Dans une rencontre au cours de laquelle les Servettiens auront soufflé le chaud et le froid, c’est finalement un sentiment tiède que garderont dans leurs esprits les 2591 spectateurs réunis pour encourager les Grenat face à l’étonnant leader saint-gallois.

 

Le goût oublié de la victoire

 

Un mois. C’est le temps qu’il aura fallu attendre aux Servettiens avant de retrouver le goût de la victoire (2-0 face à Winterthur le 24 aout dernier), ce même goût qu’ils avaient cru pouvoir savourer lors de leurs trois dernières sorties face à Schaffhouse, Kriens et Rapperswil, mais dont la douceur d’une réussite acquise se dissolvait pour n’en laisser qu’une saveur amère lors de leurs fins de matchs. Ces trois matchs s’étaient soldés par des matchs nuls 1-1 alors que les Grenat menaient 1-0 dans chacune de ces trois rencontres avant de se faire rejoindre.

 

Mais cette série de trois matchs nuls consécutifs ne pouvait ni ne devait pas continuer. Pas face à Wil, les Saint-gallois ayant l’occasion de distancer le Servette FC de 9 points en cas de victoire. Le président Fischer l’avait dit lui même dans un entretien accordé à la Tribune de Genève en milieu de semaine, ses joueurs se devaient de « tailler un costard » au FC Wil pour leur venue à la Praille.

 

L’éclair Wüthrich

 

Les 20 premières minutes de cette rencontre furent totalement à l’avantage des Grenat, bien aidés par un Kastriot Imeri très à son affaire en première mi-temps, sans pour autant trouver la faille dans la défense des Saint-gallois. On pensait alors que le match serait facile pour les Grenat : il n’en n’était rien. A la suite de ces vingt bonnes premières minutes succéda une séquence de possession des joueurs du FC Wil n’aboutissant néanmoins qu’à très peu d’occasions franches des visiteurs, bien que la défense servetienne laissait (déjà) paraître des trous et des errements lors des quelques incursions adverses.

 

Dans un système remanié par rapport à celui de Rapperswill le week-end passé (Maccoppi et Cognat débutant la rencontre sur le banc et Routis, blessé, la regardant depuis les tribunes), c’est par l’intermédiaire de Wüthrich (plutôt bon hier soir) que l’ouverture du score interviendra à la 39ème minute. A la suite d’une bonne récupération de Cespedes à la mi-terrain, Stevanovic put adresser un bijou de centre en directiondu n°10 qui, après une course parfaite,  armait une tête splendide pour propulser le ballon au fond des filets de Kastranovic, juste au moment où les Saint-gallois prenaient peu à peu l’avantage dans le jeu sur les Genevois.

 

L’avantage pour les Grenat à la pause était plutôt mérité,  ces derniers s’étant procurés plus de tirs et ayant eu un meilleur pourcentage de possession du cuir que leurs adervsaires du jour. Mais, bien que menant au score à la mi-temps, le plus dur n’était pas encore fait pour les Grenat qui se devaient de revenir en deuxième période animés d’une autre attitude que lors de leurs trois derniers matchs lors desquels ils avaient également mené 1-0.

 

Bis repetita ?

 

La deuxième mi-temps fût fade et il n’y eu que très peu d’occasions de part et d’autre, les Servettiens retombant dans leurs travers de ne toujours pas savoir concrétiser des actions pourtant si évidentes (ce fut également le cas en première mi-temps). La première par Schalk, qui arma une tête trop molle (16ème), suivi de Stevanovic dont la sienne n’atteint pas le cadre (45ème). Puis Alphonse, pourtant seul face au gardien, voyait son tir être dévié d’un arrêt réflexe somptueux (55ème). Et à nouveau Schalk manqua, encore une fois, une situation de un contre un face à Kostadinovic (67ème). Enfin, le tir puissant de Follonier s’écrasa contre le poteau (83ème).

 

Lors des phases défensives, la composition dictée hier soir par Alain Geiger, à savoir un 442  en losange, n’a probablement pas aidé les Servettiens face au système développé en phase offensive par le FC Wil. Les Saint-gallois auront réussis régulièrement par de bons une-deux et des jeux en triangulation à passer par les côtés de la défenses Grenat, les latéraux se laissant déborder trop facilement.

 

Heureusement pour les Grenat, il y avait deux hommes très à leur affaire dans leurs rangs ce soir. Tout d’abord en la personne de Steve Rouiller, qui aura été impérial dans bien des situations défensives compliquées, et deuxièmement Jeremy Frick, auteur d’un blanchissage, sauvant à plusieurs reprisey sont équipe. Probablement les meilleurs joueurs Grenat ce soir.

 

Au bout du suspens

 

Le FC Wil voyant au fil des minutes que le potentiel d’égalisation était là, le leader de Challenge League jouait son va-tout offensif lors des dernières minutes de la partie, obligeant les Servettiens à procéder par des contres, les empêchant de créer du jeu simple au sol tout en les forçant à se replier.

 

A ce petit jeu, on pensait bien que les Grenat allaient retomber dans leurs travers des derniers matchs (qui plus est face au premier du championnat) mais, sur un coup-franc de tous les dangers à la 95ème minute par M. Piccolo (très bon ce soir), l’entraineur Saint-gallois, Konrad Fünfstück, demanda à son gardien de monter dans les seize mètres servettiens. C’est Cortelezzi qui se chargea de tirer ce coup-franc. Celui-ci fut repoussé par la défense des locaux et le ballon arriva jusque dans les pieds du jeune Antunes resté à la pointe de l’attaque qui, après une course folle jusqu’au but délaissé par le gardien, n’eu plus qu’à sceller le destin de la partie dans la cage vide.

 


 

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose…

 

De positive

 

La victoire, tout simplement. Cette dernière permet aux Servettiens de se rapprocher de la tête du championnat et de ne pas s’enliser dans le ventre mou du classement. Espérons qu’elle permette également de repartir sur une dynamique positive pour leurs prochaines rencontres.

 

A améliorer

 

Le mois de septembre 2018 Grenat qui aura été… “nul”. Trois matchs nuls en championnat et un nul en coupe face à Lucerne (défaite aux penaltys). Allez ouste, on oublie ce mois de septembre pourri et on repart sur de bons rails pour ce deuxième tour de Challenge League !

 


 

Interviews d’après-match (par Fred Monnier)

 

Alain Geiger :

 

Alexis Antunes :

 


 

Servette FC – FC Wil 2-0 (1-0)

Stade de Genève, 2’591 spectateurs.

Arbitre : M. Piccolo

Buts : 39′ Wüthrich (1-0), 90+5′ Antunes (2-0).

Servette FC : Frick; Sauthier (C), Sarr, Rouiller, Séverin; Cespedes, Stevanovic (88′ Mfuyi), Imeri, Wüthrich (73′ Cognat); Schalk (90′ Antunes), Alphonse (80′ Follonier). Entraîneur : Geiger.

Wil : Kostadinovic; Rahimi, Havenaar, Von Niederhäusern; Gonçalves (67′ Hefti), Zé Eduardo, Breitenmoser (69′ Scholz), Schäppi; Lombardi (C) (86′ Savic); Silvio, Audino (75′ Cortelezzi). Entraîneur : Fünfstück.

Avertissements : 28′ Gonçalves, 56′ Wüthrich, 74′ Cespedes, 90+2′ Savic, 90+5′ Follonier.

Notes : Servette sans Routis, Lang, Duah, Souaré (blessés), Kone (problèmes administratifs) et Busset (non-convoqué). Wil sans Latifi (suspendu), Eugster, Herter (blesés), Hoxha et Beka (non-convoqués).