Les Grenat se sont inclinés 1-0 au Tessin sur un terrain à la limite du praticable. Ils se sont pourtant créé des occasions, mais la réussite qui les avait accompagné ces dernières semaines n’avait pas franchi le Gothard.

 

Servette se déplaçait au Cornaredo pour la première fois depuis 2015, mais nul doute qu’ils n’eurent pas le moindre problème pour trouver leurs marques en arrivant sur place tant ce stade vétuste semble figé dans le temps. Pour quiconque n’aurait jamais entrepris les cinq heures de route séparant la Praille de l’enceinte tessinoise, il suffit d’imaginer la Pontaise et d’y enlever la possibilité de circuler librement à l’intérieur pour mieux comprendre pourquoi les pontes de l’UEFA ont poussé les Bianconeri à l’exil pour leurs joutes européennes du jeudi soir. Et comme si cela ne suffisait pas, le hasard a encore ajouté de très fortes précipitations pile sur l’horaire de la rencontre pour corser encore un peu plus cet affrontement qui n’est déjà pas le préféré de nombreux suiveurs du football suisse (2’360 spectateurs seulement !), la Section Grenat mise-à-part puisqu’ils entretiennent depuis longtemps une relation des plus amicales avec les Teste Matte locaux (les deux kops ont comme à leur habitude passé la deuxième mi-temps ensemble).

 

Et le match, me direz-vous ? Il s’est déroulé en trois temps. Le premier, jusqu’à la demi-heure de jeu environ, a vu deux équipes au niveau similaire se jauger et tenter de placer quelques banderilles, sans pour autant prendre trop de risques. Autrement dit, un grand round d’observation qui ne restera pas dans les annales de la SFL. A ce petit jeu-là, Lugano a eu plus souvent le ballon, mais c’est Servette qui a obtenu les occasions les plus franches, obligeant notamment le gardien Baumann à une première grosse parade. La deuxième demi-heure, à-cheval sur les deux mi-temps, a logiquement conduit à l’ouverture du score. Elle fut luganaise à la 48e, mais elle aurait très bien pu être servettienne à la 42e si Wüthrich était parvenu à glisser son tir enroulé une dizaine de centimètres plus à droite du poteau. Les Bianconeri ont eux profité d’un léger moment de flottement dans la défense genevoise au moment où Gonçalves, blessé, a cédé sa place à Rayan Souici, qui n’avait plus joué depuis deux mois, pour prendre celle-ci à revers et virer en tête.

 

Des conditions pour le moins compliquées au Cornaredo (© Bastien Trottet)

 

La troisième partie de cette rencontre a débuté par un fait de jeu qui aurait pu la sceller définitivement. Jérémy Frick voyait sa relance interceptée par une flaque et Carlinhos tenter le lob en premier intention. Son ballon s’écrasa sur la latte du portier servettien et servit l’électrochoc pour toute son équipe. Stevanovic (par trois fois), Schalk et Cognat sont par la suite chacun passés à un cheveu de l’égalisation dans une dernière demi-heure dominée par les visiteurs, mais leurs tentatives ont toujours trouvé un montant, un gant ou un appui défaillant pour les empêcher de se transformer en but. Pas de doute possible, la réussite qui accompagnait Servette depuis le début du mois de novembre l’avait abandonné en ce premier jour de décembre. Dommage au niveau comptable, mais les Grenat ont réalisé une performance solide qui confirme les acquis de ces dernières semaines. Un bon résultat à Zurich dimanche prochain et cette défaite passera pour un accident de parcours tout à fait anecdotique.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

L’état d’esprit. Un point récurrent dans cette rubrique, mais une fois encore, Servette a fait preuve d’un état d’esprit irréprochable malgré les vents contraires. Les Grenat auraient pu se laisser abattre par ce petit coup du sort qu’était l’ouverture du score, ils se sont au contraire s’accrochés et ont cherché à ramener quelque chose de ce déplacement même s’ils savaient dès le coup d’envoi que l’équipe qui marquerait la première serait en position extrêmement favorable.

 

Le Servette FC Chênois féminin. Ce n’est pas directement lié au match qui nous intéresse ici, mais impossible de ne pas saluer la qualification des Grenat pour les demi-finales de la Coupe de Suisse féminine. Les filles d’Eric Séverac se sont vaillamment imposées 0-3 sur le terrain de Balerna (TI) la veille de Lugano-Servette et accèdent pour la deuxième fois en trois ans à ce stade de la compétition, où elles retrouveront le FC Zurich Frauen, leur adversaire en 2018, mais cette fois-ci à l’extérieur. Leaders de LNA, les Servettiennes sont donc toujours en course pour un doublé qui serait historique pour l’ensemble du football genevois !

 

Le SFCCF s’est imposé à Balerna et disputera les demies-finales de la Coupe de Suisse (© Bastien Trottet)

 

A améliorer

 

L’entrée de Rayan Souici. Certes, latéral droit n’est pas son poste de prédilection. Certes, il était pour le moins compliqué d’entrer en jeu sur un terrain aussi catastrophique. Il n’empêche : le numéro 28 servettien est totalement passé au travers de son match. En manque évident de rythme et d’inspiration, il a erré comme une âme en peine sur son flanc droit au point que Stevanovic finissait par décrocher ou revenir défendre plus souvent qu’à son tour. Si Servette a penché à gauche durant toute la deuxième mi-temps, ce n’est pas uniquement parce que le duo Iapichino-Tasar/Schalk se trouvait bien, mais aussi parce qu’il n’existait plus de solution à droite. On peut supposer que si Gonçalves venait à devoir manquer le déplacement à Zurich, Routis sera appelé à la rescousse, que ce soit comme latéral ou défenseur central.

 

Le Cornaredo. Seul stade de SFL qu’il restait au soussigné à découvrir, le Cornaredo est fidèle à sa réputation: absolument pas fonctionnel et inadapté aux réalités du football moderne. Là où le Brügglifeld d’Aarau et la Schützenwiese de Winterthour parviennent à rester chaleureux malgré des infrastructures limitées, l’enceinte luganaise est froide et dépassée. C’est ainsi le seul stade de Super League où il n’est pas possible de tenir une conférence de presse, tandis que les interviews d’après-match sont réalisées directement en bord de terrain. Quant au public, il est contraint de payer extrêmement cher (plus de 40 francs) s’il veut éviter la pluie. Problème : la piste d’athlétisme rend la vue depuis les tribunes plutôt inconfortable, pour ne pas dire carrément mauvaise. Heureusement que le reste de la ville est largement plus accueillant…

 


 

Réactions d’après-match

 

Jérémy Frick

 

 

Steve Rouiller

 

 


 

FC Lugano – Servette FC 1-0 (0-0)

Stadio Cornaredo, 2’360 spectateurs.

Arbitre : M. Bieri.

But : 48′ Carlinhos (1-0).

Lugano : Baumann; Yao, Kecskes, Daprelà (C), Obexer; Covilo; Lavanchy, Lovric (78′ Guidotti), Vecsei, Aratore (61′ Bottani), Carlinhos. Coach : Jacobacci.

Servette : Frick; Gonçalves (48′ Souici), Rouiller (C), Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich, Tasar (65′ Schalk); Kyei (60′ Kone). Coach : Geiger.

Avertissements : 34′ Stevanovic, 37′ Aratore, 69′ Wüthrich, 75′ Souici, 75′ Cognat, 79′ Iapichino, 90+2′ Carlinhos, 90+2′ Bottani.

Notes : Lugano sans Custodio (suspendu), Soldini, Maric, Kameraj, Sabbatini, Gerndt, Crnigoj, Macek (blessés) et F. Rodriguez (malade). Servette sans Sauthier, Lang (blessés), Cespedes, Maccoppi, Severin, Chagas et Busset (non-convoqués).