Elles menaient 2-0 avant de se faire rejoindre sur le fil par des Lucernoises rageuses. Ce point est malgré tout bon à prendre.

 

 

Néo-promues en LNA, les filles d’Eric Sévérac terminent la première phase du championnat à la cinquième place, à égalité de points avec le FC Bâle qui les devancent à la différence de buts. Un bilan plutôt satisfaisant pour les Genevoises, qui plus est au vu de l’avance qu’elles ont sur la place de relégable qu’occupe le FC Yverdon (qui a certes un match de moins, mais celui-ci s’avère être contre le FC Zurich qui n’a égaré aucun point jusque-là…).

 

 

Des circonstances particulières

 

 

Pour obtenir ce bon classement, il a fallu livrer une dernière bataille. Un douze décembre à Genève, c’est généralement gage de succès. Prévue initialement à la Praille, cette rencontre se disputa finalement sur le synthétique de Balexert en raison du mauvais état de la pelouse et de la nécessité de la préserver pour le dernier match de Challenge League du Servette FC masculin. Dommage car la section féminine du club aurait mérité les honneurs de ce stade, mais compréhensible dans la mesure où il était plus facile de les délocaliser elles.

 

 

Malgré un froid polaire (entre -2 et -4°), les Servettiennes avaient à coeur de continuer sur leur belle lancée qui les a vu en quelques matchs effectuer une remontée fulgurante au classement en battant successivement Yverdon, YB et Lugano. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, c’est donc une équipe similaire (à une joueuse près) aux dernières sorties que l’entraîneur Grenat avait décidé d’aligner.

 

 

Si la partie débutait sur un rythme léger, le temps pour les deux équipes de terminer leur échauffement, c’est bien Servette qui prit rapidement les devants. Sur une bonne action initiée par Di Pasquale côté droit, Maendly repiquait dans l’axe grâce à une bonne feinte de corps. Placée en position idéale, elle pouvait ouvrir le score et libérer d’entrée ses couleurs. Les Genevoises profitèrent de cet élan pour maîtriser le ballon pendant une large partie de la première mi-temps en se créant notamment quelques grosses actions, sans réussite toutefois. Et lorsque, parfois, les Lucernoises  parvenaient à prendre en défaut la défense locale, la gardienne Silva Castro en profitait pour se réchauffer les gants, à l’instar de cette magnifique claquette à la 25e sur un coup-franc vicieux des visiteuses.

 

 

Des détails qui changent tout

 

 

1-0 à la pause, le score semblait donc flatteur pour les joueuses de Suisse centrale, mais il était clair qu’il allait évoluer en seconde période. Il fallut à nouveau quelques minutes aux joueuses pour rentrer dans leur match. A ce petit jeu-là, ce fut la capitaine Maeva Sarasin qui réveilla les siennes à la 50e par l’une de ses longues courses dans le dos de la défense, un classique de sa part qui ne perd assurément pas en efficacité. Malheureusement pour elle, son envoi longea la ligne de but sans vouloir y entrer. Ce n’était toutefois que partie remise puisqu’à peine deux minutes plus tard, les Servettiennes récupérèrent un ballon dans l’entre-jeu. Grâce à un contre favorable, Maendly décalait Colville qui en profitait pour inscrire son deuxième but de la saison et donner un avantage quasi décisif à son équipe.

 

 

Quasi, oui, car à l’heure de jeu, le coach Eric Sévérac effectua un changement surprenant avec l’entrée de Mirela Jakupi, attaquante, pour la milieu de terrain Di Pasquale. Maeva Sarrasin nous indiquera à l’heure de l’interview (à retrouver ci-dessous) que ce remplacement a déstabilisé l’équipe et libéré des espaces. C’est ainsi qu’après dix minutes de flottement où le jeu se muscla et où les joueuses locales commirent plus de fautes,  Lucerne parvint à réduire la marque sur un coup-franc concédé trop facilement et surtout mal négocié par la défense servettienne.

 

 

Piqure de rappel ou début d’un coup de froid pour les Grenat? On eut la réponse à peine une poignée de minutes plus tard. Sur un coup de pied arrêté très similaire au précédent, la défense genevoise se manquait à nouveau et Chantal Wyser parvint à égaliser d’une belle frappe à l’orée de la surface. Dur à encaisser pour des Servettiennes qui avaient maitrisé leur sujet une heure durant et qui voyaient leurs efforts ruinés en moins d’un quart d’heure.

 

 

Une fin de match débridée

 

 

Les dix dernières minutes furent ainsi passionnantes, les deux équipes refusant de se satisfaire de ce match nul. Quelques instants après le but lucernois, le ciel manqua de tomber définitivement sur la tête des Grenat. Pour la deuxième fois depuis le début de la partie, le ballon vint heurter le haut du corps d’une défenseuse sans que l’arbitre n’estime l’action fautive. Puis ce fut au tour d’Ana Silva Castro de se (re)mettre en évidence en réussissant une parade décisive sur une contre-attaque adverse.

 

 

Enfin, dans les arrêts de jeu, Maeva Sarrasin se retrouva au sol dans la surface adverse, là non plus sans intervention de l’arbitre. Dans la continuité, ce fut au tour de Lucerne de se retrouver avec un ballon qui longea la ligne, à nouveau sans daigner la traverser. Le match se termina donc sur ce 2-2 qui ne satisfera probablement pas le camp Grenat à chaud, mais qui n’est pas si illogique que cela au regard des occasions des deux équipes.

 

 

Un bilan intermédiaire positif

 

 

Servette termine donc cette première phase sur une bonne série d’invincibilité de quatre matchs (dont trois victoires) qui lui a permis de se redresser après une interminable disette de sept rencontres (six défaites et un nul). Plus important encore, le groupe a retrouvé une cohésion qui s’était parfois évaporée. Si le maintien n’est pas encore acquis, ces douze points d’avance sur la barre permettront à toute l’équipe genevoise de préparer sereinement le deuxième tour.

 

 

C’est en tout cas un repos bien mérité pour des Servettiennes qui font honneur à leurs couleurs et à l’histoire de leur club. Qu’on se le dise, voir une équipe Grenat dans le top-5 de LNA, cela peut sembler normal pour les anciens, mais c’est à l’heure actuelle un exploit qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur, peu importe que l’on parle de football féminin ou masculin. En ces temps de disette footballistique dans notre canton, Servette joue le haut du tableau et c’est bien la seule chose qu’il faut retenir.

 

 


 

 

Maeva Sarrasin à l’interview

 

 

Maeva Sarrasin répond aux questions de Bastien Trottet

 

 

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