Servette se rend à la Pontaise ce soir (en direct dès 19h45 sur notre site) pour un derby qui sonne comme un match de la dernière chance pour les Vaudois. Du côté Genevois par contre, pas d’affolement, on sait que cette rencontre vaut trois points comme les autres.

 

Lausanne-Servette, c’est un bon vieux derby historique qui vivra son 183e épisode ce soir. Si Alain Geiger en a vécu un certain nombre lorsqu’il était joueur, c’est aussi le cas pour Anthony Sauthier, capitaine emblématique des Grenat. Quant à Andrea Maccoppi, il est un interlocuteur de choix pour nous parler du LS pour lequel il jouait il y a peu encore et de son entraîneur qu’il avait côtoyé à Vaduz. Bref, trois visions très intéressantes de ce match au sommet qui ont été récoltées par Thomas Zinguinian en collaboration avec Blaise Bugyil (Radio Lac) dont les questions sont mentionnées comme telles.

 


 

Le Capitaine se réjouit de la marée Grenat

 

(BB) Anthony Sauthier, quels sont vos meilleurs souvenirs de Lausanne-Servette ?

 

En tant que spectateur, c’est clairement le titre de 1999. Malheureusement, je n’avais pas pu aller à la Pontaise à l’époque mais je me souviens que c’était un très beau match. Je n’avais que huit ans mais je savais déjà depuis longtemps ce que représentait le Servette puisque mon père m’amenait souvent aux Charmilles.

 

(BB) Et comme joueur ?

 

Difficile de ressortir un moment précis, mais je me souviens que lors d’une saison, nous avions obtenu quatre victoires en quatre confrontations contre eux, c’était vraiment magnifique. Mais si je dois n’en ressortir qu’un, je dirais ce fameux match où Besnard met le 0-1 victorieux à la 92e minute. C’était de la folie.

 

Un match particulier sur plusieurs aspects

 

(BB) L’affluence risque d’être importante. Est-ce que vous ressentez un frémissement particulier autour de ce match ?

 

Oui, clairement. On a pu voir notamment sur les réseaux sociaux qu’il va y avoir une marée grenat à Lausanne, comme en décembre d’ailleurs. J’en profite pour remercier encore nos supporters, il y avait une ambiance incroyable au premier tour et je sens que ça va être encore mieux mercredi.

 

(BB) Lausanne est la seule équipe que vous n’avez pas encore battue cette saison. Est-ce une motivation supplémentaire ?

 

On veut gagner tous nos matchs. Que ce soit Lausanne ou une autre équipe, on veut gagner. Après, c’est clair que comme on ne les a pas encore battus, ça serait super pour le club et les supporters de le faire là-bas. Ce serait une fierté et cela nous permettrait de continuer notre marche en avant. Mais nous sommes des professionnels, tous les matchs comptent, quelle que soit l’équipe en face.

 

“Alexandre Pasche serait ravi de marquer contre nous”

 

(BB) D’où peut venir le danger côté lausannois ?

 

Peut-être qu’ils seront transcendés contre nous. Ils ont eu de la peine contre Chiasso et ne voudront surtout pas refaire une contre-performance chez eux. Ils ont de la qualité partout, mais je sais qu’Alexandre Pasche serait ravi de marquer contre nous. Devant, ils ont Buess qui vient de Super League, ce n’est sûrement pas pour rien qu’il y était et s’il a une occasion, je pense qu’il la mettra au fond. A nous d’être prêts !

 

Un petit air de Super League

 

(BB) Les deux équipes compteront peu d’absents. On peut donc s’attendre à un match au niveau très élevé ?

 

Oui. Il faut deux équipes pour avoir un grand match. On l’a vu contre Winterthour, des deux côtés il y avait de la qualité et une volonté de produire du jeu. Lausanne est une bonne équipe et voudra nous battre, j’espère donc que ce sera une super partie pour tout le monde.

 

“Si je vois un joueur énervé contre l’arbitre […], je dois veiller à le calmer”

 

(BB) Est-ce que votre rôle à vous va changer un petit peu dans ce match ?

 

Non, je n’ai pas reçu de consigne particulière. Par contre, si je vois qu’un joueur est un peu moins bien ou à l’inverse, si je suis un peu moins bien, l’équipe doit se soutenir et s’entre-aider. C’est un peu mon rôle aussi. De la même manière, si je vois qu’un joueur est énervé contre l’arbitre ou un adversaire, je dois aussi veiller à le calmer. Je pense qu’ils sont assez grands pour se gérer eux-mêmes, mais s’ils débordent un peu, je serais là pour les soutenir.

 

Est-ce que vous considérez que le match contre Winterthour était la performance la plus aboutie de la saison ?

 

Oui, c’était vraiment une belle partie. Nous avons eu de la peine à rentrer dans la rencontre et Winterthour en a profité pour marquer sur l’une des premières occasions. On ne s’est pas inquiétés, on sait qu’avec notre force de frappe offensive, on est capables de marquer beaucoup de buts et de renverser ce genre de situations. Contre Winterthour, on a réalisé un match plein. On a marqué des buts et tenu notre os en jouant au ballon. C’est peut-être ce qui change par rapport aux années précédentes où l’on ne serait pas forcément revenus au score. C’est tout benef’ pour nous.

 

Encore du travail en défense

 

Sur les quatre derniers matchs, vous en êtes à sept buts encaissés. Comment appréhendez-vous cette statistique ?

 

C’est sûr que ce n’est pas ce dont on rêvait, mais si l’on gagne 5-2 à la fin, personnellement ça ne me dérange absolument pas. On sait qu’il faut faire attention parce qu’un jour il peut y avoir un coup de mou devant donc on doit éviter de prendre ces deux buts. Mais dans le football, tout peut arriver, tant qu’on arrive à renverser le score, ce n’est pas grave.

 

Une Pontaise bouillante, une grosse pluie annoncée… Est-ce qu’on part sur un remake de 1999 ?

 

Je signe tout de suite ! (rires)

 


 

Geiger a de la mémoire mais pas de boule de cristal

 

(BB) Alain Geiger, est-ce que vous avez des souvenirs de Lausanne-Servette qui vous ont marqués ?

 

J’ai un souvenir très ancien d’une victoire en Coupe avec Servette où j’ai eu l’occasion de maquer un but. Plus récemment, je garde de très bons souvenirs des deux derbys de cette saison, l’ambiance y était extraordinaire. Evoluer devant 7-8’000 spectateurs alors qu’on a l’habitude d’avoir 450 spectateurs à l’extérieur en Challenge League, c’est évidemment des matchs très motivants à jouer.

 

(BB) Sauf erreur, ça devait être en 1982 et vous aviez marqué en prolongation. Vous aviez d’ailleurs gagné le trophée.

 

Oui, c’est vrai. Nous avions fait quatre finales à l’époque où j’étais joueur au Servette. Heureusement que l’on en a gagné une !

 

Un derby est toujours particulier

 

(BB) Sentez-vous l’engouement autour du match de mercredi ?

 

Oui, évidemment. Il y a toujours une saine rivalité entre les deux clubs. C’est souvent des très bons matchs et je pense que c’est la qualité du football qui doit primer. On avait vu du bon football en août à Genève, c’était également le cas en décembre à Lausanne. Ces derbys sont un peu comme des matchs de Coupe, c’est particulier, il y a de la tension, mais c’est toujours très intéressant à vivre.

 

Le match de la dernière chance pour les Vaudois (© Bastien Gallay)

 

(BB) Vous n’avez pas encore battu le LS cette saison. Est-ce que cela représente un défi supplémentaire pour votre équipe ?

 

Lors du premier match, nous avions été héroïques, nous avions touché la barre dans les dernières minutes alors que nous jouions à deux joueurs de moins. En décembre, nous avons fait un nul mais nous aurions pu prétendre à plus. Pour cette troisième partie, on aimerait évidemment faire les trois points, comme l’on cherche toujours à le faire lorsqu’on se déplace. Si l’on suit la chronologie, une défaite, un nul, pourquoi ne pas ramener une victoire de Lausanne ?

 

Lausanne n’est pas deuxième pour rien

 

(BB) Est-ce que le style de jeu du LS vous convient moins que d’autres équipes ?

 

Non, c’est une équipe qui est très solide, qui est forte et qui a beaucoup d’expérience. Ce sont des athlètes plutôt costauds. Notre chance, c’est qu’ils ont concédé énormément de matchs nuls, bien plus que nous car nous avons voulu éviter cela en cherchant toujours à gagner nos rencontres. On sait qu’ils sont très proches de nous. La différence au niveau comptable s’explique par ces matchs nuls.

 

“Nous devons faire attention à Bues, Margiotta et Dominguez”

 

(BB) De quoi allez-vous vous méfier particulièrement ?

 

Lausanne a beaucoup de gauchers qui frappent bien au but. Ils sont bons également sur les balles arrêtées. Ils peuplent bien l’axe du terrain tout en utilisant leurs latéraux pour déborder. Nous devrons faire attention à Buess, Margiotta et Dominguez. C’est une équipe solide qui mérite largement sa deuxième place. Ils ont l’expérience de la Super League ces trois dernières années et disposent d’un large budget. C’est pour cela qu’ils n’ont perdu que deux fois et qu’ils sont très difficiles à battre.

 

Pas de changement tactique à prévoir

 

Beaucoup des matchs nuls lausannois étaient contre des équipes très regroupées en défense. Prévoyez-vous de modifier votre tactique ?

 

Non, ce n’est pas trop le style de la maison. Je tiens un discours simple avec mon staff : on ne sait pas où on va aller faire les trois points. On peut très bien les faire contre Rapperswil et pas contre Lausanne, ou inversement. Autant avoir une mentalité qui nous pousse à aller gagner tous les matchs avec un jeu le plus percutant possible. Si l’on veut gagner, il faut aller vers l’avant et marquer des buts. C’est ce que l’on a essayé de faire jusqu’ici parce que je n’avais pas de boule de cristal me permettant de savoir quand on allait être vainqueurs ou perdants. Ce sera toujours le cas pour ces dix derniers matchs. A nous d’être concentrés à chaque match pour aller chercher les trois points à chaque fois que cela sera possible.

 


 

Lausanne est solide comme le veut son entraîneur

 

Andrea Maccoppi, contre Winterthour, vous avez joué très bas, presque comme un troisième défenseur central…

Parfois le coach me demande de descendre le plus bas possible pour aider les défenseurs centraux à sortir la balle. Je l’ai déjà fait dans d’autres clubs, ça ne me dérange pas du tout.

 

Comment abordez-vous ce derby face à l’une de vos anciennes équipes ?

Le plus important, c’est que Servette gagne ou du moins ne perde pas ce match afin de rester au moins dix points devant Lausanne. Je ne sais pas encore si je serais titulaire, mais je me réjouis de cette rencontre.

 

(BB) Quel regard portez-vous sur la saison du Lausanne-Sport ?

Ces matchs nuls sont un petit peu la spécialité de Giorgio Contini. Je l’avais eu à Vaduz, il veut toujours que son équipe joue de manière très solide. C’est exactement ce qu’il se passe avec Lausanne. Ça sera donc difficile de les affronter, d’autant que nous devrons nous aussi nous montrer très solides.

 

(BB) Vous aviez été promu avec Vaduz et Contini il y a 5 ans. D’après vous, qu’est-ce qui fonctionnait à l’époque qui ne fonctionne pas avec Lausanne ?

Je ne me pose pas trop la question à vrai dire. Peut-être qu’à Vaduz, nous avions plus de joueurs capables de créer des offensives, tels que Neumayr (Aarau) ou Schürpf (Lucerne).

 

(BB) Lausanne est la seule équipe que Servette n’a pas encore battue cette saison. Est-ce que cela vous importe vraiment ou seule la promotion est importante ?

Je dirais un peu des deux. C’est un match important, un derby entre les deux premières équipes de Challenge League, il va être très joli à jouer et à regarder aussi je l’espère.

 

(BB) Quel prestige y a-t-il de gagner ce match pour vous ?

Pour les supporters et même pour nous, c’est toujours sympa de gagner ce genre de rencontres. Mais au final, c’est surtout le leader contre son dauphin, on se doit donc de repousser Lausanne le plus loin possible de nous. Je suis peut-être trop terre-à-terre, mais je pense que c’est le plus important.

 

Vous avez joué à Lausanne récemment. Selon vous, à quels joueurs faut-il faire le plus attention ?

Maxime Dominguez, sans hésitation. Il a un talent incroyable qu’il s’est construit à Servette d’ailleurs, même s’il n’est pas encore parvenu à le matérialiser dans sa carrière. Je pense également à Margiotta qui est souvent dangereux. J’espère toutefois qu’il ne sera pas dans un bon jour !