Les Grenat l’ont fait: en s’imposant 3-1 contre le LS, ils ont validé leur titre de champion de Suisse de deuxième division et évolueront donc en Super League l’année prochaine.

 

Servette-Lausanne, c’est l’histoire d’un match qui a déchainé bien des passions avant même que le coup d’envoi ne soit donné. En bref, un scénario rêvé pour tout fan servettien : un match pour le titre, pour la promotion face à l’ennemi lémanique dans un stade presque plein. Rarement dans l’histoire qui lie le stade de la Praille au Servette FC une ambiance pareille a été perçeptible, peut-être pour le barrage face à Bellinzone en 2011 ou lors du match pour l’Europe contre Bâle en 2012. Un cadre idyllique donc pour une rencontre qui pouvait rentrer dans l’histoire. 

 

Au niveau des forces en présence, Servette était privé de Schalk et voyait son attaque composée de Kone, Alphonse, Wüthrich et Stevanovic. Hormis ce changement, l’équipe alignée est la même que lors du déplacement à Schaffhouse. 

 

Une entame folle

 

Les Grenat, poussés par l’ambiance extraordinaire à la Praille, ont commencé feu au plancher la partie. Pressing intense, projection rapide vers l’avant, les servettiens ne laissent pas les lausannois respirer et après quelques actions dangereuses, le SFC ouvre déjà la marque. A la 4e minute, Wüthrich tire parfaitement un corner sur la tête de Rouiller qui la dévie pour Stevanovic et ce dernier transforme l’offrandre sans trembler. Mais cette ouverture du score n’est pas synonyme de sagesse pour les hommes de Geiger car ils continuent d’attaquer sans s’essoufler. Koro Kone est même proche de doubler la mise mais il est signalé en position de hors-jeu pour un rien. 

 

Servette est de retour en Super League ! (© Bastien Gallay)

 

Après un début de match intense des Servettiens, Lausanne rentre enfin dans la rencontre et commence à faire un petit peu circuler le ballon dans le camp Grenat. Margiotta essaye sa chance de loin à la 10e pour le premier tir vaudois mais Frick est sur la trajectoire. On retrouve le gardien servettien au quart d’heure mais pour des raisons plus obscures : il rate totalement sa sortie sur un corner lausannois et se met lui-même le ballon au fond de ses filets. Le LS n’a rien montré durant cette entame mais égalise, une bien belle opération. Servette, se sachant alors encore mathématiquement promu, calme le jeu.

 

La suite de cette mi-temps est plus équilibrée, Stevanovic et Cognat se créent des opportunités alors que Dominguez et Margiotta leur répondent, les têtes se refroidissent à la Praille. Ces dernières vont même se glaçer à la 45e minute lorsque Rouiller et Oliveira s’entrechoquent, le dernier nommé reste au sol et est tout de suite mis en PLS par les soigneurs. Le jeune attaquant lausannois quittera la pelouse incosncient et sous les applaudissements du public genevois. Finalement plus de peur que de mal (transporté aux HUG, Oliveira se réveillera là-bas) mais une grosse frayeur. Il est remplacé par Koura. 

 

3 minutes pour s’offrir la Super League

 

La seconde période démarre tranquillement de chaque côté, rien à voir avec le début de match au niveau de l’intensité. Servette est virtuellement promu avec ce nul et Lausanne évite le pire en ne perdant pas, ce qui explique cette reprise plutôt calme. A l’approche de l’heure de jeu, le match redevient un peu plus intéressant car les équipes se livrent plus. Sauthier (51e) puis Alphonse (58e) exercent Castella mais Servette ne maitrise par totalement le match car Lausanne possède des bonnes occasions de rupture sans les conclure. Tout changea à la 74e minute : Alphonse délivra la Praille après une merveille de ballon de Stevanovic. Puis trois minutes plus tard, c’est l’entrant Imeri qui se jeta pour conclure un centre de Follonier. Game over. Les 15 dernières minutes ont servi de remplissage mais qu’importe : Servette est promu en Super League !

 

Bravo et merci

 

Le cadre de cet article m’imposerait de mettre des mots sur les émotions vécues à la Praille ce vendredi mais ces dernières ont été beaucoup trop fortes pour vous les narrer. Il y a tellement de choses à dire sur cette soirée qu’on va simplement se contenter d’adresser des félicitations et des remerciements.

 

Bravo et merci aux joueurs d’abord. Un groupe soudé, avec beaucoup de nouvelles têtes arrivées en début de saison et qui ont réussi à s’intégrer rapidement pour former une vraie osmose. Tout le monde a tiré à la même corde et l’ensemble du groupe a répondu présent, on pense notamment aux remplaçants habituels qui ont su faire la différence quand il le fallait.

 

Bravo et merci à Alain Geiger, Bojan Dimic et au staff. Les sceptiques étaient nombreux (dont votre serviteur) au moment de la nomination du coach valaisan en mai 2018. Un an plus tard, on ne peut que constater les faits et le féliciter pour avoir su redonner ses lettres de noblesse au SFC grâce à un jeu attrayant.

 

Bravo et merci à Didier Fischer et à l’ensemble des personnes qui l’ont accompagnées depuis 2015 pour rebatir le club. La tâche n’était pas simple quand la Fondation 1890 a repris les commandes du Servette : le club venait de redescendre en 3e division et la confiance des Genevois à égard du SFC était quasi nulle. Quatre ans plus tard, Servette est en Super League, il a retrouvé une âme et l’organisation n’a pas paru aussi stable depuis bien longtemps.

 

Enfin, bravo et merci aux supporters. Pas sûr que Servette aurait pu parcourir tout ce chemin et renaitre à chaque fois de ses cendres sans le soutien indéfectible du noyau dur de spectateurs que l’on voit chaque weekend à la Praille. Vendredi, c’est une majorité de non-habitués qui sont venus garnir le stade de Genève. On espère que ces personnes ont apprécié le spectacle et qu’elles reviendront en masse la saison prochaine !

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une chose

 

Positive

 

Servette est de retour en Super League !

 

A améliorer (mais genre… vraiment!)

 

L’envahissement de la pelouse à quelques minutes de la fin du match. Seul point noir de cette soirée, certaines personnes (parfois des enfants accompagnés de leurs parents…) ont décidé de ne pas attendre le coup de sifflet final de M. San pour célébrer la promotion sur le terrain. Ce comportement imbécile et dangereux pointe du doigt un problème typiquement genevois (ce genre d’envahissements ayant déjà coûté des sanctions à l’encontre du Servette FC). Un incident fâcheux qui aura malheureusement un peu gâché la fin de match…

 


 

Réactions (émues) d’après-match

 

Anthony Sauthier

 

Alain Geiger

 

Didier Fischer

 


 

Servette FC – FC Lausanne-Sport 3-1 (1-1)

Stade de Genève, 20’055 spectateurs (record en Challenge League).

Arbitre : M. San.

Buts : 4′ Stevanovic (1-0), 15′ Frick (contre-son-camp) (1-1), 74′ Alphonse (2-1), 76′ Imeri (3-1).

Servette : Frick; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Iapichino; Maccoppi; Stevanovic, Wüthrich (69′ Imeri), Cognat (90+1′ Sarr); Kone (83′ Chagas), Alphonse (75′ Follonier). Coach : Geiger.

Lausanne : Castella; Nganga, Loosli, Brandao, Flo; Kukuruzovic; Puertas, Dominguez (65′ Cabral), Pasche (C) (70′ Ndoye); Margiotta (78′ Zeqiri), Oliveira (45+4′ Koura). Coach : Contini.

Avertissements : 28e Nganga, 36e Loosli, 56e Koura, 64e Wüthrich, 73e Cabral.

Notes : Servette sans Lang, Schalk, Severin (blessés), Duah, Antunes et Busset (non-convoqués). Lausanne sans Geissmann, Pos (blessés), Silva, Nanizayamo et Buess (non-convoqué). 10′ but de Kone annulé pour hors-jeu.