Servette se déplace à Kriens cet après-midi (à suivre dès 17h15 sur notre webradio) pour y affronter le néo-promu. Après deux victoires consécutives à la maison, les Grenat vont chercher à confirmer face à un adversaire qui n’a encore jamais gagné dans sa nouvelle enceinte!

Lors du traditionnel point presse d’avant-match, nous avons pu nous entretenir avec Yoan Séverin, Sébastien Wüthrich et bien évidemment l’entraîneur Alain Geiger. Retrouvez-ci-dessous l’essentiel de ce qui s’y est dit, étant précisé que certaines questions ont été posées par Geff Scarantino (Radio Lac / GE-Sports hockey).

 


 

“Je ne pense pas que je finirai meilleur buteur de Servette”

 

Sébastien Wüthrich, depuis quelques matchs, le secteur offensif s’est beaucoup amélioré. Comment l’expliquez-vous ?

 

On commence à trouver des automatismes. On essaie aussi de moins changer le système et les joueurs depuis deux matchs, offensivement du moins. C’est ce qui va faire notre force cette année, on a beaucoup de nouveaux joueurs, ce qui a un peu compliqué le début de saison, mais là on commence à mettre en forme quelque chose et j’espère que cela va payer. En tout cas on voit la différence, on est plus à l’aise et j’espère qu’on arrivera à marquer plusieurs buts contre Kriens. Cela va être compliqué parce qu’ils seront tous derrière. Il faudra donc marquer les premiers et ne pas se faire contrer comme on l’a fait à la Praille.

 

“On ne devait jamais faire match nul contre Kriens à domicile”

 

Kriens fait un début de saison assez fort pour un néo-promu. Que pensez-vous de cette équipe ?

 

On l’avait effectivement vu chez nous. Dans le jeu, on les avait asphyxiés, on ne devait jamais faire match nul contre eux. Cela avait été difficile de marquer le premier but, mais quand on l’a fait, il ne fallait surtout pas en reprendre un derrière. On sait qu’ils cherchent le match nul dès le début du match et qu’ils ne vont pas se priver s’ils peuvent même gagner des matchs, comme ils l’ont fait à Rapperswil. Ils ont aussi leur attaquant Siegrist qui est en feu. Il faudra se méfier, souvent les néo-promus sont sur une bonne phase. Ils ont fait pas mal de matchs nuls, ils n’en n’ont pas gagné beaucoup mais c’est une équipe qui est difficile à affronter. Il faudra qu’on soit prêts tant offensivement que défensivement et que l’on sache où on veut aller.

 

“Je pense que l’entraîneur a certains joueurs dans son onze et que pour d’autres, ça peut ne pas être facile”

 

Il n’y a presque plus de blessés dans l’équipe (interview réalisée avant celle d’Alain Geiger, ndlr). Comment vivez-vous la concurrence au sein du groupe ?

 

On savait que le coach avait un effectif de riches à sa disposition. Il faut qu’il fasse des choix, c’est son travail, mais c’est bien pour l’équipe parce qu’il faut gagner sa place à l’entraînement, se battre pour cela, et le niveau s’élève aussi. Après, je pense aussi que l’entraîneur a certains joueurs dans son onze et que pour d’autres ça peut ne pas être facile. On a des joueurs de prêtés par des clubs de Super League qui jouent un peu moins, quelques joueurs de grande qualité qui sont sur le banc, mais c’est cela aussi le football et c’est ce qui fera notre force si tout le monde accepte la situation et est content même de rentrer et de faire la différence, comme ce fut le cas au dernier match.

 

Vos statistiques personnelles sont bonnes malgré le fait que l’animation offensive servettienne ne fonctionne pas encore à plein régime. Quel est votre avis là-dessus ?

 

J’ai peut-être un peu de réussite. On attend le premier but de Schalk, je sais que ça va tourner pour lui. On sait qu’on a un gros potentiel offensif. Stevanovic a aussi des bonnes statistiques, Alphonse en a mis deux, bref il nous faut juste du temps mais ça va tourner. Je ne pense pas que je finirai meilleur buteur de Servette parce qu’il y a des attaquants qui sont là pour cela et j’ai confiance en eux.

 

“Je suis un des leaders dans l’équipe, mais plutôt un leader sur le terrain”

 

Si vous deviez définir votre rôle au sein de l’équipe, quel serait-il ?

 

De rester positif, d’encadrer un peu les jeunes aussi parce que je fais un peu partie des leaders dans l’équipe, mais plutôt un leader sur le terrain que par la parole. Je laisse la parole à ceux qui sont plus à l’aise avec cela, personnellement j’essaie d’apporter mon maximum sur le terrain. Je sais que je vais le faire notamment avec mon niveau technique ou autre. Je sais que je dois vraiment apporter mon maximum aussi pour que les jeunes prennent exemple et que tout le monde tire à la même corde parce qu’on aura besoin de tout le monde pour monter en Super League.

 


 

Yoan Séverin, la (re)découverte d’un nouveau poste

 

Yoan Séverin, vous avez vécu un début de saison compliqué. Depuis quelques matchs, cela semble aller mieux. Comment l’expliquez-vous ?

 

Il faut savoir que latéral gauche n’est pas mon poste de prédilection. De match en match, je me sens mieux, surtout sur le plan offensif, mais j’ai encore beaucoup de choses à travailler. Ce but me fait en tout cas beaucoup de bien à la confiance.

 

Vous êtes défenseur central à la base, c’est juste ?

 

Oui exactement, même si je peux également jouer latéral gauche au besoin.

 

Vous aviez déjà joué à gauche avant cette saison ?

 

Oui, quand j’étais jeune, ça m’est arrivé quelques fois. Ce fut aussi le cas de temps à autre en Italie, ou alors comme défenseur gauche d’une défense à trois. Cette année, j’enchaîne les matchs à gauche et ça se passe bien.

 

“Je n’ai pas hésité une seconde pour rejoindre l’un des plus grands clubs suisses”

 

Vous avez eu un parcours assez particulier. Comment est-ce qu’on se retrouve en D2 suisse après tout cela ?

 

Je suis parti en D1 belge pour avoir du temps de jeu, chose que j’ai eue au tout début où j’ai enchaîné six matchs. Après, il s’est passé des choses notamment avec le coach et une histoire de partenariat avec la Juventus. Du coup, je n’ai plus eu de temps de jeu, ou du moins presque rien. J’ai cherché à me relancer et c’est là qu’est tombée cette opportunité du Servette, un club important en Suisse. Je n’ai pas hésité une seconde pour rejoindre l’un des plus grands clubs du pays, que je connaissais déjà auparavant d’ailleurs.

 

Comment vous sentez-vous dans l’équipe, notamment avec la concurrence de Robin Busset ? Et plus globalement, à Genève ?

 

Je pense qu’il n’y a pas vraiment de titulaire ou de remplaçant, d’autant que le coach fait aussi beaucoup tourner. Pour l’instant, j’ai la chance de jouer, à moi de saisir l’opportunité. Il y a un super groupe ici avec une très bonne ambiance et la ville est très belle donc tout va pour le mieux.

 

“Je dois améliorer mon jeu offensif. […] C’est là-dessus que je travaille en ce moment.”

 

Si vous deviez donner un point fort et un point faible de votre jeu, que diriez-vous ?

 

Je pense que mon point fort, c’est ma tranquillité. Par contre, je dois améliorer mon jeu offensif puisque j’évolue maintenant à un poste où il faut apporter aussi une contribution offensive. C’est là-dessus que je travaille en ce moment.

 


 

Alain Geiger veut du monde dans les 16 mètres adverses

 

Alain Geiger, quelles vont être les clés du match contre Kriens ?

 

On sait que c’est une bonne équipe qui joue compact qui joue en 4-1-4-1 et qui reste en place. Ils ne veulent pas trop le ballon, c’est plutôt une équipe de contre-attaque. On se rappelle qu’au dernier match, on avait 70% de possession de balle sur le match. C’est ce qu’ils vont nous proposer, ils seront en place, ils vont nous laisser le ballon et contrer sur nos erreurs.

 

“Quand il n’y a qu’un seul joueur à la retombée d’un centre, c’est plus difficle de marquer que s’il y en a quatre.”

 

Depuis quelques matchs, on voit un Servette plus offensif qui marque plus de buts. Quelle est la différence avec le début de la saison ?

 

On a cherché à progresser aux entraînements en augmentant la présence dans les 16 mètres. Ça ne dépend pas du système, on est toujours onze sur le terrain, pas douze ou treize. Il nous faut vraiment amener les joueurs dans le « box ». Quand il n’y a qu’un seul joueur à la retombée d’un centre, c’est plus difficile de marquer un but que s’il y en a quatre. Maintenant, on a beaucoup plus de joueurs dans les 40, 20 et 16 derniers mètres. C’est la zone de vérité. Le football se gagne dans les 16 mètres défensifs et offensifs. Le profil des joueurs fait également beaucoup : plus vous avez des joueurs offensifs, plus vous avez la possibilité d’aller dans la surface adverse.

 

Le championnat est très serré cette année. Quel œil jetez-vous sur celui-ci ?

 

J’estime que c’est un championnat d’un très bon niveau qui a beaucoup de bonnes équipes. On a beaucoup parlé en Suisse romande de Lausanne et Servette comme favoris, c’est sûrement aussi un peu lié à l’histoire des deux clubs, mais au final on voit qu’il y a aussi des équipes alémaniques qui sont redoutables. C’est bien d’avoir un championnat qui est équilibré et difficile pour tout le monde.

 

“J’ai dit aux gars qu’on allait gagner ce match avec du caractère”

 

Qu’avez-vous dit à l’équipe à la mi-temps du match contre Aarau pour qu’il y ait un tel changement de visage en seconde période ?

 

Il faut être patient. Quand on joue à domicile, les adversaires sont repliés et nous laissent peu d’espaces. C’est là que la fraîcheur rentre en ligne de compte. Plus le temps passe, plus ils se fatiguent et plus on peut les mettre en difficulté, notamment en deuxième mi-temps. Le scenario était d’ailleurs un peu le même que contre Wil, on a des bonnes occasions en première mi-temps mais on ne les met pas au fond. La différence, c’est que contre Aarau, on en a encaissé un, ce qui nous forçait à en mettre deux.

 

J’ai simplement demandé aux joueurs d’avoir plus de caractère. Il faut qu’on s’éloigne du niveau de l’adversaire, qu’on augmente le rythme, mais ce n’est pas toujours évident. On a pu le faire en deuxième période. J’ai dit aux gars de se libérer un peu, qu’on allait gagner ce match avec du caractère. J’ai aussi fait un réglage dans le milieu de terrain, au lieu d’avoir deux « six », j’ai poussé Cognat sur la gauche pour amener des rushs. Cela permettait à Alphonse d’être plus haut et cela a été bénéfique.

 

“Je découvre à chaque fois des nouveaux stades…”

 

Kriens évolue dans un tout nouveau stade. Est-ce que cela change quelque chose dans la préparation d’aller dans un stade inconnu ?

On y est habitués. Personnellement, même si ce n’est pas moi qui joue, je découvre à chaque fois des nouveaux stades. Je n’avais jamais vu ceux de Rapperswil, Wil, Kriens etc. (rires). Tout ce que l’on sait, c’est que c’est un synthétique. A la demande des joueurs, on a fait deux séances d’entraînements sur un synthétique hier et on en refera encore une aujourd’hui (vendredi, ndlr). Je crois qu’on est assez plaisants sur synthétique. Par exemple à Wil, même si on a perdu là-bas, on a fait une excellente deuxième mi-temps. Pareil à Schaffhouse. On est assez à l’aise là-dessus avec notre technique.

 

Un petit point blessures/absences ?

 

Pas de nouveau concernant les absences de longue durée (Lang et Souaré). Sauthier a eu un problème musculaire cette semaine, il ne sera pas disponible pour Kriens. Alphonse est quand à lui incertain, il a pris le pied de Maierhofer dans la dernière minute de jeu contre Aarau qui lui a laissé un immense coquard sur le visage. J’attends la séance d’entraînement de cet après-midi pour discuter avec lui et prendre une décision, mais s’il ne peut pas jouer de la tête, je ne vais pas prendre le risque de l’aligner.