Les Servettiens se rendent au Grünfeld samedi (dès 16h45 sur notre webradio) pour y affronter un FC Rapperswil qui ne leur convient guère.

 

En prélude à cette rencontre, le club Grenat a annoncé la prolongation de son gardien titulaire Jérémy Frick pour trois saisons supplémentaires. Ce point presse était donc l’occasion pour nous de discuter avec lui de son nouveau rôle et de ses perspectives d’avenir à Genève. Nous avons également pu évoquer Rapperswil avec Alain Geiger. Ces interviews ont été réalisées en collaboration avec Blaise Bugyil (Radio Lac) dont les questions sont mentionnées comme telles.

 


 

Prolonger à Servette, une évidence pour Frick

 

Jérémy Frick, quel est votre sentiment sur cette prolongation de 3 ans ?

 

Je suis super content d’avoir pu prolonger avec le Servette FC, surtout vu la manière dont cela s’est fait. Tout s’est passé très simplement et très rapidement, nous n’avons pas eu besoin de nous voir à plusieurs reprises, ce qui montre que nous sommes sur la même longueur d’onde. C’est une grande satisfaction de pouvoir continuer avec mon club de cœur.

 

Seule certitude, il sera… gardien de but

 

Avez-vous reçu des garanties sur le rôle que vous occuperez en cas de promotion en Super League ?

 

Non, tout ce que je sais, c’est que je serai gardien de but, mais est-ce que ce sera numéro un, deux ou trois, ça on verra. Je pense que je fais une saison plus qu’honorable, voire même deux saisons puisque la saison passée j’ai aussi fini avec la meilleure défense et j’avais été nominé parmi les meilleurs gardiens de Challenge League. Si on monte, je pense que j’ai amplement le niveau pour jouer en Super League, je l’ai prouvé à de nombreuses reprises ces dernières années.

 

“J’ai commencé à 17 ans à Lyon avec des professionnels qui avaient plus de talents que des joueurs de Super League”

 

Vous n’avez encore jamais joué au plus haut niveau, que ce soit à Lyon ou en Suisse. Est-ce qu’il y a une petite appréhension ou est-ce qu’au contraire cela vous motive ?

 

Cela me motive clairement. C’est quelque chose que j’attends depuis longtemps, je suis prêt pour le niveau supérieur. J’ai commencé à 17 ans à Lyon avec des professionnels qui avaient plus de talent que des joueurs de Super League donc j’ai l’habitude du haut niveau. Cette année, nous avons plusieurs joueurs dans l’effectif qui ont le niveau de LNA, ce qui m’aide au quotidien à m’entraîner pour affronter le niveau supérieur. Maintenant, on doit encore monter, rien n’est fait, mais si on monte, je pense que je suis prêt, comme la plupart de l’équipe.

 

Archives: Jérémy Frick est prêt à s’envoler vers la Super League (© Bastien Gallay)

 

Si Servette ne monte pas, cela signifie encore plusieurs années de Challenge League pour vous. Est-ce que cela ne vous inquiète pas ?

 

Quand j’ai prolongé, je n’ai pas pensé une seule seconde que l’on puisse rester en Challenge League. Maintenant, j’avais cette opportunité de prolonger avec de bonnes conditions, je n’avais pas de raisons de refuser, surtout pour partir m’enterrer ailleurs. C’est clair que c’est rentré en ligne de compte, mais je n’y pense pas trop.

 

Leader, mais surtout pas capitaine

 

On voit que vous avez de grosses responsabilités cette saison, avec parfois des consignes spécifiques comme ce fut le cas à Aarau, et vous êtes l’un des piliers de l’équipe. Comment le vivez-vous ?

 

Le club a été clair avec moi en début de saison, il m’a demandé de prendre une autre dimension. C’est quelque chose qui me plait, j’aime bien être l’un des cadres de l’équipe. Malgré tout, j’aime bien être dans l’ombre quand même, je préfère ne pas faire partie du capitanat de l’équipe par exemple. Etre le boss de la défense, c’est quelque chose qui me plait. L’équipe a une bonne solidité défensive, c’est grâce à tout le monde et je suis content d’en faire partie. C’est ce qui m’a été demandé par le club et j’essaie de le faire au mieux.

 

“Je dois être moins dans l’ombre, penser moins individuellement et plus au collectif”

 

(BB) Concrètement, quel est ce rôle plus important que l’on vous demande de jouer ?

 

C’est d’être un leader dans l’équipe et de la tirer vers le haut. Je dois être moins dans l’ombre, penser moins individuellement et plus au collectif. J’essaie de faire en sorte qu’il y ait une bonne ambiance dans cette équipe, d’organiser des choses de temps en temps, de ressentir un peu ce que chacun ressent pendant la semaine. Je cherche aussi à être présent avec les jeunes joueurs et de partager mon expérience. Tout le monde doit se sentir bien et à sa place dans cette équipe, c’est la mission que j’essaie de remplir au mieux.

 

Découvrir Rapperswil

 

Samedi, c’est Rapperswil, une équipe que vous n’avez pas encore affrontée cette saison. Est-ce que vous allez jouer ? Si oui, comment sentez-vous ce match ?

 

On verra le jour du match mais il n’y a pas de raison que je ne joue pas. C’est particulier parce que là-bas c’est un tout petit terrain où ça a toujours été difficile pour nous. Rapperswil traverse actuellement une mauvaise passe, mais ils ont gagné 4-0 à domicile contre Wil qui est l’une des meilleures défenses du championnat. On sait donc qu’ils sont capables de tout. La saison passée, ça n’a pas été nos matchs les plus brillants, pareil en septembre dernier. C’est une équipe qui ne nous convient pas forcément. Ils vont sûrement nous attendre très bas dans le terrain, à nous de contrer cela. Je me réjouis d’affronter une équipe que je n’ai pas encore affrontée.

 

“Un peu comme tout le monde, je ne voyais pas comment on pouvait encaisser un but contre Schaffhouse”.

 

Le match contre Schaffhouse a dû être frustrant pour vous : vous n’avez pratiquement rien eu à faire du match, mais vous encaissez un but de votre propre coéquipier. Comment vous l’avez-vous vécu ?

 

J’avoue que je ne m’y attendais pas. Un peu comme tout le monde dans le stade, je ne voyais pas comment on pouvait encaisser un but, en tout cas en cette fin de match. En début de match ils ont mis une grosse pression, mais elle s’est très vite estompée. C’est clair que j’étais frustré, mais c’était le cas de toute la défense parce que le travail n’est pas fait à 100% alors qu’on avait amplement la chance de pouvoir le faire. Mais voilà, c’est des faits de jeu, ça arrive et ça peut très bien arriver à nouveau. Un blanchissage aurait évidemment été plus satisfaisant pour moi, mais le plus important, c’était les trois points et on l’a fait d’une belle manière.

 

Le regard vers la SL

 

(BB) Comment voyez-vous le niveau de la Super League actuelle ? En quoi pensez-vous que Servette doit progresser pour la saison prochaine ?

 

Difficile de dire sur quoi l’on est censé progresser parce qu’en ce moment ça tourne pas trop mal. Peut-être de gommer ces erreurs évitables que l’on fait de temps en temps, notamment depuis la reprise. Je pense que c’est le domaine où l’on doit le plus travailler. J’ai quelques amis qui jouent en Super League qui me disent que le niveau n’est pas aussi élevé que les saisons précédentes donc on verra ce qu’il en est l’année prochaine. En Challenge League, on a des équipes comme Aarau, Lausanne ou même Winterthour qui proposent un niveau de jeu proche de la SL et nous avons plutôt bien réussi contre ces équipes actuellement. Si l’on venait à monter, on ne viserait pas forcément le haut du tableau, mais on a amplement les moyens de miser en tout cas le maintien, voire le milieu du classement.

 


 

Servette jouera à deux attaquants

 

Alain Geiger, comment avez-vous utilisé cette belle victoire contre Schaffhouse pour la suite ?

Nous avons continué à accentuer notre jeu vers l’avant, notre verticalité et notre faculté à marquer des buts. Nous avons également travaillé sur l’explosivité depuis quelques semaines pour être plus dynamiques et apparemment, cela nous a bien réussi. On sent qu’avec cette victoire, on a le vent en poupe. On est vraiment bien.

 

Votre avis sur Rapperswil ?

On sait aussi que l’on doit faire attention à Rapperswil car ils ont gagné leurs deux derniers matchs à domicile sans prendre de but. C’est une équipe hargneuse qui se crée beaucoup de coup-francs. Ils cassent beaucoup le jeu et ramassent leur lot de cartons d’antijeu. Ils vont sûrement nous contre-attaquer et utiliser les quelques ballons que l’on risque de perdre en leur faveur. Ce que je veux, c’est qu’on mette la pression d’entrée, que l’on cherche à marquer dans les 20 premières minutes. On va être très agressifs et faire du pressing d’entrée pour essayer de semer le doute dans leur tête le plus tôt possible.

 

(BB) Quels sont les atouts offensifs de Rapperswil et comment les contrer ?

Ils ont une tour de contrôle devant avec Turkes, une sorte de Maierhofer mais bien meilleur footballeur. Ils ont Shabani et Rexhepi qui tournent autour de lui. Ils n’ont pas besoin de beaucoup d’opportunités, ils parviennent toujours à se créer 4-5 occasions, dont un face-à-face avec le gardien, et ils sont très patients. Ils ont réussi à se renforcer avec plusieurs joueurs du FC Zurich qui avaient besoin de temps de jeu. La lutte est rude contre la relégation, ce qui change par rapport à la saison passée. Nous allons à Rapperswil pour gagner, mais si l’on n’y parvient pas, il faudra nous contenter d’un match nul. On veut surtout éviter de rentrer avec une défaite.

 

Servette n’a jamais gagné par plus d’un but d’écart au Grünfeld. Cela vous inquiète-t-ii ?

Il faut prendre en compte que c’est un adversaire qui ne nous convient pas très bien. Sur les six derniers matchs, il y a deux victoires, deux nuls et deux défaites, toujours avec des petits scores. Je vais rappeler à mes gars qu’il faudra être très sérieux pour réussir à ramener trois points de ce déplacement.

 

Vous aurez pratiquement l’intégralité de votre effectif à disposition. Qu’envisagez-vous d’un point de vue tactique ?

Nous allons jouer à deux attaquants. Lors du dernier match à l’extérieur, je n’avais que deux attaquants à disposition, du coup j’en avais titularisé un et j’avais gardé l’autre sur le banc pour renforcer le milieu de terrain. Là, j’ai récupéré tout le monde donc on va jouer l’attaque pour transpercer cette défense saint-galloise.

 

Servette vient de prolonger le contrat de Jérémy Frick. Parlez-nous de cette prolongation.

Nous avons fait une analyse interne avec les gardiens et une externe avec l’entraîneur des gardiens et le staff technique. Nous avons estimé que c’était notre gardien titulaire, qu’il était de bonne valeur et qu’il avait énormément progressé cette saison, tout comme Kiassumbua et Castanheira d’ailleurs. Frick était en fin de contrat, c’est tout à fait normal que nous ayons trouvé un accord pendant l’hiver afin qu’il puisse continuer à être un excellent gardien pour Servette.

 

Parlons maintenant d’Alexis Antunes, qui n’a pas encore été convoqué en 2019. Y a-t-il une raison particulière pour expliquer ce fait ?

La raison principale, c’est la nouvelle distribution des non-HTP. C’est une mauvaise nouvelle pour lui car il y en a un de plus avec Koro Kone, ce qui fait que j’ai beaucoup d’éléments offensifs à disposition. Antunes est un excellent joueur qui doit encore se développer. Il y a du monde devant et je dois aussi avoir un milieu de terrain, un gardien et un défenseur sur le banc, ce qui rend la concurrence assez rude. Mais son tour va arriver. La preuve : je viens d’apprendre il y a cinq minutes que Cespedes était blessé, ce qui va permettre à Antunes de réintégrer le groupe. Cela se joue toujours en fonction des blessés, des non-HTP et des attaquants qui sont disponibles ou non. Je dois trouver un équilibre sur la feuille de match, mais aussi avec ceux qui rentrent sur le terrain.