jamais pu rivaliser avec son adversaire du jour.

 

Un coup du sort pour débuter

 

Devant un public venu joliment garnir la tribune principale de la Praille (450 spectateurs), les Grenat veulent bien faire et entament cette rencontre de la meilleure des manières possibles. Elle dominent outrageusement des Bernoises qui ne passeront pratiquement pas le milieu du terrain pendant le premier quart d’heure. Les Genevoises ouvrent logiquement la marque sur corner (l’une de leurs spécialités) à la 10e minute par Kattalin Stahl, transfuge hivernal de… YB Frauen, et excellente tout au long de la partie.

 

Les Servettiennes s’imposent au Stade de Genève (© Bastien Trottet)

 

Malgré ce premier but rapide, Servette ne desserre pas l’étreinte et force les visiteuses à commettre des fautes. Suite à l’une d’elles, Paula Serrano botte un splendide coup-franc des 25 mètres qui file au ras du poteau. Tania Chassot, la gardienne bernoise, s’envole et réalise un petit miracle pour sortir cette frappe. Malheureusement pour elle, sa réception est manquée et elle ne se relève pas. Blessée à la main? Au bras? A l’épaule? Difficile à dire, toujours est-il qu’elle doit céder sa place à Saskia Bürki après un quart d’heure de jeu.

 

Les cinq minutes d’interruption liées à ce changement imprévu ont le mérite de redistribuer les cartes pendant quelques instants, les Jaune-et-noir parvenant ainsi enfin à prendre le contrôle du cuir. A la 25e, sur un modèle de contre-attaque, Hürni touche la latte de Castro alors qu’elle semblait avoir fait le plus dur. Ce sera le tournant du match.

 

Servette tue rapidement le suspense

 

Dans l’enchaînement ou presque, Sandy Maendly et Maeva Sarrasin ont chacune une grosse opportunité, mais la portière adverse oppose son véto par deux fois. Ce n’est que partie remise. A la 40e minute, sur une merveille de passe dans la profondeur de Serrano, Sarrasin place l’un de ses démarrages rageurs qui font sa réputation et prend la défense adverse de vitesse. Un petit lob du bout du pied pour éliminer Bürki plus tard, c’est 2-0 pour le SFCCF sans qu’il n’y ait quoi que ce soit à redire. Les Servettiennes tiennent leur os et ne vont pas le lâcher.

 

A l’instar de leurs collègues masculins la veille, les Genevoises attaquent la seconde période sur les chapeaux de roues. En cinq minutes, elles se créent deux immenses occasions, dont une à nouveau sur corner, mais ne parviennent pas à inscrire le troisième. Il tombe finalement comme un fruit mur à la 61e sur une grossière erreur d’Aline Stöckli dont la passe en retrait complètement dévissée fait le bonheur d’une Maeva Sarrasin à la fois opportuniste et pleine d’abnégation en la circonstance. Les Servettiennes viennent de tuer le match, ce que le SFC n’avait pas réussi à faire la veille.

 

Une fin de match en feu d’artifice

 

Le nom du vainqueur ne fait dès lors plus l’ombre d’un doute et les Bernoises tirent définitivement la prise. Hormis un immense raté de leur part à la 74e à deux contre un suite à une glissade d’une défenseure servettienne, elles n’inquiètent plus Castro, la gardienne genevoise, qui a passé une après-midi des plus tranquilles.

 

Sa vis-à-vis ne peut  par contre pas en dire autant dans le dernier quart d’heure puisqu’elle affronte une véritable déferlante Grenat. Les locales obtiennent ainsi pas moins de sept ou huit occasions particulièrement dangereuses, dont deux consécutives sur la transversale. Maeva Sarrasin, bien servie dans la profondeur par Giuglia Pezzotta, profite de l’une d’elles pour compléter son hat-trick et s’emparer de la tête du classement des buteuses.

 

Le Servette Chênois féminin s’impose ainsi 4-0 sans forcer. C’est d’ailleurs ce dernier point qui impressionne le plus car il illustre la marge dont l’équipe dispose maintenant sur certains adversaires alors que c’était justement l’une des craintes en début de championnat. Le petit Poucet Grenat a bien grandi cette saison et énormément gagné en maturité. On ne peut que s’en réjouir !

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

La percussion offensive du SFCCF. Maeva Sarrasin réussit un triplé et mérite amplement le titre de joueuse du match, d’autant qu’elle aurait pu inscrire encore plusieurs buts. Mais c’est l’ensemble de l’offensive servettienne qui mérite d’être saluée ici car les passes décisives (ou potentiellement décisives) furent légion et permirent aux attaquantes d’être régulièrement dans d’excellentes dispositions face aux filets adverses.

 

A améliorer

 

La sérénité en phase défensive. Les Servettiennes disposent d’une belle qualité en défense mais ne font pas toujours les bons choix (ou, à défaut, au moins les plus simples). C’est d’ailleurs ces mauvaises décisions qui ont amené la majorité des actions bernoises. Cela n’a pas porté à conséquence dans ce match, mais face à un adversaire plus huppé, nul doute que cela pourrait s’avérer plus problématique. L’apprentissage du haut niveau continue petit-à-petit !

 


 

Réactions d’après-match

 

Maeva Sarrasin

 

Eric Sévérac

 


 

Servette FC Chênois féminin – Young Boys Frauen 4-0 (2-0)

Stade de Genève, 450 spectateurs.

Buts : 10′ Stahl (1-0), 40′ Sarrasin (2-0), 61′ Sarrasin (3-0), 76′ Sarrasin (4-0).

Servette : Castro; Felber, Faure, Stahl, Carmeni (46′ Tufo); Muir (64′ Pezzotta), Serrano (68′ Mateus), Duclos, Maendly, Jakupi; Sarrasin (C). Coach : Sévérac.

YB : Chassot (21′ Bürki); Hurni, Schassberger, Schmid, Gillmann; Wälti; Stöckli, Von Potobsky (73′ Waeber), Ismaili (C), Messerli (69′ Jost); Spahr. Coach : Wunderlin.

Avertissement : 85′ Stöckli.

Lien vers la feuille de match officielle