Les Grenat ont disputé le match que l’on attendait d’eux au Parc Saint-Jacques, mais la réussite n’était pas de leur côté et contre le FC Bâle, cela se paie cash.

 

L’incroyable série de 21 ans sans victoire contre les Rhénans se poursuit donc pour le SFC, qui ne s’est toujours pas imposé depuis l’ouverture du Joggeli actuel. Pourtant, de nombreux suiveurs s’accordaient avant la rencontre pour placer Servette sinon en favori, mais à tout le moins en sérieux contradicteur d’un FCB que l’on disait concentré sur d’autres objectifs que celui d’obtenir les trois points contre le néo-promu. C’était oublier bien vite que le deuxième palmarès de Suisse dispose de l’un des effectifs les plus complets qui soient et que même en l’absence de certains joueurs blessés ou ménagés, les locaux restaient très compétitifs.

 

Servette ne parvient toujours pas à s’imposer au Parc Saint-Jacques (© Bastien Trottet)

 

Comme à Berne, les Grenat encaissèrent très rapidement l’ouverture du score. Après quatre minutes, ils se firent déborder pour la deuxième fois consécutive. Manque de chance, Sasso sauvait un tir de Campo du bout du pied, mais le ballon ricochait sur le pauvre Rouiller qui n’eut aucune possibilité d’éviter le ballon, qui termina donc sa course au fond des filets de Frick. Dommage pour des Genevois qui n’avaient pourtant pas démérité depuis le coup d’envoi. Et comme à Berne, leurs efforts furent vite récompensés. Tasar réussit un magnifique déboulé et centra en retrait pour Wüthrich, toujours bien placé. Le cuir ricocha sur le montant d’Omlin avant de rouler derrière la ligne. Après 20 minutes, le score était nivelé et l’exploit toujours possible.

 

La VAR a été consultée pour la première fois lors d’un match du Servette FC (© Bastien Trottet)

 

Chaque équipe eut ensuite le hasard à son avantage, mais seul Bâle sut en profiter pour augmenter son compteur, les visiteurs, par l’intermédiaire de Kone, préférant viser les tribunes. Le score de 2-1 à la pause n’était ainsi pas totalement illogique, les Rhénans se montrant plus dangereux que leurs adversaires face au but. Après le thé, Servette eut plusieurs bonnes occasions, mais manqua de tranchant dans le dernier geste. Bâle passa petit-à-petit en mode gestion, les entrées de Zuffi et de Bua donnant une certaine fraicheur en contre-attaque qui fit mal à des Genevois éprouvés. Le dernier nommé, ancien junior Grenat, scella tranquillement le score en fin de partie. Les visiteurs ont essayé, ont fait trembler le FCB, mais au final cela n’a pas fonctionné. Pas de panique toutefois, cette défaite fut malgré tout riche en enseignements pour la suite et ce n’était de toute façon pas sur ce match que le SFC jouait sa saison, loin de là.

 


 

Commentaire : l’intervention de la VAR sur Xhaka

 

Le pugilat entre Taulant Xhaka, Sébastien Wüthrich et Timothé Cognat a (déjà) fait couler beaucoup d’encre. Il est vrai qu’à la simple lecture des images TV, il semble évident que le Bâlois donne une claque à Cognat tout en bousculant sévèrement Wüthrich. Mais un détail important n’apparait pas sur les séquences qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux : l’intervention en direct de l’arbitre principal. Bien emprunté au début de l’échauffourée, M. Dudic consulte immédiatement ses assistants, et notamment M. Wolfensberger, quatrième arbitre idéalement situé, la rixe ayant eu lieu devant le banc d’Alain Geiger. L’arbitre principal décide ainsi d’appeler Cognat et Xhaka à lui et de les sermonner sans sortir de cartons, qui auraient été les premiers de la partie et qui auraient ainsi défini une ligne pour la suite peut-être trop stricte à ses yeux.

 

Ce n’est qu’à ce moment-là que la VAR, en l’occurence M. San, a pu intervenir dans l’oreille de M. Dudic, puisqu’il faut, rappelons-le, impérativement une décision sur le terrain pour qu’elle puisse faire son apparition. Une discussion a eu lieu entre les deux arbitres (M. Dudic ayant effectué le signe convenu en mettant son doigt à l’oreillette) et M. San semble avoir jugé que la décision de M. Dudic n’était pas “manifestement erronée”, ce qui est la condition en Suisse pour que l’assistance vidéo modifie une décision de l’arbitre principal.

 

Cette décision, aussi regrettable soit-elle pour le Servette FC, n’est pas fausse d’un point de vue réglementaire puisqu’il arrive fréquemment qu’un arbitre décide de calmer les esprits en faisant preuve de psychologie, en première mi-temps qui plus est, au lieu de sortir immédiatement ses cartons. Dès lors, M. San a, à notre sens, pris la bonne décision en ne demandant pas à M. Dudic d’expulser Xhaka. En effet, il ne s’agissait pas d’une erreur de sa part mais d’une application délibérée de sa latitude de jugement.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

L’implication de l’équipe. Même dans un jour où les vents semblaient contraires pour les Servettiens, ils sont parvenus à faire douter une équipe aussi supérieure intrinsèquement que le FC Bâle. Sans un double coup du sort sur les deux premiers buts des locaux, la partie aurait assurément été différente, alors même que les Grenat peinaient à ajuster leur jeu. De bonne augure pour la suite, car l’adversaire ne jouera pas toujours en rouge et bleu et n’aura pas toujours une telle réussite.

 

Boris Cespedes. Qui l’eut cru, l’ancien attaquant servettien était en réalité taillé pour la Super League. Un nouveau match plein de l’Helvético-bolivien, au four et au moulin tant en phase défensive pour couvrir les montées de ses coéquipiers qu’à la création offensive avec des transversales extrêmement intéressantes. Il s’impose petit-à-petit comme une valeur sûre de l’effectif genevois.

 

Jérémy Frick. Il a eu beaucoup de travail, il l’a fait plutôt correctement, réalisant au passage quelques parades décisives. Malchanceux sur les deux premiers buts, il ne peut pas se reprocher grand chose sur le troisième de Bua. Qui plus est, son jeu au pied s’améliore de match en match. Le portier servettien régale en ce début de saison et c’est une excellente nouvelle !

 

A améliorer

 

Koro Kone. Nous aurions pu écrire “la finition”, comme lors des dernières rencontres, mais l’attaquant ivoirien est tellement passé à-côté de son match offensivement qu’il est impossible de ne pas le citer nommément. Après son incroyable raté contre Lucerne, il s’est permis le luxe de vendanger deux “cages vides”. Impardonnable à ce niveau-là, malgré un match fort intéressant dans son rôle de pivot. C’est d’ailleurs tout le paradoxe actuel de ce joueur: il est à la fois indispensable jusqu’au vingt derniers mètres, mais terriblement en panne d’inspiration et de confiance lorsqu’il s’agit d’ajuster la cage. Des questions vont inévitablement se poser du côté du staff servettien après ce match.

 

Taulant Xhaka. Non pas qu’il soit possible d’améliorer quoi que ce soit avec la mentalité de ce joueur, connu de longue date pour son tempérament de hockeyeur raté, mais Servette doit apprendre à être plus malin face à ce genre d’énergumène. Deux options existent : se laisser tomber à chaque fois qu’il commet un geste douteux, en espérant que l’arbitre présume le Bâlois coupable, ou alors éviter de rentrer dans son jeu pour ne pas sortir soi-même de son match. Le manque de roublardise des Genevois, pour la plupart encore jeunes et inexpérimentés à ce niveau, a probablement coûté une mi-temps en supériorité numérique suite à la claque qu’a déposé le frère de Granit sur Cognat. Dommage.

 


 

Réactions d’après-match

 

Marcel Koller (en allemand)

 

Alain Geiger

 


 

FC Bâle – Servette FC 3-1 (2-1)

Parc Saint-Jacques, 21’532 spectateurs.

Arbitre : M. Dudic.

Buts : 4′ Rouiller (CSC) (1-0), 19′ Wüthrich (1-1), 41′ Ademi (2-1), 81′ Bua (3-1).

Bâle : Omlin; Widmer, Cömert, Alderete, Petretta (77′ Zuffi); T. Xhaka (46′ Frei), Balanda; Stocker (C), Campo, Okafor (70′ Bua); Ademi. Coach : M. Koller.

Servette : Frick; Sauthier (C), Rouiller, Sasso, Severin; Cespedes, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (76′ Imeri), Tasar (46′ Schalk); Kone (66′ Chagas). Coach : Geiger.

Avertissements : 32′ Ademi, 44′ Tasar, 87′ Imeri.

Notes : Bâle sans Kuzmanovic, van Wolfswinkel, Tushi (blessés), Dimitriou, von Moos, Marchand et Kaiser (non-convoqués). Servette sans Mfuyi, Lang, Iapichino, Ondoua, Busset (blessés) et Maccoppi (convalescent).