Entretien avec l’entraîneur des Grenat et son défenseur central à la veille de leur première sortie de la saison.

La saison 2018-2019 de Challenge League a débuté hier soir avec un match nul 1-1 entre le Lausanne-Sport, fraîchement relégué de Super League et le SC Kriens, récemment promu de Promotion League. Un premier match joué sous des trombes d’eau et complètement manqué par les Vaudois, pourtant grandissimes favoris de ce championnat selon bon nombre de suiveurs de la deuxième division helvétique. 

En ce samedi pluvieux, c’est au tour du Servette FC d’entreprendre une énième opération promotion. Et quoi de mieux qu’un candidat au titre pour se mettre directement dans le bain ? C’est ce qui attend les Servettiens du côté du Brügglifeld du FC Aarau, tout désigné à arbitrer ce duel lémanique. 

La veille de ce départ en Argovie, Thomas Zinguinian a eu l’occasion de s’entretenir avec le nouvel entraîneur des Grenat, Alain Geiger, arrivé à la Praille fin mai, tandis que Bastien Trottet a pu s’entretenir avec le revenant Christopher Routis.

 

Alain Geiger, comment sentez-vous votre groupe ?

L’équipe est bien, ça fait quatre semaines et demi que l’on travaille ensemble. On a eu beaucoup de travail, étant donné qu’il y a eu certains joueurs qui sont arrivés après deux voire trois semaines. Donc il y a eu beaucoup de choses à faire avec ces nouveaux joueurs, afin de créer un groupe. Aujourd’hui, il nous faut de la compétition, des matchs pour définir le style de jeu qu’on veut vraiment et pour voir tous ces garçons dans de vrais matchs de compétition.

 

“On sait qu’on est pas encore complètement prêts”

 

On a vu que les résultats en matchs amicaux n’étaient pas exceptionnels. Comment avez-vous vécu ces matchs ?

Oui, il ne faut pas dramatiser pour ces matchs amicaux parce que, premièrement, les équipes adverses commençaient souvent avec un 11 et le changeaient complètement en seconde période. Moi, j’en étais qu’à dix sur les deux premiers matchs. Après, il y a un petit peu plus de contingent qui est arrivé et le dernier match, j’ai fait tourner pour donner du temps de jeu à tout le monde donc ce n’est pas forcément très significatif. On sait qu’on n’est pas encore complètement prêts, qu’il nous faut de la compétition et des matchs de championnat. C’est à partir de là qu’on pourra se régler et augmenter notre niveau.

 

“On m’amène les dossiers et c’est à moi de décider si le joueur m’intéresse ou non”

 

Au niveau du recrutement, on a vu pas mal d’arrivées. Est-ce vous qui avez choisi tous les joueurs ou est-ce Gérard Bonneau en a choisi quelques uns ? Plus globalement, est-ce qu’une cellule de recrutement s’est mise en place ?

Oui alors, nous avons effectivement une cellule de recrutement qui est en place, menée aujourd’hui par Gérard Bonneau avec ses collaborateurs qui travaillent dans diverses régions, soit sur Genève, soit sur le côté suisse alémanique avec Carlos Varela, La cellule cherche le profil de joueurs dont nous avons besoin. Par la suite, on m’amène les dossiers, c’est à eux de me convaincre si tel ou tel dossier est nécessaire dans l’équipe et c’est à moi de décider si le joueur m’intéresse ou non. Ce qui est une bonne chose, car cela me permet de m’éviter d’avoir le contact avec les agents et de m’évaporer loin de ma tâche. Je peux pleinement me concentrer sur les joueurs que j’ai sur le terrain pendant les entraînements.

Nous avons fait le recrutement dans un premier temps dont nous avions besoin, c’est à dire des départs. Nous avons ramené Rouiller et Routis pour pallier à ceux en défense et ensuite nous sommes allés chercher Cognat, qui est un jeune joueur de l’Olympique Lyonnais que nous avions besoin au milieu de terrain. Ensuite, nous devions trouver un attaquant, étant donné que l’on m’avait indiqué que cela faisait une année et demie que nous cherchions à remplacer Nsamé. Du coup, nous avons trouvé Schalk et nous misons beaucoup sur lui. Il faudra lui laisser du temps car il n’a qu’une semaine d’entraînement dans les jambes.

 

“Nous ne savons pas ce qu’Aarau a dans le ventre”

 

Le premier match de championnat, c’est demain (aujourd’hui, ndlr). Comment voyez-vous ce match contre le FC Aarau qui s’est très bien renforcé pendant cet été ?

C’est un match à l’extérieur où il faudra être dans un premier temps costauds, où il faudra être très concentrés. Aujourd’hui, il n’y a plus de matchs faciles de toutes manières. On nous parle souvent des matchs alléchants à venir contre Lausanne mais toutes les rencontres valent trois points et donc nous nous battons pour trois points, nous allons chercher trois points, tout en sachant que ramener un bon résultat de l’extérieur, c’est toujours très intéressant.

Étant donné que nous allons jouer nos quatre premiers matchs à l’extérieur, cela nous permettra de trouver une cadence de jeu et d’être malgré tout un peu prudents dans ce début de championnat. Nous ne savons pas non plus à qui nous avons affaire, ce qu’Aarau a dans le ventre. Nous verrons bien, tout va se dérouler dès que l’arbitre aura donné le coup d’envoi. Il faudra être concentrés, peut-être modifier l’équipe selon le déroulement du match pour ramener un bon résultat. Il y aura donc aussi du coaching à faire, étant donné qu’il y a énormément de nouveaux joueurs. 

 

“Nous verrons pas mal les nouveaux”

 

Justement, dans cette idée, est-ce que vous voyez déjà quels sont les onze joueurs qui débuteront demain au Brügglifeld ? 

Je connais déjà les 18, c’est pas mal (rires)! Après, nous verrons pas mal les nouveaux parce que j’ai l’habitude de lancer les nouveaux joueurs pour les mettre tout de suite dans le bain. Ils ont besoin de temps de jeu donc il faut qu’ils jouent. Après, je n’ai pas arrêté complètement mon équipe mais naturellement que je vais d’abord la communiquer à mes joueurs avant de vous la transmettre (rires) ! Mais disons que je peux vous dire que, certains nouveaux joueurs, vous allez les voir évoluer demain soir (ce soir, ndlr).

(TZ)


Christopher Routis de retour à la maison

 

Christopher Routis, vous êtes de retour à Servette, de retour en Grenat, comment est-ce que vous ressentez tout cela ?

C’est avec beaucoup de plaisir que je suis de retour ici. J’ai vécu de très beaux moments au Royaume-Uni (deux ans en Angleterre et deux ans en Ecosse), j’ai appris pas mal de choses. Maintenant je suis de retour à la maison et j’en suis très content. J’ai senti que le projet du club était solide, il va donc falloir que je démontre ce que j’ai appris parce que je sais qu’il va y avoir de l’attente. Cela ne me met pas de pression, mais je sais que je serai l’un des joueurs regardés de près et je vais tout faire pour que cela se passe au mieux.

 

“J’ai réussi à convaincre Alex Schalk”

 

Est-ce que c’est grâce à vous qu’Alex Schalk est venu au club ?

J’ai joué un peu l’intermédiaire. C’est l’un des meilleurs amis que j’ai eu à Ross County en Ecosse, on était tous les deux étrangers donc quand je suis arrivé on a tout de suite sympathisé. On est un peu pareils sur et en dehors du terrain et j’espère qu’il va nous aider et marquer beaucoup de buts.

Quand j’ai parlé avec Lionel Pizzinat de ma venue, il m’avait parlé de cet attaquant parce qu’il l’avait vu jouer avec moi. Au début, Lionel et moi pensions que cela serait compliqué de le faire venir, mais j’ai réussi à le convaincre. Il connaît le club, c’est un club qui est mondialement connu et il le connaissait déjà. Je l’ai convaincu que si tout se passait bien, qu’il marquait des buts et qu’on montait en Super League, ça pourrait être quelque chose d’exceptionnel. Il a envie de travailler pour cela, il a un projet mais il est encore très jeune pour un attaquant. Je pense qu’il va amener énormément parce qu’il a un profil différent. J’espère qu’il va bien collaborer avec les autres attaquants et qu’ensemble ils vont nous amener en haut.

 

On sait que vous avez toujours suivi le club malgré votre éloignement géographique, est-ce que par hasard vous avez eu l’occasion d’écouter un match sur notre webradio (anciennement Titulaire.ch, ndlr) la saison dernière ?

J’ai pu suivre notamment sur Twitter les résumés de certains buts et j’avais entendus quelques « fous commentateurs » (sic) donc si c’était vous, c’était intéressant (rires) ! Ça me faisait penser un peu à Brian Wakker (ndlr : ancien commentateur de la S-Radio qui est maintenant journaliste sportif à la RTS) à l’époque, c’était assez marrant et ça m’a rappelé beaucoup de bons souvenirs. J’espère que vous allez continuer comme ça à être fous à chaque but et qu’il y en aura beaucoup !

C’est noté, merci beaucoup !

(BT)