Les Valaisans s’imposent 1-2 à la Praille face à des Grenat qui attendaient avec impatience cette fin de saison.

 

Alain Geiger avait décidé de ménager ses cadres à Lugano, il en récupérait donc logiquement quelques uns pour ce derby à domicile, plus d’un an après le précédent. Frick, Sasso et Ondoua réintégraient ainsi le onze de base alors qu’Imeri était à son tour laissé au repos. Pour combler son absence, c’est le jeune Ajdini qui se vit offrir une première titularisation professionnelle. L’enjeu de ce match était simple : pour Servette, éviter toute blessure et si possible envoyer son ennemi héréditaire en barrage. Pour Sion, faire mieux que Thoune à Zurich dans le même temps. En clair, s’imposer contre un Servette partiellement démobilisé et espérer. Les vingt-cinq premières minutes donnèrent pourtant des sueurs froides aux visiteurs puisque les Genevois monopolisèrent le ballon et se créèrent les actions les plus dangereuses. Sur l’une d’elle, en l’occurrence une percée offensive de Vincent Sasso et un centre venu de la gauche d’Ondoua, Kone profita de son excellent placement pour battre Fickentscher d’une splendide volée à bout portant.

 

Christopher Routis félicité par Dennis Iapichino pour son dernier match en Grenat (© Bastien Gallay / gallayphoto.ch)

 

On se dit alors que rien n’arriverait à Servette, qui allait gérer tranquillement son avantage et condamner la bande à Christian. C’était sans compter le fait que cette saison 19-20 ne pouvait se terminer sans que les éléments ne se déchaînent une dernière fois. A la demi-heure de jeu, sans doute mis à rude épreuve par l’électricité présente dans l’air de ce derby, les plombs du Stade de Genève lâchèrent, provoquant ainsi un retour aux vestiaires anticipé pour les vingt-deux acteurs et une interruption d’un quart d’heure. Que se passa-t-il dans les coursives de la Praille à ce moment-là ? Personne ne le saura jamais, mais les hommes de Tramezzani apparurent transfigurés et les Grenat épuisés. Dès la reprise, ils firent cavalier seul ou presque. Kasami, héros sédunois de cette année 2020, profita d’un coup-franc (la faiblesse des joueurs d’Alain Geiger cette saison) pour égaliser. Puis arriva le premier round d’un tournoi de catch improvisé. Ondoua et Bamert en vinrent aux mains et écopèrent d’un jaune chacun pour s’être échangés des poussettes et autres amabilités dans le genre. Le rire d’Alex Schalk à ce moment-là devait être d’une couleur proche de celle des biscottes brandies par M. Jaccottet…

 

Illustration de la puissance de l’orage qui s’est abattu sur le Stade de Genève (© Bastien Trottet)

 

A la mi-temps, les deux équipes savaient que Thoune était en train de sombrer à Zurich et que ce Derby du Rhône revêtait donc de la plus haute importance pour les rouges et blancs. Mais on l’a dit, les éléments avaient décidé de rappeler au monde que cette saison resteraient marquée de leur empreinte. Un violent orage s’abattit sur le bout du Lac pendant la pause et au début de la deuxième reprise. Lors de la dernière situation similaire, Servette en avait profité pour en passer trois au Champion en titre bernois. Cette fois-ci, ce fut plutôt l’inverse avec des Genevois qui eurent toutes les peines du monde à alerter Fickentscher. De leur côté, les Valaisans mirent toutes leurs forces dans la bataille. Gaël Ondoua en fit plusieurs fois les frais, victime de plusieurs fautes qui méritaient individuellement presque un rouge direct, mais pour lesquelles M. Jaccottet jugea qu’elles ne valaient qu’un simple jaune. Ce fut finalement sur un ballon renvoyé des poings par Fickentscher et remonté par Kasami (excellent hier soir) qu’Uldrikis mit un point final à la bonne performance de son équipe à Genève. Gonçalves (qui jouait là son dernier match en Grenat) eut bien une occasion en or à la fin du temps réglementaire, mais il fit le mauvais choix tandis que le portier vaudois des visiteurs se montra intraitable. Servette termine donc son championnat sur deux défaites consécutives mais en ayant aussi lancé ses jeunes et reposé ses cadres. Au vu du rythme effréné de cet été 2020, l’important est de savoir gérer ses efforts et sur ce point-là, les Grenat ont fait tout juste ces derniers jours.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Les ovations pour Sauthier et Routis. Le Capitaine servettien disputait son 200e match en Grenat mais celui-ci fut rapidement écourté par un problème aux quadriceps qui força son staff à le rappeler au banc plus tôt que prévu sous les applaudissements nourris des 1’000 spectateurs présents (il s’avéra après la rencontre qu’il ne s’agissait de rien de grave et d’une sortie par précaution). Quant à Routis, il récupéra tout d’abord le brassard à la sortie d’Anthony Sauthier (beau geste au passage de Steve Rouiller qui a choisi de le laisser au Français, vice-capitaine l’an dernier, pour son dernier match au SFC). Puis, il quitta la pelouse à la 78e minute sous un déluge de reconnaissance du public genevois et fleuri par le club. Le numéro trois se retire donc du Servette FC (très probablement en direction du Stade Lausanne-Ouchy en Challenge League) avec deux promotions à son actif et nombre de souvenirs inoubliables. Et nul doute qu’il manquera beaucoup aux fans Grenat. Merci pour tout Chris !

 

Arriver enfin au terme de cette saison. Servette était épuisé et n’avait plus beaucoup de joueurs en bon état à aligner. Mais quand on regarde les effectifs des autres équipes et la qualité médiocre des dernières journées, nul doute que tout le monde attendait ce 3 août avec une certaine impatience. Enfin ce marathon d’enfer est terminé et les corps vont pouvoir se reposer… un peu. Avec une reprise des entraînements prévue mi-août, la pause sera courte, mais elle fera tout de même du bien à tous !

 

A améliorer

 

L’arbitrage de M. Jaccottet. L’avantage, c’est qu’il est difficile de l’accuser de partialité sur cette rencontre. Il a simplement perdu le contrôle de son match dès l’interruption technique. Ondoua aurait dû écoper d’un rouge direct lorsqu’il a balancé Bamert, un Sédunois aurait dû l’accompagner aux vestiaires à ce moment-là et Zock aurait pu aller se réchauffer de manière anticipée pour son tacle mal maîtrisé sur Ondoua. Et ce sans compter les multiples réclamations de part et d’autre et les séquences litigieuses jamais revues à la VAR (était-elle seulement encore connectée après la coupure de courant ?). Si pour une fois M. Jaccottet n’a pas eu d’influence directe sur le résultat de la rencontre, il a à nouveau fait preuve d’une gestion dépassée des événements. Dommage car les deux équipes auraient bien eu besoin d’un cadre précis dans lequel évoluer… Et d’un peu de cohérence avec la “jurisprudence Schalk”.

 

La coupure de courant. Oui, sur le moment, on a bien rigolé c’est vrai, surtout en réfléchissant aux conséquences potentielles qu’elle aurait pu avoir sur l’ensemble des autres rencontres si tout n’avait pas déjà été dit pour le haut du classement. Mais déjà que ce stade a toutes les peines du monde à être un tant soit peu pris au sérieux, si en plus l’installation électrique commence à lâcher au plus mauvais moment, cela va commencer à devenir compliqué d’en faire quoi que ce soit…

 

Le fait de ne pas avoir égalisé. Imaginez la séquence radio de folie qu’aurait pu être une fin de saison sur un but servettien à la 92e qui aurait envoyé Sion en barrage…

 


 

Réactions d’après-match

 

Alain Geiger et Jérémy Frick (en conférence de presse)

 

 

Alain Geiger (bilan de la saison, interview réalisée par Blaise Bugyil et Bastien Trottet)

 

 

FC Sion (en conférence de presse)

 

 


 

Servette FC – FC Sion 1-2 (1-1)

Stade de Genève, 1’000 spectateurs (huis-clos partiel).

Arbitre : M. Jaccottet.

Buts : 22′ Kone (1-0), 43′ Kasami (1-1), 74′ Uldrikis (1-2).

Servette : Frick; Sauthier (C) (19′ Vouilloz), Rouiller, Sasso, Iapichino (78′ Regillo); Ondoua, Routis (78′ Holcbecher); Stevanovic, Cognat, Ajdini (64′ Gonçalves); Kone. Coach : Geiger.

Sion : Fickentscher (C); Maceiras, Bamert, Ndoye, Fackinetti; Zock; Baltazar (46′ Toma), Grgic; Kasami, Luan (63′ Uldrikis), Itaitinga (82′ Ruiz). Coach : Tramezzani.

Avertissements : 45+4′ Ndoye, 45+4′ Kasami, 45+4′ Ondoua, 52′ Grgic, 57′ Zock, 58′ Bamert, 68′ Vouilloz, 80′ Maceiras, 81′ Rouiller.

Notes : Servette sans Cespedes, Schalk, Severin, Tasar, Alves, Kyei, Samba (blessés), Imeri (ménagé), Martial, Henchoz, Monteiro, Guerin et Mazzolini (non-convoqués). Routis récupère le brassard de capitaine à la sortie de Sauthier. Rouiller récupère le brassard de capitaine à la sortie de Routis. Première titularisation professionnelle pour Alban Ajdini (21 ans). Première apparition professionnelle pour Matteo Regillo (18 ans). Sion sans Raphael, Cavaré (blessés), Andersson, Stojikovic, Kabashi, Wakatsuki, Nsakala, Fortune, Lenjani, André, Aguilar et Philippe (non-convoqués). A la 29e minute, une panne de courant entraîne une interruption du jeu de 16 minutes.