Genevois et Valaisans se sont quittés sur un zéro à zéro relativement équitable. Frick a sauvé les siens dans les arrêts de jeu.

Bien souvent, lorsque les journalistes et les entraîneurs discutent avant une rencontre, chacun envisage pour celle-ci un plan bien spécifique. La plupart du temps, le football a cela de passionnant qu’il dispose de sa propre logique dont la rationalité n’est pas la caractéristique principale. Et puis il arrive parfois que tout le monde s’entende sur le scénario que suivra un match. C’est précisément ce qui s’est passé dans ce Servette-Sion.

Les deux équipes ont ainsi cherché à prendre les devants dans le premier quart d’heure, sans toutefois y parvenir. Wüthrich, à nouveau très inspiré, passe par deux fois à quelques millimètres du Graal lors de cinq minutes de folie Grenat, sans toutefois réussir à tromper l’excellent Fickentscher, titularisé en lieu et place de Mitryushkin. Puis Sion prend petit-à-petit le contrôle du ballon, sans pour autant réussir à en faire bon usage. Les Sédunois alertent certes plusieurs fois Frick, mais sans réel danger pour le portier servettien et ce malgré un nombre de corners élevé.

Le Kop servettien était très bien garni pour ce premier match de Super League à Genève depuis 2013 (© Samuel Gremaud)

Les deux équipes rentrent donc aux vestiaires sur un score de 0-0 qui reflète plutôt bien la physionomie de la première période. A noter que la VAR a été sollicitée pour confirmer l’avis de M. Tschudi qui avait correctement vu que Sauthier n’avait pas touché le ballon de la main sur une séquence qui aurait pu amener l’ouverture du score des visiteurs ou un penalty pour ceux-ci.

Rapidement, Sion prend la maîtrise du cuir et le possède jusqu’à l’heure de jeu environ, au moment où Ondoua doit quitter ses partenaires en raison d’une légère entorse à la cheville, selon les propos tenus par Alain Geiger après le match (voir ci-dessous). Peu de temps plus tard, un premier tournant du match se produit : Bastien Toma échoue face à un tacle défensif proche de la perfection de Rouiller et se laisse tomber de manière théâtrale dans la surface. M. Tschudi n’hésite pas une seconde et avertit l’attaquant, là où une décision contraire aurait probablement valu une douche prématurée au défenseur. Cinq minutes plus tard, le Chablaisien monte sur un corner et ajuste le poteau de Fickentscher, ce dernier étant largement battu avant de voir le ballon lui atterrir miraculeusement dans les gants. A quelques millimètres près, Rouiller sauvait donc doublement les siens.

Dès ce moment-là, Servette prend les commandes du match. A la 75e minute, c’est au tour de Schalk d’ajuster le poteau du gardien vaudois du FC Sion avant qu’un défenseur ne se jette pour contrer la reprise. Bien empruntés, les Valaisans subissent les nombreux assauts des Genevois jusqu’à la fin de la partie, sans pour autant concéder l’ouverture du score. Sur la dernière action, les visiteurs passent même à deux doigts d’empocher les trois points mais Jérémy Frick réalise une sortie monumentale pour venir contrer l’attaquant adverse. Le match se termine ainsi sur un 0-0 qui ne frustre personne, tant les deux équipes auraient pu partir avec la totalité de l’enjeu à un moment donné.


Que retenir de ce match ?

De positif

Jérémy Frick. Le portier servettien a été tout simplement immense dans ses interventions, comme ce fut déjà le cas à Berne une semaine plus tôt. Très critiqué sur son jeu au pied, il a paru plus à l’aise dans ce domaine également, même s’il a parfois encore été mis en difficulté par le pressing valaisan. Aucun doute, les Grenat disposent bel et bien d’un gardien à la hauteur de leurs ambitions.

Steve Rouiller. On avait loué Vincent Sasso à Berne, c’est cette fois-ci son compère de défense qui a sorti un match tout simplement hallucinant. Capable de retours défensifs aussi osés que salvateurs, le numéro quatre servettien a démontré qu’il pouvait être bien plus que le pilier d’une équipe de Challenge League. S’il parvient à tenir un tel rythme tout en participant aussi activement à la construction du jeu grâce à ses longs ballons, il ne fait aucun doute que la défense genevoise pénétrera dans les cauchemars de plusieurs attaquants de Super League.

L’ambiance. Quel bonheur de retrouver un Stade de Genève aussi vivant et coloré pour un match qui n’est pas une finale! Tifo, pyrotechnie, grosses performances vocales et banderoles “amicales” envers les adversaires: tous les ingrédients étaient réunis pour passer un magnifique derby et ce fut le cas. Dommage que les Servettiens ne soient pas parvenus à ouvrir la marque car la Praille sembait prompte à s’enflammer.

A améliorer

Le match de Tasar. Si intéressant face à YB, le transfuge d’Aarau est cette fois-ci passé à-côté de son match. Rien de bien inquiétant puisqu’il s’agit pour lui aussi d’une découverte du haut niveau, mais son remplacement à l’heure de jeu a semblé inévitable selon les propos de son entraîneur.

Le réalisme. Certes, Fickentscher a réalisé deux excellentes parades en première mi-temps et a été sauvé à deux reprises par ses montants en deuxième période, mais cela souligne également le manque de réalisme servettien lors de cette rencontre. Pour l’instant ce n’est pas encore problématique, mais attention à ne pas égarer trop de points de cette manière ces prochaines semaines.


Réactions d’après-match

Koro Kone
Alain Geiger

Servette FC – FC Sion 0-0

Stade de Genève, 11’142 spectateurs.

Arbitre : M. Tschudi.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Gonçalves; Ondoua (57′ Cespedes), Cognat (82′ Imeri); Stevanovic, Wüthrich, Tasar (64′ Schalk); Kone. Coach : Geiger.

Sion : Fickentscher; Kouassi, Ndoye, Abdellaoui; Maceiras, Behrami, Zock, Lenjani; Toma (72′ Grgic); Itaitinga (64′ Luan / 83′ Kasami), Fortune. Coach : Henchoz.

Avertissements : 33′ Cognat, 62′ Toma, 89′ Kouassi, 90+1′ Fortune.

Notes : Servette sans Lang, Iapichino, Busset (blessés), Maccoppi (convalescent), Mfuyi et Antunes (non-convoqués). Sion sans Rafael, Nsakala (blessés), Mitryushkin et Adryan (non-convoqués).