Les Grenat ont obtenu un match nul 0-0 plutôt logique à domicile contre le FC Lugano. Les deux équipes auraient pu repartir avec la totalité de l’enjeu mais Frick et les montants en ont décidé autrement.

 

Alain Geiger avait décidé de changer quelque peu de système pour cette rencontre en alignant un 4-4-2 en losange qui plaçait Ondoua comme milieu gauche et Schalk en duo avec Kyei. Des choix logiques puisque le Hollandais était l’un des seuls joueurs à avoir fait bonne impression à St-Gall tandis que Tasar semblait avoir besoin de souffler et qu’Ondoua avait besoin de temps de jeu à un poste moins exposé que celui de milieu défensif. La véritable révolution se trouvait plutôt du côté de la défense. Sauthier absent, on pouvait supposer que Gonçalves (ou éventuellement Routis) serait titularisé à droite et Severin (ou Gonçalves) à gauche. Que nenni! Le “footballeur valaisan du siècle” décida de briser sa charnière centrale habituelle pour lancer son compatriote Rouiller comme latéral droit et Christopher Routis en défense centrale. Des choix audacieux sans doute également dictés par une volonté de faire réagir certains de ses cadres qui n’ont pas répondu à ses attentes lors des derniers matchs.

 

Les deux équipes ont été saluer leurs supporters du côté de la Tribune nord à la fin de la rencontre (© Bastien Trottet)

 

La première mi-temps fut plutôt pauvre en beau football, Servette cherchant des automatismes dans sa nouvelle configuration et Lugano n’étant pas venu pour faire le jeu mais pour contrer la jouerie genevoise. A la pause, les Servettiens étaient plutôt bien payés avec ce 0-0 qui ne tenait que par les miracles réalisés par un excellent Jérémy Frick (une fois encore). Il y eut tout de même une réaction des locaux après le thé. Rouiller (!) fut le seul à parvenir à se montrer dangereux, une première fois du bout du pied suite à un corner (ce sera l’unique tir cadré de son équipe) et une deuxième de la tête sur la latte de Baumann, qui semblait toutefois sur le ballon. Schalk et Kyei tentèrent également de créer du jeu, mais dès la sortie de ce dernier pour Kone, plus rien ne fonctionna dans l’axe. De l’autre côté du terrain, Jérémy Frick continua à se montrer décisif pour assurer un point à son équipe, une petite unité qui pourrait s’avérer précieuse en cas de victoire dimanche contre le FC Zurich. En l’absence des trois points par contre, la situation deviendrait plus inquiétante, malgré les améliorations entrevues jeudi soir par rapport aux dernières sorties servettiennes.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Jérémy Frick. Le portier servettien s’est à nouveau montré intraitable, réalisant deux miracles et plusieurs parades de grande classe tout au long de la rencontre. Il est très clairement la satisfaction principale de ce premier tour avec déjà quatre blanchissages en huit matchs. Un magnifique bilan, surtout lorsque l’on se rappelle qu’au moment de sa prolongation de contrat ce printemps, de nombreux suiveurs du club ne l’imaginaient pas comme un titulaire potentiel en Super League.

 

La paire Schalk-Kyei. Cela peut paraitre incongru de citer un duo d’attaquants dans un match où l’efficacité offensive n’était pas au rendez-vous. Mais dans la lignée de leur demi-heure commune à St-Gall, les deux joueurs ont démontré une complémentarité intéressante tant dans leur positionnement offensif que dans leur abattage pour aller chercher des ballons et créer des espaces. On sent bien que Kyei n’est pas encore à 100% de ses possibilités, mais ce duo apporte tout de même un nouveau point d’ancrage dans la surface qui a parfois terriblement manqué lors des matchs précédents. A défaut de marquer, c’est donc malgré tout une amélioration à retenir.

 

L’amitié Lugano-servettienne. On peut aimer ou non le FC Lugano et ses fans, mais c’est toujours quelque chose de spécial que de voir les deux kops réunis dans la même tribune. Non pas qu’il ne soit pas agréable lorsque deux tribunes ennemies se répondent à coup de noms d’oiseaux, loin de là, mais à l’heure où les médias et les politiciens parlent de durcir encore les mesures contre le hooliganisme (un phénomène qui, rappelons-le, est amplifié artificiellement par l’inclusion systématique de la pyrotechnie dans les statistiques officielles), il nous semble fondamentalement important de mentionner les actions positives des supporters lorsqu’elles existent.

 

A améliorer

 

Tout. Derrière cette introduction volontairement provocatrice se cache une réalité assez crue: actuellement, Servette manque d’idées, mais aussi de fraîcheur, de profondeur, de réussite et de créativité. En l’absence de certains cadres (Sauthier, Cognat, Iapichino), les Grenat se reposent sur ceux qui restent. Le pauvre Stevanovic, par exemple, se retrouve avec l’intégralité de la créativité offensive servettienne sur les épaules, un fardeau bien plus lourd à porter en Super League qu’en Challenge League. Et lorsque lui-même évolue un ton en deçà de ses capacités, ce qui est le cas en ce moins de septembre, la bonne vieille tactique “dans le doute, passons le ballon à Miça” ne fonctionne plus et rappelle aux autres joueurs qu’ils doivent eux-aussi endosser leurs responsabilités, avec une réussite pour l’instant assez médiocre. Les retours cet automne de plusieurs joueurs de couloir, principalement à gauche, devraient toutefois atténuer quelque peu ces difficultés.

 

Le lanceur de fumigène en tribune principale. Alors que l’on mentionnait l’usage splendide de la pyrotechnie le week-end dernier à St-Gall, alors que les kops luganais et servettien étaient rassemblés en Tribune Nord, un petit malin assis non loin du banc genevois a décidé de gâcher la fin de match en lançant un fumigène sur la pelouse, tout proche d’un joueur. Un acte d’une absurdité sans nom qui a laissé sans voix les supporters des deux camps. L’avenir nous le dira sûrement, mais il semble probable qu’il n’avait rien à voir avec ces derniers et qu’il ne devrait pas revenir dans un stade avant plusieurs années. Et pour ce genre d’individus-ci, les mesures actuelles ne sont clairement pas trop sévères.

 


 

Réactions d’après-match

 

Jérémy Frick

 

Alain Geiger (en conférence de presse)

 

Fabio Celestini (en conférence de presse)

 

(propos recueillis par Clément Vuagnat)


 

Servette FC – FC Lugano 0-0

Stade de Genève, 4’212 spectateurs.

Arbitre : M. Hänni.

Servette : Frick; Rouiller (C), Routis, Sasso, Gonçalves; Cespedes (80′ Souici); Stevanovic, Wüthrich (62′ Imeri), Ondoua; Schalk, Kyei (59′ Kone). Coach : Geiger.

Lugano : Baumann; Yao, Maric, Kecskes; Sabbatini (C); Lavanchy, Custodio (71′ Lovric), Vecsei, Obexer (52′ Aratore); Holender, Carlinhos (37′ Dalmonte). Coach : Celestini.

Avertissements : 28′ Wüthrich, 85′ Lavanchy.

Notes : Servette sans Sauthier (blessé), Lang, Cognat, Iapichino, Busset (convalescents) et Chagas (non-convoqué). Lugano sans Soldini, Covilo, Bottani, Sulmoni, Daprelà, Crnigoj, F. Rodriguez, Macek (blessés) et Sasere (non-convoqué).