Pour cette premiere journée de championnat et ce premier derby, Servette s’est incliné 2 à 1 face à un Lausanne très inspiré. Récit d’une défaite frustrante.

Après une élimination au 2e tour de qualification d’Europa League face au Stade de Reims que l’on pourrait aussi qualifier de frustrante, Servettiens et Lausannois se retrouvaient en Super League pour un derby des plus alléchants et attendus. Si sur le papier, les Grenat partaient légèrement favoris, sur le terrain, la réalité en fut toute autre. Malgré un début de match très rapide de la part des Genevois, en témoigne cette frappe de Schalk qui rase le poteau de Diaw, ce sont les Lausannois qui se montrent plus agressifs et entreprenants dans le jeu, remportant la quasi totalité des duels. A tel point que les Servettiens, totalement déboussolés, comme indiqué dans le titre, vont encaisser le premier but de la partie à la 9e minute par l’intermédiaire de Zeqiri sur une passe de Turkes. But finalement signalé hors-jeu mais qui montre déjà l’élan lausannois qui ne s’arrêtera pas de sitôt. 

En effet, quelques minutes plus tard, Kukurozic pèse mais butte sur la défense servettienne. Sa frappe contrée trouve Arial Mendy qui, dans un excès de confiance, perd son ballon dans la surface au profit de Boranijasevic qui n’a qu’à servir Turkes pour le 1 à 0. Totalement mérité. Les Servettiens se trouvent régulièrement en difficulté, la faute à un milieu lausannois extrêmement bien organisé qui malmène les quelques sorties de balle des Genevois. La preuve en est, à la demi-heure de jeu, lorsque Flo récupère le cuire au milieu du terrain et le sert sur la tête de Turkes qui envoie Zeqiri affronter Frick. Heureusement pour les Grenat, le portier servettiens est à son affaire et empêche le prolifique attaquant lausannois d’ouvrir son compteur de la saison. Les 22 acteurs de la rencontre rentrent au vestiaire sur le score de 1 à 0. Un score qui aurait pu être plus lourd. 

Au retour des vestiaires, Diallo remplace un Schalk discret lors de cette première mi-temps. Le système d’Alain Geiger est alors totalement remanié pour passer dans un 3-4-3 un peu anecdotique. Un changement qui fait du bien aux visiteurs puisqu’ils parviennent à se montrer plus durs sur les duels à bloquer les espaces pour les Lausannois. Une rentrée remplie de bonne volonté. Mais une volonté qui ne suffira pas, puisqu’un peu avant l’heure de jeu, Lausanne obtient un coup-franc à 20 mètres des buts. Un coup-franc botté par Schneuwly qui passe au-dessus du mur et trouve le petit filet de Frick. Un 2 à 0 qui résonne un peu comme un coup de massue tant les Grenat étaient mieux rentrés dans cette deuxième mi-temps. Un coup de massue qui ne sera pas le seul, moins de dix minutes plus tard, Schneuwly, encore lui, se libère de la défense servettienne sur le coté droit et parvient à servir Zeqiri pour le 3 à 0. But finalement annulé par la VAR mais qui aura montré les quelques largesses défensives de la partie.

Puis les rôles s’inversent. Lausanne, jusqu’ici dominateur, baisse son rythme, au contraire du Servette FC qui décide de passer la deuxième. Pressing plus intense, récupération de balles plus nombreuses et surtout plus de duels gagner. A l’image de Cognat qui parvient à passer devant un Lausannois à 25 mètres des buts et à servir Stevanovic qui finira par être licitement fauché par Nanizayamo. Dans la foulée, la frappe de Cognat est merveilleusement bien stoppé par Diaw qui empêche les Grenat de réduire le score. Le corner de Stevanovic trouve la tête de Boris Cespedes qui elle trouve… les gants de Mory Diaw à nouveau ! Vincent Sasso qui avait bien suivi l’action voit sa frappe flirté avec la barre transversale. Quelle occasion. 

Mais cette occasion dantesque ne s’arrête pas là, Stevanovic récupère le cuire, adresse une passe en retrait mais voit la frappe de son coéquipier dégagée par la défense du néo-promu. Mal dégagée puisqu’elle trouve la main d’un Lausannois, Puertas. Monsieur Tschudi indique sans hésiter le point de penalty. Kyei s’élance et loge sa frappe dans la lucarne de Diaw. 2 à 1, les Grenat y croient encore. Et ils ont raison d’y croire, quelques instants plus tard, Diallo s’arrache pour récupérer un ballon dans la surface lausannoise et parvient à enrouler sa frappe qui sera déviée de justesse par un Diaw décidément dans un grand jour. Les Grenat continueront à aller de l’avant et de menacer les cages de Diaw mais sans succès. Une défaite en sommes logique tant Lausanne aura été dominateur durant la majeure partie de la rencontre mais frustrante car les Servettiens ont su être très dangereux dans cette fin de rencontre. 

 

Que retenir de ce match ? 

De Positif : 

  1. Les 20 dernières minutes. On aurait préféré écrire 90 plutôt que 20, mais si tel avait été le cas, les Grenat seraient sûrement revenus de La Pontaise avec les trois points. Toujours est-il que malgré une bonne heure de jeu très compliquée pour les hommes d’Alain Geiger, les 20 dernières minutes ont montré qu’ils n’étaient de loin pas à la rue et qu’ils sont capables de montrer de belles choses. Cependant, il faudra être plus régulier sur les prochaines rencontres puisque les Grenat affronteront Bâle, Young-Boys et Saint-Gall. Successivement, une entrée en matière qui s’annonce très ardue pour les Genevois, mais pas impossible. 
  2. L’entrée de Moussa Diallo. Il est vrai que l’opinion du public était un peu sceptique à l’arrivée du joueur issu de la troisième division française. Le fait est qu’il a été très remuant dans son rôle de piston hier et que la surprise a été belle. Il aurait même pu fêter son premier but en Grenat si Diaw n’avait pas repoussé sa frappe en toute fin de match. Et si l’arrière-droit français d’origine sénégalaise doit encore travailler pour s’habituer au niveau de l’élite suisse, il a su montrer qu’Alain Geiger pouvait compter sur lui et qu’il sera un bel atout à suivre du côté des Grenat.
  3. Dernier commentaire à La Pontaise. Alors oui ce stade mythique manquera à bon nombre de personnes, peut-être moins aux journalistes situés en plein milieu de la tribune nord qui accueillait les 1’000 supporters lausannois. Et si les chants, applaudissements et cris lausannois ont su pousser leur équipe vers la victoire, ils n’ont pas forcément été d’une aide précieuse à la réalisation du commentaire de ce match. On ne leur en tiendra pas rigueur, bien évidemment, mais journalistes comme spectateurs ont sûrement hâte de découvrir le stade flambant neuf de la Tuilière d’ici quelques semaines. 

A améliorer : 

  1. Manque d’idée en première mi-temps. Très remuant et à leur aise. Voici comment nous avons trouvé les Lausannois en première mi-temps. Beaucoup de difficultés pour les hommes de Geiger de construire le jeu, d’enchainer les passes et surtout de trouver Schalk et Koné dans la profondeur. Un manque d’idée qui s’est payé cash puisque les Lausannois étaient, littéralement, sur tous les ballons au milieu de terrain.  
  2. Largesses défensives. Il était trop facile pour Lausanne de rentrer dans le dernier tiers servettiens. Un espace trop grand entre la ligne défensive et la ligne du milieu ont permis aux locaux de trouver énormément d’espaces et de créer énormément de soucis à la défense servettienne. Les Genevois ont eu la chance que les Lausannois n’ont pas profité à bon escient de ces largesses, car contre une équipe du haut du tableau, ces occasions n’auraient sûrement pas été galvaudées.
  3. Perdre un derby lors de la première journée. Perdre un match est toujours difficile, frustrant, rageant mais ces sentiments se décuplent lorsqu’il s’agit d’un derby, encore plus lors de la première journée. Mais si perdre un match n’a bien sûr rien d’un drame, la suite pourrait être plus compliquée étant donné que le Servette FC affrontera le trio de tête de l’année passée. Trois rencontres qui s’annoncent d’une grande difficulté pour lesquels les Grenant auront bien évidemment totalement leur mot à dire avant de se rendre à… Sion. Un gros mois et demi attend le Servette FC.

 

Lausanne-Sport – Servette 2-1 (1-0)

Stade de la Pontaise: 1000 spectateurs.

Arbitre: Lionel Tschudi.

Buts: 17e Turkes 1-0; 59e Schneuwly 2-0; 83e Kyei 2-1.

LS: Diaw; Loosli, E. Monteiro, Nanizayamo; Boranijasevic, Puertas, Kukuruzovic, Flo (87e Gétaz); Schneuwly (92e Barès); Turkes (89e Jenz), Zeqiri (87e J. Monteiro). Entraîneur: Giorgio Contini.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Mendy; Stevanovic, Ondoua (59e Kyei), Cognat, Tasar (59e Cespedes); Schalk (46e Diallo), Kone (79e Antunes). Entraîneur: Alain Geiger.

Avertissements: Cognat (13e, jeu dur), Nanizayamo (52e, jeu dur), Ondoua (57e, jeu dur), Puertas (82e, faute de main).